La paracha Be'houkotaï (בְּחֻקֹּתַי, « Selon mes lois ») est la 33e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la dixième et dernière du Lévitique (Vayikra). Elle couvre Lévitique 26:3 à 27:34, soit 78 versets : les bénédictions promises à ceux qui suivent la Torah, les avertissements (la Tokha'ha), puis les lois des vœux et des dîmes.
Selon les transcriptions, on écrit aussi Bechoukotaï, Bé'houkotaï ou Bechukotai : il s'agit toujours de la même paracha, qui commence par les mots « Im be'houkotaï telekhou », « Si vous vous conduisez selon mes lois ». En diaspora, elle est lue la plupart des années avec la paracha précédente, Behar. Avec elle se termine le livre du Lévitique : à la fin de la lecture, toute la communauté proclame « 'Hazak, 'hazak venit'hazek ! », « Sois fort, sois fort, et nous serons fortifiés ! ».
Paracha Be'houkotaï : le résumé
La paracha Be'houkotaï a deux parties très contrastées. Le chapitre 26 décrit les conséquences de la fidélité ou de l'infidélité à l'alliance : d'abord la prospérité et la paix, puis une longue série d'épreuves, qui se termine pourtant sur une promesse de souvenir et de fidélité divine. Le chapitre 27, très technique, fixe la valeur des vœux faits au Sanctuaire et les règles des dîmes.
| Repère | Paracha Be'houkotaï |
|---|---|
| Livre | Lévitique (Vayikra), fin du livre |
| Passage | Lévitique 26:3 – 27:34 |
| Nombre de versets | 78 |
| Rang dans le cycle | 33e paracha sur 54 |
| Maftir | Lévitique 27:32-34 (3 versets) |
| Haftara | Jérémie 16:19 – 17:14 (identique chez les ashkénazes et les séfarades) |
1re montée (Lévitique 26:3-5) : la pluie en son temps
« Si vous vous conduisez selon mes lois, si vous gardez mes préceptes et les exécutez », Dieu donnera les pluies en leur saison, la terre donnera son produit et l'arbre son fruit. Les récoltes seront si abondantes que le battage du grain durera jusqu'aux vendanges, et les vendanges jusqu'aux semailles. Le peuple mangera à satiété et vivra en sécurité dans son pays.
2e montée (Lévitique 26:6-9) : la paix
« Je ferai régner la paix dans ce pays, et nul n'y troublera votre repos. » Les bêtes nuisibles disparaîtront et l'épée ne traversera pas le pays. Face aux ennemis, cinq en poursuivront cent, et cent en poursuivront dix mille. Dieu se tournera vers son peuple, le fera croître et maintiendra son alliance.
3e montée (Lévitique 26:10-46) : la Présence divine et la Tokha'ha
La bénédiction culmine dans la promesse de la Présence divine : « Je fixerai ma résidence au milieu de vous… je serai votre Divinité, et vous serez mon peuple. » Dieu rappelle qu'il a brisé le joug de l'Égypte et fait marcher son peuple « la tête haute ». Commence alors la Tokha'ha, la « remontrance » (26:14-43) : si le peuple rejette les lois divines, viendront la maladie, la défaite, un ciel « de fer » et une terre « d'airain », les bêtes sauvages, l'épée, la peste et la famine, la désolation du pays et l'exil parmi les nations. La terre, privée de ses années sabbatiques, « acquittera la dette de ses chômages », un écho direct aux lois de la Chemita de la paracha Behar. Mais le chapitre se termine sur l'espoir : le peuple reconnaîtra ses fautes, et Dieu se souviendra de son alliance avec Jacob, Isaac et Abraham. Même en exil, il ne rejettera pas son peuple au point de rompre son alliance avec lui.
4e montée (Lévitique 27:1-15) : les vœux d'estimation
Le chapitre 27 traite des « arakhin » : celui qui promet au Sanctuaire la « valeur » d'une personne paie un montant fixé par la Torah selon l'âge et le sexe, par exemple 50 sicles d'argent pour un homme de 20 à 60 ans et 30 pour une femme du même âge, avec d'autres montants pour les enfants et les personnes âgées. Celui qui n'en a pas les moyens est estimé par le Cohen selon ses ressources. Un animal promis en offrande devient saint et ne peut être échangé ; si on l'échange quand même, les deux animaux deviennent saints. Un animal impur ou une maison consacrés sont estimés par le Cohen et peuvent être rachetés en ajoutant un cinquième.
5e montée (Lévitique 27:16-21) : le champ consacré
Un champ héréditaire consacré au Sanctuaire est estimé selon la quantité de semence qu'il reçoit : un 'homer d'orge de semence vaut 50 sicles d'argent, avec une réduction selon les années restant jusqu'au Jubilé. Le propriétaire peut le racheter en ajoutant un cinquième. S'il ne le rachète pas et que le champ est vendu à un autre, le champ revient aux Cohanim au Jubilé.
6e montée (Lévitique 27:22-28) : champs achetés, premiers-nés et biens voués
Un champ acheté, et non hérité, que l'on consacre, retourne au Jubilé à son propriétaire d'origine. Le sicle du Sanctuaire vaut vingt guéras. Un premier-né d'animal pur ne peut pas être consacré, puisqu'il appartient déjà à Dieu ; un premier-né d'animal impur se rachète. Enfin, ce qu'un homme a voué de manière absolue (« 'hérem ») ne peut être ni vendu ni racheté.
7e montée (Lévitique 27:29-34) : les dîmes
La dîme des produits de la terre et des fruits des arbres appartient à l'Éternel ; celui qui veut la racheter ajoute un cinquième. Pour le bétail, chaque dixième animal qui passe sous la houlette du berger est consacré, sans choisir entre bon et mauvais, et sans échange possible. Le livre se conclut par ce verset : « Tels sont les commandements que l'Éternel donna à Moïse pour les enfants d'Israël, au mont Sinaï. »
Le Maftir (Lévitique 27:32-34)
Les trois versets du Maftir portent sur la dîme du bétail, l'interdiction de l'échanger, puis la conclusion du livre du Lévitique.
Les grands thèmes et les mitsvot de Be'houkotaï
Le Séfer Ha'Hinoukh recense 12 mitsvot dans la paracha Be'houkotaï (numéros 350 à 361), toutes tirées du chapitre 27 : les estimations des personnes, des animaux, des maisons et des champs consacrés, l'interdiction d'échanger une offrande, et la dîme du bétail.
« Marcher » dans les lois : l'effort dans l'étude
Le premier verset semble se répéter : « Si vous vous conduisez selon mes lois » puis « si vous gardez mes préceptes et les exécutez ». Rachi, d'après le Sifra, explique que la première expression ne parle pas de l'accomplissement des mitsvot, déjà mentionné ensuite, mais d'un effort : « que vous soyez laborieux dans l'étude de la Torah ». La Torah ne se contente pas d'être connue : elle se travaille, comme on marche sur un chemin.
La paix vaut tout le reste
Après la pluie, les récoltes et la nourriture, la Torah ajoute : « Je ferai régner la paix dans ce pays. » Rachi explique : vous pourriez dire, voici la nourriture et la boisson, mais s'il n'y a pas la paix, tout cela n'est rien. D'où l'enseignement que la paix équivaut à tout le reste.
La Tokha'ha et l'espoir
Les avertissements de la paracha sont parmi les passages les plus durs de la Torah. Le Talmud (Méguila 31b) enseigne qu'on ne les coupe pas entre plusieurs montées : ils sont lus d'un seul tenant, et beaucoup de communautés ont l'usage de les lire à voix plus basse. Mais le texte ne s'arrête pas sur la menace : il se termine par la promesse que Dieu se souviendra de l'alliance des Patriarches et ne rejettera jamais son peuple. Le message final est celui de la fidélité.
La valeur de la parole donnée
Le chapitre 27, sur les vœux, montre qu'une promesse faite au Sanctuaire engage vraiment : la Torah fixe des montants précis et empêche d'échanger après coup un animal promis. Dans le judaïsme, ce que l'on dit compte autant que ce que l'on fait.
La haftara de Be'houkotaï
La haftara de la paracha Be'houkotaï est tirée du livre de Jérémie (16:19 – 17:14), la même chez les ashkénazes et les séfarades. C'est aussi elle qui est lue les années où Behar et Be'houkotaï sont jumelées.
| Rite | Haftara | Versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Jérémie 16:19 – 17:14 | 17 |
| Séfarade | Jérémie 16:19 – 17:14 (identique) | 17 |
Comme la paracha, la haftara oppose deux chemins. Jérémie annonce que les nations viendront reconnaître que leurs ancêtres n'ont hérité que de vaines idoles, puis il déclare que « le péché de Juda est inscrit avec un burin de fer » et annonce l'exil. Vient ensuite la célèbre comparaison : « Maudit soit l'homme qui met sa confiance en un mortel », pareil à une bruyère dans la lande ; « Béni soit l'homme qui se confie en l'Éternel », semblable à un arbre planté au bord de l'eau, dont le feuillage reste vert même en année de sécheresse. La haftara se termine par une prière que nous connaissons : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri ; sauve-moi et je serai sauvé », reprise au pluriel dans la bénédiction de la guérison de la Amida. Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez auprès de votre synagogue. Pour aller plus loin, lisez la haftara, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Be'houkotaï
En diaspora, la paracha Be'houkotaï est lue le samedi 29 mai 2027, le samedi 20 mai 2028 (lue avec Behar) et le samedi 12 mai 2029 (lue avec Behar). Elle tombe au printemps, au mois d'Iyar, quelques semaines avant Chavouot.
Seule ou jumelée avec Behar
En diaspora, Be'houkotaï est lue seule les années embolismiques (années de treize mois) ; les autres années, elle forme avec Behar la paracha double « Behar-Be'houkotaï ». En Israël, elles sont parfois séparées alors qu'elles sont jumelées en diaspora. Bonne nouvelle pour la préparation : dans les deux cas, le Maftir (Lévitique 27:32-34) et la haftara (Jérémie 16:19 – 17:14) sont les mêmes. Ce qui change, c'est la longueur de la lecture complète si votre fils lit toute la paracha. Vérifiez la paracha de son Chabbat avec notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah et le calendrier des parachiot.
Ce que lit le Bar Mitzvah
En France, le plus courant est de lire le Maftir et la haftara. Le Bar Mitzvah lit alors le Maftir le Chabbat où l'on achève le livre du Lévitique, un moment marqué par la proclamation « 'Hazak » : un symbole fort pour son entrée dans les mitsvot. Le découpage complet est le suivant :
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée (Cohen) | Lévitique 26:3-5 | 3 |
| 2e montée (Lévi) | Lévitique 26:6-9 | 4 |
| 3e montée | Lévitique 26:10-46 | 37 |
| 4e montée | Lévitique 27:1-15 | 15 |
| 5e montée | Lévitique 27:16-21 | 6 |
| 6e montée | Lévitique 27:22-28 | 7 |
| 7e montée | Lévitique 27:29-34 | 6 |
| Maftir | Lévitique 27:32-34 | 3 |
La 3e montée, très longue, contient la Tokha'ha : dans de nombreuses communautés, elle est lue par le lecteur habituel (baal koré) et l'on évite d'y faire monter quelqu'un nommément. Si votre fils lit la paracha complète, parlez-en avec le rav.
Difficulté et durée de préparation
Maftir (3 versets) et haftara (17 versets) se préparent en 4 à 6 mois de travail régulier. La paracha complète (78 versets) demande 8 à 10 mois ; jumelée avec Behar, elle atteint 135 versets, soit plutôt 10 à 12 mois. Le chapitre 27, plein de chiffres et de termes techniques, demande une lecture attentive. Ces durées sont indicatives et à ajuster avec le rav ; nos conseils pour apprendre sa paracha vous aideront à bâtir le programme.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
Be'houkotaï offre des messages forts sur l'effort, la paix et la persévérance. Trois pistes à développer, avec notre guide comment écrire un discours mémorable :
1. Avancer pas à pas
Rachi lit « si vous marchez dans mes lois » comme une invitation à l'effort dans l'étude. Le Bar Mitzvah connaît bien ce sentiment : il a appris sa lecture verset après verset, parfois avec difficulté. Il peut raconter ce chemin et remercier ceux qui l'ont accompagné, en expliquant que la Torah ne se reçoit pas d'un coup, elle se parcourt. S'il veut continuer après sa Bar Mitzvah, notre guide pour étudier le Talmud peut lui donner des idées.
2. La paix, la plus grande bénédiction
Selon Rachi, sans la paix, tout le reste ne vaut rien. Le Bar Mitzvah peut appliquer cette idée à sa propre vie : la paix à la maison entre frères et sœurs, dans sa classe, dans son équipe. Il peut conclure par un vœu ou un engagement personnel : être celui qui calme les disputes plutôt que celui qui les alimente.
3. « 'Hazak, 'hazak venit'hazek »
Le jour de sa Bar Mitzvah, on termine un livre entier de la Torah. Et l'on ne dit pas seulement « sois fort », mais « nous serons fortifiés » : on devient fort ensemble. Le garçon peut faire le lien avec sa propre étape : une page se tourne, l'enfance, et une autre commence, entouré de sa famille et de sa communauté. On peut aussi citer l'arbre planté au bord de l'eau de la haftara : des racines solides permettent de traverser les saisons difficiles.
Préparer la paracha Be'houkotaï avec Ma Paracha
Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, trouve en quelques secondes le Chabbat de la Bar Mitzvah et indique si Be'houkotaï est lue seule ou jumelée avec Behar, selon le rite et le lieu (diaspora ou Israël). Elle construit ensuite un programme jusqu'au jour J et affiche chaque verset avec nikoud, te'amim et phonétique, lu par une voix hébraïque, au ralenti si besoin. Cette voix lit le texte de façon parlée : la mélodie des te'amim vient du rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; découvrez l'application paracha Bar Mitzvah.
La paracha précédente est Behar ; la suivante est Bamidbar, qui ouvre le livre des Nombres.
Sources
- Lévitique 26:3 – 27:34 sur Sefaria (texte hébreu et traductions)
- Paracha Be'houkotaï sur fr.chabad.org
- Be'houkotaï sur Wikipédia
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Be'houkotaï ?
En diaspora, la paracha Be'houkotaï est lue le samedi 29 mai 2027, le samedi 20 mai 2028 (lue avec Behar) et le samedi 12 mai 2029 (lue avec Behar). Elle tombe au mois d'Iyar, quelques semaines avant Chavouot, et la plupart des années elle est lue le même Chabbat que Behar.
Quelle est la haftara de Be'houkotaï ?
La haftara de Be'houkotaï est Jérémie 16:19 – 17:14, identique chez les ashkénazes et les séfarades. Elle est aussi lue quand Behar et Be'houkotaï sont jumelées. Certaines communautés ont leurs propres usages : vérifiez auprès de votre synagogue.
De quoi parle la paracha Bechoukotaï ?
La paracha Bechoukotaï (Be'houkotaï) décrit les bénédictions promises à ceux qui suivent la Torah, puis les avertissements de la Tokha'ha, qui se terminent par une promesse de fidélité divine. Le dernier chapitre traite des vœux d'estimation, des biens consacrés et des dîmes. Elle conclut le livre du Lévitique.
Combien de versets compte la paracha Be'houkotaï ?
Elle compte 78 versets, de Lévitique 26:3 à 27:34. Jumelée avec Behar (57 versets), la lecture complète atteint 135 versets. Le Maftir reprend les 3 derniers versets du livre (27:32-34).
Mon fils doit-il lire la Tokha'ha pour sa Bar Mitzvah ?
En général, non : le Bar Mitzvah lit le plus souvent le Maftir et la haftara. La Tokha'ha, dans la 3e montée, est habituellement lue par le baal koré. S'il lit la paracha complète, le rav vous indiquera l'usage de votre communauté.