Prières

Bar Yo'haï : paroles en hébreu, phonétique et traduction

Par Nathan LEVY · Publié le 14 octobre 2026 · 5 min de lecture

Feu de joie dans la nuit sur une colline de Galilée

Bar Yo'haï est le chant en l'honneur de Rabbi Chimon bar Yo'haï, le maître du Zohar. Les communautés séfarades le chantent avec ferveur le vendredi soir et, surtout, à Lag Baomer, autour des feux de joie. Voici les paroles strophe par strophe, en hébreu, en phonétique et en français.

Origine du chant

Le poème a été écrit au XVIe siècle par Rabbi Chimon Labi, kabbaliste de Tripoli, en Libye ; les premières lettres des strophes forment son nom, Chimon Labi. Il évoque la vie de Rabbi Chimon bar Yo'haï, caché treize ans dans une grotte avec son fils pour échapper aux Romains, puis les secrets de la Kabbale qu'il a enseignés. Pour comprendre la fête, lisez notre page pourquoi Lag Baomer est un jour de réjouissance.

Paroles de Bar Yo'haï

Le refrain, « Bar Yo'haï nimcha'hta achrékha », se reprend après chaque strophe.

Refrain

בַּר יוֹחָאי, נִמְשַׁחְתָּ אַשְׁרֶיךָ, שֶׁמֶן שָׂשׂוֹן מֵחֲבֵרֶיךָ:

Bar Yo'haï, nimcha'hta achrékha, chémèn sasson mé'havérékha.

Bar Yo'haï, tu as été oint, heureux es-tu, d'une huile de joie, plus que tes compagnons.

בַּר יוֹחָאי, שֶׁמֶן מִשְׁחַת קֹדֶשׁ, נִמְשַׁחְתָּ מִמִּדַּת הַקֹּדֶשׁ, נָשָׂאתָ צִיץ נֵזֶר הַקֹּדֶשׁ, חָבוּשׁ עַל רֹאשׁךָ פְּאֵרֶךָ:

Bar Yo'haï, chémèn mich'hat kodèch, nimcha'hta mimidat hakodèch, nassata tsits nézèr hakodèch, 'havouch al rochkha péérékha.

Bar Yo'haï, d'une huile d'onction sainte tu as été oint, de la mesure de sainteté ; tu as porté le diadème, couronne de sainteté, ceint sur ta tête comme ta parure.

בַּר יוֹחָאי, מוֹשַׁב טוֹב יָשַׁבְתָּ, יוֹם נַסְתָּ יוֹם אֲשֶׁר בָּרַחְתָּ, בִּמְעָרַת צוּרִים שֶׁעָמַדְתָּ, שָׁם קָנִיתָ הוֹדְךָ וַהֲדָרֶךָ:

Bar Yo'haï, mochav tov yachavta, yom nasta yom achèr bara'hta, bimarat tsourim chéamadta, cham kanita hodékha vahadarékha.

Bar Yo'haï, tu as trouvé une bonne demeure le jour où tu as fui, le jour où tu t'es échappé ; dans la grotte de rochers où tu t'es tenu, là tu as acquis ta gloire et ta splendeur.

בַּר יוֹחָאי, עֲצֵי שִׁטִּים עוֹמְדִים, לִמּוּדֵי יְהֹוָה הֵם לוֹמְדִים, אוֹר מֻפְלֶא אוֹר הַיְקוֹד הֵם יוֹקְדִים, הֲלֹא הֵמָּה יוֹרוּךָ מוֹרֶיךָ:

Bar Yo'haï, atsé chitim omédim, limoudé Adonaï hém lomédim, or mouflé or haykod hém yokédim, halo héma yoroukha morékha.

Bar Yo'haï, les bois d'acacia se dressent, les disciples de l'Éternel étudient ; ils brûlent de la lumière merveilleuse, la lumière ardente : ce sont eux, tes maîtres, qui t'enseignent.

בַּר יוֹחָאי, וְלִשְׂדֵה תַּפּוּחִים, עָלִיתָ לִלְקוֹט בּוֹ מֶרְקָחִים, סוֹד תּוֹרָה כְּצִיצִים וּפְרָחִים, נַעֲשֶׂה אָדָם נֶאֱמַר בַּעֲבוּרֶךָ:

Bar Yo'haï, vélisdé tapou'him, alita lilkot bo mèrka'him, sod tora kétsitsim ouféra'him, naassé adam néémar baavourékha.

Bar Yo'haï, au champ des pommiers tu es monté cueillir des parfums ; le secret de la Torah est comme des bourgeons et des fleurs : « Faisons l'homme » fut dit pour toi.

בַּר יוֹחָאי, נֶאֱזַרְתָּ בִּגְבוּרָה, וּבְמִלְחֶמֶת אֵשׁ דַּת הַשַּׁעְרָה, וְחֶרֶב הוֹצֵאתָ מִתַּעְרָהּ, שָׁלַפְתָּ נֶגֶד צֹרְרֶיךָ:

Bar Yo'haï, néézarta bigvoura, ouvémil'hémèt éch dat hachara, vé'hérèv hotséta mitarah, chalafta néguèd tsorérékha.

Bar Yo'haï, tu t'es ceint de force, et dans la guerre de la Loi de feu, aux portes, tu as tiré l'épée de son fourreau et l'as brandie contre tes adversaires.

בַּר יוֹחָאי, לִמְקוֹם אַבְנֵי שַׁיִשׁ, הִגַּעְתָּ לִפְנֵי אַרְיֵה לַיִשׁ, גַּם גֻּלַּת כּוֹתֶרֶת עַל עַיִשׁ, תָּשׁוּרִי וּמִי יְשׁוּרֶךָ:

Bar Yo'haï, limkom avné chayich, higata lifné aryé layich, gam goulat kotérèt al ayich, tachouri oumi yéchourékha.

Bar Yo'haï, au lieu des pierres de marbre, tu es parvenu devant le lion rugissant ; tu as même contemplé la couronne au-dessus des étoiles : qui pourrait te contempler ?

בַּר יוֹחָאי, בְּקֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים, קַו יָרוֹק מְחַדֵּשׁ חֳדָשִׁים, שֶׁבַע שַׁבָּתוֹת סוֹד חֲמִשִּׁים, קָשַׁרְתָּ קִשְׁרֵי שִׁי"ן קְשָׁרֶיךָ:

Bar Yo'haï, békodèch hakodachim, kav yarok mé'hadéch 'hodachim, chéva chabatot sod 'hamichim, kacharta kichré chin kécharékha.

Bar Yo'haï, dans le Saint des saints, la ligne verte renouvelle les mois ; sept semaines, secret des cinquante : tu as noué les liens de la lettre chin.

בַּר יוֹחָאי, יוֹ"ד חָכְמָה קְדוּמָה, הִשְׁקַפְתָּ לִכְבוֹדוֹ פּנִימָה, שְׁלֹשִׁים וּשְׁתַּיִם נְתִיבוֹת רֵאשִׁית תְּרוּמָה, אַתְּ כְּרוּב מִמְשַׁח זִיו אוֹרֶךָ:

Bar Yo'haï, yod 'hokhma kédouma, hichkafta likhvodo pnima, chélochim ouchétayim nétivot réchit térouma, at kérouv mimcha'h ziv orékha.

Bar Yo'haï, le youd de la sagesse primordiale, tu as contemplé sa gloire à l'intérieur ; trente-deux sentiers, prémices de l'offrande : tu es le chérubin oint de l'éclat de ta lumière.

בַּר יוֹחָאי, אוֹר מוּפְלֶא רוּם מַעְלָה, יָרֵאתָ מִלְּהַבִּיט כִּי רַב לָהּ, תַּעֲלוּמָה וְאַיִן קוֹרָא לָהּ, נַמְתָּ עַיִן לֹא תְשׁוּרֶךָ:

Bar Yo'haï, or mouflé roum mala, yaréta miléhabit ki rav lah, taalouma véayin kora lah, namta ayin lo téchourékha.

Bar Yo'haï, lumière merveilleuse au plus haut des hauteurs, tu as craint de la regarder, tant elle est immense ; mystère que nul ne peut nommer, tu as dit : aucun œil ne te verra.

בַּר יוֹחָאי, אַשְׁרֵי יוֹלַדְתֶּךָ, אַשְׁרֵי הָעָם הֵם לוֹמְדֶיךָ, וְאַשְׁרֵי הָעוֹמְדִים עַל סוֹדֶךָ, לְבוּשֵׁי חֹשֶׁן תֻּמֶּיךָ וְאוּרֶיךָ:

Bar Yo'haï, achré yoladtékha, achré haam hém lomédékha, véachré haomédim al sodékha, lévouché 'hochèn toumékha véourékha.

Bar Yo'haï, heureuse celle qui t'a enfanté, heureux le peuple qui étudie tes enseignements, et heureux ceux qui comprennent ton secret, revêtus du pectoral, de tes Toumim et de tes Ourim.

בַּר יוֹחָאי, זְכוּתוֹ יָגֵן עָלֵינוּ, וְעַל כָּל יִשְׂרָאֵל אָחֵינוּ, שֶׁיָּבוֹא וְיִגְאֲלֵנוּ בִּמְהֵרָה, וְנֹאמַר אָמֵן:

Bar Yo'haï, zékhouto yaguén alénou, véal kol Israël a'hénou, chéyavo véyigalénou bimhéra, vénomar amen.

Bar Yo'haï, que son mérite nous protège, nous et tout Israël nos frères ; qu'il vienne nous délivrer bientôt, et disons amen.

Quand chante-t-on Bar Yo'haï ?

Dans de nombreuses familles séfarades, on le chante chaque vendredi soir, avant le kiddouch ou pendant le repas. À Lag Baomer, jour anniversaire du décès de Rabbi Chimon, il résonne partout, et en particulier à Méron, en Galilée, où des centaines de milliers de personnes se rassemblent sur sa tombe autour des feux.

À lire aussi : Yah Ribon, le Patah Eliyahou, Lekha Dodi. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.

Sources

  • Rabbi Chimon Labi, Tripoli, XVIe siècle.
  • Talmud de Babylone, Chabbat 33b (la grotte de Rabbi Chimon).
  • Texte hébreu : Siddur Edot HaMizrach, rite séfarade, édition Shaliehsaboo, Sefaria (domaine public, CC0). Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.

Questions fréquentes

Qui était Rabbi Chimon bar Yo'haï ?

Un sage de la Michna du IIe siècle, disciple de Rabbi Akiva. La tradition lui attribue le Zohar, le livre fondateur de la Kabbale.

Qui a écrit le chant Bar Yo'haï ?

Rabbi Chimon Labi, kabbaliste de Tripoli, au XVIe siècle. Son nom apparaît en acrostiche.

Quand chante-t-on Bar Yo'haï ?

Le vendredi soir dans beaucoup de familles séfarades, et à Lag Baomer, le 33e jour du compte de l'Omer.

Que veut dire « nimcha'hta achrékha » ?

« Tu as été oint, heureux es-tu » : Rabbi Chimon est comparé à un grand prêtre oint d'huile sainte.

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