Torah

Havdala : prière de fin de Chabbat en hébreu, phonétique et traduction

Par Nathan LEVY · Publié le 26 février 2026 · 8 min de lecture

Bougie tressée de la Havdala, boîte à épices en argent et coupe de vin au crépuscule

La Havdala est la cérémonie qui clôt le Chabbat, le samedi soir après la tombée de la nuit. On la récite sur une coupe de vin, avec des aromates (bessamim) et une bougie à plusieurs mèches, en quatre bénédictions : le vin, les aromates, le feu, puis « hamavdil », qui sépare le sacré du profane. Voici le texte complet en hébreu, en phonétique et en français, le déroulement et les objets à préparer.

Que signifie « Havdala » ?

« Havdala » veut dire « séparation » ou « distinction ». Le Chabbat s'ouvre par le Kiddouch du vendredi soir, qui proclame sa sainteté, et se referme par la Havdala, qui marque le passage vers les jours de la semaine. Les deux rituels se répondent : tous deux se disent sur une coupe de vin, et la Havdala reprend l'idée du Kiddouch en sens inverse.

Tant que la Havdala n'a pas été faite, on ne mange pas. Dans la prière du soir, on ajoute un passage de havdala dans la Amida (« Ata 'honantanou ») ; celui qui n'a pas encore prié peut dire « Baroukh hamavdil bén kodech lé'hol » pour pouvoir reprendre les activités de la semaine, comme allumer la lumière. Sur l'office du soir lui-même, voir notre page sur la prière juive du soir.

Texte complet de la Havdala

Le texte ci-dessous suit le rite ashkénaze ; les particularités séfarades sont détaillées plus bas. Le Nom divin est écrit sous sa forme abrégée, comme dans de nombreux livres de prières.

1. Les versets d'introduction (Hiné El yechouati)

On prend la coupe dans la main et on récite ces versets tirés d'Isaïe, des Psaumes et du livre d'Esther.

הִנֵּה אֵל יְשׁוּעָתִי אֶבְטַח וְלֹא אֶפְחָד, כִּי עָזִּי וְזִמְרָת יָהּ יְיָ, וַיְהִי לִי לִישׁוּעָה: וּשְׁאַבְתֶּם מַיִם בְּשָׂשׂוֹן מִמַּעַיְנֵי הַיְשׁוּעָה: לַיְיָ הַיְשׁוּעָה, עַל עַמְּךָ בִרְכָתֶךָ סֶּלָה: יְיָ צְבָאוֹת עִמָּנוּ, מִשְׂגָּב לָנוּ אֱלֹהֵי יַעֲקֹב סֶלָה: יְיָ צְבָאוֹת, אַשְׁרֵי אָדָם בֹּטֵחַ בָּךְ: יְיָ הוֹשִׁיעָה, הַמֶּלֶךְ יַעֲנֵנוּ בְיוֹם קָרְאֵנוּ: לַיְּהוּדִים הָיְתָה אוֹרָה וְשִׂמְחָה וְשָׂשֹׂן וִיקָר: כֵּן תִּהְיֶה לָנוּ: כּוֹס יְשׁוּעוֹת אֶשָּׂא, וּבְשֵׁם יְיָ אֶקְרָא:

Hiné El yechouati evta'h vélo ef'had, ki ozi vézimrat Yah Ado-naï, vayehi li lichoua. Ouchavtem maïm bessassone mimaayné hayechoua. Lado-naï hayechoua, al amekha virkhatekha sela. Ado-naï tsevaot imanou, misgav lanou Élo-hé Yaakov sela. Ado-naï tsevaot, achré adam boté'ah bakh. Ado-naï hochia, hamélekh yaanénou véyom korénou. Layehoudim hayeta ora véssim'ha véssassone vikar. Kén tihyé lanou. Kos yechouot essa, ouvchem Ado-naï ekra.

« Oui ! Dieu est mon salut ; j'espère et ne crains point ; car ma force et ma gloire, c'est Dieu, l'Éternel ! C'est lui qui m'a sauvé ! Vous puiserez avec allégresse les eaux de cette source salutaire. À l'Éternel appartient le salut ! que ta bénédiction descende sur ton peuple ! Sélah ! L'Éternel-Cebaot est avec nous, le Dieu de Jacob est une citadelle pour nous. Sélah ! Éternel-Cebaot, heureux l'homme qui a confiance en toi ! Éternel, viens à notre secours ! Que le Roi nous exauce le jour où nous l'invoquons ! Pour les juifs, ce n'étaient que joie rayonnante, contentement, allégresse et marques d'honneur. Qu'il en soit ainsi pour nous. Je lèverai la coupe du salut, et proclamerai le nom de l'Éternel. » (Isaïe 12, 2-3 ; Psaumes 3, 9 ; 46, 12 ; 84, 13 ; 20, 10 ; Esther 8, 16 ; Psaumes 116, 13, traduction du Rabbinat)

2. La bénédiction du vin

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן:

Baroukh ata Ado-naï, Élo-hénou mélekh haolam, boré peri haguéfen.

« Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui crées le fruit de la vigne. » On ne boit pas encore : le vin est bu à la fin.

3. La bénédiction des aromates (bessamim)

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, בּוֹרֵא מִינֵי בְשָׂמִים:

Baroukh ata Ado-naï, Élo-hénou mélekh haolam, boré miné vessamim.

« Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui crées toutes sortes d'aromates. » On respire alors les aromates, puis on les fait passer.

4. La bénédiction du feu

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, בּוֹרֵא מְאוֹרֵי הָאֵשׁ:

Baroukh ata Ado-naï, Élo-hénou mélekh haolam, boré meoré haèch.

« Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui crées les lumières du feu. » On approche ensuite les mains de la flamme pour regarder la lumière se refléter sur les ongles.

5. La bénédiction de séparation (Hamavdil)

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹדֶשׁ לְחוֹל, בֵּין אוֹר לְחֹשֶׁךְ, בֵּין יִשְׂרָאֵל לָעַמִּים, בֵּין יוֹם הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה. בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹדֶשׁ לְחוֹל:

Baroukh ata Ado-naï, Élo-hénou mélekh haolam, hamavdil bén kodech lé'hol, bén or lé'hochekh, bén Israël laamim, bén yom hachevii léchéchet yemé hamaassé. Baroukh ata Ado-naï, hamavdil bén kodech lé'hol.

« Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui sépares le sacré du profane, la lumière des ténèbres, Israël des nations, le septième jour des six jours de l'action. Béni sois-Tu, Éternel, qui sépares le sacré du profane. » Celui qui a récité boit alors le vin.

Les objets de la Havdala

  • Une coupe de vin ou de jus de raisin. Beaucoup la remplissent jusqu'à la faire légèrement déborder, en signe de bénédiction pour la semaine qui commence.
  • Des bessamim : clous de girofle, cannelle, myrte ou herbes aromatiques, souvent présentés dans une boîte à épices en argent. Le Talmud (Beitsa 16a) enseigne que l'homme reçoit une « âme supplémentaire » pendant le Chabbat, qui le quitte à sa sortie ; les commentateurs y rattachent l'usage des aromates, qui viennent réconforter l'âme de cette perte.
  • Une bougie à plusieurs mèches, généralement tressée, car la bénédiction parle des « lumières » du feu, au pluriel. À défaut, on peut rapprocher deux bougies pour que leurs flammes se rejoignent.

Le feu rappelle que la semaine reprend : pendant le Chabbat, on n'allume pas de feu. Allumer une flamme nouvelle est donc le premier geste « profane » que l'on sanctifie par une bénédiction.

Le déroulement, étape par étape

  1. Attendre la fin du Chabbat, c'est-à-dire la tombée de la nuit (l'apparition de trois étoiles), à l'heure indiquée par les calendriers de votre ville.
  2. Réunir la famille autour de la table ; on éteint parfois la lumière pour mieux voir la flamme de la bougie, qu'une personne tient allumée.
  3. Réciter les versets d'introduction, coupe en main ; l'assistance reprend souvent à haute voix « Layehoudim hayeta ora… ».
  4. Dire les quatre bénédictions dans l'ordre : vin, aromates, feu, Hamavdil. L'assistance répond Amen après chacune.
  5. Boire le vin, puis éteindre la bougie, souvent dans quelques gouttes de vin versées dans une soucoupe. Celui qui a bu au moins un revi'it récite ensuite la bénédiction finale sur le vin.
  6. Chanter et se souhaiter « Chavoua tov », « bonne semaine ». Beaucoup de familles entonnent « Eliyahou hanavi » ou le chant « Hamavdil bén kodech lé'hol ».

À la sortie d'une fête qui ne tombe pas un samedi soir, on dit seulement la bénédiction du vin et Hamavdil, sans aromates ni bougie.

Variantes séfarades

Dans le rite séfarade, les versets d'ouverture sont différents : on commence notamment par « Richon létsion hiné hinam » (Isaïe 41, 27), puis viennent « Kos yechouot essa » et « Ana Ado-naï hochia na ». Avant les bénédictions, on dit Savri maranan et l'assistance répond Lé'haïm. La bénédiction des aromates change selon leur nature : boré atsé vessamim pour des bois odorants, boré issbé vessamim pour des herbes, boré miné vessamim pour les autres. Dans Hamavdil, à partir de la deuxième opposition, chacune commence par « ouvén » (« et entre »). Pour d'autres différences de ce type, lisez Séfarades et Ashkénazes lors d'une Bar Mitzvah.

La Havdala et la fête de Bar Mitzvah

Lorsque la montée à la Torah d'une Bar Mitzvah a lieu le samedi matin, la fête se prolonge parfois le soir même : certaines familles font la Havdala tous ensemble avant la réception. C'est un beau moment à confier au jeune homme, qui peut réciter les bénédictions pour l'assemblée. Pour organiser l'ensemble du week-end, consultez notre article sur le Chabbat Hatan et notre guide d'organisation de Bar Mitzvah. Si vous préparez les invitations, notre faire-part numérique Site Internet permet d'indiquer clairement le programme du samedi soir.

Créer le faire-part de la Bar Mitzvah

Sources

Questions fréquentes

À quelle heure fait-on la Havdala ?

Après la tombée de la nuit le samedi soir, lorsque trois étoiles sont visibles. L'heure exacte varie selon la ville et la saison : elle figure dans les calendriers juifs sous la mention « fin de Chabbat ». On peut encore faire la Havdala plus tard dans la soirée si on ne l'a pas faite à l'heure.

Peut-on faire la Havdala sans vin ?

On utilise de préférence du vin ou du jus de raisin. À défaut, certaines autorités autorisent une autre boisson importante du pays (hors eau). Le plus simple est de prévoir une bouteille de jus de raisin cacher pour ce moment.

Quels bessamim utiliser ?

Toute plante ou épice au parfum agréable convient : clous de girofle, cannelle, myrte, menthe ou romarin. Dans le rite séfarade, la formule de la bénédiction dépend de la nature de l'aromate (bois, herbe ou autre).

Pourquoi regarde-t-on ses ongles devant la bougie ?

On ne récite une bénédiction sur la lumière que si l'on en profite réellement. En observant le reflet de la flamme sur les ongles et la différence entre l'ombre et la lumière sur la main, on « utilise » la lumière qu'on vient de bénir.

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