La haftarah (en hébreu הפטרה, au pluriel haftarot) est un passage tiré des livres des Prophètes, lu à la synagogue juste après la lecture de la Torah, le Chabbat, les jours de fête et certains jours de jeûne. Son thème fait écho à la paracha de la semaine ou à la fête du jour. Lors d'une Bar Mitzvah, c'est souvent le jeune garçon qui la chante.
Voici ce qu'est la haftarah, d'où elle vient, comment elle est lue et comment la préparer pour une Bar Mitzvah.
Définition de la haftarah
Le mot haftarah vient d'une racine hébraïque qui signifie « conclure » : la haftarah vient clore la lecture publique de la Torah. Elle est toujours extraite des Nevi'im, les Prophètes, deuxième partie de la Bible hébraïque : Josué, les Juges, Samuel, les Rois, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et les douze petits prophètes.
Elle est lue par une seule personne, le maftir. C'est le dernier fidèle appelé à la Torah ce jour-là : il lit ou écoute un court passage final de la Torah, puis chante la haftarah.
Le lien entre la haftarah et la paracha
Chaque haftarah a été choisie pour son rapport avec la paracha ou avec le moment de l'année. Quelques exemples :
- Pendant les trois semaines qui précèdent Ticha Beav, on lit trois haftarot de reproche ; pendant les sept semaines qui suivent, sept haftarot de consolation, dont la première commence par « Consolez, consolez mon peuple » (Isaïe 40).
- Les Chabbatot particuliers de l'hiver (Chekalim, Zakhor, Para et Hahodech) et les fêtes ont leur propre haftarah, qui remplace celle de la paracha.
- À Roch Hachana, on lit notamment la prière de Hanna, mère du prophète Samuel.
Le choix des passages n'est pas tout à fait le même chez les Ashkénazes, les Séfarades, les Juifs yéménites ou italiens : pour certaines parachiot, chaque rite a sa propre haftarah. Notre article sur les différences entre Séfarades et Ashkénazes lors d'une Bar Mitzvah revient sur ces usages.
Origine de la haftarah
La lecture des Prophètes à la synagogue est attestée au Ier siècle de notre ère : le Talmud mentionne une haftarah lue en présence de Rabbi Eliézer ben Hyrcanos, et des textes de la même époque décrivent la lecture des Prophètes comme une partie habituelle de l'office du Chabbat.
Plusieurs explications ont été proposées. La plus connue, rapportée par Rabbi David Aboudraham au XIVe siècle, relie la haftarah aux persécutions d'Antiochos IV, vers 167 avant notre ère : la lecture de la Torah ayant été interdite, on aurait lu des passages des Prophètes au thème proche. D'autres auteurs, comme Samson Raphael Hirsch, y voient une réponse aux courants qui ne reconnaissaient que les cinq livres de la Torah.
Comment se lit la haftarah
- Une bénédiction avant la lecture, qui loue D.ieu d'avoir choisi de vrais prophètes.
- Quatre bénédictions après, pour la fidélité de la parole divine, pour Sion, pour la venue du Messie et pour le don de la Torah et du Chabbat (ou de la fête).
- Une longueur minimale : le Talmud demande au moins 21 versets, sauf lorsque le sujet se termine plus tôt.
- Une mélodie propre : la haftarah se chante avec les signes de cantillation (teamim), mais sur un air différent de celui de la Torah.
- Un livre imprimé : contrairement à la Torah, lue dans le rouleau, la haftarah est aujourd'hui généralement lue dans un livre, avec voyelles et teamim. Certaines communautés utilisent un rouleau des Prophètes sur parchemin.
Voici les bénédictions qui entourent la lecture, chantées par le Rabbin Cantor Yehuda Abittan :
La haftarah lors d'une Bar Mitzvah
Dans de nombreuses communautés, le jeune garçon est appelé comme maftir le Chabbat de sa Bar Mitzvah : il lit la fin de la paracha puis chante la haftarah devant toute l'assemblée. Cet usage est relativement récent et n'est pas une obligation religieuse, mais c'est un moment attendu par les familles. Pour le déroulé complet de la journée, consultez notre page sur le Shabbat Hatan Bar Mitzvah et notre guide sur le déroulement d'une Bar Mitzvah.

Préparer sa haftarah
- Identifier le bon texte : la haftarah dépend de la date du Chabbat, de la paracha et du rite de la synagogue. Notre guide pour connaître sa date de Bar Mitzvah explique comment trouver la paracha correspondante.
- Apprendre la mélodie des teamim propre aux Prophètes, avec un professeur ou un enregistrement de sa communauté.
- Mémoriser les bénédictions, identiques pour toutes les haftarot : un bon point de départ, abordé dans notre article sur les prières de la Bar Mitzvah.
- Répéter régulièrement pendant plusieurs mois, idéalement dans le cadre de cours de préparation à la Bar Mitzvah, en même temps que la lecture de la paracha.
Une fois la date et la paracha connues, vous pouvez aussi préparer les invitations. Le faire-part Site Internet permet d'indiquer l'horaire de l'office, l'adresse de la synagogue et le programme de la fête sur une seule page.
Sources
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la paracha et la haftarah ?
La paracha est la section hebdomadaire de la Torah, lue dans le rouleau sur parchemin. La haftarah est un passage des Prophètes, lu ensuite par le maftir, dont le thème fait écho à la paracha ou à la fête.
Qui lit la haftarah ?
Une seule personne, le maftir, dernier appelé à la Torah. Le Chabbat d'une Bar Mitzvah, ce rôle revient souvent au jeune garçon, qui chante la haftarah avec ses bénédictions.
Combien de bénédictions accompagnent la haftarah ?
Cinq au total : une avant la lecture et quatre après. Elles sont les mêmes pour toutes les haftarot, à l'exception de la conclusion, qui mentionne le Chabbat ou la fête du jour.
La haftarah se lit-elle dans un rouleau ?
En général, non : elle est lue dans un livre imprimé avec voyelles et signes de cantillation. Certaines communautés utilisent toutefois un rouleau des Prophètes écrit sur parchemin.
Comment savoir quelle haftarah lira mon fils ?
Il faut connaître le Chabbat de sa Bar Mitzvah et la paracha lue ce jour-là, puis vérifier le rite de la synagogue, car certaines haftarot diffèrent entre Ashkénazes et Séfarades. Le rabbin ou le professeur confirmera le texte.

