Lekha Dodi (« viens, mon bien-aimé ») est le chant qui accueille le Chabbat le vendredi soir, pendant l'office de Kabbalat Chabbat. Le Chabbat y est reçu comme une fiancée et comme une reine. Voici les paroles du rite séfarade, strophe par strophe, en hébreu, en phonétique et en français.
Origine de Lekha Dodi
Le chant a été composé à Safed, au XVIe siècle, par le kabbaliste Rabbi Chlomo Alkabets. Il reprend une scène du Talmud (Chabbat 119a) : le vendredi soir, Rabbi 'Hanina se drapait de beaux vêtements et disait « Venez, sortons à la rencontre de la reine Chabbat ». Les premières lettres des huit premières strophes forment le nom de l'auteur : Chlomo Halévi.
Paroles de Lekha Dodi
Le refrain se reprend après chaque strophe.
Refrain
לְכָה דוֹדִי לִקְרַאת כַּלָּה, פְּנֵי שַׁבָּת נְקַבְּלָה:
Lékha dodi likrat kala, péné chabat nékabéla.
Viens, mon bien-aimé, à la rencontre de la fiancée ; accueillons la face du Chabbat.
שָׁמוֹר וְזָכוֹר בְּדִבּוּר אֶחָד, הִשְׁמִיעָנוּ אֵל הַמְּיֻחָד, יְהֹוָה אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד, לְשֵׁם וּלְתִפְאֶרֶת וְלִתְהִלָּה:
Chamor vézakhor bédibour é'had, hichmianou él haméyou'had, Adonaï é'had ouchémo é'had, léchém oulétiférèt vélithila.
« Garde » et « Souviens-toi » : le Dieu unique nous les a fait entendre en une seule parole. L'Éternel est Un et Son nom est Un, pour la renommée, la splendeur et la louange.
לִקְרַאת שַׁבָּת לְכוּ וְנֵלְכָה, כִּי הִיא מְקוֹר הַבְּרָכָה, מֵרֹאשׁ מִקֶּדֶם נְסוּכָה, סוֹף מַעֲשֶׂה בְּמַחֲשָׁבָה תְּחִלָּה:
Likrat chabat lékhou vénélékha, ki hi mékor habérakha, méroch mikédèm néssoukha, sof maassé béma'hachava té'hila.
À la rencontre du Chabbat, venez, allons, car il est la source de la bénédiction ; dès l'origine, depuis toujours, il fut consacré : dernier dans l'action, premier dans la pensée.
מִקְדַּשׁ מֶלֶךְ עִיר מְלוּכָה, קוּמִי צְאִי מִתּוֹךְ הַהֲפֵכָה, רַב לָךְ שֶׁבֶת בְּעֵמֶק הַבָּכָא, וְהוּא יַחְמוֹל עָלַיִךְ חֶמְלָה:
Mikdach mélèkh ir méloukha, koumi tséi mitokh hahafékha, rav lakh chévèt béémèk habakha, véhou ya'hmol alayikh 'hèmla.
Sanctuaire du Roi, ville royale, lève-toi, sors du milieu des ruines ! Assez de demeurer dans la vallée des pleurs : Il aura pour toi toute Sa compassion.
הִתְנַעֲרִי מֵעָפָר קוּמִי, לִבְשִׁי בִּגְדֵי תִפְאַרְתֵּךְ עַמִּי, עַל יַד בֶּן יִשַּׁי בֵּית הַלַּחְמִי, קָרְבָה אֶל נַפְשִׁי גְּאָלָהּ:
Hitnaari méafar koumi, livchi bigdé tifartékh ami, al yad bèn Yichaï bét hala'hmi, karéva èl nafchi guéalah.
Secoue-toi de la poussière, lève-toi ! Revêts tes habits de splendeur, mon peuple. Par le fils de Jessé, de Bethléem, approche-Toi de mon âme, délivre-la.
הִתְעוֹרְרִי הִתְעוֹרְרִי, כִּי בָא אוֹרֵךְ קוּמִי אוֹרִי, עוּרִי עוּרִי שִׁיר דַּבֵּרִי, כְּבוֹד יְהֹוָה עָלַיִךְ נִגְלָה:
Hitoréri hitoréri, ki va orékh koumi ori, ouri ouri chir dabéri, kévod Adonaï alayikh nigla.
Réveille-toi, réveille-toi, car ta lumière est venue : lève-toi, resplendis ! Éveille-toi, éveille-toi, entonne un chant : la gloire de l'Éternel se révèle sur toi.
לֹא תֵבוֹשִׁי וְלֹא תִכָּלְמִי, מַה תִּשְׁתּוֹחֲחִי וּמַה תֶּהֱמִי, בָּךְ יֶחֱסוּ עֲנִיֵּי עַמִּי, וְנִבְנְתָה עִיר עַל תִּלָּהּ:
Lo tévochi vélo tikalémi, ma tichto'ha'hi ouma téhémi, bakh yé'héssou aniyé ami, vénivnéta ir al tilah.
N'aie pas honte, ne sois pas confondue ; pourquoi te courber, pourquoi gémir ? En toi s'abriteront les pauvres de mon peuple, et la ville sera rebâtie sur ses ruines.
וְהָיוּ לִמְשִׁסָּה שׁוֹסַיִךְ, וְרָחֲקוּ כָּל מְבַלְּעָיִךְ, יָשִׂישׂ עָלַיִךְ אֱלֹהָיִךְ, כִּמְשׂוֹשׂ חָתָן עַל כַּלָּה:
Véhaïou limchissa chossayikh, véra'hakou kol mévaléayikh, yassis alayikh Élohayikh, kimsos 'hatan al kala.
Ceux qui te pillaient seront pillés, et ceux qui voulaient t'engloutir seront éloignés. Ton Dieu se réjouira de toi comme le fiancé se réjouit de sa fiancée.
יָמִין וּשְׂמֹאל תִּפְרוֹצִי, וְאֶת יְהֹוָה תַּעֲרִיצִי, עַל יַד אִישׁ בֶּן פַּרְצִי, וְנִשְׂמְחָה וְנָגִילָה:
Yamin oussémol tifrotsi, véèt Adonaï taaritsi, al yad ich bèn Partsi, vénismé'ha vénaguila.
À droite et à gauche tu te répandras, et tu glorifieras l'Éternel ; par l'homme descendant de Pérets, nous nous réjouirons et nous exulterons.
בֹּאִי בְשָׁלוֹם עֲטֶרֶת בַּעְלָהּ, גַּם בְּשִׂמְחָה בְּרִנָּה וּבְצָהֳלָה, תּוֹךְ אֱמוּנֵי עַם סְגֻלָּה:
Boï véchalom atérèt balah, gam béssim'ha bérina ouvétsahola, tokh émouné am ségoula.
Viens en paix, couronne de ton époux, dans la joie, le chant et l'allégresse, au milieu des fidèles du peuple précieux.
Conclusion
On se tourne vers la droite au premier « Boï khala », vers la gauche au deuxième, et l'on dit le dernier à voix basse.
בֹּאִי כַלָּה, בֹּאִי כַלָּה, בֹּאִי כַלָּה, שַׁבָּת מַלְכְּתָא:
Boï khala, boï khala, boï khala, chabat malkéta.
Viens, fiancée ! Viens, fiancée ! Viens, fiancée, Chabbat reine !
Comment chante-t-on Lekha Dodi ?
Chaque communauté a ses mélodies, et beaucoup changent d'air selon les périodes de l'année. Pour la dernière strophe, « Boï véchalom », l'assemblée se lève et se tourne vers l'entrée de la synagogue pour accueillir le Chabbat. Dans le rite séfarade, on récite ensuite le Psaume 92, « Mizmor chir léyom haChabbat ». À la maison, la soirée continue avec Chalom Alékhem et le kiddouch.
À lire aussi : Chalom Alékhem, l'allumage des bougies de Chabbat, le kiddouch du vendredi soir. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.
Sources
- Talmud de Babylone, Chabbat 119a.
- Rabbi Chlomo Alkabets, Safed, XVIe siècle.
- Exode 20, 8 ; Deutéronome 5, 12 ; Isaïe 52 et 60.
- Texte hébreu : Siddur Edot HaMizrach, rite séfarade, édition Shaliehsaboo, Sefaria (domaine public, CC0). Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.
Questions fréquentes
Que veut dire Lekha Dodi ?
« Viens, mon bien-aimé ». Le chant invite à aller ensemble à la rencontre du Chabbat, présenté comme une fiancée (kala) et une reine (malketa).
Qui a écrit Lekha Dodi ?
Rabbi Chlomo Alkabets, kabbaliste de Safed, au XVIe siècle. Son nom, Chlomo Halévi, apparaît en acrostiche dans les huit premières strophes.
Quand chante-t-on Lekha Dodi ?
Le vendredi soir, à la synagogue, pendant Kabbalat Chabbat, juste avant le Psaume 92 et l'office d'Arvit.
Pourquoi se tourne-t-on pendant la dernière strophe ?
Pour accueillir le Chabbat, comme on accueille un invité à la porte. Dans le rite séfarade, on se tourne à droite puis à gauche en disant « Boï khala ».

