Définition

Hamsa juive : signification de la main de Myriam

Par Nathan LEVY · Publié le 30 novembre 2025 · 6 min de lecture

Main de Fatma (hamsa) en argent ornée de pierres bleues sur un mur blanc

La hamsa est une main ouverte, souvent ornée d’un œil, portée ou accrochée comme porte-bonheur contre le mauvais œil. Son nom vient de l’arabe khamsa, « cinq », pour les cinq doigts. Chez les Juifs séfarades, on l’appelle aussi « main de Myriam ». D’origine méditerranéenne, elle n’est pas un commandement du judaïsme mais une coutume, acceptée par certains rabbins séfarades et regardée avec réserve par d’autres.

Que signifie la hamsa ?

Le mot khamsa signifie « cinq » en arabe ; il rappelle aussi l’hébreu ’hamech (חמש), qui veut dire la même chose. La main ouverte, doigts serrés, est un geste de protection : elle doit détourner l’ayin hara, le « mauvais œil », cette idée qu’un regard envieux peut porter malheur. C’est pourquoi elle est souvent représentée avec un œil au centre de la paume.

Selon les régions et les communautés, le même objet porte plusieurs noms :

  • Hamsa ou khamsa : le nom le plus répandu, en Israël comme au Maghreb.
  • Main de Myriam : l’appellation des Juifs séfarades, en référence à la sœur de Moïse et d’Aaron.
  • Main de Fatma : le nom usuel en français, apparu à l’époque coloniale.
  • Main de Marie : chez certains chrétiens du Levant.

Une origine méditerranéenne, antérieure aux religions monothéistes

L’origine exacte de la hamsa reste incertaine. Les historiens la rapprochent des mains protectrices de l’Antiquité : amulettes en forme de main liées à la déesse Ishtar en Mésopotamie, et surtout main levée qui accompagnait souvent le signe de la déesse Tanit dans le monde punique d’Afrique du Nord, autour des IVe et Ve siècles avant notre ère. Le symbole est ensuite devenu commun à tout le bassin méditerranéen, porté par des juifs, des musulmans et des chrétiens.

Les explications fondées sur le chiffre cinq (les cinq livres de la Torah pour les uns, les cinq piliers de l’islam pour les autres) sont des lectures religieuses venues plus tard, qui ont habillé un symbole déjà ancien.

La hamsa dans les communautés séfarades

Du Maghreb à l’Empire ottoman et jusqu’à Bagdad, la hamsa faisait partie de la vie quotidienne de nombreuses familles juives. Les artisans juifs lui ont donné une forme propre :

  • des inscriptions en hébreu : le Chema Israël, une bénédiction pour la maison ou le nom de l’Éternel ;
  • des poissons, symbole de protection : le Talmud (Berakhot 20a) compare les descendants de Joseph aux poissons, que le mauvais œil n’atteint pas parce qu’ils vivent cachés sous l’eau ;
  • une main aux doigts réunis qui peut évoquer celle des cohanim au moment de la bénédiction sacerdotale.

On la portait sur soi ou on l’accrochait dans la maison. Les familles originaires d’Afrique du Nord ont apporté cet usage en France et en Israël, où la hamsa est devenue un motif très populaire de l’artisanat et de la décoration.

Superstition ou coutume ? La position du judaïsme

La question divise, et il faut la présenter avec nuance.

Les réserves

La Torah interdit la divination et la sorcellerie (Deutéronome 18, 10-11), et la tradition rabbinique a toujours distingué la confiance en Dieu du recours à des objets supposés agir par eux-mêmes. Pour une partie des autorités, la hamsa est une pratique étrangère au judaïsme, venue des peuples voisins, et l’on ne doit pas lui attribuer de pouvoir.

Les soutiens

D’autres grands rabbins séfarades l’ont admise. Le ’Hida (Rabbi ’Haïm Yossef David Azoulay) l’a acceptée, et le Ben Ich ’Haï (Rabbi Yossef ’Haïm de Bagdad) rapporte la coutume d’accrocher une petite main gravée de la lettre hébraïque hé pour se protéger du mauvais œil.

Ce qu’on peut en retenir

La réponse donnée par de nombreux rabbins est pragmatique : si la hamsa fait partie de la tradition de votre famille ou de votre communauté, vous pouvez la conserver ; si ce n’est pas le cas, mieux vaut en parler à votre rabbin avant de l’adopter comme amulette. Le Talmud rappelle d’ailleurs que le mauvais œil n’a de prise que sur celui qui s’en inquiète. Beaucoup de familles la voient aujourd’hui comme un souvenir de leurs origines et un objet décoratif, sans lui prêter de pouvoir magique ; elles préfèrent dire « bli ayin hara » (« sans mauvais œil ») en parlant d’un bonheur.

Seule la mezouza est un commandement de la Torah pour la porte de la maison : la hamsa ne la remplace en aucun cas.

Bijoux et décoration : la hamsa aujourd’hui

En pendentif, en bracelet ou en boucles d’oreilles, la hamsa est un cadeau fréquent pour une naissance, une Bat Mitzvah ou un mariage dans les familles séfarades. En décoration, on la trouve en céramique, en métal ou en verre, souvent avec une bénédiction pour la maison.

  • Pour un bijou porté tous les jours, préférez un petit modèle en or ou en argent massif, sur une chaîne solide.
  • Un modèle avec inscription hébraïque (Chema Israël, lettre hé) lui donne une dimension juive plus marquée.
  • Si le destinataire vient d’une famille ashkénaze ou d’un milieu qui s’en méfie, une étoile de David est un choix plus consensuel.

Notre guide des bijoux pour Bar Mitzvah présente les pendentifs les plus offerts, et vous trouverez d’autres pistes dans nos idées de cadeau de Bat Mitzvah et nos idées de cadeau de Brit Milah.

Une hamsa sur votre invitation

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Sources

Questions fréquentes

La hamsa est-elle un symbole juif ?

C’est un symbole méditerranéen, partagé par les juifs, les musulmans et les chrétiens de la région. Les communautés juives séfarades l’ont adoptée et adaptée, avec des inscriptions hébraïques et des poissons. Elle n’est toutefois pas une prescription du judaïsme.

Pourquoi l’appelle-t-on main de Myriam ?

C’est le nom que lui donnent traditionnellement les Juifs séfarades, en référence à Myriam, la sœur de Moïse. Le nom « main de Fatma » est l’appellation usuelle en français depuis l’époque coloniale.

Un juif a-t-il le droit de porter une hamsa ?

Les avis divergent. Des rabbins séfarades comme le ’Hida et le Ben Ich ’Haï ont admis la coutume, tandis que d’autres la jugent étrangère au judaïsme. Si c’est l’usage de votre famille, vous pouvez la garder ; sinon, demandez conseil à votre rabbin.

Que représentent l’œil et les poissons sur la hamsa ?

L’œil renvoie à la protection contre le mauvais œil. Les poissons s’appuient sur le Talmud, qui compare les descendants de Joseph aux poissons, que le mauvais œil n’atteint pas car ils sont cachés sous l’eau.

Peut-on remplacer une mezouza par une hamsa ?

Non. La mezouza est un commandement de la Torah et se fixe au montant de la porte. La hamsa n’est qu’un objet de coutume ou de décoration, qui peut éventuellement s’ajouter mais jamais la remplacer.

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