La challah est bien plus qu’un simple pain dans la tradition juive. Ce pain tressé, souvent dégusté lors du Chabbat et des fêtes juives, occupe une place centrale dans la culture et la spiritualité du peuple juif. Mais saviez-vous qu’une mitsva (commandement) est associée à sa préparation ? Il s’agit de la Hafrashat Challah, un rituel ancien qui consiste à prélever une partie de la pâte avant de cuire le pain.
Quelle est l’origine de cette coutume ? Pourquoi la pratique-t-on encore aujourd’hui ? Découvrons ensemble la signification et l’importance de la Hafrashat Challah dans la tradition juive.
Qu’est-ce que la challah ?
Avant d’expliquer la Hafrashat Challah, il est essentiel de comprendre ce qu’est la challah.
La challah est un pain juif traditionnel, généralement tressé et consommé lors du Chabbat et des jours de fête. Sa texture moelleuse et légèrement sucrée en fait un incontournable des repas festifs juifs.
La challah est bien plus qu’un simple aliment : elle symbolise la nourriture spirituelle et matérielle que Dieu accorde au peuple juif. C’est pourquoi elle est au centre de la table du Chabbat, accompagnée d’une bénédiction spéciale avant d’être consommée.
Mais ce pain sacré s’accompagne aussi d’une mitsva particulière : la Hafrashat Challah, un rituel ancien qui remonte aux temps bibliques.
La Hafrashat Challah : une mitsva ancestrale
Définition de la Hafrashat Challah
Le terme Hafrashat Challah signifie littéralement « séparation de la challah ». Il s’agit d’un commandement juif qui consiste à prélever un morceau de pâte avant de cuire le pain et à le mettre de côté en souvenir des offrandes faites aux Cohanim (prêtres) du Temple de Jérusalem.
Ce commandement trouve son origine dans la Torah, dans le livre de Bamidbar (Nombres 15:17-21) :
« Quand vous arriverez dans le pays où je vous fais entrer, lorsque vous mangerez du pain du pays, vous prélèverez une portion pour l’Éternel. Vous en donnerez, comme offrande élevée, une challah… »
À l’époque du Temple, cette portion de pâte était donnée aux prêtres (Cohanim), qui ne possédaient pas de terres et dépendaient des dons du peuple juif pour se nourrir. Après la destruction du Temple de Jérusalem, il ne fut plus possible d’offrir la challah aux prêtres. Néanmoins, la mitsva a été conservée sous une autre forme : aujourd’hui, le morceau de pâte prélevé est brûlé pour ne pas être consommé.
Pourquoi pratique-t-on la Hafrashat Challah aujourd’hui ?
1. Se souvenir du Temple de Jérusalem
Comme de nombreuses traditions juives, la Hafrashat Challah est un rappel du Temple de Jérusalem et des sacrifices qui y étaient apportés. En réalisant ce rituel, on perpétue un lien avec notre histoire et nos racines spirituelles.
2. Remercier Dieu pour la nourriture
Faire du pain est un processus qui demande du travail : mélanger la farine, pétrir la pâte, la laisser lever, la tresser et enfin la cuire. Ce cycle rappelle que notre subsistance dépend de la bénédiction divine. La Hafrashat Challah est donc une façon d’exprimer notre gratitude pour la nourriture qui nous est donnée.
3. Apporter une bénédiction dans la maison
La mitsva de Hafrashat Challah est souvent associée à la protection et à la bénédiction du foyer. Beaucoup de femmes récitent une prière spécifique en séparant la pâte, demandant à Dieu la paix, la santé et la prospérité pour leur famille.
4. Un moment de connexion spirituelle
Dans la tradition juive, la fabrication de la challah et la Hafrashat Challah sont souvent considérées comme des moments propices à la prière. Certaines femmes profitent de ce moment pour demander des bénédictions, en particulier pour les enfants, la fertilité ou la guérison d’un proche.
Comment accomplir la Hafrashat Challah ?
La Hafrashat Challah est accomplie lorsque la quantité de pâte dépasse un certain poids (environ 1,2 kg de farine ou plus). Voici les étapes pour réaliser ce rituel :
1. Préparer la pâte
- Mélangez la farine, l’eau, la levure, le sucre, l’huile et le sel pour former une pâte homogène.
- Pétrissez la pâte et laissez-la lever.
2. Réciter la bénédiction
Une fois la pâte prête, une petite quantité est prélevée (environ la taille d’une olive). Avant de la retirer, on récite la bénédiction suivante :
« Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou, melekh ha’olam, acher kidéchanou bémitzvotav vétsivanou lehafrish challah. »
(« Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de séparer la challah. »)
3. Brûler le morceau de pâte
- Le morceau de pâte séparé ne doit pas être consommé.
- Il est traditionnellement brûlé, soit au four, soit sur une flamme, puis jeté.
4. Prière et intentions
De nombreuses personnes profitent de ce moment pour faire des prières personnelles. C’est un instant particulier pour demander des bénédictions et se connecter spirituellement.
La Hafrashat Challah aujourd’hui : une tradition vivante
Aujourd’hui, la Hafrashat Challah est une tradition qui perdure et qui rassemble de nombreuses femmes juives à travers le monde.
- Événements communautaires : Dans de nombreuses communautés, des soirées de « Hafrashat Challah » sont organisées, où plusieurs femmes se réunissent pour accomplir cette mitsva ensemble.
- Moments familiaux : Certaines mères enseignent cette tradition à leurs filles, perpétuant ainsi un héritage familial.
- Signification personnelle : Beaucoup de femmes trouvent dans ce rituel un moment de méditation et de connexion spirituelle.
Conclusion
La Hafrashat Challah est bien plus qu’un simple rituel de cuisine. Elle est un acte spirituel profond, un lien avec l’histoire juive et une occasion d’apporter bénédictions et protection au foyer.
En prélevant une portion de pâte avant de cuire la challah, nous nous souvenons des temps du Temple, nous exprimons notre gratitude pour la nourriture et nous créons un moment propice à la prière.
Que ce soit en famille ou en communauté, la Hafrashat Challah est une tradition vivante qui continue d’inspirer et de rapprocher les générations. Alors, la prochaine fois que vous préparerez une challah, prenez un instant pour accomplir cette belle mitsva et ressentir toute la spiritualité qui l’accompagne. 🥖✨