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Halaké (Upsherin) : la première coupe de cheveux à 3 ans

Ciseaux, mèche de cheveux, pot de miel et kippa pour la Halaké, première coupe de cheveux

La Halaké, appelée Upsherin en yiddish, est la première coupe de cheveux d’un petit garçon juif, célébrée traditionnellement à ses 3 ans. Chaque proche coupe une mèche, on laisse pousser les papillotes, et l’enfant commence à porter la kippa et les tsitsit et à découvrir les lettres hébraïques, parfois enduites de miel. Certaines familles la font à Lag Baomer, à Méron. Origine, déroulement et organisation : voici l’essentiel.

Que signifie Halaké ou Upsherin ?

Halaké (ou ‘Halaka) vient d’une racine hébraïque qui évoque ce qui est lisse ; c’est le nom employé dans les familles séfarades. Upsherin (ou Opsherin) est le mot yiddish des familles ashkénazes, qui signifie « couper ». Les deux désignent la même fête : jusqu’à 3 ans, on ne coupe pas les cheveux du petit garçon ; le jour de ses 3 ans, famille et amis se réunissent pour sa première coupe.

C’est souvent le premier grand évènement de sa vie après la Brith Mila : il ne s’en souviendra peut-être pas, mais ses proches, eux, ne l’oublieront pas.

D’où vient la coutume des 3 ans ?

La Halaké n’est pas un commandement de la Torah : c’est une coutume. Elle est mentionnée pour la première fois dans les écrits de Rabbi ‘Haïm Vital, disciple du kabbaliste Isaac Louria (le Ari), au XVIe siècle. D’abord répandue chez les Séfarades de Terre d’Israël, elle s’est diffusée depuis deux siècles chez les ‘hassidim d’Europe de l’Est, puis dans de nombreuses familles.

L’explication la plus citée compare l’homme à un arbre. La Torah interdit de consommer les fruits d’un arbre pendant ses trois premières années :

« Quand vous serez entrés dans la Terre promise et y aurez planté quelque arbre fruitier, vous en considérerez le fruit comme une excroissance : trois années durant, ce sera pour vous autant d’excroissances, il n’en sera point mangé. » (Lévitique 19, 23, traduction du Rabbinat)

Par analogie, on laisse pousser les cheveux de l’enfant pendant trois ans. On souhaite ensuite qu’il grandisse comme un arbre, en connaissance et en bonnes actions.

Halaké et Lag Baomer : la coutume de Méron

Pendant la période de l’Omer, entre Pessa’h et Chavouot, beaucoup s’abstiennent de se couper les cheveux, mais c’est permis le jour de Lag Baomer. Les garçons qui ont eu 3 ans pendant cette période fêtent donc souvent leur Halaké ce jour-là. Depuis au moins le XVIIIe siècle, de nombreuses familles se rendent à Méron, en Galilée, près du tombeau de Rabbi Chimon bar Yo’haï, pour y couper les cheveux des enfants, entre feux de joie, vin et sucreries. À Jérusalem, certaines familles le font près du tombeau de Chimon Hatsadik.

En 2026, Lag Baomer tombe le mardi 5 mai 2026. Pour comprendre cette journée, lisez notre article pourquoi Lag Baomer est un jour de réjouissance.

Illustration de familles réunies autour d’un feu de joie en plein air le soir de Lag Baomer

La plupart des familles de France célèbrent toutefois la Halaké à la maison, dans une salle ou à la synagogue, à la date anniversaire de l’enfant. Celle-ci se calcule selon le calendrier hébraïque : notre article sur l’anniversaire juif explique comment la retrouver.

Le déroulement de la Halaké

  1. La première mèche. Elle est souvent coupée par un rabbin ou une personnalité que la famille souhaite honorer.
  2. Une mèche pour chaque proche. Parents, grands-parents, oncles et amis coupent chacun une mèche, en commençant souvent par le front, là où l’enfant posera ses téfilines à 13 ans.
  3. La tsédaka. Dans certaines familles, l’enfant glisse une pièce dans une boîte de tsédaka à chaque mèche coupée ; d’autres pèsent les cheveux et donnent l’équivalent à une œuvre. Les cheveux assez longs peuvent être offerts à une association qui fabrique des perruques pour les malades.
  4. La coupe finale, faite ensuite par le coiffeur, en laissant les papillotes.
  5. La fête : chants, douceurs et repas, selon les envies de la famille.

Les papillotes, la kippa et les tsitsit

Lors de la coupe, on laisse les péot (papillotes), les cheveux des tempes, en application du verset : « Ne taillez pas en rond les extrémités de votre chevelure » (Lévitique 19, 27). Selon les familles, elles restent courtes et discrètes, ou longues et bouclées.

La Halaké marque aussi l’entrée dans l’éducation juive : à partir de ce jour, dans les familles qui suivent cet usage, le petit garçon porte la kippa et les tsitsit (le petit châle à franges porté sous les vêtements). Une kippa brodée à son prénom ou décorée du logo de la fête est un joli souvenir pour lui et ses invités : notre article sur la kippa personnalisée donne des idées de matières et de broderies.

Les lettres de l’alphabet et le miel

Pour que la Torah soit « douce à la langue », on présente à l’enfant les lettres de l’alphabet hébraïque enduites de miel, qu’il lèche en les récitant ; d’autres utilisent des lettres en gâteau ou en biscuit. On chante souvent le verset que l’on apprend aux tout-petits :

תּוֹרָה צִוָּה־לָנוּ מֹשֶׁה מוֹרָשָׁה קְהִלַּת יַעֲקֹב

Torah tsiva lanou Moché, moracha kehilat Yaakov.

« C’est pour nous qu’il dicta une doctrine à Moïse ; elle restera l’héritage de la communauté de Jacob. » (Deutéronome 33, 4, traduction du Rabbinat)

Dix ans plus tard, ce même enfant lira la Torah pour sa Bar Mitzvah : la Halaké en est, en quelque sorte, le premier pas.

L’invitation de la Halaké

Une Halaké se prépare vite et réunit souvent la famille éloignée : une invitation numérique est la façon la plus simple de prévenir tout le monde. Nous créons une invitation sur mesure pour la Halaké, en français, en hébreu ou dans les deux langues, à partager par WhatsApp, SMS ou e-mail.

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Pour situer la Halaké parmi les autres étapes de la vie juive, consultez notre guide des cérémonies juives.

Sources

Questions fréquentes

À quel âge fait-on la Halaké ?

Traditionnellement le jour des 3 ans du garçon, selon sa date de naissance hébraïque. Certains groupes ‘hassidiques la font à 2 ans, et quelques communautés séfarades de Jérusalem à 5 ans. Les garçons nés pendant l’Omer la fêtent souvent à Lag Baomer.

Quelle est la différence entre Halaké et Upsherin ?

Aucune sur le fond : Halaké est le nom employé par les Séfarades, Upsherin le mot yiddish des Ashkénazes. Tous deux désignent la première coupe de cheveux d’un petit garçon à 3 ans.

Qui coupe la première mèche ?

Souvent un rabbin ou une personne que la famille veut honorer, comme un grand-père. Ensuite, chaque proche coupe une mèche à son tour, avant que le coiffeur termine la coupe en laissant les papillotes.

Pourquoi fait-on la Halaké à Lag Baomer ?

Parce que beaucoup ne se coupent pas les cheveux pendant l’Omer, sauf à Lag Baomer. Les garçons qui ont eu 3 ans pendant cette période sont souvent coiffés ce jour-là, notamment à Méron, près du tombeau de Rabbi Chimon bar Yo’haï.

Combien coûte une invitation numérique pour une Halaké ?

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