La paracha Chemot est la 13e section hebdomadaire de la Torah et la première du livre de l'Exode (Exode 1:1 à 6:1, 124 versets). Elle raconte l'esclavage des Hébreux en Égypte, la naissance de Moïse, le buisson ardent et la mission confiée à Moïse de libérer son peuple.
Son nom hébreu, שְׁמוֹת, signifie « Noms » : le livre s'ouvre sur les noms des fils de Jacob descendus en Égypte. Selon les traductions, vous trouverez aussi les orthographes Shemot ou Chémot ; il s'agit toujours de la même paracha, qui donne d'ailleurs son nom à tout le livre de l'Exode (Chemot). Elle suit la paracha Vayé'hi, qui clôt la Genèse, et précède la paracha Vaéra. Pour situer chaque section dans l'année, consultez notre calendrier des parachiot.
Paracha Chemot : le résumé
En résumé, la paracha Chemot fait passer le récit d'une famille, celle de Jacob, à l'histoire d'un peuple asservi qui attend sa délivrance. Voici son contenu, montée par montée, selon le découpage lu à la synagogue.
1re montée (Exode 1:1-17) : un peuple qui grandit, un roi qui a peur
Le texte rappelle les soixante-dix personnes de la maison de Jacob venues en Égypte. Joseph et toute sa génération meurent, mais les enfants d'Israël se multiplient et remplissent le pays. Un nouveau roi, « qui n'avait pas connu Joseph », craint cette population : il impose des corvées, fait bâtir les villes-entrepôts de Pithom et Ramsès, puis durcit encore l'esclavage. Il ordonne aux sages-femmes hébreues, Chifra et Poua, de tuer les nouveau-nés garçons. Elles craignent Dieu et laissent vivre les enfants.
2e montée (Exode 1:18-2:10) : la naissance de Moïse
Interrogées par le roi, les sages-femmes répondent que les femmes hébreues accouchent avant leur arrivée. Dieu les récompense, et le peuple continue de croître. Pharaon ordonne alors de jeter dans le Nil tous les garçons nouveau-nés. Un homme de la tribu de Lévi épouse une femme de la même tribu ; un fils leur naît. Sa mère le cache trois mois, puis le dépose dans une corbeille de jonc parmi les roseaux du fleuve, sous le regard de sa sœur. La fille de Pharaon le découvre, le prend en pitié et, sur la proposition de la sœur, le confie à une nourrice hébreue : sa propre mère. L'enfant grandi est adopté par la princesse, qui l'appelle Moché, « car je l'ai tiré des eaux ».
3e montée (Exode 2:11-25) : Moïse prend parti et s'exile
Devenu adulte, Moïse sort vers ses frères et voit leurs souffrances. Il frappe un Égyptien qui battait un Hébreu et l'enfouit dans le sable. Le lendemain, il tente de séparer deux Hébreux qui se querellent ; l'un d'eux lui lance : « Penses-tu me tuer comme tu as tué l'Égyptien ? » L'affaire est connue, Pharaon veut le faire mourir, et Moïse s'enfuit au pays de Midian. Près d'un puits, il défend les sept filles du prêtre de Midian contre des bergers. Il s'installe chez lui, épouse sa fille Tsippora et a un fils, Guerchom. En Égypte, le roi meurt ; les enfants d'Israël gémissent sous la servitude, et Dieu entend leur cri et se souvient de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob.
4e montée (Exode 3:1-15) : le buisson ardent
Moïse fait paître le troupeau de son beau-père Jéthro jusqu'à la montagne de Dieu, le 'Horev. Un ange lui apparaît dans une flamme au milieu d'un buisson qui brûle sans se consumer. Dieu l'appelle : « Moïse, Moïse ! », lui demande d'ôter ses chaussures car le lieu est saint, et lui annonce qu'il a vu la misère de son peuple. Il l'envoie vers Pharaon. Moïse objecte : « Qui suis-je pour aller vers Pharaon ? » Dieu répond qu'il sera avec lui et révèle son nom, « Ehyé acher ehyé » (« Je serai qui je serai »), un nom destiné à être rappelé de génération en génération.
5e montée (Exode 3:16-4:17) : les signes et Aaron
Moïse doit réunir les anciens d'Israël et leur annoncer la délivrance. Dieu prévient que Pharaon ne cédera que sous une main puissante, et que les Hébreux ne partiront pas les mains vides. Moïse craint de ne pas être cru : Dieu lui donne trois signes (le bâton changé en serpent, la main frappée de lèpre puis guérie, l'eau du Nil changée en sang). Moïse dit ensuite qu'il a « la bouche lourde et la langue lourde ». Dieu lui répond que c'est Lui qui a fait la bouche de l'homme, puis désigne Aaron, son frère, comme porte-parole. Moïse prendra en main le bâton pour accomplir les signes.
6e montée (Exode 4:18-31) : le retour en Égypte
Moïse prend congé de Jéthro et repart avec sa femme et ses fils. Dieu lui confie le message pour Pharaon : « Mon fils premier-né, c'est Israël. » En chemin, dans un lieu d'étape, survient un épisode mystérieux : Tsippora circoncit son fils et Moïse est épargné. Aaron vient à la rencontre de son frère dans le désert. Ensemble, ils réunissent les anciens ; Aaron transmet les paroles, Moïse accomplit les signes, et le peuple croit, s'incline et se prosterne.
7e montée (Exode 5:1-6:1) : « Laisse partir mon peuple »
Moïse et Aaron demandent à Pharaon de laisser le peuple célébrer une fête dans le désert. Pharaon répond : « Qui est l'Éternel pour que j'écoute sa voix ? » Il alourdit le travail : les Hébreux ne recevront plus de paille et devront quand même fabriquer le même nombre de briques. Les contremaîtres hébreux sont battus et reprochent à Moïse et Aaron d'avoir rendu le peuple odieux aux yeux de Pharaon. Moïse se tourne vers Dieu : « Pourquoi as-tu fait du mal à ce peuple ? » La paracha se termine sur la réponse divine : « Maintenant tu vas voir ce que je ferai à Pharaon. »

Les grands thèmes et les mitsvot de Chemot
La paracha Chemot ne contient aucune des 613 mitsvot selon le décompte du Séfer Ha'Hinoukh : la première mitsva donnée au peuple d'Israël apparaîtra dans la paracha Bo. Ses enseignements passent donc par le récit lui-même.
Chaque nom compte
Pourquoi recompter les fils de Jacob, déjà énumérés à la fin de la Genèse ? Rachi (sur Exode 1:1) répond que Dieu les compte à nouveau après leur mort pour montrer combien ils lui sont chers, comme les étoiles qu'il fait sortir et rentrer par leur nombre et par leur nom. Au moment où commence l'exil, la Torah insiste sur l'identité de chacun : un peuple n'est pas une masse anonyme.
Le courage des femmes
Les héroïnes de Chemot sont presque toutes des femmes : Chifra et Poua qui désobéissent à Pharaon, la mère et la sœur de Moïse, la fille de Pharaon qui sauve un enfant hébreu, Tsippora. Le Talmud (traité Sota 11b) enseigne que c'est grâce au mérite des femmes justes de cette génération que nos ancêtres furent délivrés d'Égypte.
Ne pas détourner le regard
« Moïse grandit et sortit vers ses frères » (Exode 2:11). Rachi commente : il appliqua ses yeux et son cœur à partager leur peine. Moïse vivait au palais et aurait pu rester à l'abri ; il choisit de regarder la souffrance des autres. Le Midrach (Chemot Rabba 2:2) ajoute que Dieu le choisit après l'avoir vu, berger, porter sur ses épaules un chevreau épuisé : celui qui prend soin d'un petit agneau saura guider un peuple.
Le buisson qui ne se consume pas
Pourquoi Dieu se révèle-t-il dans un simple buisson d'épines ? Rachi (sur Exode 3:2) explique que c'est pour signifier « je suis avec lui dans la détresse » : Dieu partage la souffrance de son peuple. Le buisson qui brûle sans disparaître est souvent lu comme l'image du peuple juif, éprouvé mais jamais détruit.
La haftara de Chemot
La haftara de Chemot n'est pas la même chez les ashkénazes et les séfarades : c'est l'une des haftarot où les deux traditions divergent nettement.
| Rite | Haftara | Nombre de versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Isaïe 27:6-28:13 et 29:22-23 | 23 |
| Séfarade | Jérémie 1:1-2:3 | 22 |
Rite ashkénaze (Isaïe). Le passage s'ouvre sur une promesse : dans les jours à venir, Jacob prendra racine et Israël fleurira. Il annonce le grand chofar qui rassemblera les exilés d'Assyrie et d'Égypte, puis adresse un reproche sévère aux dirigeants d'Éphraïm, que l'ivresse et l'orgueil égarent. Il se conclut sur une consolation : Jacob n'aura plus à rougir lorsqu'il verra ses enfants sanctifier le nom de Dieu. Le lien avec la paracha est clair : un peuple qui « prend racine » et se multiplie, l'Égypte, et la promesse de délivrance.
Rite séfarade (Jérémie). C'est le récit de la vocation du prophète Jérémie. Dieu lui dit qu'il l'a connu avant de le former dans le ventre de sa mère ; Jérémie répond qu'il ne sait pas parler car il n'est qu'un jeune garçon. Dieu touche sa bouche et met ses paroles en lui. Suivent deux visions (la branche d'amandier, la marmite qui bout) et la belle déclaration finale : Dieu se souvient de la fidélité de la jeunesse d'Israël, qui l'a suivi dans le désert. Comme Moïse au buisson ardent, Jérémie se sent incapable de parler, et Dieu lui répond qu'il sera avec lui.
Ces références suivent l'usage le plus répandu. Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours la lecture auprès de votre synagogue. Pour comprendre le rôle de cette lecture tirée des Prophètes, lisez notre article la haftara, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Chemot
En diaspora, la paracha Chemot est lue le samedi 2 janvier 2027, le samedi 22 janvier 2028, le samedi 6 janvier 2029 et le samedi 29 décembre 2029. Elle tombe en plein hiver, au mois de Tévet, quelques semaines après 'Hanouka. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha : un garçon né sous cette paracha la lira donc toujours seule.
Dans la plupart des communautés françaises, le Bar Mitzvah lit le Maftir (les trois derniers versets) puis la haftara, avec leurs bénédictions. Certains garçons, plus avancés ou accompagnés depuis longtemps, lisent la paracha complète. Voici le découpage exact :
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée | Exode 1:1-17 | 17 |
| 2e montée | Exode 1:18-2:10 | 15 |
| 3e montée | Exode 2:11-25 | 15 |
| 4e montée | Exode 3:1-15 | 15 |
| 5e montée | Exode 3:16-4:17 | 24 |
| 6e montée | Exode 4:18-31 | 14 |
| 7e montée | Exode 5:1-6:1 | 24 |
| Maftir | Exode 5:22-6:1 | 3 |
Difficulté et durée de préparation
Le Maftir de Chemot est court et très vivant : c'est le cri de Moïse (« Pourquoi as-tu fait du mal à ce peuple ? ») et la réponse de Dieu. Trois versets, sans difficulté particulière, que l'on retient facilement parce qu'on comprend ce qu'on lit. La haftara demande plus de travail : 23 versets en rite ashkénaze, avec des passages poétiques d'Isaïe au vocabulaire rare, ou 22 versets en rite séfarade, plus narratifs. Comptez en moyenne six à neuf mois de préparation régulière pour le Maftir et la haftara, et au moins un an pour la paracha entière (124 versets, dont de longs dialogues). Ces durées varient selon le niveau de lecture de l'enfant au départ.
Vous ne connaissez pas encore la paracha de votre fils ? Notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah explique comment la trouver à partir de sa date de naissance.
Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
La paracha Chemot offre des messages très parlants pour un garçon de 13 ans. Voici trois pistes concrètes, à développer avec ses propres mots.
1. « Je ne suis qu'un jeune garçon »
Moïse dit qu'il n'est pas un homme de paroles ; dans la haftara séfarade, Jérémie dit qu'il est trop jeune. Dans les deux cas, Dieu répond : « Je serai avec toi. » Le Bar Mitzvah peut raconter son propre trac au moment de monter à la Torah, et expliquer ce qu'il a compris : on n'attend pas d'être parfait pour accepter une responsabilité. Un très beau message pour un discours prononcé justement devant toute la famille.
2. Sortir vers ses frères
Moïse aurait pu rester prince au palais. Il a choisi de « sortir vers ses frères » et de voir ce qu'ils vivaient. Le jeune peut faire le lien avec sa vie : remarquer l'élève isolé dans la cour, aider un grand-parent, s'engager dans une action de solidarité. Devenir Bar Mitzvah, c'est aussi commencer à regarder autour de soi.
3. Chaque nom compte
Le livre s'appelle « Noms ». Le Bar Mitzvah peut parler de son prénom hébreu : de qui il le tient, ce qu'il signifie, ce qu'il aimerait en faire. Si vous cherchez des idées sur l'origine des prénoms, notre liste de prénoms hébreux de garçon peut aider. C'est une façon simple et touchante de relier la paracha à l'histoire familiale.
Pour structurer le texte, retrouvez nos conseils dans comment écrire un discours mémorable pour sa Bar Mitzvah.
Préparer la paracha Chemot avec Ma Paracha
Ma Paracha, le logiciel de Bar-Mitzvah.fr, calcule gratuitement la paracha, le Maftir et la haftara selon la date de naissance et le rite (séfarade ou ashkénaze), puis construit un programme de séances jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset de Chemot et de sa haftara s'affiche avec nikoud, te'amim et phonétique, et peut être écouté grâce à une voix hébraïque, au ralenti si besoin. Précision honnête : cette voix lit le texte de façon parlée, elle ne chante pas les te'amim ; la mélodie s'apprend avec le rav, qui peut enregistrer sa lecture modèle dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire. En savoir plus sur l'application pour préparer sa paracha.
Sources
- Exode 1:1-6:1 (texte de la paracha) – Sefaria
- Chémot en bref – fr.chabad.org
- Shemot (parasha) – Wikipédia
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Chemot ?
En diaspora, la paracha Chemot est lue le samedi 2 janvier 2027, le samedi 22 janvier 2028, le samedi 6 janvier 2029 et le samedi 29 décembre 2029. Elle ouvre le livre de l'Exode, au mois de Tévet, et n'est jamais jumelée avec une autre paracha. La date exacte d'une Bar Mitzvah se confirme toujours avec la synagogue.
Quelle est la haftara de Chemot ?
Les ashkénazes lisent Isaïe 27:6-28:13 et 29:22-23 ; les séfarades lisent Jérémie 1:1-2:3, le récit de la vocation de Jérémie. Certaines communautés ont leurs propres usages : vérifiez auprès de votre rabbin.
De quoi parle la paracha Chemot ?
La paracha Chemot (ou Shemot) raconte l'asservissement des Hébreux en Égypte, la naissance de Moïse et son sauvetage dans le Nil, sa fuite à Midian, la révélation du buisson ardent et la première rencontre de Moïse et Aaron avec Pharaon, qui alourdit l'esclavage.
Combien de versets compte la paracha Chemot ?
Elle compte 124 versets, d'Exode 1:1 à 6:1, répartis en 7 montées. Le Maftir correspond aux 3 derniers versets (Exode 5:22-6:1).
Que lit un Bar Mitzvah sur la paracha Chemot ?
Le plus souvent, il lit le Maftir (Exode 5:22-6:1) et la haftara de son rite, avec les bénédictions. Comptez six à neuf mois de préparation ; s'il lit toute la paracha, prévoyez plutôt un an.