La paracha Vezot Haberakha est la 54e et dernière section du cycle annuel de lecture de la Torah, et la onzième du Deutéronome (Devarim 33:1-34:12). Lue le jour de Simhat Torah, elle contient la bénédiction de Moïse aux tribus d'Israël, puis le récit de sa mort sur le mont Nebo, qui clôt les cinq livres de la Torah.
Paracha Vezot Haberakha : le résumé
Son nom hébreu, וְזֹאת הַבְּרָכָה, signifie « et voici la bénédiction » : « Voici la bénédiction dont Moïse, l'homme de Dieu, bénit les enfants d'Israël avant sa mort ». On l'écrit aussi Vezot Habrakha, Vèzot HaBerakha, V'zot Haberacha ou V'zos Habrocho (prononciation ashkénaze). Elle suit la paracha Haazinou. C'est la seule paracha qui n'est pas lue un Chabbat ordinaire : elle est lue à Simhat Torah, immédiatement suivie du début de la paracha Béréchit, pour que le cycle de la Torah ne s'interrompe jamais. Voici son contenu selon le découpage en sept montées.
1re montée (Deutéronome 33:1-7) : Dieu au Sinaï, Ruben et Juda
Moïse commence par évoquer la révélation : l'Éternel est venu du Sinaï, il a brillé de Séïr et resplendi du mont Paran. Il rappelle l'amour de Dieu pour son peuple et prononce un verset que tout enfant juif connaît : « La Torah que Moïse nous a prescrite est l'héritage de l'assemblée de Jacob ». Puis viennent les bénédictions : « Que Ruben vive et ne meure pas » ; pour Juda, Moïse demande à Dieu d'écouter sa voix, de le ramener vers son peuple et de l'aider contre ses adversaires.
2e montée (33:8-12) : Lévi et Benjamin
À Lévi reviennent les Ourim et Toumim, en souvenir de sa fidélité à l'épreuve de Massa et de Mériba. Les Lévites, qui n'ont pas favorisé leurs proches quand il a fallu défendre l'alliance, enseigneront les lois à Jacob et la Torah à Israël, et offriront l'encens et les holocaustes. Benjamin est appelé « le bien-aimé de l'Éternel », qui repose en sécurité auprès de lui, « entre ses épaules ».
3e montée (33:13-17) : Joseph, Éphraïm et Manassé
La terre de Joseph est bénie de tous les biens : la rosée du ciel, les eaux de l'abîme, les fruits que mûrit le soleil et ceux de chaque mois, les trésors des montagnes antiques et des collines éternelles, et « la faveur de Celui qui résidait dans le buisson ». Joseph est comparé à un taureau premier-né, avec des cornes de buffle : ce sont « les myriades d'Éphraïm et les milliers de Manassé ».
4e montée (33:18-21) : Zabulon, Issakhar et Gad
« Réjouis-toi, Zabulon, dans tes sorties, et toi, Issakhar, dans tes tentes. » Ensemble, ils appelleront les peuples à la montagne et puiseront l'abondance des mers et les trésors cachés dans le sable. Gad est comparé à un lion ; il a choisi la première part du pays et a exécuté la justice de l'Éternel avec Israël.
5e montée (33:22-26) : Dan, Nephtali et Acher
Dan est « un jeune lion qui bondit du Bachan ». Nephtali est « rassasié de faveur et rempli de la bénédiction de l'Éternel ». Acher est « béni parmi les fils », agréé de ses frères, et « trempe son pied dans l'huile » ; ses verrous seront de fer et de cuivre. Moïse conclut : « Nul n'est comme Dieu, ô Yechouroun », qui chevauche les cieux pour venir à ton aide.
6e montée (33:27-29) : « heureux es-tu, Israël »
Le Dieu des temps anciens est un refuge, et ses bras éternels soutiennent le peuple. Israël demeure en sécurité, sur une terre de blé et de vin, sous un ciel qui distille la rosée. La bénédiction s'achève sur un cri : « Heureux es-tu, Israël ! Qui est comme toi, peuple sauvé par l'Éternel, bouclier de ton secours ? »
7e montée (34:1-12) : la mort de Moïse
Moïse monte des plaines de Moab au mont Nebo, au sommet du Pisga, face à Jéricho. Dieu lui montre tout le pays : le Galaad jusqu'à Dan, Nephtali, Éphraïm et Manassé, Juda jusqu'à la mer occidentale, le Néguev et la plaine de Jéricho, la ville des palmiers. « Voici le pays que j'ai juré à Abraham, Isaac et Jacob… je te l'ai fait voir de tes yeux, mais tu n'y passeras pas. » Moïse, serviteur de l'Éternel, meurt là, au pays de Moab, sur l'ordre de Dieu, qui l'enterre dans la vallée ; « personne n'a connu son tombeau jusqu'à ce jour ». Il avait cent vingt ans, son œil ne s'était pas terni et sa vigueur n'avait pas diminué. Les enfants d'Israël le pleurent trente jours. Josué, rempli de l'esprit de sagesse parce que Moïse lui avait imposé les mains, prend la suite. La Torah se termine ainsi : il ne s'est plus levé en Israël de prophète comme Moïse, que l'Éternel a connu face à face.
Les grands thèmes et les mitsvot de Vezot Haberakha
Le Séfer Ha'Hinoukh ne compte aucune mitsva dans Vezot Haberakha : les 613 commandements s'achèvent dans Vayélekh. La dernière paracha est un texte de bénédiction et d'adieu.
Bénir jusqu'au dernier moment
Le texte précise que Moïse bénit le peuple « avant sa mort ». Rachi (sur 33:1), d'après le Sifré, comprend : tout près de sa mort, car Moïse se dit « si ce n'est pas maintenant, quand ? ». Après quarante ans de reproches, de fatigue et de déceptions, le dernier mot de Moïse à son peuple est une bénédiction.
Chaque tribu, une bénédiction différente
Moïse ne bénit pas les tribus de la même façon : le commerce de la mer pour Zabulon, l'étude « dans les tentes » pour Issakhar, l'enseignement pour Lévi, la force pour Gad et Dan. Chaque tribu a son rôle, et c'est ensemble qu'elles forment Israël. On remarque d'ailleurs que la tribu de Siméon n'est pas nommée dans cette bénédiction, une absence que les commentateurs ont cherché à expliquer.
La Torah, héritage de tous
Le verset 33:4, « la Torah que Moïse nous a prescrite est l'héritage de l'assemblée de Jacob », est, selon le Talmud (Souka 42a), le premier verset qu'un père enseigne à son enfant dès qu'il sait parler, avec le premier verset du Chema Israël. Rachi (sur 33:4) le commente ainsi : nous l'avons prise et nous ne l'abandonnerons pas. Le jour de sa Bar Mitzvah, un garçon retrouve ce verset de sa petite enfance.
Qui a écrit les derniers versets ?
Comment Moïse a-t-il pu écrire « et Moïse mourut là » ? Rachi (sur 34:5) rapporte deux opinions du Talmud (Baba Batra 15a) : pour l'une, Moïse a écrit jusque-là et Josué a écrit la suite ; pour Rabbi Méir, Dieu a dicté ces mots et Moïse les a écrits « avec des larmes ». Et sur le tout dernier verset, « aux yeux de tout Israël », Rachi explique qu'il fait allusion au moment où Moïse a brisé les Tables devant le peuple, un geste que Dieu a approuvé. La Torah se termine donc sur le courage d'un chef.
La haftara de Vezot Haberakha
La haftara de Vezot Haberakha, lue à Simhat Torah, est tirée du début du livre de Josué : Josué 1:1-18 chez les Ashkénazes, Josué 1:1-9 chez les Séfarades.
| Rite | Haftara | Versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Josué 1:1-18 | 18 |
| Séfarade | Josué 1:1-9 | 9 |
La Torah se termine par la mort de Moïse ; la haftara commence exactement là : « Après la mort de Moïse, serviteur de l'Éternel, l'Éternel parla à Josué, fils de Noun ». Dieu lui ordonne de traverser le Jourdain avec tout le peuple et lui promet : « Comme j'ai été avec Moïse, je serai avec toi ; je ne te délaisserai pas. » Dieu lui répète trois fois « sois fort et courageux » et ajoute : « Que ce livre de la Torah ne quitte pas ta bouche ; médite-le jour et nuit. » Dans la version ashkénaze, la lecture continue avec les préparatifs de la traversée : Josué rappelle aux tribus de Ruben, de Gad et à la demi-tribu de Manassé leur engagement à combattre avec leurs frères, et ceux-ci répondent : « Tout ce que tu nous as ordonné, nous le ferons. » Le message est clair : la Torah ne s'arrête pas avec Moïse, elle se transmet.
Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez auprès de votre synagogue. Voir aussi la Haftarah, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Vezot Haberakha
En diaspora, la paracha Vezot Haberakha est lue à Simhat Torah, et non un Chabbat. En diaspora, Simhat Torah correspond au deuxième jour de Chemini Atseret (23 Tichri) et tombe toujours en semaine ; en Israël, Chemini Atseret et Simhat Torah sont célébrées le même jour (22 Tichri). Une Bar Mitzvah « sur Vezot Haberakha » est donc rare et ne se déroule pas comme une Bar Mitzvah de Chabbat.
Comment se passe la lecture de Simhat Torah ?
Après les hakafot, les danses avec les rouleaux de la Torah, on lit Vezot Haberakha d'une manière particulière. Dans beaucoup de communautés, les cinq premières montées (33:1-26) sont répétées plusieurs fois pour que tous les hommes présents montent à la Torah ; on appelle aussi tous les enfants ensemble (Kol Hanéarim), sous un grand talith tendu au-dessus d'eux. Viennent ensuite deux honneurs très recherchés : le 'Hatan Torah, appelé pour la fin de la Torah (Deutéronome 33:27-34:12), puis le 'Hatan Béréchit, appelé pour le début de la Torah (Genèse 1:1-2:3), dans un second Séfer Torah. Un troisième rouleau sert au Maftir, tiré des Nombres (29:35-30:1), suivi de la haftara de Josué.
| Lecture | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée | Deutéronome 33:1-7 | 7 |
| 2e montée | Deutéronome 33:8-12 | 5 |
| 3e montée | Deutéronome 33:13-17 | 5 |
| 4e montée | Deutéronome 33:18-21 | 4 |
| 5e montée | Deutéronome 33:22-26 | 5 |
| 6e montée (découpage en sept) | Deutéronome 33:27-29 | 3 |
| 7e montée (découpage en sept) | Deutéronome 34:1-12 | 12 |
| 'Hatan Torah (Simhat Torah) | Deutéronome 33:27-34:12 | 15 |
| 'Hatan Béréchit (Simhat Torah) | Genèse 1:1-2:3 | 34 |
| Maftir (Simhat Torah) | Nombres 29:35-30:1 | 6 |
| Haftara | Josué 1:1-18 (ashkénaze) / 1:1-9 (séfarade) | 18 / 9 |
Que peut lire un Bar Mitzvah ce jour-là ?
Un garçon dont la Bar Mitzvah tombe à Simhat Torah est majeur ce jour-là : il ne monte plus avec les enfants de Kol Hanéarim, mais avec les adultes. Les honneurs de 'Hatan Torah et de 'Hatan Béréchit sont en général confiés à des membres de la communauté que l'on veut honorer ; selon les synagogues, le jeune Bar Mitzvah peut recevoir une montée, ou le Maftir et la haftara de Josué, dont les 9 ou 18 versets se préparent en six à neuf mois. C'est le rav qui fixe ce qui est possible. Beaucoup de familles choisissent aussi de célébrer la lecture le Chabbat suivant, sur la paracha Béréchit, ou lors d'une lecture de semaine (voir Bar Mitzvah un jour de semaine). Vezot Haberakha n'est jamais jumelée avec une autre paracha, mais elle est toujours lue dans la continuité de Béréchit.
Pour savoir précisément quelle lecture correspond à la date de naissance de votre fils, consultez quelle paracha pour ma Bar Mitzvah et le calendrier des parachiot. Le calculateur de Ma Paracha prévient lorsque la date tombe pendant une fête et permet de choisir un autre Chabbat.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
Même si la lecture a lieu un autre jour, un garçon né à cette période peut s'inspirer de Vezot Haberakha pour son discours. Trois pistes à développer avec notre guide pour écrire un discours de Bar Mitzvah.
1. Le premier verset de mon enfance
« La Torah que Moïse nous a prescrite » est le premier verset qu'on apprend à un enfant qui commence à parler. Le Bar Mitzvah peut raconter le chemin parcouru, de ce verset murmuré tout petit jusqu'à sa lecture d'aujourd'hui devant la communauté, et remercier ceux qui le lui ont appris.
2. À chacun sa bénédiction
Moïse donne à chaque tribu une bénédiction différente, adaptée à ses talents. Le garçon peut se demander quelle est « sa » bénédiction : la musique, le sport, l'étude, l'écoute des autres. Être Bar Mitzvah, c'est mettre ce talent au service de sa famille et de sa communauté.
3. Finir pour mieux recommencer
À Simhat Torah, on lit la fin de la Torah et, aussitôt, son début. Le message pour un garçon de 13 ans : la Bar Mitzvah n'est pas la fin de l'apprentissage, mais le début d'un nouveau cycle. Rachi rappelle aussi que Moïse a béni jusqu'à son dernier jour : on n'arrête jamais de grandir.
Préparer la paracha Vezot Haberakha avec Ma Paracha
Bar Mitzvah à Simhat Torah, le Chabbat Béréchit ou un autre jour fixé par la communauté : Ma Paracha calcule la lecture correspondant à la date de naissance, signale les fêtes et permet de choisir un autre Chabbat si besoin. L'application construit ensuite un programme jusqu'au jour J et propose chaque verset avec texte, phonétique séfarade ou ashkénaze et une voix hébraïque, au ralenti si nécessaire. C'est une lecture parlée : la mélodie des te'amim vient du rav, qui peut l'enregistrer dans l'appli. Démarrage gratuit, sans carte bancaire, puis 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. Plus d'informations : application paracha Bar Mitzvah.
Sources
- Sefaria : Deutéronome 33:1-34:12 (texte et commentaires)
- Chabad.org : Vezot Haberakha en bref
- Wikipédia : Vèzot HaBerakha
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Vezot Haberakha ?
En diaspora, la paracha Vezot Haberakha est lue à Simhat Torah, et non un Chabbat. C'est la seule paracha qui n'a pas de Chabbat attitré : elle est lue le jour de Simhat Torah, juste avant le début de Béréchit.
Quelle est la haftara de Vezot Haberakha ?
La haftara de Vezot Haberakha, lue à Simhat Torah, est Josué 1:1-18 chez les Ashkénazes et Josué 1:1-9 chez les Séfarades. Elle raconte comment Josué succède à Moïse. Les usages peuvent varier : confirmez auprès de votre synagogue.
De quoi parle la paracha Vezot Habrakha ?
La paracha Vezot Habrakha contient la bénédiction de Moïse aux tribus d'Israël, puis le récit de sa montée sur le mont Nebo, d'où il voit la terre promise, et de sa mort. Elle se termine sur l'affirmation qu'aucun prophète comme Moïse ne s'est plus levé en Israël.
Combien de versets compte la paracha Vezot Haberakha ?
La paracha Vezot Haberakha compte 41 versets (Deutéronome 33:1 à 34:12) : 29 versets de bénédictions et 12 versets sur la mort de Moïse. À Simhat Torah, les 15 derniers versets forment la lecture du 'Hatan Torah.
Peut-on faire sa Bar Mitzvah à Simhat Torah ?
Oui, un garçon qui a 13 ans ce jour-là peut monter à la Torah avec les adultes, et certaines communautés lui confient une montée ou le Maftir avec la haftara de Josué. Mais ce n'est pas une Bar Mitzvah de Chabbat classique : beaucoup de familles célèbrent la lecture le Chabbat Béréchit. Parlez-en tôt avec votre rav.