Organisation

Mariage juif : traditions, déroulement et jour de la cérémonie

Par Nathan LEVY · Publié le 23 avril 2026 · 6 min de lecture

Verre enveloppé d'une serviette blanche, alliances et coupe de vin pour un mariage juif

Un mariage juif ne tient pas en une seule cérémonie. Il commence par les fiançailles et le henné, passe par le mikvé, puis par la houppa, où la ketouba est lue et les sept bénédictions récitées, et se prolonge pendant sept jours de Chéva Brakhot. Voici chaque étape dans l’ordre, les jours où l’on peut se marier et ceux où c’est interdit.

Avant le jour J : les étapes qui préparent le mariage

Les fiançailles

Les familles annoncent officiellement l’union ; les usages, très variés selon les communautés, sont détaillés dans notre article sur les fiançailles juives.

Le dossier auprès du rabbin et le mariage civil

Contactez le rabbin environ trois mois avant la date. Il constitue un dossier établissant que les futurs époux peuvent se marier selon la loi juive (actes de naissance, livret de famille des parents ou attestations de judéité et de célibat), et les fiancés suivent des cours de préparation.

En France, le mariage civil doit précéder le mariage religieux. L’article 433-21 du Code pénal punit d’un an d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende le ministre du culte qui célèbre habituellement des mariages religieux sans que l’acte de mariage civil lui ait été présenté. Le rabbin demande donc le livret de famille des mariés.

Le henné

Dans la plupart des familles séfarades, une soirée du henné précède la cérémonie : voyez notre guide du henné juif avant le mariage.

Le mikvé et le Chabbat Hatan

La mariée se rend au bain rituel (mikvé) peu avant le mariage, souvent la veille. Les fiancés évitent de se voir les jours précédents. Le Chabbat Hatan honore le marié à la synagogue : chez les ashkénazes, il a lieu le Chabbat qui précède la houppa ; chez les séfarades, celui qui la suit.

Le jour du mariage, étape par étape

Illustration d’un mariage juif : le marié brise le verre sous la houppa, entouré des invités
  1. Le jeûne : le jour du mariage est un Kippour personnel, où les fautes passées sont pardonnées. Beaucoup de mariés ashkénazes jeûnent jusqu’à la cérémonie ; les séfarades n’ont généralement pas cette coutume.
  2. La signature de la ketouba : avant la cérémonie, le marié s’engage devant deux témoins, qui signent le contrat de mariage. Son contenu est détaillé sur notre page ketouba.
  3. Le bedeken (ashkénaze) : le marié couvre lui-même le visage de la mariée de son voile, en souvenir de Jacob, à qui Laban donna Léa à la place de Rachel. Les séfarades ne pratiquent pas ce rite.
  4. L’entrée sous la houppa : le marié arrive le premier, accompagné de ses parents, puis la mariée. Chez les ashkénazes, elle fait trois ou sept fois le tour du marié. La symbolique du dais est expliquée sur notre page houppa.
  5. Les kiddouchin : après la bénédiction sur une première coupe de vin, le marié passe l’anneau à l’index de la mariée en disant, devant deux témoins : « Harei at mekoudéchet li betabaat zo kedat Moché veIsraël » (הרי את מקודשת לי בטבעת זו כדת משה וישראל), « Tu m’es consacrée par cet anneau selon la loi de Moïse et d’Israël ».
  6. La lecture de la ketouba : lue en araméen, elle sépare les fiançailles (érousin) du mariage proprement dit (nissouin).
  7. Les sept bénédictions (Chéva Brakhot) : récitées sur une seconde coupe, souvent par des invités que la famille veut honorer. Les mariés boivent ensuite le vin.
  8. Le verre brisé : le marié brise un verre en souvenir de la destruction du Temple, et l’assemblée crie « Mazal tov ». L’origine de ce geste est racontée dans notre article pourquoi le marié brise un verre sous la houppa.
  9. Le yihoud (ashkénaze) : les mariés restent seuls quelques minutes dans une pièce à part ; c’est là qu’ils rompent le jeûne. Les séfarades n’ont pas cet usage.
  10. La soirée : repas de fête, danses et musique, car réjouir les mariés est une mitsva ; après le Birkat Hamazon, on récite de nouveau les sept bénédictions. Pour vos invités : notre guide de la tenue d’invité à un mariage juif.

Les Chéva Brakhot : sept jours de fête

Pendant les sept jours qui suivent le mariage, les proches offrent aux mariés un repas de fête suivi des sept bénédictions. Deux conditions sont requises : la présence d’un minyan (dix hommes) et, en semaine, celle d’au moins un invité qui n’a assisté à aucune des Chéva Brakhot précédentes, les panim hadachot (« visages nouveaux »). Le Chabbat, le jour lui-même tient lieu de visage nouveau.

Quels jours peut-on se marier ?

On ne célèbre aucun mariage le Chabbat ni les jours de fête, demi-fêtes (Hol Hamoed) comprises. Il est fortement déconseillé de le fixer un vendredi ou un samedi soir, pour ne pas risquer de transgresser le Chabbat. Le mardi est un jour traditionnellement apprécié : au troisième jour de la Création, la Torah dit deux fois « c’était bien ».

Deux périodes de deuil s’ajoutent :

  • Le compte du Omer, entre Pessah et Chavouot. Chez les séfarades, on ne se marie pas jusqu’au matin du 34e jour. Chez les ashkénazes, les usages varient (jusqu’à Roch Hodech Sivan pour beaucoup), mais tous autorisent les mariages le jour de Lag Baomer.
  • Les Trois Semaines, du jeûne du 17 Tamouz à Ticha Beav. Les ashkénazes ne se marient pas pendant toute la période. Selon le Choulhan Aroukh, les séfarades ne l’interdisent qu’à partir de Roch Hodech Av, mais de nombreux rabbins recommandent d’éviter les trois semaines entières.
PériodeDates en 2026
Pessahdu soir du mercredi 1er avril au jeudi 9 avril 2026 au soir
Lag Baomer (mariages permis)mardi 5 mai 2026
Chavouotdu soir du jeudi 21 mai au samedi 23 mai 2026 au soir
Trois Semainesdu jeudi 2 juillet 2026 au jeudi 23 juillet 2026
Roch Hachanadu soir du vendredi 11 septembre au dimanche 13 septembre 2026 au soir
Yom Kippourdu soir du dimanche 20 septembre au lundi 21 septembre 2026
Souccot à Simhat Torahdu samedi 26 septembre 2026 au dimanche 4 octobre 2026

Validez toujours la date avec votre rabbin avant de réserver la salle.

Combien de jours dure un mariage juif ?

La houppa et la soirée tiennent en une journée, mais les festivités s’étalent souvent sur une à deux semaines : henné, mariage civil, houppa, Chabbat Hatan et sept jours de Chéva Brakhot. Tous les invités ne sont pas conviés à tout.

Notre faire-part de mariage juif numérique réunit tout le programme sur un seul lien, avec un formulaire de présence par évènement. Pour la rédaction, inspirez-vous de nos modèles de texte de faire-part de mariage juif.

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Sources

Questions fréquentes

Quelles sont les étapes d’un mariage juif ?

Fiançailles, henné, mikvé, puis le jour J : signature de la ketouba, houppa avec la remise de l’anneau, lecture de la ketouba, sept bénédictions et verre brisé, enfin la soirée. Suivent sept jours de Chéva Brakhot.

Quand est-il interdit de se marier dans le judaïsme ?

Le Chabbat, les jours de fête et les demi-fêtes de Hol Hamoed. S’y ajoutent une partie du compte du Omer, entre Pessah et Chavouot, et la période des Trois Semaines avant Ticha Beav. Les dates exactes varient selon les communautés.

Faut-il se marier à la mairie avant la synagogue ?

Oui, en France. Le rabbin ne peut célébrer la houppa que si le mariage civil a déjà eu lieu : l’article 433-21 du Code pénal sanctionne le ministre du culte qui célèbre habituellement des mariages religieux sans acte de mariage civil préalable.

Peut-on se marier pendant le Omer ?

Les séfarades se marient à partir du matin du 34e jour du Omer. Chez les ashkénazes, les usages varient, mais tous autorisent les mariages le jour de Lag Baomer. Votre rabbin vous indiquera la coutume de votre communauté.

Combien de temps dure un mariage juif ?

La cérémonie et la soirée ont lieu le même jour, mais avec le henné, le Chabbat Hatan et les sept jours de Chéva Brakhot, les festivités durent souvent plus d’une semaine.

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