Alénou Léchabéa'h (« c'est à nous de louer ») est la prière qui conclut les trois offices de la journée. Elle proclame la royauté de Dieu sur le monde et l'espérance du jour où tous les hommes la reconnaîtront. Voici le texte du rite séfarade en hébreu, en phonétique et en français.
Origine d'Alénou
La tradition attribue Alénou à Josué, au moment de l'entrée en terre d'Israël. Le texte appartenait d'abord à la prière de Moussaf de Roch Hachana, où il introduit la partie des « royautés » ; depuis le Moyen Âge, il clôt chaque office, matin, après-midi et soir.
Texte d'Alénou en hébreu, phonétique et français
Première partie
עָלֵינוּ לְשַׁבֵּחַ לַאֲדוֹן הַכֹּל, לָתֵת גְּדֻלָּה לְיוֹצֵר בְּרֵאשִׁית, שֶׁלֹּא עָשָׂנוּ כְּגוֹיֵי הָאֲרָצוֹת, וְלֹא שָׂמָנוּ כְּמִשְׁפְּחוֹת הָאֲדָמָה, שֶׁלֹּא שָׂם חֶלְקֵנוּ כָּהֶם וְגוֹרָלֵנוּ כְּכָל הֲמוֹנָם, שֶׁהֵם מִשְׁתַּחֲוִים לָהֶבֶל וָרִיק, וּמִתְפַּלְּלִים אֶל אֵל לֹא יוֹשִׁיעַ. וַאֲנַחְנוּ מִשְׁתַּחֲוִים לִפְנֵי מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁהוּא נוֹטֶה שָׁמַיִם וְיוֹסֵד אָרֶץ, וּמוֹשַׁב יְקָרוֹ בַּשָּׁמַיִם מִמַּעַל, וּשְׁכִינַת עֻזּוֹ בְּגָבְהֵי מְרוֹמִים. הוּא אֱלֹהֵינוּ, וְאֵין עוֹד אַחֵר, אֱמֶת מַלְכֵּנוּ וְאֶפֶס זוּלָתוֹ. כַּכָּתוּב בַּתּוֹרָה. וְיָדַעְתָּ הַיּוֹם וַהֲשֵׁבֹתָ אֶל לְבָבֶךָ כִּי יְהֹוָה הוּא הָאֱלֹהִים בַּשָּׁמַיִם מִמַּעַל וְעַל הָאָרֶץ מִתָּחַת אֵין עוֹד:
Alénou léchabéa'h laadon hakol, latét guédoula léyotsér béréchit, chélo assanou kégoyé haaratsot, vélo samanou kémichpé'hot haadama, chélo sam 'hèlkénou kahèm végoralénou kékhol hamonam, chéhém michta'havim lahévèl varik, oumitpalélim èl él lo yochia. Vaana'hnou michta'havim lifné mélèkh malkhé hamélakhim hakadoch baroukh hou, chéhou noté chamayim véyosséd arèts, oumochav yékaro bachamayim mimaal, ouchékhinat ouzo bégovhé méromim. Hou Élohénou, véén od a'hér, émèt malkénou vééfès zoulato. Kakatouv batora. Véyadata hayom vahachévota èl lévavékha ki Adonaï hou haélohim bachamayim mimaal véal haarèts mita'hat én od.
C'est à nous de louer le Maître de toutes choses, de reconnaître la grandeur de Celui qui a façonné le commencement, qui ne nous a pas faits comme les nations des pays et ne nous a pas placés comme les familles de la terre, qui n'a pas fait notre part comme la leur ni notre destin comme celui de leur multitude. Car ils se prosternent devant la vanité et le vide, et prient un dieu qui ne sauve pas. Et nous, nous nous prosternons devant le Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, qui étend les cieux et fonde la terre, dont le trône de gloire est dans les cieux en haut et dont la présence puissante est dans les hauteurs les plus élevées. Il est notre Dieu, il n'y en a pas d'autre ; notre Roi est vérité, et rien n'existe en dehors de Lui, comme il est écrit dans la Torah : « Sache aujourd'hui et prends à cœur que l'Éternel est Dieu, dans les cieux en haut et sur la terre en bas ; il n'y en a pas d'autre. »
Seconde partie : « Al kén nékavé »
עַל כֵּן נְקַוֶּה לָךְ, יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ, לִרְאוֹת מְהֵרָה בְּתִפְאֶרֶת עֻזָּךְ, לְהַעֲבִיר גִּלּוּלִים מִן הָאָרֶץ, וְהָאֱלִילִים כָּרוֹת יִכָּרֵתוּן, לְתַקֵּן עוֹלָם בְּמַלְכוּת שַׁדַּי, וְכָל בְּנֵי בָשָׂר יִקְרְאוּ בִשְׁמֶךָ, לְהַפְנוֹת אֵלֶיךָ כָּל רִשְׁעֵי אָרֶץ. יַכִּירוּ וְיֵדְעוּ כָּל יוֹשְׁבֵי תֵבֵל, כִּי לְךָ תִכְרַע כָּל בֶּרֶךְ, תִּשָּׁבַע כָּל לָשׁוֹן. לְפָנֶיךָ, יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ יִכְרְעוּ וְיִפֹּלוּ, וְלִכְבוֹד שִׁמְךָ יְקָר יִתֵּנוּ, וִיקַבְּלוּ כֻלָּם אֶת עֹל מַלְכוּתֶךָ, וְתִמְלוֹךְ עֲלֵיהֶם מְהֵרָה לְעוֹלָם וָעֶד. כִּי הַמַּלְכוּת שֶׁלְּךָ הִיא, וּלְעוֹלְמֵי עַד תִּמְלוֹךְ בְּכָבוֹד. כַּכָּתוּב בְּתוֹרָתָךְ: יְהֹוָה יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד וְנֶאֱמַר. וְהָיָה יְהֹוָה לְמֶלֶךְ עַל כָּל הָאָרֶץ בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה יְהֹוָה אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד
Al kén nékavé lakh, Adonaï Élohénou, lirot méhéra bétiférèt ouzakh, léhaavir guiloulim min haarèts, véhaélilim karot yikarétoun, létakén olam bémalkhout chadaï, vékhol béné vassar yikréou vichmékha, léhafnot élékha kol riché arèts. Yakirou véyédéou kol yochévé tévél, ki lékha tikhra kol bérèkh, tichava kol lachon. Léfanékha, Adonaï Élohénou yikhréou véyipolou, vélikhvod chimkha yékar yiténou, vikabélou khoulam èt ol malkhoutékha, vétimlokh aléhèm méhéra léolam vaèd. Ki hamalkhout chélékha hi, ouléolémé ad timlokh békhavod. Kakatouv bétoratakh. Adonaï yimlokh léolam vaèd vénéémar. Véhaya Adonaï lémélèkh al kol haarèts bayom hahou yihyé Adonaï é'had ouchémo é'had
C'est pourquoi nous espérons en Toi, Éternel notre Dieu, voir bientôt la splendeur de Ta puissance, faire disparaître les idoles de la terre et anéantir les faux dieux, réparer le monde par la royauté du Tout-Puissant. Tous les êtres de chair invoqueront Ton nom, et tous les méchants de la terre se tourneront vers Toi. Tous les habitants du monde reconnaîtront et sauront que devant Toi tout genou doit plier et toute langue jurer fidélité. Devant Toi, Éternel notre Dieu, ils s'inclineront et se prosterneront, ils rendront hommage à la gloire de Ton nom, et tous accepteront le joug de Ta royauté ; Tu régneras sur eux bientôt et pour toujours. Car la royauté est à Toi, et Tu régneras éternellement dans la gloire, comme il est écrit dans Ta Torah : « L'Éternel régnera pour toujours et à jamais. » Et il est dit : « L'Éternel sera roi sur toute la terre ; en ce jour, l'Éternel sera Un et Son nom sera Un. »
Le sens d'Alénou
La première partie remercie Dieu d'avoir donné au peuple juif une mission particulière ; la seconde, « Al kén nékavé », élargit l'espérance à toute l'humanité : létakén olam bémalkhout Chadaï, « réparer le monde par la royauté du Tout-Puissant ». C'est de cette phrase que vient l'expression tikoun olam, la réparation du monde. On s'incline en disant « vaana'hnou michta'havim » (et nous, nous nous prosternons).
À lire aussi : Achrei, le Patah Eliyahou, le Kaddish. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.
Sources
- Deutéronome 4, 39 ; Exode 15, 18 ; Zacharie 14, 9.
- Rav Haï Gaon, cité par le Kol Bo, sur l'attribution à Josué.
- Texte hébreu : Siddur Edot HaMizrach, rite séfarade, édition Shaliehsaboo, Sefaria (domaine public, CC0). Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.
Questions fréquentes
Quand dit-on Alénou ?
À la fin de chaque office : Cha'harit le matin, Min'ha l'après-midi et Arvit le soir, ainsi qu'à la fin de Moussaf les jours de Chabbat et de fête.
Qui a écrit Alénou Léchabéa'h ?
La tradition l'attribue à Josué. Le texte était d'abord récité à Roch Hachana avant d'être ajouté à la fin de tous les offices.
Pourquoi s'incline-t-on pendant Alénou ?
En disant « et nous, nous nous prosternons devant le Roi des rois des rois », on s'incline, pour accompagner les mots par le geste.
D'où vient l'expression tikoun olam ?
De la seconde partie d'Alénou : « létakén olam bémalkhout Chadaï », réparer le monde par la royauté de Dieu.

