Une fois par mois, quand la lune nouvelle grandit, on sort la contempler et on récite Birkat Halévana, la bénédiction de la lune (aussi appelée Kiddouch Lévana). Voici le texte du rite séfarade en hébreu, en phonétique et en français, avec les versets qui l'entourent et les règles pour savoir quand la dire.
Quand dire Birkat Halévana ?
- Entre le 7e et le 15e jour du mois hébraïque selon l'usage séfarade (qui suit les kabbalistes) ; d'autres commencent dès le 3e jour.
- La nuit, quand la lune est visible, en plein air, de préférence à la sortie du Chabbat, habillé avec élégance, et si possible avec un minyan.
- Pas le vendredi soir ni la veille d'une fête. Au mois de Tichri, on attend la fin de Yom Kippour ; au mois d'Av, la fin du jeûne du 9 Av.
On regarde la lune en disant le verset « Ki èré chamékha », puis on ne la regarde plus pendant la bénédiction.
Texte de Birkat Halévana
En regardant la lune
Le rite séfarade fait précéder ce verset des Psaumes 19 et 148.
כִּי אֶרְאֶה שָׁמֶיךָ מַעֲשֵׂה אֶצְבְּעֹתֶיךָ יָרֵחַ וְכוֹכָבִים אֲשֶׁר כּוֹנָנְתָּה יְהֹוָה אֲדֹנֵינוּ מָה אַדִּיר שִׁמְךָ בְּכׇל הָאָרֶץ
Ki èré chamékha maassé ètsbéotékha yaréa'h vékhokhavim achèr konanéta Adonaï adonénou ma adir chimkha békhol haarèts
Quand je contemple Tes cieux, l'œuvre de Tes doigts, la lune et les étoiles que Tu as établies… Éternel, notre Maître, que Ton nom est puissant sur toute la terre ! (Psaumes 8, 4 et 8, 10)
La bénédiction
בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר בְּמַאֲמָרוֹ בָּרָא שְׁחָקִים וּבְרוּחַ פִּיו כָּל צְבָאָם, חֹק וּזְמַן נָתַן לָהֶם שֶׁלֹּא יְשַׁנוּ אֶת תַּפְקִידָם, שָׂשִׂים וּשְׂמֵחִים לַעֲשׂוֹת רְצוֹן קוֹנֵיהֶם, פּוֹעֵל אֱמֶת שֶׁפְּעֻלָּתוֹ אֱמֶת, וְלַלְּבָנָה אָמַר שֶׁתִּתְחַדֵּשׁ, עֲטֶרֶת תִּפְאֶרֶת לַעֲמוּסֵי בָטֶן, שֶׁגַּם הֵם עֲתִידִים לְהִתְחַדֵּשׁ כְּמוֹתָהּ וּלְפָאֵר לְיוֹצְרָם עַל שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ. בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, מְחַדֵּשׁ חֳדָשִׁים:
Baroukh ata Adonaï, Élohénou mélèkh haolam, achèr bémaamaro bara ché'hakim ouvéroua'h piv kol tsévaam, 'hok ouzéman natan lahèm chélo yéchanou èt tafkidam, sassim oussémé'him laassot rétson konéhèm, poél émèt chépéoulato émèt, vélalévana amar chétit'hadéch, atérèt tiférèt laamoussé vatèn, chégam hém atidim léhit'hadéch kémotah ouléfaér léyotséram al chém kévod malkhouto. Baroukh ata Adonaï, mé'hadéch 'hodachim.
Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui par Sa parole a créé les cieux, et par le souffle de Sa bouche toutes leurs armées. Il leur a fixé une loi et un temps pour qu'ils ne changent pas leur fonction ; joyeux et heureux, ils accomplissent la volonté de leur Créateur, Artisan de vérité dont l'œuvre est vérité. À la lune, Il a dit de se renouveler, couronne de splendeur pour ceux qu'Il porte depuis le ventre de leur mère, qui eux aussi sont appelés à se renouveler comme elle et à glorifier leur Créateur pour la gloire de Son règne. Béni sois-Tu, Éternel, qui renouvelles les mois.
Après la bénédiction
Ce passage et le suivant se disent trois fois.
בְּסִימָן טוֹב תְּהִי לָנוּ וּלְכָל יִשְׂרָאֵל:
Béssiman tov téhi lanou oulékhol Israël.
Que ce soit un bon signe pour nous et pour tout Israël.
En disant « kéchém chéana'hnou mérakédim », on se soulève trois fois sur la pointe des pieds.
בָּרוּךְ יוֹצְרִיךְ, בָּרוּךְ עוֹשִׂיךְ, בָּרוּךְ קוֹנִיךְ, בָּרוּךְ בּוֹרְאִיךְ, כְּשֵׁם שֶׁאֲנַחְנוּ מְרַקְּדִים כְּנֶגְדִּיךְ, וְאֵין אֲנַחְנוּ יְכוֹלִים לִגַּע בִּיךְ, כָּךְ אִם יְרַקְּדוּ אֲחֵרִים כְּנֶגְדֵּנוּ לְהַזִּיקֵנוּ, לֹא יוּכְלוּ לִגַּע בָּנוּ, וְלֹא יִשְׁלְטוּ בָנוּ, וְלֹא יַעֲשׂוּ בָנוּ שׁוּם רֹשֶׁם. תִּפֹּל עֲלֵיהֶם אֵימָתָה וָפַחַד בִּגְדֹל זְרוֹעֲךָ יִדְּמוּ כָּאָבֶן: כָּאָבֶן יִדְּמוּ, זְרוֹעֲךָ בִּגְדֹל, וָפַחַד אֵימָתָה עֲלֵיהֶם תִּפֹּל:
Baroukh yotsérikh, baroukh ossikh, baroukh konikh, baroukh boréikh, kéchém chéana'hnou mérakédim kénègdikh, véén ana'hnou yékholim liga bikh, kakh im yérakédou a'hérim kénègdénou léhazikénou, lo youkhélou liga banou, vélo yichlétou vanou, vélo yaassou vanou choum rochèm. Tipol aléhèm émata vafa'had bigdol zéroakha yidémou kaavèn. Kaavèn yidémou, zéroakha bigdol, vafa'had émata aléhèm tipol.
Béni soit Celui qui t'a formée, béni soit Celui qui t'a faite, béni soit Celui qui t'a acquise, béni soit Celui qui t'a créée. De même que nous sautons vers toi sans pouvoir te toucher, ainsi, si d'autres sautent vers nous pour nous nuire, qu'ils ne puissent ni nous atteindre, ni nous dominer, ni nous laisser la moindre trace. Que la terreur et l'effroi tombent sur eux ; par la grandeur de Ton bras, qu'ils restent immobiles comme la pierre. Comme la pierre qu'ils restent immobiles, par la grandeur de Ton bras ; que l'effroi et la terreur tombent sur eux. (Exode 15, 16, à l'endroit puis à l'envers)
« David mélèkh Israël 'haï vékayam » se dit trois fois.
דָּוִד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל חַי וְקַיָּם. אָמֵן, אָמֵן, אָמֵן: נֶצַח, נֶצַח, נֶצַח: סֶלָה, סֶלָה, סֶלָה: וָעֶד, וָעֶד, וָעֶד:
David mélèkh Israël 'haï vékayam. Amen, amen, amen. Nétsa'h, nétsa'h, nétsa'h. Séla, séla, séla. Vaèd, vaèd, vaèd.
David, roi d'Israël, est vivant et existe. Amen, amen, amen. Pour toujours, toujours, toujours. Sélah, sélah, sélah. À jamais, à jamais, à jamais.
Sept fois :
לֵב טָהוֹר בְּרָא לִי אֱלֹהִים וְרוּחַ נָכוֹן חַדֵּשׁ בְּקִרְבִּי
Lév tahor béra li Élohim véroua'h nakhon 'hadéch békirbi
Crée en moi un cœur pur, ô Dieu, et renouvelle en moi un esprit droit. (Psaume 51, 12)
Après le Kaddish
Certains ajoutent ces versets après le Kaddish.
וְהָיָה אוֹר הַלְּבָנָה כְּאוֹר הַחַמָּה וְאוֹר הַחַמָּה יִהְיֶה שִׁבְעָתַיִם כְּאוֹר שִׁבְעַת הַיָּמִים בְּיוֹם חֲבֹשׁ יְהֹוָה אֶת שֶׁבֶר עַמּוֹ וּמַחַץ מַכָּתוֹ יִרְפָּא וַתַּעְדִּי זָהָב וָכֶסֶף וּמַלְבּוּשֵׁךְ שֵׁשׁ וָמֶשִׁי וְרִקְמָה סֹלֶת וּדְבַשׁ וָשֶׁמֶן אָכָלְתְּ וַתִּיפִי בִּמְאֹד מְאֹד וַתִּצְלְחִי לִמְלוּכָה
Véhaya or halévana kéor ha'hama véor ha'hama yihyé chivatayim kéor chivat hayamim béyom 'havoch Adonaï èt chévèr amo ouma'hats makato yirpa vatadi zahav vakhéssèf oumalbouchékh chéch vaméchi vérikma solèt oudévach vachémèn akhalét vatifi bimod méod vatitslé'hi limloukha
La lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus forte, comme la lumière des sept jours, le jour où l'Éternel pansera la blessure de Son peuple et guérira la plaie de ses coups. (Isaïe 30, 26) Tu t'es parée d'or et d'argent, ton vêtement était de lin fin, de soie et de broderie ; tu mangeais la fleur de farine, le miel et l'huile ; tu es devenue extrêmement belle et tu es parvenue à la royauté. (Ézéchiel 16, 13)
On se salue les uns les autres trois fois ; l'autre répond « Alékhèm chalom ».
שָׁלוֹם עֲלֵיכֶם.
Chalom alékhèm.
Paix sur vous.
Le sens de la bénédiction de la lune
Le calendrier juif suit la lune : chaque mois commence avec elle. La lune qui disparaît puis renaît est l'image du peuple juif, qui traverse les épreuves et se renouvelle, et de la promesse de la résurrection (« ceux qui sont appelés à se renouveler comme elle »). Le Talmud enseigne que bénir la lune en son temps, c'est comme accueillir la Présence divine ; c'est pourquoi on la reçoit debout, en plein air, et dans la joie.
À lire aussi : Achrei, Alénou Léchabéa'h, la Havdala de la sortie du Chabbat. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.
Sources
- Talmud de Babylone, Sanhédrin 42a.
- Choulhan Aroukh, Ora'h 'Haïm 426.
- Psaumes 8, 19, 51, 148 ; Exode 15, 16 ; Isaïe 30, 26 ; Ézéchiel 16, 13.
- Texte hébreu : Siddur Edot HaMizrach, rite séfarade, édition Shaliehsaboo, Sefaria (domaine public, CC0). Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.
Questions fréquentes
Quand peut-on dire Birkat Halévana ?
Selon l'usage séfarade, à partir du 7e jour du mois hébraïque et jusqu'au 15e, la nuit, quand la lune est visible. Le meilleur moment est la sortie du Chabbat.
Peut-on dire Birkat Halévana seul ?
Oui, mais il est préférable de la dire avec un minyan, « dans la multitude du peuple se trouve la gloire du Roi ». Le Kaddish, lui, nécessite dix hommes.
Que faire si la lune est cachée par les nuages ?
On attend qu'elle soit visible. Si elle est légèrement voilée mais que l'on distingue sa lumière, on peut la bénir ; sinon, on essaie un autre soir avant le 15 du mois.
Pourquoi saute-t-on vers la lune ?
En disant « de même que nous sautons vers toi sans pouvoir te toucher », on se soulève sur la pointe des pieds : on demande que nos ennemis ne puissent pas plus nous atteindre.

