La paracha Emor (אֱמוֹר, « Dis ») est la 31e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la huitième du Lévitique (Vayikra). Elle couvre Lévitique 21:1 à 24:23, soit 124 versets : la sainteté des Cohanim, le calendrier des fêtes juives, le compte de l'Omer, la Menora et les pains de proposition.
Son nom vient du premier mot distinctif du texte : « Emor el hacohanim », « Parle aux Cohanim ». Certains l'écrivent aussi Émor ou parlent de « Parachat Emor ». Elle se lit au printemps, au mois d'Iyar, pendant les sept semaines du compte de l'Omer qui relient Pessa'h à Chavouot. Cette page vous propose un résumé montée par montée, les thèmes à retenir, la haftara, puis tout ce qu'il faut savoir pour préparer une Bar Mitzvah sur cette paracha.
Paracha Emor : le résumé
La paracha Emor s'ouvre sur les règles de sainteté propres aux prêtres, descendants d'Aaron, puis élargit le regard à tout le peuple avec la liste des fêtes de l'année. Elle se termine par deux passages très différents : l'entretien de la lumière perpétuelle du Sanctuaire et l'épisode du blasphémateur.
| Repère | Paracha Emor |
|---|---|
| Livre | Lévitique (Vayikra) |
| Passage | Lévitique 21:1 – 24:23 |
| Nombre de versets | 124 |
| Rang dans le cycle | 31e paracha sur 54 |
| Maftir | Lévitique 24:21-23 (3 versets) |
| Haftara | Ézéchiel 44:15-31 (identique chez les ashkénazes et les séfarades) |
1re montée (Lévitique 21:1-15) : la sainteté des Cohanim
Dieu demande à Moïse de parler aux Cohanim, fils d'Aaron. Un Cohen ne doit pas se rendre impur au contact d'un mort, sauf pour ses proches parents : sa mère, son père, son fils, sa fille, son frère et sa sœur non mariée. Il ne se rase pas la tête en signe de deuil, ne coupe pas les coins de sa barbe et ne se fait pas d'incisions. Le texte précise ensuite qui un Cohen peut épouser. Le Cohen Gadol (grand prêtre) est soumis à des règles encore plus strictes : il ne se découvre pas la tête, ne déchire pas ses vêtements, ne se rend impur pour aucun mort, pas même pour son père ou sa mère, et il épouse une jeune fille vierge de son peuple.
2e montée (Lévitique 21:16 – 22:16) : servir et manger les offrandes saintes
Un descendant d'Aaron atteint d'une infirmité physique ne peut pas offrir les sacrifices sur l'autel, mais il continue à manger de la nourriture sainte réservée aux prêtres. Un Cohen impur ne mange pas les offrandes saintes avant de s'être immergé et d'avoir attendu le coucher du soleil. Le texte détaille qui, dans la maison d'un Cohen, peut consommer la terouma : les membres de sa famille et ceux qui vivent à sa charge, mais pas son salarié ni son hôte de passage. La fille d'un Cohen mariée à un non-Cohen n'en mange plus, sauf si elle revient, veuve ou divorcée et sans enfant, dans la maison de son père. Celui qui en mange par erreur rembourse la valeur augmentée d'un cinquième.
3e montée (Lévitique 22:17-33) : des offrandes sans défaut
Les animaux apportés en sacrifice doivent être sans défaut : un animal aveugle, blessé ou mutilé n'est pas accepté. Un veau, un agneau ou un chevreau reste sept jours auprès de sa mère et ne peut être offert qu'à partir du huitième jour. On n'abat pas une bête et son petit le même jour. Le sacrifice de reconnaissance se mange le jour même. La montée se conclut par un verset fondateur : « Ne déshonorez point mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d'Israël » (22:32), source du principe de Kiddouch Hachem, la sanctification du Nom divin.
4e montée (Lévitique 23:1-22) : Chabbat, Pessa'h, l'Omer et Chavouot
Le chapitre 23 présente les « moadim », les solennités de l'Éternel. Il commence par le Chabbat, jour de repos complet, puis Pessa'h le 14 du premier mois et la fête des Matsot pendant sept jours. Vient ensuite l'offrande de l'Omer, une gerbe des prémices de la moisson d'orge, apportée au Cohen le lendemain du premier jour de fête ; avant cette offrande, il est interdit de manger de la nouvelle récolte. À partir de ce jour, on compte sept semaines complètes, cinquante jours, jusqu'à Chavouot, où l'on présente deux pains levés. La montée se termine par l'obligation de laisser le coin du champ (péa) et les glanes (léket) au pauvre et à l'étranger.
5e montée (Lévitique 23:23-32) : Roch Hachana et Yom Kippour
Le premier jour du septième mois est un jour de repos, « commémoration par une fanfare » : c'est le jour où l'on sonne le chofar, que nous appelons Roch Hachana. Le dixième jour du même mois est Yom Kippour, le jour des Expiations : on s'y mortifie (le jeûne), on ne fait aucun travail, et le jour s'observe « depuis un soir jusqu'à l'autre », à partir du 9 au soir.
6e montée (Lévitique 23:33-44) : Souccot et Chemini Atseret
Le 15 du septième mois commence Souccot, la fête des Tentes, pendant sept jours, suivie d'un huitième jour de clôture, Chemini Atseret. Le texte ordonne de prendre le premier jour « le fruit de l'arbre hadar » (le cédrat, étrog), des branches de palmier (loulav), des rameaux de myrte et des saules de rivière, et de se réjouir sept jours devant l'Éternel. On habite dans des cabanes, afin que les générations sachent que Dieu a fait habiter les enfants d'Israël dans des tentes à la sortie d'Égypte. Moïse transmet ces fêtes au peuple.
7e montée (Lévitique 24:1-23) : la Menora, les pains et le blasphémateur
Les enfants d'Israël apportent une huile d'olive pure pour que les lampes de la Menora brûlent en permanence, du soir au matin, dans la Tente d'assignation. Douze pains de proposition sont disposés en deux rangées de six sur la table d'or pur et renouvelés chaque Chabbat. Le récit change ensuite de ton : lors d'une querelle dans le camp, le fils d'une Israélite, Chelomit fille de Dibri, de la tribu de Dan, et d'un père égyptien, prononce le Nom divin en blasphémant. On le garde jusqu'à la réponse divine, puis il est puni selon la loi. La Torah énonce à cette occasion les lois sur le meurtre et les blessures (« œil pour œil »), que la tradition orale (Talmud, traité Baba Kama) comprend comme une compensation financière, et rappelle qu'une même loi s'applique à l'étranger et à l'Israélite.
Le Maftir (Lévitique 24:21-23)
Les trois derniers versets reprennent le principe d'une loi unique pour tous, « étrangers comme nationaux », puis rapportent l'exécution de la sentence, conformément à l'ordre transmis à Moïse.
Les grands thèmes et les mitsvot d'Emor
Emor est l'une des parachiot les plus riches en commandements : le Séfer Ha'Hinoukh y recense 63 mitsvot (numéros 263 à 325), parmi lesquelles le compte de l'Omer, la sanctification du Nom divin, le repos des jours de fête, la prise du loulav et l'obligation d'habiter dans la souccah.
Transmettre aux plus jeunes
Le premier verset répète le verbe « dire » : « Parle aux Cohanim… et dis-leur ». Rachi, citant le Talmud (Yevamot 114a), explique que cette répétition vient « avertir les grands au sujet des petits » : les adultes sont responsables d'apprendre aux enfants à respecter ces règles. Toute l'éducation juive est en germe dans ce double « dire ».
Sanctifier le temps
Le chapitre 23 est la grande liste des fêtes de la Torah. Il commence par le Chabbat, puis suit l'année : Pessa'h, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot. Les fêtes sont appelées « mikraé kodech », des convocations saintes : le temps n'est pas seulement compté, il est sanctifié. Pour retrouver les dates de chaque fête, consultez notre calendrier des fêtes juives.
Compter l'Omer, compter chaque jour
La Torah ordonne de compter sept semaines complètes entre l'offrande de l'Omer et Chavouot (23:15-16). Le Séfer Ha'Hinoukh (mitsva 306) explique que ce compte exprime l'impatience du peuple de recevoir la Torah, donnée à Chavouot : on compte les jours qui nous rapprochent de ce que l'on attend vraiment. Ce compte se fait encore chaque soir, et la paracha Emor est justement lue pendant cette période, souvent tout près de Lag BaOmer.
Les pauvres au cœur des fêtes
Au milieu de la liste des fêtes, entre Chavouot et Roch Hachana, la Torah glisse le commandement de laisser la péa et le léket aux pauvres (23:22). Rachi rapporte la question de Rabbi Avdimi : pourquoi ce verset est-il placé là ? Pour enseigner que celui qui donne correctement ces parts aux pauvres est considéré comme s'il avait construit le Temple et y avait offert ses sacrifices. La joie de la fête passe par le partage.
Kiddouch Hachem
« Afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d'Israël » (22:32) : ce verset fonde l'obligation de sanctifier le Nom divin et l'interdiction de le profaner. Le Talmud (Méguila 23b) en tire aussi la règle selon laquelle les prières les plus saintes, comme le Kaddich ou la Kedoucha, se disent en présence d'un minyan de dix hommes. Au quotidien, sanctifier le Nom, c'est aussi se conduire de telle manière que l'on fasse honneur à la Torah.
La haftara d'Emor
La haftara de la paracha Emor est tirée du livre d'Ézéchiel (44:15-31), et elle est identique chez les ashkénazes et les séfarades.
| Rite | Haftara | Versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Ézéchiel 44:15-31 | 17 |
| Séfarade | Ézéchiel 44:15-31 (identique) | 17 |
Le lien avec la paracha est direct : le prophète Ézéchiel décrit le service des Cohanim dans le Temple futur. Il annonce que les prêtres descendants de Tsadok, restés fidèles quand le peuple s'égarait, serviront dans le Sanctuaire. Ils porteront des vêtements de lin, ne boiront pas de vin avant d'entrer dans le parvis intérieur, ne se rendront impurs que pour leurs proches parents et suivront des règles de mariage proches de celles de la paracha. Leur mission est aussi d'enseigner : « Ils enseigneront à mon peuple à discerner le sacré du profane. » Ils n'ont pas de terre en héritage, car Dieu lui-même est leur héritage. Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours le texte auprès de votre synagogue. Pour mieux comprendre ce qu'est cette lecture, voyez notre page la haftara, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Emor
En diaspora, la paracha Emor est lue le samedi 15 mai 2027, le samedi 13 mai 2028 et le samedi 5 mai 2029. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha : un garçon né à cette période de l'année hébraïque lit donc toujours Emor seule. Pour savoir si c'est bien la paracha de votre fils, utilisez notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ou le calendrier des parachiot.
Ce que lit le Bar Mitzvah
En France, le plus courant est de lire le Maftir (les trois derniers versets, Lévitique 24:21-23) puis la haftara d'Ézéchiel. Certains jeunes, encouragés par leur rav, lisent une ou plusieurs montées, voire la paracha complète. Voici le découpage officiel :
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée (Cohen) | Lévitique 21:1-15 | 15 |
| 2e montée (Lévi) | Lévitique 21:16 – 22:16 | 25 |
| 3e montée | Lévitique 22:17-33 | 17 |
| 4e montée | Lévitique 23:1-22 | 22 |
| 5e montée | Lévitique 23:23-32 | 10 |
| 6e montée | Lévitique 23:33-44 | 12 |
| 7e montée | Lévitique 24:1-23 | 23 |
| Maftir | Lévitique 24:21-23 | 3 |
Difficulté et durée de préparation
Le Maftir d'Emor est court (3 versets) et la haftara compte 17 versets : c'est une charge raisonnable pour un garçon de 12 ans. Comptez environ 4 à 6 mois de préparation régulière pour Maftir et haftara, à raison de deux ou trois séances par semaine. Avec 124 versets, la paracha complète est un vrai projet : prévoyez 9 à 12 mois, notamment pour le long chapitre des fêtes, riche en dates et en termes techniques. Ces durées sont indicatives et à ajuster avec le rav ; nos conseils pour apprendre sa paracha vous aideront à organiser le travail.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
Le dvar Torah est le petit commentaire que le Bar Mitzvah prononce sur sa paracha. Voici trois pistes concrètes tirées d'Emor ; pour la structure du discours, lisez notre guide comment écrire un discours mémorable.
1. « Dis-leur » : devenir un grand pour les petits
Rachi explique que la répétition du verbe « dire » oblige les grands à transmettre aux petits. À 13 ans, votre fils devient à son tour un « grand » : pour un petit frère, un cousin ou un plus jeune au Talmud Torah, il est désormais un modèle. Il peut raconter qui lui a transmis le plus (un grand-parent, son rav) et ce qu'il aimerait transmettre à son tour.
2. Faire compter chaque jour
Le compte de l'Omer ne saute aucun jour : on compte vers un but, Chavouot et le don de la Torah. Le Bar Mitzvah peut faire le parallèle avec ses mois de préparation, verset après verset, et en tirer une leçon simple : les grands objectifs se construisent par de petits pas quotidiens.
3. Une fête où personne n'est oublié
Au milieu des fêtes, la Torah pense au pauvre et à l'étranger. Le discours peut annoncer un geste concret : une partie de ses cadeaux reversée à une association, ou une action de tsedaka choisie par lui. C'est une manière forte de dire que sa propre fête, elle aussi, fait une place aux autres.
Préparer la paracha Emor avec Ma Paracha
Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, calcule gratuitement la paracha, le Maftir et la haftara selon la date de naissance, le rite et le lieu, puis construit un programme jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset d'Emor s'affiche avec nikoud, te'amim et phonétique, et peut être écouté grâce à une voix hébraïque, au ralenti si besoin. Cette voix lit le texte de façon parlée : la mélodie des te'amim s'apprend avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; découvrez toutes les fonctionnalités de l'application.
La paracha précédente est Kedochim ; la suivante est Behar.
Sources
- Lévitique 21:1 – 24:23 sur Sefaria (texte hébreu et traductions)
- Paracha Emor sur fr.chabad.org
- Emor sur Wikipédia
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Emor ?
En diaspora, la paracha Emor est lue le samedi 15 mai 2027, le samedi 13 mai 2028 et le samedi 5 mai 2029. Elle tombe au printemps, au mois d'Iyar, pendant le compte de l'Omer entre Pessa'h et Chavouot. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha.
Quelle est la haftara de la paracha Emor ?
La haftara d'Emor est Ézéchiel 44:15-31, identique chez les ashkénazes et les séfarades. Le prophète y décrit le service des Cohanim dans le Temple futur, en écho aux lois de la paracha. Certaines communautés ont leurs propres usages : vérifiez auprès de votre synagogue.
De quoi parle la paracha Emor ?
La paracha Emor (parfois écrite Émor) traite de la sainteté des Cohanim, des offrandes sans défaut, du calendrier des fêtes (Chabbat, Pessa'h, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot), du compte de l'Omer, de la Menora et des pains de proposition. Elle se termine par l'épisode du blasphémateur.
Combien de versets compte la paracha Emor ?
La paracha Emor compte 124 versets, de Lévitique 21:1 à 24:23. Elle se divise en 7 montées, et le Maftir reprend les 3 derniers versets (24:21-23).
Est-ce difficile de faire sa Bar Mitzvah sur Emor ?
Non, si l'on s'y prend à temps : le Maftir ne compte que 3 versets et la haftara 17. Comptez 4 à 6 mois pour Maftir et haftara, et 9 à 12 mois pour lire la paracha complète, à ajuster avec le rav.