La paracha Bo est la 15e section hebdomadaire de la Torah et la troisième du livre de l'Exode (Exode 10:1 à 13:16, 106 versets). Elle raconte les trois dernières plaies, la mort des premiers-nés, le sacrifice de Pessa'h et la sortie d'Égypte, et contient la toute première mitsva donnée au peuple d'Israël.
Son nom hébreu, בֹּא, signifie « Viens » ou « Va » : « Viens vers Pharaon », dit Dieu à Moïse dans le premier verset. Vous la trouverez aussi sous le nom de Parachat Bo ou Parashat Bo. Elle suit la paracha Vaéra et précède la paracha Bechala'h, où la mer se fend devant les Hébreux. Pour situer chaque section dans l'année juive, consultez le calendrier des parachiot.
Paracha Bo : le résumé
La paracha Bo est le moment où tout bascule : après dix plaies, les enfants d'Israël quittent l'Égypte en pleine nuit et reçoivent les lois de Pessa'h, des téfilines et du rachat des premiers-nés. Voici son contenu, montée par montée.
1re montée (Exode 10:1-11) : la menace des sauterelles
Dieu envoie Moïse vers Pharaon, dont il a endurci le cœur, afin que les enfants d'Israël racontent à leurs fils et petits-fils les signes accomplis en Égypte. Moïse et Aaron annoncent la huitième plaie : des sauterelles qui dévoreront tout ce que la grêle a laissé. Les serviteurs de Pharaon le supplient : « Ne sais-tu pas encore que l'Égypte est perdue ? » Pharaon demande qui partira. Moïse répond : « Nous irons avec nos jeunes et nos vieillards, avec nos fils et nos filles. » Pharaon n'accepte que le départ des hommes et chasse Moïse et Aaron.
2e montée (Exode 10:12-23) : sauterelles et ténèbres
Un vent d'est apporte les sauterelles, qui couvrent tout le pays et dévorent la moindre verdure. Pharaon reconnaît sa faute et demande que la plaie cesse ; un vent d'ouest emporte les sauterelles dans la mer des Joncs, mais son cœur s'endurcit de nouveau. Neuvième plaie : des ténèbres épaisses, que l'on pourrait toucher, couvrent l'Égypte pendant trois jours. Personne ne voit son frère ni ne se lève de sa place, mais « tous les enfants d'Israël avaient de la lumière dans leurs demeures ».
3e montée (Exode 10:24-11:3) : la rupture avec Pharaon
Pharaon accepte le départ des familles, mais veut garder le bétail. Moïse refuse : « Pas un sabot ne restera », car ils ne savent pas encore avec quoi ils serviront Dieu. Pharaon le chasse : « Le jour où tu verras ma face, tu mourras. » Moïse répond : « Tu as bien parlé, je ne verrai plus ta face. » Dieu annonce une dernière plaie, après laquelle Pharaon les renverra. Les Hébreux doivent demander à leurs voisins des objets d'argent et d'or ; Dieu leur accorde la faveur des Égyptiens, et Moïse est très considéré dans le pays.
4e montée (Exode 11:4-12:20) : la dernière plaie annoncée et la première mitsva
Moïse annonce : vers minuit, tous les premiers-nés d'Égypte mourront, du fils de Pharaon à celui de la servante, ainsi que les premiers-nés du bétail ; un grand cri s'élèvera, mais contre les enfants d'Israël « pas un chien n'aiguisera sa langue ». Dieu dit ensuite à Moïse et Aaron : « Ce mois sera pour vous le premier des mois. » C'est la première mitsva adressée au peuple : fixer le calendrier. Suivent les lois du sacrifice de Pessa'h : un agneau sans défaut par famille, choisi le 10 du mois, gardé jusqu'au 14, égorgé au crépuscule ; son sang sera mis sur les montants et le linteau des portes ; sa viande sera mangée rôtie, avec des matsot et des herbes amères, « les reins ceints, les chaussures aux pieds, le bâton à la main », en hâte. Dieu passera sur l'Égypte et, voyant le sang, « passera par-dessus » les maisons d'Israël. Ce jour deviendra une fête pour toujours : sept jours de matsot, sans aucun levain ('hamets).
5e montée (Exode 12:21-28) : « Que signifie ce service ? »
Moïse réunit les anciens et leur transmet les instructions : prendre l'agneau, tremper un bouquet d'hysope dans le sang, en marquer les portes, et ne pas sortir de chez soi jusqu'au matin. Cette loi sera observée pour toujours ; lorsque les enfants demanderont « Que signifie pour vous ce service ? », on leur répondra : « C'est le sacrifice de Pessa'h pour l'Éternel, qui a passé par-dessus les maisons des enfants d'Israël. » Le peuple s'incline et fait exactement ce qui a été ordonné.
6e montée (Exode 12:29-51) : la sortie d'Égypte
À minuit, Dieu frappe tous les premiers-nés d'Égypte ; il n'y a pas une maison sans mort. Pharaon appelle Moïse et Aaron en pleine nuit : « Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple… et bénissez-moi aussi. » Les Égyptiens pressent les Hébreux de partir ; ceux-ci emportent leur pâte avant qu'elle ait levé, enveloppée dans leurs manteaux, et en font des galettes de matsa. Environ six cent mille hommes à pied, sans compter les enfants, partent de Ramsès vers Soukkot, accompagnés d'une foule mêlée. Le texte précise que le séjour en Égypte a duré quatre cent trente ans, et que cette nuit est une « nuit de veille » pour toutes les générations. Viennent ensuite les règles du sacrifice : aucun étranger non circoncis n'en mangera, et une même loi s'appliquera à l'Israélite et à l'étranger qui réside parmi eux.
7e montée (Exode 13:1-16) : premiers-nés, souvenir et téfilines
Dieu ordonne de lui consacrer tout premier-né. Moïse demande au peuple de se souvenir du jour où il est sorti de la maison d'esclavage, de ne pas manger de 'hamets, de célébrer chaque année la fête au mois du printemps (Aviv) et de raconter à son fils : « C'est à cause de cela que l'Éternel a agi pour moi quand je suis sorti d'Égypte. » Ce souvenir sera « un signe sur ta main et un rappel entre tes yeux » : c'est la source des téfilines. Les premiers-nés des animaux purs sont consacrés, le premier-né de l'âne est racheté par un agneau, et le premier-né des fils est racheté. Enfin, quand le fils demandera « Qu'est-ce que cela ? », le père répondra que Dieu les a fait sortir d'Égypte à main forte.

Les grands thèmes et les mitsvot de Bo
La paracha Bo contient 20 mitsvot selon le Séfer Ha'Hinoukh (9 commandements positifs et 11 interdits), parmi lesquelles la sanctification du nouveau mois, le sacrifice de Pessa'h, la consommation de matsa, l'interdiction du 'hamets et le rachat du premier-né. Quatre thèmes ressortent particulièrement.
« Ce mois sera pour vous… » : maîtres du temps
Rachi, dans son tout premier commentaire de la Torah (sur Genèse 1:1), cite la question de Rabbi Yits'hak : la Torah, livre de lois, aurait pu commencer par « Ce mois sera pour vous », première mitsva donnée à Israël. Que la première mitsva concerne le calendrier n'est pas un hasard : un esclave ne maîtrise pas son temps, un peuple libre décide de ses fêtes. C'est aussi pour cela que le calendrier juif est fondé sur le renouvellement de la lune.
Le sang de Pessa'h et le sang de la circoncision
Pourquoi fallait-il prendre l'agneau quatre jours à l'avance ? Rachi (sur Exode 12:6) explique, d'après la Mekhilta, que les enfants d'Israël n'avaient pas de mitsvot par lesquelles mériter la délivrance ; Dieu leur en donna deux, le sacrifice de Pessa'h et la circoncision. La liberté ne se reçoit pas seulement : on s'y prépare par des actes.
Transmettre aux enfants
La paracha Bo revient sans cesse sur les questions des enfants : « Que signifie pour vous ce service ? » (12:26), « tu raconteras à ton fils » (13:8), « quand ton fils te demandera : Qu'est-ce que cela ? » (13:14). Ces versets, avec un verset du Deutéronome, sont à l'origine des quatre fils de la Haggada. Celui du Maftir, « Qu'est-ce que cela ? », est la question du fils simple (tam). La Torah fait de la question de l'enfant le point de départ de la transmission. À relire avant votre Séder de Pessa'h.
La lumière dans les demeures
Pendant les ténèbres, les Hébreux avaient de la lumière « dans leurs demeures ». Rachi (sur Exode 10:22) rapporte que pendant ces trois jours, les Hébreux qui ne voulaient pas quitter l'Égypte moururent, et que les ténèbres empêchèrent les Égyptiens de le voir. On lit souvent ce verset comme une invitation à garder sa lumière intérieure, même quand tout est sombre autour.
La haftara de Bo
La haftara de Bo est identique dans les rites ashkénaze et séfarade : c'est une prophétie de Jérémie contre l'Égypte.
| Rite | Haftara | Nombre de versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Jérémie 46:13-28 | 16 |
| Séfarade | Jérémie 46:13-28 (identique) | 16 |
Jérémie annonce la venue de Nabuchodonosor, roi de Babylone, pour frapper l'Égypte. Le prophète compare l'Égypte à « une génisse très belle » attaquée par un ennemi venu du nord ; ses mercenaires s'enfuient, ses dieux et son Pharaon seront punis. La haftara s'achève sur une consolation adressée au peuple d'Israël : « Ne crains pas, mon serviteur Jacob », Dieu le sauvera de loin et ne l'anéantira jamais, même s'il le corrige avec mesure. Le parallèle avec la paracha est évident : des siècles après l'Exode, l'Égypte est de nouveau jugée, et Israël de nouveau protégé.
Cette haftara est courte, ce qui en fait l'une des plus accessibles du livre de l'Exode pour un Bar Mitzvah. Les usages peuvent toutefois varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez auprès de votre synagogue. Pour en savoir plus sur cette lecture : la haftara, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Bo
En diaspora, la paracha Bo est lue le samedi 16 janvier 2027, le samedi 5 février 2028 et le samedi 20 janvier 2029. Elle tombe au mois de Chevat, en hiver. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha, et sur les années que nous avons vérifiées, elle ne coïncide pas avec un Chabbat spécial qui modifierait le Maftir : un vrai confort pour la préparation.
Le plus souvent, le Bar Mitzvah lit le Maftir puis la haftara. Voici le découpage complet :
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée | Exode 10:1-11 | 11 |
| 2e montée | Exode 10:12-23 | 12 |
| 3e montée | Exode 10:24-11:3 | 9 |
| 4e montée | Exode 11:4-12:20 | 27 |
| 5e montée | Exode 12:21-28 | 8 |
| 6e montée | Exode 12:29-51 | 23 |
| 7e montée | Exode 13:1-16 | 16 |
| Maftir | Exode 13:14-16 | 3 |
Un Maftir sur mesure pour un Bar Mitzvah
Le Maftir de Bo (Exode 13:14-16) est l'un des plus symboliques qui soient pour un garçon de 13 ans : il contient la question du fils et se termine par le verset des téfilines, « un signe sur ta main et des fronteaux entre tes yeux ». Or c'est précisément à sa Bar Mitzvah que le jeune commence à mettre les téfilines (voir notre article sur la mise des téfilines lors d'une Bar Mitzvah). Les deux passages qui parlent des téfilines dans Bo (Exode 13:1-10 et 13:11-16) figurent d'ailleurs parmi les quatre parchemins placés à l'intérieur des boîtiers.
Difficulté et durée de préparation
Le Maftir (3 versets) et la haftara (16 versets) forment un ensemble court et accessible : six mois de travail régulier suffisent souvent, huit à neuf mois pour un enfant qui débute la lecture de l'hébreu. La paracha complète (106 versets) contient beaucoup de lois et de répétitions, plus faciles à mémoriser qu'un long récit ; prévoyez tout de même un an. Pour savoir si votre fils est concerné, lisez quelle paracha pour ma Bar Mitzvah.
Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
La paracha Bo parle de liberté, de transmission et de questions d'enfants : un terrain idéal pour un discours de Bar Mitzvah.
1. Le droit de poser des questions
La Torah prévoit que le fils demandera « Qu'est-ce que cela ? ». Les questions ne sont pas un manque de respect : elles sont le début de la transmission. Le Bar Mitzvah peut raconter les questions qu'il a posées pendant sa préparation, et dire qu'il compte bien continuer à en poser, même adulte.
2. Mes téfilines, mon signe
Son Maftir parle des téfilines, qu'il met pour la première fois. Il peut expliquer ce que représente pour lui le fait d'attacher chaque matin un signe sur son bras (l'action) et sur sa tête (la pensée), près du cœur, et ce qu'il aimerait que ses mains et sa tête accomplissent dans sa vie.
3. Maître de son temps
La première mitsva donnée à un peuple d'anciens esclaves concerne le calendrier. À 13 ans, on commence à décider de l'usage de son temps : écrans, études, sport, famille, Chabbat. Le jeune peut dire comment il veut utiliser ce temps qui devient le sien.
Pour structurer le texte et éviter les pièges, lisez comment écrire un discours mémorable pour sa Bar Mitzvah.
Préparer la paracha Bo avec Ma Paracha
Avec Ma Paracha, la préparation de la paracha Bo devient un programme clair : le calculateur gratuit trouve le Chabbat, le Maftir et la haftara selon le rite, puis l'application répartit les séances jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset s'affiche avec nikoud, te'amim et phonétique, et peut être écouté grâce à une voix hébraïque, au ralenti si besoin. Cette voix lit le texte sans le chanter : la mélodie des te'amim s'apprend avec le rav, qui peut enregistrer sa lecture modèle et écouter les enregistrements de l'enfant à distance. Démarrage gratuit, sans carte bancaire. Plus d'informations sur l'application Ma Paracha.
Sources
- Exode 10:1-13:16 (texte de la paracha) – Sefaria
- Bo en bref – fr.chabad.org
- Bo (parasha) – Wikipédia
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Bo ?
En diaspora, la paracha Bo est lue le samedi 16 janvier 2027, le samedi 5 février 2028 et le samedi 20 janvier 2029. Elle est lue au mois de Chevat, toujours seule, jamais en paracha double. La date d'une Bar Mitzvah reste à confirmer avec la synagogue.
Quelle est la haftara de Bo ?
La haftara de Bo est Jérémie 46:13-28, la même chez les ashkénazes et les séfarades. Elle annonce la défaite de l'Égypte face à Babylone et se termine par « Ne crains pas, mon serviteur Jacob ». Vérifiez l'usage de votre communauté.
De quoi parle la paracha Bo ?
La paracha Bo raconte les plaies des sauterelles, des ténèbres et des premiers-nés, le premier sacrifice de Pessa'h et la sortie d'Égypte. Elle contient aussi les lois de Pessa'h, du 'hamets, du rachat des premiers-nés et des téfilines.
Combien de versets compte la paracha Bo ?
La paracha Bo compte 106 versets, d'Exode 10:1 à 13:16, répartis en 7 montées. Le Maftir correspond aux trois derniers versets, Exode 13:14-16.
Pourquoi la paracha Bo est-elle idéale pour une Bar Mitzvah ?
Son Maftir (Exode 13:14-16) parle des questions du fils et des téfilines, que le garçon met justement pour la première fois à sa Bar Mitzvah. Avec une haftara de 16 versets, l'ensemble est court et accessible.