La paracha Balak est la 40e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la 7e du livre des Nombres (Bamidbar), de Nombres 22:2 à 25:9. Balak, roi de Moav, engage le prophète Bilaam pour maudire Israël ; mais chaque malédiction se transforme en bénédiction, dont le célèbre « Ma tovou ».
בָּלָק
Parachat Balak est l'une des rares parachiot qui portent le nom d'un ennemi d'Israël, et l'une des seules où le peuple n'apparaît presque pas : toute l'action se passe sur les hauteurs de Moav, entre un roi inquiet, un devin ambitieux et… une ânesse qui parle. Elle suit la paracha 'Houkat, avec laquelle elle est parfois lue le même Chabbat, et précède la paracha Pin'has, dont elle prépare le récit.
Paracha Balak : le résumé
En une phrase : effrayé par les victoires d'Israël, Balak fait venir Bilaam pour maudire le peuple ; Dieu met dans la bouche du prophète quatre oracles de bénédiction, puis la paracha se termine par la faute de Baal Peor et le geste de Pin'has qui arrête l'épidémie.
1re montée (Nombres 22:2-12) : Balak fait appel à Bilaam
Balak fils de Tsipor voit ce qu'Israël a fait aux Amorrhéens. Moav est terrifié ; il s'allie aux anciens de Midian : « Cette multitude va tout dévorer autour de nous comme le bœuf broute l'herbe des champs. » Balak envoie des messagers chez Bilaam fils de Béor, à Petor, près du fleuve, avec le salaire de la divination : « Viens maudire ce peuple, car je sais que celui que tu bénis est béni et celui que tu maudis est maudit. » Bilaam les fait loger pour la nuit. Dieu lui dit : « Tu n'iras pas avec eux, tu ne maudiras pas ce peuple, car il est béni. »
2e montée (Nombres 22:13-20) : la seconde ambassade
Bilaam renvoie les envoyés. Balak insiste avec des princes plus nombreux et plus honorables, promettant de grands honneurs. Bilaam répond : « Quand Balak me donnerait sa maison pleine d'argent et d'or, je ne pourrais transgresser l'ordre de l'Éternel mon Dieu », mais il les invite à rester la nuit. Dieu lui dit : si ces hommes sont venus t'appeler, va avec eux, mais tu ne feras que ce que je te dirai.
3e montée (Nombres 22:21-38) : l'ânesse et l'ange
Bilaam selle son ânesse et part. Un ange de Dieu, l'épée à la main, se place sur son chemin. L'ânesse le voit et s'écarte dans un champ, puis se serre contre un mur entre deux vignes en écrasant le pied de Bilaam, puis se couche sous lui dans un passage étroit. Trois fois, Bilaam la frappe. Dieu ouvre alors la bouche de l'ânesse : « Que t'ai-je fait pour que tu m'aies frappée ces trois fois ? » Bilaam lui répond, furieux, jusqu'à ce que Dieu lui dévoile les yeux et qu'il voie l'ange. Il reconnaît sa faute et propose de repartir ; l'ange lui permet de continuer, à condition de ne dire que ce qui lui sera dicté. Balak vient l'accueillir à la frontière ; Bilaam le prévient : « La parole que Dieu mettra dans ma bouche, c'est elle que je dirai. »
4e montée (Nombres 22:39-23:12) : le premier oracle
Balak offre des sacrifices et conduit Bilaam à Bamot-Baal, d'où l'on voit une partie du peuple. Sept autels, sept taureaux, sept béliers. Bilaam s'isole, Dieu « met une parole dans sa bouche », et il prononce son premier oracle : « C'est un peuple qui demeure à part et ne se compte pas parmi les nations. Qui peut compter la poussière de Jacob ? Puissé-je mourir de la mort des justes ! » Balak proteste : « Je t'ai fait venir pour maudire mes ennemis, et tu les bénis ! »
5e montée (Nombres 23:13-26) : le deuxième oracle
Balak l'emmène au champ des Guetteurs, au sommet du Pisga. Nouveaux autels, nouvel oracle : « Dieu n'est pas un homme pour mentir. » Bilaam déclare que l'on ne voit pas de faute en Jacob, qu'il n'y a pas de sortilège contre Israël, et que ce peuple se lève comme un lion. Balak, découragé, lui demande de ne plus ni maudire ni bénir.
6e montée (Nombres 23:27-24:13) : « Ma tovou »
Dernière tentative, au sommet du Peor. Cette fois, Bilaam ne cherche plus de présages : il voit Israël campé par tribus, et l'esprit de Dieu repose sur lui. Il prononce l'oracle le plus célèbre de la paracha : « Qu'elles sont belles, tes tentes, ô Jacob, tes demeures, ô Israël ! », suivi de « Ceux qui te bénissent sont bénis, ceux qui te maudissent sont maudits. » Balak, furieux, frappe des mains et le congédie sans les honneurs promis.
מַה־טֹּבוּ אֹהָלֶיךָ יַעֲקֹב מִשְׁכְּנֹתֶיךָ יִשְׂרָאֵל׃
« Qu'elles sont belles, tes tentes, ô Jacob, tes demeures, ô Israël ! » (Nombres 24:5)
7e montée (Nombres 24:14-25:9) : l'étoile de Jacob et la faute de Peor
Avant de partir, Bilaam annonce ce que ce peuple fera à Moav « à la fin des jours » : « Une étoile sort de Jacob, un sceptre s'élève d'Israël. » Il prédit aussi le sort d'Amalek, des Kénites et d'autres peuples, puis rentre chez lui. Mais à Chittim, le peuple se laisse entraîner par les filles de Moav vers le culte de Baal Peor. Une épidémie éclate. Un homme d'Israël amène une Midianite sous les yeux de Moïse et de l'assemblée qui pleure à l'entrée de la Tente d'assignation.
Le Maftir (Nombres 25:7-9)
Pin'has, petit-fils d'Aaron, se lève, prend une lance et frappe le couple ; l'épidémie s'arrête, après avoir fait 24 000 morts. Le récit est interrompu à ce moment dramatique : la récompense de Pin'has ouvre la paracha suivante, qui porte son nom.
Les grands thèmes et les mitsvot de Balak
Balak montre que la parole peut tout, sauf contredire la volonté divine. Selon Maïmonide et le Séfer Ha'Hinoukh, elle ne contient aucune mitsva : c'est l'une des rares parachiot entièrement narratives. Ses versets ont pourtant marqué la liturgie.
Une bénédiction qui ouvre la prière du matin
Le verset « Ma tovou » (Nombres 24:5) est le premier de la prière que l'on récite en entrant à la synagogue, au début de l'office du matin (voir notre page sur les berakhot du matin). Rachi explique ce que Bilaam a admiré : les entrées des tentes n'étaient pas tournées les unes vers les autres, pour que chacun respecte l'intimité de son voisin. Le Talmud (Berakhot 12b) rapporte même que les Sages voulaient inclure la paracha de Balak dans la lecture quotidienne du Chema, à cause du verset « il se couche comme un lion », et y ont renoncé pour ne pas alourdir l'office.
Disciples d'Abraham, disciples de Bilaam
Les Pirké Avot (chapitre 5) opposent deux types de personnes. Les disciples d'Abraham ont « un bon œil, un esprit humble et une âme modeste » ; ceux de Bilaam ont « un mauvais œil, un esprit hautain et une âme avide ». Bilaam savait parler de Dieu, mais restait attiré par l'or de Balak : la Torah montre qu'un grand talent ne suffit pas sans un bon caractère.
L'ânesse qui voit mieux que le prophète
L'ironie du récit est voulue : le grand voyant ne voit pas l'ange que son ânesse aperçoit tout de suite. Les Pirké Avot (5:6) comptent « la bouche de l'ânesse » parmi les dix choses créées au crépuscule de la veille du premier Chabbat. Rachi (sur 22:28) remarque que l'ânesse dit « ces trois fois » (chaloch regalim) : une allusion, selon lui, au peuple qui monte trois fois par an à Jérusalem pour les fêtes, et que Bilaam voulait maudire.
Un peuple qui demeure à part
Le premier oracle décrit Israël comme « un peuple qui demeure seul ». Les commentateurs y ont lu tour à tour une solitude et une force : un peuple qui garde son identité au milieu des nations. La fin de la paracha, avec la faute de Peor, montre la fragilité de cette identité ; c'est précisément ce que Bilaam, n'ayant pu maudire Israël, a cherché à atteindre d'après la paracha Matot (Nombres 31:16).
La haftara de Balak
La haftara de Balak est Michée 5:6-6:8, soit 17 versets, identique dans les rites ashkénaze et séfarade. Les usages peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez auprès de votre synagogue. C'est aussi cette haftara que l'on lit lorsque 'Houkat et Balak sont jumelées.
| Rite | Haftara | Versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Michée 5:6-6:8 | 17 |
| Séfarade | Michée 5:6-6:8 (identique) | 17 |
| 'Houkat-Balak (paracha double) | Michée 5:6-6:8 | 17 |
Le lien avec la paracha : le prophète Michée cite directement l'épisode : « Mon peuple, souviens-toi de ce que méditait Balak, roi de Moav, et de ce que lui répondit Bilaam fils de Béor… de Chittim à Guilgal. »
Le résumé : le reste de Jacob sera parmi les peuples « comme une rosée venant de l'Éternel », et comme un lion parmi les bêtes de la forêt. Dieu annonce qu'il supprimera les chevaux, les chars, les sortilèges et les idoles. Puis il intente un procès à son peuple, prenant les montagnes à témoin : « Mon peuple, que t'ai-je fait ? » Il rappelle la sortie d'Égypte, l'envoi de Moïse, Aaron et Myriam, et l'épisode de Balak. Le peuple demande alors comment se présenter devant Dieu : avec des holocaustes, des milliers de béliers ? La réponse finale est l'un des versets les plus connus des Prophètes : « On t'a fait savoir, ô homme, ce qui est bien et ce que l'Éternel demande de toi : seulement pratiquer la justice, aimer la bonté et marcher humblement avec ton Dieu. » Le Talmud (Makot 24a) enseigne que Michée a ainsi résumé les 613 commandements en trois principes. Pour en savoir plus, lisez notre page sur la haftara.
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Balak
En diaspora, la paracha Balak est lue le samedi 17 juillet 2027 (lue avec 'Houkat), le samedi 8 juillet 2028 et le samedi 30 juin 2029. Elle tombe au mois de Tamouz ; certaines années, en diaspora, elle est lue avec 'Houkat, et le calendrier d'Israël peut alors avoir une semaine d'écart. Pour savoir si Balak est la paracha de votre fils, partez de sa date de naissance hébraïque : notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ? explique la méthode, et le calendrier des parachiot donne l'ordre complet.

Que lit le Bar Mitzvah ?
Le plus souvent, le Bar Mitzvah lit le Maftir (Nombres 25:7-9, 3 versets) et la haftara de Michée (17 versets), avec les bénédictions. C'est l'une des haftarot les plus courtes de l'année, ce qui laisse du temps pour soigner la lecture ou ajouter une montée. Voici le découpage :
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée (Cohen) | Nombres 22:2-12 | 11 |
| 2e montée (Lévi) | Nombres 22:13-20 | 8 |
| 3e montée | Nombres 22:21-38 | 18 |
| 4e montée | Nombres 22:39-23:12 | 15 |
| 5e montée | Nombres 23:13-26 | 14 |
| 6e montée | Nombres 23:27-24:13 | 17 |
| 7e montée | Nombres 24:14-25:9 | 21 |
| Maftir | Nombres 25:7-9 | 3 |
| Haftara | Michée 5:6-6:8 | 17 |
Difficulté et durée de préparation
Le Maftir et la haftara de Balak forment un ensemble court : comptez six à huit mois de préparation régulière. La haftara est poétique, avec un vocabulaire moins courant qu'un récit, mais sa brièveté compense. La paracha complète (104 versets) est plus exigeante : les oracles de Bilaam sont en poésie, avec des mots rares et des te'amim variés ; prévoyez au moins un an avec un rav. Pour bien travailler la cantillation, voyez notre page sur les te'amim.
Le cas de la paracha double 'Houkat-Balak
Certaines années, en diaspora, Balak est lue le même Chabbat que 'Houkat (de Nombres 19:1 à 25:9). Bonne nouvelle pour le Bar Mitzvah : le Maftir (Nombres 25:7-9) et la haftara (Michée 5:6-6:8) restent ceux de Balak. Seule la lecture globale est plus longue pour le lecteur de la synagogue. Dans tous les cas, c'est la communauté qui fixe le Chabbat de la cérémonie ; notre article sur la lecture de la paracha lors d'une Bar Mitzvah détaille le déroulement.
Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
Avec une ânesse qui parle et des malédictions qui deviennent des bénédictions, Balak se prête à des discours vivants. Trois pistes à développer avec l'aide de notre guide pour écrire un discours de Bar Mitzvah :
- « Ma tovou », la beauté de la discrétion. Bilaam admire des tentes dont les portes ne se font pas face. Le Bar Mitzvah peut parler du respect de la vie privée des autres, à l'heure des téléphones et des réseaux sociaux, et du fait que ce verset ouvre chaque matin la prière.
- L'ânesse qui voyait l'ange. Le plus grand prophète des nations n'a pas vu ce que voyait son animal. Message : écouter ceux que l'on croit « moins importants » ; ils voient parfois ce que nous ne voyons pas. Le garçon peut raconter un conseil reçu d'un petit frère ou d'un ami discret.
- Justice, bonté, humilité. La haftara résume la Torah en trois mots. Le Bar Mitzvah peut expliquer comment il veut vivre chacun d'eux concrètement à partir de sa Bar Mitzvah : un engagement de tsedaka, une aide régulière, une façon de réagir aux compliments.
Préparer la paracha Balak avec Ma Paracha
Ma Paracha calcule la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils à partir de sa date de naissance, gère les parachiot doubles comme 'Houkat-Balak, et construit un programme jusqu'au jour J. Chaque verset de Nombres 25 et de Michée s'affiche avec voyelles, te'amim et phonétique séfarade ou ashkénaze, et une voix hébraïque le lit à voix haute, au ralenti si besoin. C'est une lecture parlée : la mélodie s'apprend avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit sans carte bancaire, puis 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. Toutes les fonctionnalités sont présentées sur la page de l'application Ma Paracha.
Sources
- Sefaria : Nombres 22:2-25:9 (texte hébreu et traductions)
- Chabad.org : paracha Balak, texte avec Rachi et commentaires
- Wikipédia : Balak (parasha)
- Sefaria : Michée 5:6-6:8, la haftara
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Balak ?
En diaspora, la paracha Balak est lue le samedi 17 juillet 2027 (lue avec 'Houkat), le samedi 8 juillet 2028 et le samedi 30 juin 2029. Elle tombe au mois de Tamouz. Certaines années, en diaspora, elle est lue avec 'Houkat dans une paracha double ; confirmez toujours la date avec votre synagogue.
Quelle est la haftara de Balak ?
La haftara de Balak est Michée 5:6-6:8 (17 versets), identique chez les Ashkénazes et les Séfarades. Elle cite Balak et Bilaam et se termine par le verset « pratiquer la justice, aimer la bonté et marcher humblement avec ton Dieu ». On la lit aussi lors de la paracha double 'Houkat-Balak.
De quoi parle la paracha Balak ?
Balak, roi de Moav, engage le devin Bilaam pour maudire Israël. En chemin, son ânesse voit un ange et se met à parler. Sur les hauteurs de Moav, Bilaam ne peut prononcer que des bénédictions, dont « Ma tovou ». La paracha se termine par la faute de Baal Peor et l'intervention de Pin'has.
Combien de versets compte la paracha Balak ?
La paracha Balak compte 104 versets, de Nombres 22:2 à 25:9, répartis en 7 montées. Le Maftir comprend 3 versets (Nombres 25:7-9) et la haftara de Michée 17 versets.
Que lit le Bar Mitzvah sur la paracha Balak ?
Le plus souvent, il lit le Maftir (Nombres 25:7-9) et la haftara de Michée 5:6-6:8, deux textes courts. Même lors de la paracha double 'Houkat-Balak, ce sont ces deux passages qu'il lit. Comptez six à huit mois de préparation régulière.