Prières

Birkat Cohanim : la bénédiction des prêtres en hébreu et en phonétique

Par Nathan LEVY · Publié le 14 octobre 2026 · 5 min de lecture

Talith blanc rayé de bleu posé sur la balustrade en bois d'une synagogue

Chaque jour, à la synagogue, les descendants d'Aaron, les cohanim, montent devant l'arche, se couvrent de leur talith et bénissent l'assemblée avec les mots dictés par la Torah : c'est la Birkat Cohanim, ou Nessiat kapayim. Voici le texte en hébreu, en phonétique et en français, et le déroulement de la bénédiction.

Quand a lieu la Birkat Cohanim ?

Elle a lieu pendant la répétition de la Amida par l'officiant, avant la dernière bénédiction, « Sim chalom ». En Israël et dans les communautés séfarades, les cohanim bénissent chaque jour à Cha'harit (et à Moussaf les jours où on le dit) ; dans la plupart des communautés ashkénazes de diaspora, seulement les jours de fête. Avant de monter, les cohanim se lavent les mains, aidés par les lévites.

Texte de la Birkat Cohanim

Prière des cohanim avant la bénédiction

יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ שֶׁתִּהְיֶה בְּרָכָה זוֹ שֶׁצִּּוִיתָנוּ לְבָרֵךְ אֶת עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל בְּרָכָה שְׁלֵמָה וְלֹא יִהְיֶה בָהּ מִכְשׁוֹל וְעָוֹן מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם:

Yéhi ratson miléfanékha Adonaï Élohénou vélohé avoténou chétihyé bérakha zo chétsivitanou lévarékh èt amékha Israël bérakha chéléma vélo yihyé vah mikhchol véavon méata véad olam.

Qu'il soit de Ta volonté, Éternel notre Dieu et Dieu de nos pères, que cette bénédiction que Tu nous as ordonné de donner à Ton peuple Israël soit une bénédiction parfaite, sans faute ni obstacle, dès maintenant et pour toujours.

La bénédiction des cohanim

L'officiant appelle « Cohanim ! », puis les cohanim récitent :

בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בִּקְדֻשָּׁתוֹ שֶׁל אַהֲרֹן, וְצִוָּנוּ לְבָרֵךְ אֶת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה: אָמֵן:

Baroukh ata Adonaï, Élohénou mélèkh haolam, achèr kidéchanou bikdouchato chèl Aharon, vétsivanou lévarékh èt amo Israël béahava. Amen.

Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui nous a sanctifiés par la sainteté d'Aaron et nous a ordonné de bénir Son peuple Israël avec amour. — Amen.

Les trois versets

L'officiant dit chaque mot, que les cohanim répètent ; l'assemblée répond « amen » après chaque verset.

יְבָרֶכְךָ יְהֹוָה וְיִשְׁמְרֶךָ אָמֵן:

Yévarékhékha Adonaï véyichmérékha amen.

Que l'Éternel te bénisse et te garde. — Amen.

יָאֵר יְהֹוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּ אָמֵן:

Yaér Adonaï panav élékha vi'hounéka amen.

Que l'Éternel fasse rayonner Sa face vers toi et t'accorde Sa grâce. — Amen.

יִשָּׂא יְהֹוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם אָמֵן:

Yissa Adonaï panav élékha véyassém lékha chalom amen.

Que l'Éternel tourne Sa face vers toi et te donne la paix. — Amen. (Nombres 6, 24-26)

Après la bénédiction

Les cohanim se tournent vers l'arche et disent :

רִבּוֹן הָעוֹלָמִים עָשִׂינוּ מַה שֶּׁגָּזַרְתָּ עָלֵינוּ, עַשֵׂה אַתָּה מַה שֶּׁהִבְטָחְתָּנוּ. הַשְׁקִיפָה מִמְּעוֹן קׇדְשְׁךָ מִן הַשָּׁמַיִם וּבָרֵךְ אֶת עַמְּךָ אֶת יִשְׂרָאֵל:

Ribon haolamim assinou ma chégazarta alénou, assé ata ma chéhivta'htanou. Hachkifa miméon kodchékha min hachamayim ouvarékh èt amékha èt Israël.

Maître des mondes, nous avons fait ce que Tu as décrété pour nous ; fais, Toi, ce que Tu nous as promis : « Regarde de Ta sainte demeure, des cieux, et bénis Ton peuple Israël. » (Deutéronome 26, 15)

S'il n'y a pas de cohen

L'officiant dit lui-même ce passage, et l'assemblée répond « Kén yéhi ratson » :

אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, בָּרְכֵנוּ בַּבְּרָכָה הַמְשֻׁלֶּשֶת בַּתּוֹרָה הַכְּתוּבָה עַל יְדֵי מֹשֶׁה עַבְדֶּךָ, הָאֲמוּרָה מִפִּי אַהֲרֹן וּבָנָיו הַכֹּהֲנִים עַם קְדוֹשֶׁיךָ כָּאָמוּר: יְבָרֶכְךָ יְהֹוָה וְיִשְׁמְרֶךָ כֵּן יְהִי רָצוֹן: יָאֵר יְהֹוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּ כֵּן יְהִי רָצוֹן: יִשָּׂא יְהֹוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם כֵּן יְהִי רָצוֹן: וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם:

Élohénou vélohé avoténou, barékhénou babérakha hamchouléchèt batora hakétouva al yédé Moché avdékha, haamoura mipi Aharon ouvanav hakohanim am kédochékha kaamour. Yévarékhékha Adonaï véyichmérékha kén yéhi ratson. Yaér Adonaï panav élékha vi'hounéka kén yéhi ratson. Yissa Adonaï panav élékha véyassém lékha chalom kén yéhi ratson. Véssamou èt chémi al béné Israël vaani avarékhém.

Notre Dieu et Dieu de nos pères, bénis-nous de la triple bénédiction écrite dans la Torah par Moïse Ton serviteur et prononcée par Aaron et ses fils, les prêtres, peuple de Tes saints, comme il est dit : Que l'Éternel te bénisse et te garde. — Qu'il en soit ainsi. Que l'Éternel fasse rayonner Sa face vers toi et t'accorde Sa grâce. — Qu'il en soit ainsi. Que l'Éternel tourne Sa face vers toi et te donne la paix. — Qu'il en soit ainsi. Ils mettront Mon nom sur les enfants d'Israël, et Moi, Je les bénirai.

Comment recevoir la bénédiction ?

L'assemblée se tient debout, face aux cohanim, en silence, et ne regarde pas leurs mains. Les cohanim lèvent les mains sous leur talith, les doigts écartés d'une façon particulière. Beaucoup de pères couvrent leurs enfants de leur propre talith pour qu'ils reçoivent la bénédiction ensemble : un moment que les enfants n'oublient pas. Le vendredi soir, les parents reprennent ces mêmes versets dans la bénédiction des enfants. Et un garçon cohen peut monter pour la première fois bénir l'assemblée après sa Bar Mitzvah.

À lire aussi : la bénédiction des enfants, la Amida, les bénédictions de la montée à la Torah. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.

Sources

  • Nombres 6, 22-27 ; Deutéronome 26, 15.
  • Talmud de Babylone, Sota 38a-40a.
  • Choulhan Aroukh, Ora'h 'Haïm 128.
  • Texte hébreu : Siddur Edot HaMizrach, rite séfarade, édition Shaliehsaboo, Sefaria (domaine public, CC0). Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la Birkat Cohanim ?

La bénédiction que les cohanim, descendants d'Aaron, donnent à l'assemblée avec les trois versets du livre des Nombres (6, 24-26), « Yévarékhékha Adonaï véyichmérékha ».

Pourquoi ne faut-il pas regarder les cohanim ?

Par respect pour la Présence divine qui, selon la tradition, repose sur leurs mains à ce moment-là. On garde les yeux baissés ou l'on se couvre de son talith.

Qui peut dire la Birkat Cohanim ?

Un cohen, descendant d'Aaron par son père, à partir de sa Bar Mitzvah. S'il n'y a pas de cohen, l'officiant récite les versets sous forme de prière.

Pourquoi les pères couvrent-ils leurs enfants de leur talith ?

Pour qu'ils reçoivent la bénédiction tous ensemble. C'est un usage très répandu, en particulier à Souccot et à Pessa'h devant le Mur occidental.

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