Prières

Ma Nichtana : les quatre questions de Pessa'h en hébreu et phonétique

Par Nathan LEVY · Publié le 14 octobre 2026 · 4 min de lecture

Main d'enfant posée sur une Haggada ouverte près d'une assiette de matsot

Ma nichtana (« en quoi est-elle différente ? ») : ce sont les quatre questions que le plus jeune enfant pose au Seder de Pessa'h, et souvent le premier texte en hébreu qu'il apprend par cœur. Voici les paroles dans l'ordre séfarade, en hébreu, en phonétique et en français, suivies de la réponse, « Avadim hayinou ».

Pourquoi l'enfant pose-t-il des questions ?

Toute la soirée du Seder est construite pour éveiller la curiosité des enfants : on trempe des légumes, on cache la matsa, on s'accoude comme des rois. La Torah demande de répondre aux questions de ses enfants (« Quand ton fils te demandera… »), et la Haggada met ces questions dans la bouche du plus jeune. Dans l'ordre séfarade, la question sur le trempage vient en premier.

Paroles de Ma nichtana

מַה נִּשְׁתַּנָּה הַלַּיְלָה הַזֶּה מִכָּל הַלֵּילוֹת?

Ma nichtana halayla hazé mikol halélot?

Qu'est-ce qui différencie cette nuit de toutes les autres nuits ?

שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אֵין אָנוּ מַטְבִּילִין אֲפִילוּ פַּעַם אֶחָת – הַלַּיְלָה הַזֶּה שְׁתֵּי פְעָמִים.

Chébékhol halélot én anou matbilin afilou paam é'hat – halayla hazé chété féamim.

Toutes les autres nuits, nous ne trempons pas nos aliments, pas même une fois ; cette nuit, deux fois.

שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אָנוּ אוֹכְלִין חָמֵץ וּמַצָּה, הַלַּיְלָה הַזֶּה – כֻּלּוֹ מַצָּה.

Chébékhol halélot anou okhélin 'haméts oumatsa, halayla hazé – koulo matsa.

Toutes les autres nuits, nous mangeons du pain levé ou de la matsa ; cette nuit, seulement de la matsa.

שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אָנוּ אוֹכְלִין שְׁאָר יְרָקוֹת – הַלַּיְלָה הַזֶּה מָרוֹר.

Chébékhol halélot anou okhélin chéar yérakot – halayla hazé maror.

Toutes les autres nuits, nous mangeons toutes sortes de légumes ; cette nuit, des herbes amères.

שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אָנוּ אוֹכְלִין בֵּין יוֹשְׁבִין וּבֵין מְסֻבִּין – הַלַּיְלָה הַזֶּה כֻּלָּנוּ מְסֻבִּין.

Chébékhol halélot anou okhélin bén yochévin ouvén méssoubin – halayla hazé koulanou méssoubin.

Toutes les autres nuits, nous mangeons assis ou accoudés ; cette nuit, nous sommes tous accoudés.

La réponse : Avadim hayinou

עֲבָדִים הָיִינוּ לְפַרְעֹה בְּמִצְרָיִם, וַיּוֹצִיאֵנוּ יְיָ אֱלֹהֵינוּ מִשָּׁם בְּיָד חֲזָקָה וּבִזְרֹעַ נְטוּיָה. וְאִלּוּ לֹא הוֹצִיא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת אֲבוֹתֵינוּ מִמִּצְרָיִם, הֲרֵי אָנוּ וּבָנֵינוּ וּבְנֵי בָנֵינוּ מְשֻׁעְבָּדִים הָיִינוּ לְפַרְעֹה בְּמִצְרָיִם. וַאֲפִילוּ כֻּלָּנוּ חֲכָמִים כֻּלָּנוּ נְבוֹנִים כֻּלָּנוּ זְקֵנִים כֻּלָּנוּ יוֹדְעִים אֶת הַתּוֹרָה מִצְוָה עָלֵינוּ לְסַפֵּר בִּיצִיאַת מִצְרָיִם. וְכָל הַמַּרְבֶּה לְסַפֵּר בִּיצִיאַת מִצְרַיִם הֲרֵי זֶה מְשֻׁבָּח.

Avadim hayinou léfaro bémitsrayim, vayotsiénou Adonaï Élohénou micham béyad 'hazaka ouvizroa nétouya. Véilou lo hotsi hakadoch baroukh hou èt avoténou mimitsrayim, haré anou ouvanénou ouvéné vanénou méchoubadim hayinou léfaro bémitsrayim. Vaafilou koulanou 'hakhamim koulanou névonim koulanou zékénim koulanou yodéim èt hatora mitsva alénou léssapér bitsiat mitsrayim. Vékhol hamarbé léssapér bitsiat Mitsrayim haré zé méchouba'h.

Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte, et l'Éternel notre Dieu nous en a fait sortir d'une main forte et d'un bras étendu. Si le Saint, béni soit-Il, n'avait pas fait sortir nos pères d'Égypte, nous, nos enfants et les enfants de nos enfants serions encore asservis à Pharaon en Égypte. Et même si nous étions tous sages, tous intelligents, tous anciens, tous connaisseurs de la Torah, ce serait pour nous un commandement de raconter la sortie d'Égypte ; et quiconque s'étend sur le récit de la sortie d'Égypte est digne d'éloges.

Les réponses aux quatre questions

  • On trempe deux fois (le karpas dans l'eau salée, le maror dans le 'harosset) pour éveiller la curiosité et rappeler les larmes de l'esclavage.
  • On mange de la matsa, le pain de la hâte : nos pères sont sortis d'Égypte sans laisser lever leur pâte.
  • On mange du maror, l'herbe amère, en souvenir de l'amertume de l'esclavage.
  • On s'accoude, comme les hommes libres de l'Antiquité, pour vivre la liberté.

La suite du texte se trouve dans notre Haggada de Pessa'h en phonétique.

À lire aussi : la Haggada de Pessa'h, Dayénou, le Seder de Pessa'h. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.

Sources

  • Michna Pessa'him 10, 4.
  • Exode 13, 14 ; Deutéronome 6, 20-21.
  • Texte hébreu : Haggada de Pessa'h, domaine public (Sefaria). Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.

Questions fréquentes

Qui chante Ma nichtana ?

Le plus jeune enfant de la table, ou tous les enfants ensemble. S'il n'y a pas d'enfant, un adulte pose les questions, même seul.

Quelle est la différence entre l'ordre séfarade et ashkénaze ?

Les Séfarades commencent par la question du trempage, puis la matsa, le maror et l'accoudement ; les Ashkénazes commencent par la matsa. Le texte est presque le même.

Pourquoi n'y a-t-il plus de question sur l'agneau pascal ?

La Michna mentionnait une question sur le sacrifice pascal ; depuis la destruction du Temple, elle a été remplacée par celle de l'accoudement.

Que veut dire « Ma nichtana » ?

« En quoi est-elle différente » : « Ma nichtana halayla hazé mikol halélot », qu'est-ce qui différencie cette nuit de toutes les autres ?

Pour préparer votre évènement

Un évènement en approche ?

Parlez-nous de votre fête : nous imaginons ensemble le faire-part qui lui ressemble.