La paracha Pekoudé est la 23e paracha du cycle annuel de la Torah et la dernière du livre de l'Exode (Exode 38:21 à 40:38, 92 versets). Elle dresse les comptes des métaux offerts, raconte la confection des vêtements sacrés, puis l'érection du Michkan, que la nuée divine vient remplir.
פְקוּדֵי
Le nom de la paracha, פְקוּדֵי (Pekoudé, que l'on trouve aussi écrit Pekoudei, Pekudei ou Peqoudei), signifie « les comptes » ou « les dénombrements » : le texte s'ouvre sur « Voici les comptes du Michkan ». Après des chapitres d'instructions (Terouma, Tetsavé) et de fabrication (Vayakhel), tout s'achève : les objets sont apportés à Moïse, le sanctuaire est dressé le premier jour du premier mois, et la Gloire de Dieu y descend. Le livre de l'Exode, commencé dans l'esclavage, se termine sur la Présence divine au milieu du peuple. Voici le résumé de la paracha Pekoudé montée par montée, ses grands thèmes, sa haftara et tout ce qu'il faut savoir pour une Bar Mitzvah sur ce texte, souvent jumelé avec Vayakhel.
Paracha Pekoudé : le résumé
La paracha Pekoudé est le bilan et l'inauguration du Michkan. Lue seule, elle se divise en sept montées (aliyot), suivies du Maftir.
1re montée (Exode 38:21 – 39:1) : les comptes du Michkan
Voici le compte du Michkan, établi sur l'ordre de Moïse par les Lévites, sous la direction d'Itamar, fils d'Aaron. Betsalel a tout exécuté, aidé d'Oholiav. L'or offert s'élève à 29 kikar et 730 sicles. L'argent, issu du demi-sicle versé par chacun des 603 550 hommes recensés de vingt ans et plus, atteint 100 kikar et 1 775 sicles : les cent kikar ont servi à fondre les cent socles du sanctuaire et du voile, un kikar par socle, et le reste les crochets et les tringles. Le cuivre, 70 kikar et 2 400 sicles, a servi aux socles de l'entrée, à l'autel et à sa grille, aux socles du parvis et aux piquets. Avec la laine d'azur, de pourpre et d'écarlate, on fait les vêtements du service et les vêtements sacrés d'Aaron, comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse.
2e montée (Exode 39:2-21) : l'éphod et le pectoral
On fabrique l'éphod : on bat l'or en feuilles, on le découpe en fils que l'on tisse avec l'azur, la pourpre, l'écarlate et le lin. Les deux pierres de choham, gravées des noms des fils d'Israël, sont serties sur les épaulettes. On fait ensuite le pectoral, carré et plié en deux, avec ses quatre rangées de pierres précieuses, une par tribu, ses chaînettes d'or tressées, ses anneaux et son cordon d'azur qui le maintient sur l'éphod. Chaque étape se termine par le même refrain : « comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse ».
3e montée (Exode 39:22-32) : la robe, la plaque d'or et l'achèvement
On tisse la robe d'azur, bordée de grenades et de clochettes d'or alternées ; puis les tuniques de lin pour Aaron et ses fils, la tiare, les turbans, les caleçons de lin et la ceinture brodée. On grave sur la plaque d'or l'inscription « Saint pour l'Éternel ». Tout le travail du Michkan est alors terminé : les enfants d'Israël ont agi en tout point selon ce que l'Éternel avait ordonné à Moïse.
4e montée (Exode 39:33-43) : tout est apporté à Moïse
Le peuple apporte à Moïse l'ensemble du Michkan : la tente, les agrafes, les planches, les traverses, les piliers, les socles, les couvertures, le voile, l'arche, la table, la Ménorah, l'autel d'or, l'huile, l'encens, le rideau, l'autel de cuivre, la cuve, le parvis et les vêtements sacrés. Moïse examine tout l'ouvrage, constate qu'il a été fait exactement comme Dieu l'avait ordonné, et il les bénit.
5e montée (Exode 40:1-16) : l'ordre de dresser le Michkan
Dieu ordonne à Moïse de dresser le Michkan le premier jour du premier mois, et lui en donne l'ordre de montage : placer l'arche derrière le voile, la table, la Ménorah et ses lampes, l'autel d'or devant l'arche, le rideau de l'entrée, l'autel des sacrifices, la cuve remplie d'eau, le parvis. Il devra oindre le Michkan et tous ses objets d'huile sacrée, puis laver Aaron et ses fils, les revêtir et les oindre, pour un sacerdoce éternel. Moïse fait tout ce que Dieu lui a ordonné.
6e montée (Exode 40:17-27) : Moïse dresse le sanctuaire
Le premier jour du premier mois de la deuxième année après la sortie d'Égypte, le Michkan est dressé. Moïse pose les socles, les planches, les traverses et les piliers, étend la tente et sa couverture. Il place le Témoignage dans l'arche, les barres, le propitiatoire, introduit l'arche et suspend le voile. Il installe la table au nord et y dispose les pains, la Ménorah au sud, face à la table, et en allume les lampes, puis l'autel d'or, sur lequel il brûle l'encens.
7e montée et Maftir (Exode 40:28-38) : la nuée remplit le Michkan
Moïse fixe le rideau de l'entrée, dresse l'autel des sacrifices et y offre l'holocauste et l'oblation, place la cuve où lui-même, Aaron et ses fils se lavent, et dresse le parvis : « et Moïse acheva l'ouvrage ». Le Maftir (Exode 40:34-38) raconte alors que la nuée couvre la Tente d'assignation et que la Gloire de l'Éternel remplit le Michkan, si bien que Moïse lui-même ne peut y entrer. Quand la nuée s'élève, les enfants d'Israël partent ; tant qu'elle reste, ils restent. Nuée le jour, feu la nuit, « aux yeux de toute la maison d'Israël, dans tous leurs voyages » : ce sont les derniers mots du livre de l'Exode.

Les grands thèmes et les mitsvot de Pekoudé
Pekoudé est la paracha de l'aboutissement : rendre des comptes, finir ce qu'on a commencé, et recevoir la bénédiction.
Rendre des comptes
Moïse, le plus fidèle des serviteurs, publie le détail de chaque sicle d'or, d'argent et de cuivre. Celui qui gère l'argent des autres doit être transparent, même au-dessus de tout soupçon. Rachi (sur Exode 38:21) note que le mot Michkan est répété deux fois dans le premier verset (« le Michkan, Michkan du Témoignage ») : d'après le Midrach Tan'houma, c'est une allusion aux deux Temples, détruits à cause des fautes du peuple et pris comme « gage » (machkon) de son retour. Il ajoute que le Michkan est appelé « du Témoignage » parce qu'il témoigne que Dieu a pardonné la faute du veau d'or, puisqu'Il fait résider Sa Présence au milieu du peuple.
« Comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse »
Cette formule revient comme un refrain tout au long des chapitres 39 et 40. Après le veau d'or, fabriqué selon l'envie du moment, le peuple apprend à construire selon la volonté de Dieu, dans le moindre détail. Ce n'est pas de la rigidité : c'est la différence entre une idole que l'on se fabrique et un lieu où l'on accueille l'Autre.
La bénédiction de Moïse
Quand tout est terminé, Moïse bénit le peuple. Rachi (sur Exode 39:43) donne le contenu de cette bénédiction : « Que ce soit la volonté de Dieu que Sa Présence réside dans l'œuvre de vos mains », suivi du verset des Psaumes (90:17) : « Que la bienveillance de l'Éternel notre Dieu soit sur nous, et affermis l'œuvre de nos mains. » Une bénédiction que bien des parents peuvent reprendre le jour de la Bar Mitzvah, après des mois de travail de leur fils.
Le premier Nissan et la fin d'un livre
Le Michkan est dressé le premier jour du premier mois, c'est-à-dire le 1er Nissan, deux semaines avant Pessa'h. D'après Rachi (sur Exode 31:18), les dons avaient commencé dès le lendemain de Yom Kippour : il a fallu un peu moins de six mois pour tout construire. À la fin de la lecture, l'assemblée se lève et proclame « 'Hazak, 'hazak venit'hazek » (« Sois fort, sois fort, et nous serons fortifiés »), comme à la fin de chaque livre de la Torah. Quant aux mitsvot, le Séfer Ha'Hinoukh n'en compte aucune dans Pekoudé : la paracha raconte l'exécution des commandements donnés auparavant.
La haftara de Pekoudé
La haftara de Pekoudé est tirée du premier livre des Rois, mais les rites ne lisent pas le même passage.
| Rite | Haftara de Pekoudé | Versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | I Rois 7:51 – 8:21 | 22 |
| Séfarade | I Rois 7:40-50 | 11 |
| Si Chabbat Ha'hodech | Ézéchiel 45:16 – 46:18 (Ashkénazes) / 45:18 – 46:15 (Séfarades) | 28 / 23 |
La haftara ashkénaze, également suivie par Chabad, raconte l'inauguration du Temple de Salomon, en miroir exact de la fin de la paracha. Salomon dépose dans le Temple les objets consacrés par son père David, puis rassemble les anciens d'Israël lors de la fête du septième mois. Les prêtres portent l'arche jusqu'au Saint des saints, sous les ailes des chérubins ; il n'y a dans l'arche que les deux Tables de pierre déposées par Moïse. Quand les prêtres sortent, une nuée remplit la maison de l'Éternel, et ils ne peuvent plus y faire leur service, « car la Gloire de l'Éternel remplissait la maison », exactement comme Moïse ne pouvait plus entrer dans le Michkan. Salomon bénit alors l'assemblée et rappelle que David voulait bâtir le Temple, mais que Dieu avait réservé cette tâche à son fils. La haftara séfarade décrit les objets de cuivre et d'or fabriqués par Hiram et Salomon : les colonnes, la Mer et ses douze bœufs, les bassins, l'autel d'or, la table et les dix candélabres.
Lorsque Pekoudé est jumelée avec Vayakhel ou tombe un Chabbat spécial, la haftara change. Les haftarot varient aussi selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours la lecture auprès de votre synagogue. Notre page la haftara, c'est quoi ? explique le rôle de ce texte.
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Pekoudé
En diaspora, la paracha Pekoudé est lue le samedi 13 mars 2027, le samedi 25 mars 2028 (lue avec Vayakhel) et le samedi 10 mars 2029 (lue avec Vayakhel). Elle tombe à la fin d'Adar (fin Adar I ou début Adar II les années embolismiques), le même Chabbat en Israël et en diaspora. Comme Vayakhel, c'est une paracha souvent jumelée : il faut savoir précisément ce qui sera lu ce Chabbat-là.
Pekoudé seule ou Vayakhel-Pekoudé ?
Les années simples, Pekoudé est le plus souvent lue avec Vayakhel (Exode 35:1 à 40:38, 214 versets), et ce Chabbat coïncide presque toujours avec Chabbat Para ou Chabbat Ha'hodech, dont on lit le Maftir et la haftara. Certaines années simples, Pekoudé est lue seule le Chabbat Ha'hodech, juste avant Roch 'Hodech Nissan : le Maftir est alors Exode 12:1-20 (20 versets, la première mitsva donnée au peuple, celle du calendrier) et la haftara est tirée d'Ézéchiel 45-46. Les années embolismiques, Pekoudé est toujours lue seule : le plus souvent un Chabbat ordinaire début Adar II, avec son propre Maftir et sa haftara, parfois le Chabbat Chekalim, fin Adar I (Maftir Exode 30:11-16 et haftara de II Rois 12). Consultez notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ? et le calendrier des parachiot.
Ce que lit le Bar Mitzvah
En France, le Bar Mitzvah lit le plus souvent le Maftir et la haftara, avec leurs bénédictions. Un Chabbat ordinaire, cela représente 5 versets de Maftir (Exode 40:34-38), les derniers versets de l'Exode, et 22 ou 11 versets de haftara selon le rite. Voici le découpage de Pekoudé lue seule :
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée | Exode 38:21 – 39:1 | 12 |
| 2e montée | Exode 39:2-21 | 20 |
| 3e montée | Exode 39:22-32 | 11 |
| 4e montée | Exode 39:33-43 | 11 |
| 5e montée | Exode 40:1-16 | 16 |
| 6e montée | Exode 40:17-27 | 11 |
| 7e montée | Exode 40:28-38 | 11 |
| Maftir | Exode 40:34-38 | 5 |
Difficulté et durée de préparation
Le Maftir de Pekoudé est un beau texte, court et facile à comprendre, qui clôt un livre de la Torah : un vrai privilège. La haftara ashkénaze est narrative ; la séfarade, plus technique, est courte. Les premières montées, pleines de chiffres et de termes de tissage, demandent plus d'attention si votre fils lit davantage. Comptez six à neuf mois pour le Maftir et la haftara d'un Chabbat ordinaire, neuf à douze mois si la Bar Mitzvah tombe un Chabbat Ha'hodech ou Para, au Maftir d'une vingtaine de versets. Pour un garçon né en Adar, la date exacte (Adar I ou Adar II) se confirme avec le rav lorsque l'année des 13 ans est embolismique. Pour le déroulement à la synagogue, voyez notre page sur la lecture de la paracha lors d'une Bar Mitzvah.
Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
Trois idées concrètes, tirées de la paracha Pekoudé, pour le discours d'un garçon de 13 ans.
1. Finir ce qu'on commence
« Et Moïse acheva l'ouvrage » : le Michkan n'est pas resté un beau projet. La Bar Mitzvah, elle aussi, est l'aboutissement de mois d'efforts. Le garçon peut raconter son propre « chantier » (les versets appris un à un, les séances avec son professeur) et ce qu'il a ressenti en arrivant au bout.
2. Rendre des comptes, c'est grandir
Moïse rend compte de chaque sicle. Devenir Bar Mitzvah, c'est devenir responsable de ses actes : on ne peut plus dire « ce n'est pas moi ». Le garçon peut parler de la confiance que ses parents lui accordent (argent de poche, téléphone, sorties) et de la façon dont il veut la mériter.
3. « Que la Présence repose sur l'œuvre de vos mains »
Moïse bénit ceux qui ont travaillé. Le garçon peut, à son tour, remercier et bénir ceux qui l'ont accompagné : parents, grands-parents, rav, professeur. Il peut aussi conclure avec la formule de fin de livre, « 'Hazak, 'hazak venit'hazek », en souhaitant à chacun d'être fort dans ses propres projets. Pour structurer votre discours, lisez comment écrire un discours de Bar Mitzvah mémorable.
Préparer la paracha Pekoudé avec Ma Paracha
Paracha seule ou double, Chabbat ordinaire ou Chabbat Ha'hodech : avec Pekoudé, tout dépend de l'année. Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, calcule en quelques secondes la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils selon sa date de naissance, son rite (séfarade ou ashkénaze) et le lieu, en gérant les parachiot doubles, les années embolismiques et les Chabbatot spéciaux. Elle bâtit un programme jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête, avec texte, phonétique et voix hébraïque pour chaque verset. Cette voix lit en lecture parlée : la mélodie des te'amim s'apprend avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; toutes les fonctions sont sur notre page application pour préparer sa paracha.
Paracha précédente : la paracha Vayakhel. Paracha suivante : la paracha Vayikra.
Sources
- Exode 38:21 – 40:38 sur Sefaria (texte, traductions et commentaires)
- Pekoudei, la paracha de la semaine sur fr.chabad.org
- Peqoudei sur Wikipédia
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Pekoudé ?
En diaspora, la paracha Pekoudé est lue le samedi 13 mars 2027, le samedi 25 mars 2028 (lue avec Vayakhel) et le samedi 10 mars 2029 (lue avec Vayakhel). Elle tombe fin Adar (ou fin Adar I, début Adar II les années embolismiques), le même Chabbat en Israël et en diaspora. Les années simples, elle est le plus souvent lue avec Vayakhel.
Quelle est la haftara de Pekoudé ?
La haftara de Pekoudé est I Rois 7:51 à 8:21 chez les Ashkénazes (et chez Chabad), et I Rois 7:40-50 chez les Séfarades. Un Chabbat Ha'hodech, Para ou Chekalim, on lit la haftara du Chabbat spécial : confirmez auprès de votre synagogue.
De quoi parle la paracha Pekoudé ?
La paracha Pekoudé (ou Pekoudei, Pekudei) donne les comptes de l'or, de l'argent et du cuivre offerts pour le Michkan, raconte la fabrication des vêtements du grand prêtre, l'apport de tous les objets à Moïse, puis l'érection du Michkan le 1er Nissan et la nuée divine qui le remplit. Elle clôt le livre de l'Exode.
Combien de versets compte la paracha Pekoudé ?
Lue seule, la paracha Pekoudé compte 92 versets (Exode 38:21 à 40:38), en sept montées de 11 à 20 versets, et un Maftir de 5 versets (Exode 40:34-38). Jumelée avec Vayakhel, la lecture compte 214 versets.
Que lit un Bar Mitzvah sur Vayakhel-Pekoudé ?
Ce Chabbat coïncide presque toujours avec Chabbat Para ou Chabbat Ha'hodech : le Bar Mitzvah lit alors le Maftir du Chabbat spécial (Nombres 19:1-22 ou Exode 12:1-20) et la haftara correspondante, tirée d'Ézéchiel. Faites confirmer la lecture par votre rav dès le début de la préparation.