Parachiot

Paracha Behar : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 29 septembre 2026 · 12 min de lecture

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Champ en jachère, oliviers et chofar posé sur un muret

La paracha Behar (בְּהַר, « Sur la montagne ») est la 32e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la neuvième du Lévitique (Vayikra). Elle couvre Lévitique 25:1 à 26:2, soit 57 versets, consacrés à l'année sabbatique (Chemita), au Jubilé (Yovel), à l'honnêteté dans le commerce et à la solidarité envers celui qui s'appauvrit.

Son nom complet est « Behar Sinaï », « sur le mont Sinaï », d'après les premiers mots du texte ; on la trouve aussi écrite Béhar. Courte et très concrète, elle parle de terre, d'argent, de prêts et de liberté. La plupart des années, elle est lue le même Chabbat que la paracha suivante, Be'houkotaï : ce point est essentiel pour une Bar Mitzvah, et nous le détaillons plus bas.

Paracha Behar : le résumé

Tout le chapitre 25 développe une idée simple et radicale : la terre d'Israël appartient à Dieu, et les hommes n'en sont que les résidents. De ce principe découlent le repos de la terre tous les sept ans, le retour des propriétés tous les cinquante ans et la protection de ceux qui tombent dans la pauvreté.

RepèreParacha Behar
LivreLévitique (Vayikra)
PassageLévitique 25:1 – 26:2
Nombre de versets57
Rang dans le cycle32e paracha sur 54
MaftirLévitique 25:55 – 26:2 (3 versets)
HaftaraJérémie 32:6-27 (identique chez les ashkénazes et les séfarades)

1re montée (Lévitique 25:1-13) : la Chemita et le Jubilé

Dieu parle à Moïse au mont Sinaï. Lorsque le peuple entrera dans le pays, la terre observera un repos en l'honneur de l'Éternel : six années on sème son champ et on taille sa vigne, mais la septième année est un « Chabbat » pour la terre. On ne sème pas, on ne moissonne pas ce qui pousse seul, on ne vendange pas : les produits de cette année sont pour tous, le propriétaire, son serviteur, le salarié, l'étranger, et même le bétail et les bêtes sauvages. On compte ensuite sept cycles de sept ans, soit 49 années. Le jour de Yom Kippour de la cinquantième année, on sonne du chofar dans tout le pays et l'on proclame la liberté pour tous ses habitants : c'est le Jubilé, où chacun retrouve sa propriété et sa famille.

וְקִדַּשְׁתֶּם אֵת שְׁנַת הַחֲמִשִּׁים שָׁנָה וּקְרָאתֶם דְּרוֹר בָּאָרֶץ לְכָל־יֹשְׁבֶיהָ יוֹבֵל הִוא תִּהְיֶה לָכֶם וְשַׁבְתֶּם אִישׁ אֶל־אֲחֻזָּתוֹ וְאִישׁ אֶל־מִשְׁפַּחְתּוֹ תָּשֻׁבוּ׃

« Vous sanctifierez cette cinquantième année, en proclamant, dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l'habitent : cette année sera pour vous le Jubilé, où chacun de vous rentrera dans son bien, où chacun retournera à sa famille. » (Lévitique 25:10). Ce verset est gravé, en anglais, sur la célèbre Liberty Bell de Philadelphie.

2e montée (Lévitique 25:14-18) : ne pas léser son prochain

Lorsqu'on vend ou achète une terre, le prix se calcule selon le nombre d'années de récolte qui restent jusqu'au prochain Jubilé : on ne vend pas vraiment le sol, mais un nombre de récoltes. La Torah insiste deux fois : « Ne vous lésez point l'un l'autre, mais redoute ton Dieu ! » Celui qui observe ces lois habitera le pays en sécurité.

3e montée (Lévitique 25:19-24) : la promesse et la terre de Dieu

La Torah répond à l'inquiétude naturelle : « Qu'aurons-nous à manger la septième année ? » Dieu promet sa bénédiction à la sixième année, qui produira de quoi vivre trois ans, jusqu'à la récolte de la neuvième année. Puis vient le principe central : « Nulle terre ne sera aliénée irrévocablement, car la terre est à moi, car vous n'êtes que des étrangers domiciliés chez moi. » Partout, un droit de rachat est garanti sur les terres.

4e montée (Lévitique 25:25-28) : le rachat d'un champ vendu

Si un homme tombé dans la gêne vend une partie de sa propriété, son plus proche parent, le « goël », a le droit de la racheter. S'il retrouve lui-même des moyens, il peut aussi la racheter en remboursant à l'acheteur la valeur des années restantes. À défaut, le champ lui revient de toute façon au Jubilé.

5e montée (Lévitique 25:29-38) : maisons, villes des Lévites et prêt sans intérêt

Une maison située dans une ville entourée de murailles ne peut être rachetée que pendant un an après la vente ; ensuite, elle reste à l'acheteur. Les maisons des villages sans murailles suivent la règle des champs. Les Lévites, qui n'ont pas de territoire, gardent toujours le droit de racheter leurs maisons, et les terrains autour de leurs villes ne peuvent pas être vendus. La montée se termine par un appel à la solidarité : « Si ton frère vient à déchoir… soutiens-le », et l'interdiction de lui prêter de l'argent ou de la nourriture avec intérêt.

6e montée (Lévitique 25:39-46) : le serviteur hébreu

Un Israélite réduit à la misère qui se vend à son frère ne doit pas être traité comme un esclave : il sera comme un salarié, un hôte, et il sortira libre au Jubilé avec ses enfants pour retrouver le bien de ses pères. La raison est donnée par Dieu lui-même : « Car ils sont mes esclaves, à moi, qui les ai fait sortir du pays d'Égypte. » On ne le dirige pas avec dureté.

7e montée (Lévitique 25:47 – 26:2) : le rachat de celui qui s'est vendu à un étranger

Si un Israélite pauvre s'est vendu à un étranger installé dans le pays, sa famille doit le racheter : un frère, un oncle, un cousin ou un autre parent, ou lui-même s'il en a les moyens. Le prix tient compte des années restant jusqu'au Jubilé, où il sortira libre en tout cas. La paracha se termine par deux versets du chapitre 26 : ne pas se faire d'idoles ni se prosterner sur une pierre sculptée, et observer les Chabbats en respectant le Sanctuaire.

Le Maftir (Lévitique 25:55 – 26:2)

Les trois versets du Maftir résument la paracha : les enfants d'Israël appartiennent à Dieu, qui les a fait sortir d'Égypte ; ils n'adorent pas d'idoles, gardent le Chabbat et révèrent le Sanctuaire.

Les grands thèmes et les mitsvot de Behar

Le Séfer Ha'Hinoukh compte 24 mitsvot dans la paracha Behar (numéros 326 à 349) : les lois de la septième année et du Jubilé, l'honnêteté dans la vente, l'interdiction de blesser par la parole, le prêt sans intérêt et les droits du serviteur hébreu.

Pourquoi « au mont Sinaï » ?

Rachi pose une question célèbre sur le premier verset : quel rapport entre l'année sabbatique et le mont Sinaï ? Toutes les mitsvot n'ont-elles pas été données au Sinaï ? Il répond, d'après le Sifra : de même que la Chemita a été donnée au Sinaï avec ses règles générales et ses détails, toutes les mitsvot ont été données au Sinaï avec leurs règles générales et leurs détails. La Torah écrite et son explication forment un seul enseignement.

La confiance

Laisser son champ au repos une année entière demande de la confiance. La Torah ne cache pas la question des agriculteurs (« Qu'aurons-nous à manger ? ») et y répond par une promesse de bénédiction. La Chemita apprend à travailler six ans de toutes ses forces, puis à reconnaître que la réussite ne dépend pas seulement de soi.

Les mots qui blessent

« Ne vous lésez point l'un l'autre » est écrit deux fois (25:14 et 25:17). Rachi explique que le second verset vise la blessure par la parole, « onaat devarim » : ne pas vexer son prochain, ne pas lui donner un conseil intéressé. Le Talmud (Baba Metsia 58b) va très loin : faire pâlir de honte quelqu'un en public est comparé à verser son sang.

Soutenir avant la chute

Sur le verset « soutiens-le » (25:35), Rachi donne une image frappante : un fardeau qui glisse du dos d'un âne peut être retenu par une seule personne ; une fois tombé à terre, cinq personnes ne suffisent pas à le relever. Il faut aider avant que l'autre ne s'effondre. Maïmonide s'appuie sur ce verset pour définir le plus haut degré de la tsedaka : aider quelqu'un à devenir autonome, par un prêt, un associé ou un emploi.

La haftara de Behar

La haftara de la paracha Behar est tirée du livre de Jérémie (32:6-27), la même chez les ashkénazes et les séfarades. Attention : les années où Behar et Be'houkotaï sont lues ensemble, c'est la haftara de Be'houkotaï (Jérémie 16:19 – 17:14) qui est lue.

RiteHaftaraVersets
AshkénazeJérémie 32:6-2722
SéfaradeJérémie 32:6-27 (identique)22
Behar-Be'houkotaï jumeléesJérémie 16:19 – 17:1417

Le lien avec la paracha est le droit de rachat d'un champ. Jérusalem est assiégée par les Babyloniens et le prophète Jérémie est enfermé dans la cour de la prison. Dieu lui annonce que son cousin Hanamel, fils de Challoum, viendra lui proposer d'acheter son champ d'Anatot, « car le droit de rachat t'appartient ». Jérémie achète le champ pour dix-sept sicles d'argent, rédige l'acte de vente devant témoins et le confie à son disciple Baruch, fils de Néria, avec l'ordre de le conserver dans un vase de terre. Le message est un acte d'espoir : « De nouveau, on achètera, dans ce pays, des maisons, des champs et des vignes. » Jérémie prie, et Dieu lui répond : « Je suis l'Éternel, Dieu de toute chair : est-il pour moi rien de trop difficile ? » Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez auprès de votre synagogue. Pour en savoir plus, lisez la haftara, c'est quoi ?

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Behar

En diaspora, la paracha Behar est lue le samedi 22 mai 2027, le samedi 20 mai 2028 (lue avec Be'houkotaï) et le samedi 12 mai 2029 (lue avec Be'houkotaï). Elle tombe au printemps, au mois d'Iyar, pendant le compte de l'Omer.

Une paracha souvent double : Behar-Be'houkotaï

En diaspora, Behar est lue seule uniquement les années embolismiques (années de treize mois, avec Adar I et Adar II). Les autres années, elle est jumelée avec Be'houkotaï et forme « Behar-Be'houkotaï ». En Israël, elles sont parfois séparées alors qu'elles sont jumelées en diaspora, lorsque le calendrier des deux lieux se décale après Pessa'h. Conséquence concrète : quand les deux parachiot sont lues ensemble, le Maftir est celui de Be'houkotaï (Lévitique 27:32-34) et la haftara celle de Jérémie 16:19 – 17:14. Un garçon « né sous Behar » ne lit donc pas toujours le Maftir de Behar. Vérifiez la paracha exacte de son Chabbat avec notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah et le calendrier des parachiot.

Ce que lit le Bar Mitzvah

Le plus courant en France est de lire le Maftir puis la haftara. Avec seulement 57 versets, Behar est aussi l'une des parachiot les plus abordables pour un garçon qui souhaite lire la paracha complète, les années où elle est lue seule.

MontéeRéférenceVersets
1re montée (Cohen)Lévitique 25:1-1313
2e montée (Lévi)Lévitique 25:14-185
3e montéeLévitique 25:19-246
4e montéeLévitique 25:25-284
5e montéeLévitique 25:29-3810
6e montéeLévitique 25:39-468
7e montéeLévitique 25:47 – 26:211
MaftirLévitique 25:55 – 26:23

Difficulté et durée de préparation

Le Maftir (3 versets) et la haftara de Jérémie (22 versets) demandent environ 4 à 6 mois de travail régulier. La paracha complète, courte, peut se préparer en 6 à 9 mois ; mais si elle est jumelée avec Be'houkotaï, la lecture complète atteint 135 versets et demande plutôt 9 à 12 mois. Ces durées sont indicatives : fixez le programme avec le rav, et appuyez-vous sur nos conseils pour apprendre sa paracha.

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

Trouver la paracha de mon fils

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

Behar parle d'argent, de mots et de liberté : des sujets très proches de la vie d'un adolescent. Voici trois pistes, à développer avec l'aide de notre guide comment écrire un discours mémorable.

1. Les mots peuvent blesser

Rachi explique que « ne vous lésez point » vise aussi les paroles qui font mal. Le Bar Mitzvah peut parler de la cour de récréation, des surnoms, des messages et des commentaires en ligne : un mot se tape en une seconde, mais il peut blesser longtemps. Il peut prendre un engagement simple pour son entrée dans les mitsvot : réfléchir avant d'envoyer.

2. Retenir le fardeau avant qu'il tombe

L'image de l'âne qui porte un fardeau trop lourd est parfaite pour un discours : il est facile d'aider un ami au début de ses difficultés, beaucoup plus dur quand il a « lâché ». Le Bar Mitzvah peut raconter un moment où quelqu'un l'a aidé à temps, ou s'engager à repérer celui qui décroche en classe ou dans son équipe.

3. « Proclamez la liberté »

Le Jubilé libère les serviteurs et rend les terres. Pourtant, la Torah dit que les enfants d'Israël appartiennent à Dieu comme ses serviteurs (25:55). Être libre, ce n'est donc pas faire n'importe quoi, c'est choisir ce qui nous guide. À 13 ans, le garçon devient responsable de ses mitsvot : une liberté qui vient avec des engagements.

Préparer la paracha Behar avec Ma Paracha

Avec Behar, la première difficulté est de savoir ce que votre fils lira vraiment : Behar seule ou Behar-Be'houkotaï. Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, gère les parachiot doubles, le rite séfarade ou ashkénaze et la différence entre diaspora et Israël, puis indique le Maftir et la haftara correspondants. Elle construit ensuite un programme jusqu'au jour J, avec chaque verset en hébreu, en phonétique et lu par une voix hébraïque. Cette voix lit le texte sans le chanter : la mélodie s'apprend avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; voyez comment fonctionne l'application.

Préparer la paracha Behar avec Ma Paracha

La paracha précédente est Emor ; la suivante est Be'houkotaï.

Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Behar ?

En diaspora, la paracha Behar est lue le samedi 22 mai 2027, le samedi 20 mai 2028 (lue avec Be'houkotaï) et le samedi 12 mai 2029 (lue avec Be'houkotaï). Elle tombe au printemps, au mois d'Iyar. La plupart des années, elle est lue le même Chabbat que Be'houkotaï.

Quelle est la haftara de la paracha Behar ?

Quand Behar est lue seule, sa haftara est Jérémie 32:6-27, identique chez les ashkénazes et les séfarades : Jérémie y rachète le champ de son cousin à Anatot. Quand Behar et Be'houkotaï sont jumelées, on lit la haftara de Be'houkotaï, Jérémie 16:19 – 17:14. Vérifiez l'usage de votre synagogue.

De quoi parle la paracha Behar ?

La paracha Behar (ou Béhar, « Behar Sinaï ») traite de l'année sabbatique où la terre se repose, du Jubilé qui libère les serviteurs et rend les terres tous les cinquante ans, de l'honnêteté dans le commerce, du prêt sans intérêt et de l'aide à apporter à celui qui s'appauvrit.

Combien de versets compte la paracha Behar ?

La paracha Behar compte 57 versets, de Lévitique 25:1 à 26:2. C'est l'une des parachiot les plus courtes du Lévitique. Le Maftir reprend les 3 derniers versets (25:55 – 26:2).

Que lit mon fils si sa Bar Mitzvah tombe sur Behar-Be'houkotaï ?

Quand les deux parachiot sont jumelées, il lit en général le Maftir de Be'houkotaï (Lévitique 27:32-34) et la haftara de Jérémie 16:19 – 17:14. S'il lit toute la paracha, il prépare les 135 versets des deux sections. Confirmez toujours avec votre rav et votre synagogue.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

L’application de Bar-Mitzvah.fr pour préparer la lecture de la Bar Mitzvah.

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