La paracha Béréchit est la 1re des 54 sections hebdomadaires de la Torah et ouvre le livre de la Genèse (Béréchit 1:1 à 6:8, 146 versets). Elle raconte la création du monde en six jours et le Chabbat, Adam et Ève au jardin d'Éden, Caïn et Abel, puis les dix générations jusqu'à Noé.
בְּרֵאשִׁית
Son nom signifie « Au commencement », d'après le premier mot de la Torah. Selon les transcriptions, on l'écrit aussi Bereshit ou Berechit : il s'agit toujours de la même paracha, lue le Chabbat qui suit Simhat Torah, quand le cycle annuel de lecture recommence. Cette page vous donne le résumé montée par montée, les grands thèmes, la haftara selon votre rite et tout ce qu'il faut savoir pour préparer une Bar Mitzvah sur cette paracha.
Paracha Béréchit : le résumé
La paracha Béréchit couvre l'histoire de l'humanité, de la création du monde jusqu'à la décision divine d'envoyer le Déluge. Elle est découpée, comme chaque paracha, en sept montées (aliyot) suivies du Maftir.
1re montée (Genèse 1:1-2:3) : les six jours de la Création et le Chabbat
Dieu crée le ciel et la terre. Jour après jour apparaissent la lumière, le firmament qui sépare les eaux, la terre ferme et les végétaux, puis les luminaires (soleil, lune, étoiles), les poissons et les oiseaux, enfin les animaux terrestres et l'homme, créé « à l'image de Dieu », homme et femme. Dieu les bénit : « Croissez et multipliez. » Le septième jour, Dieu achève son œuvre, se repose, bénit ce jour et le sanctifie : c'est le premier Chabbat, dont les versets sont récités chaque vendredi soir au Kiddouch.
2e montée (Genèse 2:4-2:19) : l'homme dans le jardin d'Éden
Le récit reprend sous un autre angle : Dieu façonne l'homme avec la poussière de la terre et lui insuffle une âme de vie. Il plante un jardin en Éden, d'où sort un fleuve qui se divise en quatre bras, et y place l'homme « pour le cultiver et le garder ». Il lui permet de manger de tous les arbres, sauf de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Constatant qu'« il n'est pas bon que l'homme soit seul », Dieu amène à Adam les animaux pour qu'il leur donne un nom.
3e montée (Genèse 2:20-3:21) : Ève, le serpent et la faute
Adam nomme tous les animaux mais ne trouve pas d'aide qui lui corresponde. Dieu le plonge dans le sommeil et forme la femme à partir de son côté. Le serpent, « le plus rusé des animaux », persuade la femme de goûter le fruit défendu ; elle en mange et en donne à son mari. Leurs yeux s'ouvrent, ils se découvrent nus et se cachent. Dieu interpelle l'homme (« Où es-tu ? »), puis annonce les conséquences : le serpent rampera, la femme enfantera dans la douleur, l'homme gagnera son pain à la sueur de son front. Adam nomme sa femme 'Hava (Ève), « mère de tous les vivants », et Dieu leur fait des tuniques de peau.
4e montée (Genèse 3:22-4:18) : l'exil hors d'Éden, Caïn et Abel
Pour que l'homme ne mange pas aussi de l'arbre de vie, Dieu le renvoie du jardin et place des chérubins pour en garder l'accès. Ève donne naissance à Caïn, cultivateur, puis à Abel, berger. Tous deux apportent une offrande ; celle d'Abel est agréée, pas celle de Caïn. Dieu met Caïn en garde contre le péché qui « guette à la porte ». Caïn tue pourtant son frère dans les champs, et répond à Dieu : « Suis-je le gardien de mon frère ? » Condamné à l'errance, il reçoit un signe qui le protège, s'installe au pays de Nod et fonde une ville. Sa descendance est énumérée jusqu'à Lamekh.
5e montée (Genèse 4:19-4:22) : la famille de Lamekh
Quatre versets seulement : Lamekh épouse Ada et Tsila. Ada met au monde Yaval, ancêtre des pasteurs qui vivent sous la tente, et Youval, ancêtre des joueurs de harpe et de flûte ; Tsila enfante Toubal-Caïn, qui forge le cuivre et le fer, et sa sœur Naama. La Torah décrit ici la naissance des métiers et des arts.
6e montée (Genèse 4:23-5:24) : Seth et la lignée d'Adam
Lamekh s'adresse à ses femmes dans un court poème. Adam et Ève ont un troisième fils, Seth, qui « remplace » Abel ; à la naissance d'Enosh, fils de Seth, on commence à invoquer le nom de Dieu. Le chapitre 5 déroule la généalogie d'Adam à Hanokh : chaque génération est rythmée par l'âge du père à la naissance de son fils et par la durée de sa vie. Hanokh « marcha avec Dieu », puis disparut, « car Dieu l'avait pris ».
7e montée (Genèse 5:25-6:8) : de Mathusalem à Noé
Mathouchela'h (Mathusalem) vit 969 ans, la plus longue vie mentionnée dans la Torah. Lamekh donne naissance à Noa'h (Noé), dont le nom évoque le réconfort. Les hommes se multiplient, la durée de la vie humaine est limitée à 120 ans, et la violence se répand. Dieu constate que « le mal de l'homme est grand sur la terre » et regrette de l'avoir créé. Mais « Noé trouva grâce aux yeux de Dieu » : c'est sur ce verset d'espoir que se termine la paracha.
Maftir (Genèse 6:5-6:8)
Les quatre derniers versets sont relus pour le Maftir : la corruption de l'humanité, la décision d'effacer la vie de la terre et la grâce accordée à Noé. C'est souvent le passage que lit le jeune Bar Mitzvah.

Les grands thèmes et les mitsvot de Béréchit
La paracha Béréchit pose les fondations de toute la Torah : un monde voulu et ordonné, un homme libre et responsable, un temps sanctifié par le Chabbat.
Pourquoi la Torah commence-t-elle par la Création ?
Rachi ouvre son commentaire par une question de Rabbi Yitshak : la Torah, livre des lois d'Israël, aurait pu commencer par le premier commandement donné au peuple (« Ce mois sera pour vous le premier des mois », Exode 12:2). Elle commence par la Création pour affirmer que la terre entière appartient à Dieu, qui la donne à qui Il veut. Le récit des origines n'est donc pas un simple prologue : il fonde la relation entre l'homme, le monde et son Créateur.
Chaque être humain est un monde
Pourquoi l'humanité commence-t-elle par un seul homme ? La Michna (Sanhédrin 4:5) répond : pour enseigner que celui qui détruit une seule vie est considéré comme s'il avait détruit un monde entier, et que celui qui sauve une vie sauve un monde entier ; et aussi pour que personne ne puisse dire « mon ancêtre est plus grand que le tien ». L'idée de l'homme créé « à l'image de Dieu » fonde la dignité de chacun.
Libre arbitre et responsabilité
Après la faute, Dieu demande à Adam : « Où es-tu ? » Rachi précise que Dieu savait où il se trouvait, mais voulait engager la conversation avec lui pour qu'il ne soit pas désemparé au moment de répondre. La même question revient pour Caïn (« Où est Abel ton frère ? »). La paracha montre un homme capable de choisir, de se tromper, et à qui l'on laisse toujours la possibilité de répondre.
La mitsva de la paracha
Selon le Séfer Ha'Hinoukh, la paracha Béréchit contient une seule mitsva positive, la première des 613 : « Croissez et multipliez » (Genèse 1:28), le commandement d'avoir des enfants, pour que le monde soit habité. Le Chabbat, sanctifié dès la 1re montée, ne deviendra un commandement pour Israël que plus tard, dans l'Exode.
La haftara de Béréchit
La haftara de Béréchit est tirée du livre d'Isaïe (Yecha'ya) : chez les Ashkénazes, Isaïe 42:5-43:10 ; chez les Séfarades, un passage plus court, Isaïe 42:5-21.
| Rite | Référence | Versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Isaïe 42:5-43:10 | 31 |
| Séfarade | Isaïe 42:5-21 | 17 |
| Chabbat Ma'har 'Hodech (certaines années) | I Samuel 20:18-42 | 25 |
Le lien avec la paracha est explicite dès le premier verset : « Ainsi parle Dieu, qui a créé les cieux et les a déployés, qui a étendu la terre et ce qu'elle produit, qui donne une âme au peuple qui l'habite. » Le prophète rappelle le Créateur de la Genèse, puis confie à Israël une mission : être « l'alliance du peuple et la lumière des nations », ouvrir les yeux des aveugles, libérer les captifs. La version séfarade s'achève sur l'idée que Dieu a voulu « rendre la Torah grande et glorieuse » ; la version ashkénaze poursuit jusqu'à « Vous êtes mes témoins » (43:10).
Attention aux années particulières : quand Roch 'Hodech 'Hechvan commence un dimanche, le Chabbat Béréchit devient Chabbat Ma'har 'Hodech (« demain, c'est la nouvelle lune ») et l'on lit à la place l'histoire de l'amitié entre David et Jonathan (I Samuel 20:18-42). Cela arrive régulièrement pour Béréchit. Par ailleurs, les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours auprès de votre synagogue. Pour comprendre le rôle de ce texte prophétique, lisez notre article la Haftarah, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Béréchit
En diaspora, la paracha Béréchit est lue le samedi 30 octobre 2027, le samedi 14 octobre 2028 et le samedi 6 octobre 2029. C'est le premier Chabbat après Simhat Torah, souvent appelé Chabbat Béréchit, un moment symbolique pour un garçon qui devient responsable de ses mitsvot : la communauté recommence la Torah au moment où il commence sa vie d'adulte juif. Pour savoir si la date de votre fils tombe sur cette paracha, consultez quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ou le calendrier des parachiot.
Que lit le Bar Mitzvah ?
En France, le plus courant est de lire le Maftir (Genèse 6:5-8, 4 versets) puis la haftara (17 ou 31 versets selon le rite, 25 en cas de Ma'har 'Hodech). Certains garçons lisent une ou plusieurs montées, voire la paracha complète : 146 versets, ce qui représente un vrai défi, avec des passages poétiques (le Chabbat) et de longues généalogies aux noms difficiles.
| Partie | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée | Genèse 1:1-2:3 | 34 |
| 2e montée | Genèse 2:4-2:19 | 16 |
| 3e montée | Genèse 2:20-3:21 | 27 |
| 4e montée | Genèse 3:22-4:18 | 21 |
| 5e montée | Genèse 4:19-4:22 | 4 |
| 6e montée | Genèse 4:23-5:24 | 28 |
| 7e montée | Genèse 5:25-6:8 | 16 |
| Maftir | Genèse 6:5-6:8 | 4 |
Difficulté et durée de préparation
Le Maftir de Béréchit est court et ne présente pas de difficulté particulière ; l'essentiel du travail porte sur la haftara d'Isaïe, au vocabulaire poétique. Pour un Maftir et une haftara, comptez en général six mois à un an de préparation régulière, à raison de quelques séances courtes par semaine. Pour la paracha entière, prévoyez davantage et commencez tôt. Attention au calendrier : la préparation tombe en pleine période des fêtes de Tichri (Roch Hachana, Kippour, Souccot), il vaut donc mieux être prêt avant. Pour la méthode, voyez comment préparer la lecture de la paracha.
Une paracha simple ou double ?
Béréchit n'est jamais jumelée avec une autre paracha : elle est toujours lue seule. La seule variation possible concerne la haftara (Ma'har 'Hodech, voir plus haut).
Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
Le dvar Torah est le petit discours où le Bar Mitzvah partage une idée de sa paracha. Voici trois pistes concrètes pour la paracha Béréchit, à adapter avec son rav ; pour la construction du texte, voyez notre guide pour écrire un discours de Bar Mitzvah mémorable.
- « Où es-tu ? » (Genèse 3:9). Dieu ne demande pas à Adam où il se cache, il lui demande où il en est. Le Bar Mitzvah peut se poser la question à lui-même : où en suis-je à 13 ans, qu'est-ce que je veux construire ? Rachi explique que Dieu ouvre une conversation au lieu de punir d'emblée : une belle idée sur la façon de parler à ceux qui se sont trompés.
- « Suis-je le gardien de mon frère ? » (Genèse 4:9). Caïn refuse toute responsabilité ; la réponse de la Torah est oui. Devenir Bar Mitzvah, c'est accepter d'être responsable de ses actes, mais aussi des autres : un frère, un ami, un camarade mis à l'écart.
- Un monde entier dans chaque personne. Avec la Michna de Sanhédrin, le jeune peut montrer que chaque être humain est unique et irremplaçable, et remercier ceux qui ont fait de lui ce qu'il est : ses parents, ses grands-parents, son rav.
Préparer la paracha Béréchit avec Ma Paracha
Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, calcule gratuitement et sans compte la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils selon votre rite, puis bâtit un programme de séances jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset de Béréchit s'affiche avec nikoud, te'amim et phonétique séfarade ou ashkénaze, et une voix hébraïque le lit à voix haute, au ralenti si besoin. C'est une lecture parlée : la mélodie des te'amim vient du rav, qui peut l'enregistrer dans l'appli. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; Premium à 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. Découvrez aussi l'application en détail.
Paracha suivante : la paracha Noa'h, l'histoire du Déluge et de la tour de Babel.
Sources
- Genèse 1:1-6:8 (texte hébreu et traduction) – Sefaria
- Béréchit – Paracha de la semaine – fr.chabad.org
- Bereshit (parasha) – Wikipédia
- Séfer Ha'Hinoukh, mitsva 1 – Sefaria
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Béréchit ?
En diaspora, la paracha Béréchit est lue le samedi 30 octobre 2027, le samedi 14 octobre 2028 et le samedi 6 octobre 2029. C'est toujours le premier Chabbat qui suit Simhat Torah, lorsque le cycle annuel de lecture de la Torah recommence au début de la Genèse.
Quelle est la haftara de Béréchit ?
La haftara de Béréchit est Isaïe 42:5-43:10 chez les Ashkénazes et Isaïe 42:5-21 chez les Séfarades. Certaines années, le Chabbat tombe la veille de Roch 'Hodech 'Hechvan et l'on lit alors I Samuel 20:18-42 (Ma'har 'Hodech). Les usages varient selon les communautés : vérifiez auprès de votre synagogue.
De quoi parle la paracha Béréchit (Bereshit) ?
Elle raconte la création du monde en six jours et le premier Chabbat, Adam et Ève au jardin d'Éden et leur faute, le meurtre d'Abel par Caïn, puis les générations d'Adam jusqu'à Noé. Elle se termine sur la corruption de l'humanité et sur Noé, qui trouve grâce aux yeux de Dieu.
Combien de versets compte la paracha Béréchit ?
La paracha Béréchit compte 146 versets (Genèse 1:1 à 6:8), répartis en sept montées. Le Maftir reprend les quatre derniers versets, Genèse 6:5-8.
Que lit un Bar Mitzvah sur la paracha Béréchit ?
Le plus souvent, il lit le Maftir (4 versets) et la haftara d'Isaïe, de 17 à 31 versets selon le rite. Certains lisent aussi une partie ou la totalité des 146 versets de la paracha. Le choix se fait avec le rav de la communauté, en fonction du niveau et du temps de préparation.