La ketouba (כְּתוּבָּה, « écrit » en araméen) est le contrat de mariage juif. Rédigée en araméen, elle énumère les engagements du mari envers son épouse, dont une somme garantie en cas de divorce ou de veuvage. Signée par deux témoins avant la cérémonie, elle est lue à voix haute sous la houppa, puis remise à la mariée, qui la conserve toute sa vie.
D’où vient la ketouba ?
Dans la Bible, le fiancé versait un mohar, une somme payée au moment du mariage. Beaucoup de jeunes hommes ne pouvaient pas la réunir à temps. Les sages ont alors reporté ce paiement : la somme reste due, mais seulement si le mariage prend fin par un divorce ou par le décès du mari. Selon le Talmud de Babylone, c’est Chimon ben Chétah qui a institué la ketouba sous cette forme, pour que le divorce ne soit pas une décision prise à la légère.
La ketouba protège donc d’abord l’épouse. On en a retrouvé des exemplaires très anciens : celle de Babatha, découverte dans la « grotte aux lettres » près de la mer Morte, date du début du IIe siècle, et plus de deux cents ketoubot, du VIe au XIXe siècle, ont été retrouvées dans la Guenizah du Caire.
Que contient une ketouba ?
Le texte traditionnel, en araméen, la langue courante des Juifs à l’époque où il a été fixé, mentionne la date hébraïque, le lieu, les noms des mariés et de leurs pères. Il énumère ensuite les engagements du mari :
- nourrir son épouse ;
- la vêtir ;
- assurer la vie conjugale ;
- lui verser une somme fixée à l’avance en cas de divorce ou s’il meurt avant elle.
La somme de base (ikar ketouba) est de 200 zouz pour une première union de la mariée et de 100 zouz pour une veuve ou une divorcée. S’y ajoutent un supplément librement consenti par le mari (tossefet) et les biens que l’épouse apporte au foyer (nedounya). Le marié accepte ces engagements par un acte symbolique d’acquisition (kinyan), le plus souvent en saisissant un objet que lui tend le rabbin devant les témoins.
En France, la ketouba n’a pas de valeur devant les juridictions civiles : c’est le mariage à la mairie qui produit les effets légaux. Sa valeur est religieuse et morale, et elle garde tout son poids devant un tribunal rabbinique. Elle joue aussi un rôle lors d’un divorce religieux, sujet abordé dans notre article pourquoi le divorce est une mitsva.
Les témoins de la ketouba
La ketouba est signée par deux témoins. Selon la loi juive, ils doivent être aptes à témoigner : ils ne peuvent pas être des parents des mariés, ni avoir de lien de parenté entre eux, et, dans le judaïsme orthodoxe, ce sont des hommes pratiquants. Signer la ketouba est un honneur que l’on confie souvent à des amis ou à des parents éloignés. Le rabbin vérifie leur aptitude avant la cérémonie : transmettez-lui leurs noms à l’avance.
La lecture sous la houppa
La cérémonie compte deux temps : les fiançailles (érousin), avec la remise de l’anneau, puis le mariage proprement dit (nissouin), avec les sept bénédictions. La lecture de la ketouba les sépare. Le rabbin, ou un invité que la famille veut honorer, la lit en araméen ; beaucoup de rabbins en donnent ensuite une traduction ou un résumé en français. La ketouba est alors remise à la mariée, ou à sa mère, qui la garde en lieu sûr. Pour situer ce moment dans l’ensemble de la cérémonie, lisez notre page sur la houppa et notre guide des traditions du mariage juif.
La ketouba illustrée
La ketouba est l’un des rares documents juridiques juifs que l’on peut décorer. Les communautés d’Italie, du Yémen, de Perse ou d’Afrique du Nord ont produit des ketoubot enluminées, avec bordures florales, arches, symboles des tribus ou micrographie. Beaucoup sont aujourd’hui conservées dans les musées et les bibliothèques.
Les couples perpétuent cette tradition en faisant réaliser une ketouba illustrée, que l’on encadre ensuite dans le salon. Deux conseils :
- demandez au rabbin officiant, avant de commander, s’il accepte le texte et le format de votre ketouba illustrée, ou s’il utilise son propre formulaire (la version illustrée devient alors un souvenir) ;
- faites vérifier l’orthographe des noms hébraïques et la date par le rabbin : une erreur peut obliger à refaire le document.
Offerte par des proches, une ketouba illustrée peut aussi devenir un beau présent ; d’autres pistes figurent dans notre article sur le cadeau de mariage juif.
Que faire si la ketouba est perdue ?
La loi juive interdit aux époux de vivre ensemble sans ketouba. Si l’original est perdu, détruit ou introuvable, il faut donc en rédiger une nouvelle sans attendre : c’est la ketouba de-irkessa (« ketouba qui a été perdue »). Son texte précise qu’elle remplace un document disparu. Le mariage, lui, reste parfaitement valide : le mari renouvelle son engagement par un acte d’acquisition devant deux témoins, qui signent le nouveau document avant qu’il ne soit remis à l’épouse.
Contactez votre rabbin ou le tribunal rabbinique dès que vous constatez la perte. Pour éviter d’en arriver là, rangez l’original avec vos papiers importants.
Préparer votre mariage
La ketouba n’est qu’une étape parmi toutes celles du grand jour. Pour annoncer la date, nous créons des faire-part de mariage juif numériques en français, en hébreu ou bilingues ; vous trouverez aussi des exemples de textes de faire-part.
Sources
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la ketouba ?
C’est le contrat de mariage juif. Rédigé en araméen et signé par deux témoins, il fixe les obligations du mari envers son épouse, dont une somme garantie en cas de divorce ou de veuvage. Il est lu sous la houppa puis remis à la mariée.
Qui signe la ketouba ?
Deux témoins aptes selon la loi juive : ils ne doivent pas être parents des mariés ni parents entre eux. Le rabbin officiant signe souvent aussi. Le marié accepte ses engagements par un acte symbolique d’acquisition.
Quelle somme est inscrite dans la ketouba ?
La somme de base est de 200 zouz pour une première union de la mariée et de 100 zouz pour une veuve ou une divorcée. S’y ajoutent un supplément consenti par le mari et les biens apportés par l’épouse.
Que faire si l’on a perdu sa ketouba ?
Il faut contacter rapidement un rabbin pour rédiger une ketouba de remplacement, appelée ketouba de-irkessa. Le mariage reste valide, mais la loi juive interdit aux époux de vivre ensemble sans ketouba.
La ketouba a-t-elle une valeur légale en France ?
Non, elle n’a pas d’effet devant les juridictions civiles : seul le mariage célébré à la mairie en produit. La ketouba garde sa pleine valeur religieuse, notamment devant un tribunal rabbinique.

