La paracha Bechala'h est la 16e section hebdomadaire de la Torah et la quatrième du livre de l'Exode (Exode 13:17 à 17:16, 116 versets). Elle raconte le passage de la mer Rouge, le Cantique de la mer, la manne dans le désert et la guerre contre Amalek : les premiers pas d'un peuple libre.
Son nom hébreu, בְּשַׁלַּח, signifie « Lorsqu'il renvoya » : le texte commence au moment où Pharaon laisse enfin partir le peuple. Vous la verrez aussi écrite Beshalach, Bechalah ou Beshala'h. Le Chabbat où on la lit porte un nom à part, Chabbat Chira, « le Chabbat du Cantique ». Elle suit la paracha Bo et précède la paracha Yitro, celle du don des Dix Commandements. Retrouvez l'ordre de toutes les sections dans notre calendrier des parachiot.
Paracha Bechala'h : le résumé
La paracha Bechala'h passe du plus grand miracle de la sortie d'Égypte aux difficultés très concrètes du désert : la peur, la soif, la faim et l'attaque d'un ennemi. Voici son contenu détaillé, montée par montée.
1re montée (Exode 13:17-14:8) : le détour par le désert
Dieu ne conduit pas le peuple par le chemin le plus court, celui du pays des Philistins, de peur qu'à la vue de la guerre il ne regrette et ne retourne en Égypte. Il le fait passer par le désert, vers la mer des Joncs. Moïse emporte les ossements de Joseph, comme celui-ci l'avait fait jurer. Le peuple avance guidé par une colonne de nuée le jour et une colonne de feu la nuit. Dieu demande de revenir camper face à la mer, près de Pi-Ha'hirot, pour que Pharaon croie les Hébreux égarés. Pharaon regrette de les avoir laissés partir, attelle son char et lance à leur poursuite six cents chars d'élite, tandis que les enfants d'Israël avancent « la main haute ».
2e montée (Exode 14:9-14) : la peur au bord de la mer
Les Égyptiens rattrapent le peuple campé au bord de la mer. Les enfants d'Israël, terrifiés, crient vers Dieu et reprochent à Moïse : « Manquait-il de tombeaux en Égypte pour que tu nous aies emmenés mourir dans le désert ? » Moïse répond : « Ne craignez pas, tenez-vous prêts et voyez le salut de l'Éternel… L'Éternel combattra pour vous, et vous, restez tranquilles. »
3e montée (Exode 14:15-25) : la mer s'ouvre
Dieu dit à Moïse : « Pourquoi cries-tu vers moi ? Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils avancent ! » Moïse doit lever son bâton et étendre la main sur la mer. L'ange de Dieu et la colonne de nuée passent derrière le camp, faisant écran entre Israël et l'Égypte. Toute la nuit, un fort vent d'est assèche la mer ; les eaux se fendent, et les enfants d'Israël marchent au milieu de la mer, à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Les Égyptiens s'engagent derrière eux ; à l'aube, leurs chars s'enlisent et ils s'écrient : « Fuyons devant Israël, car l'Éternel combat pour eux. »
4e montée (Exode 14:26-15:26) : le Cantique de la mer et Mara
Moïse étend la main, les eaux reviennent et engloutissent l'armée de Pharaon ; il n'en reste pas un. Le peuple voit la main puissante de Dieu, le craint et croit en lui et en Moïse, son serviteur. Alors Moïse et les enfants d'Israël chantent la Chira, le Cantique de la mer (« Az yachir… »), qui célèbre la victoire divine et s'achève par « L'Éternel régnera à jamais ». Myriam la prophétesse, sœur d'Aaron, prend un tambourin, et toutes les femmes la suivent en dansant. Puis le peuple marche trois jours dans le désert de Chour sans trouver d'eau ; à Mara, l'eau est amère et le peuple murmure. Dieu montre à Moïse un bois qu'il jette dans l'eau, qui devient douce. Dieu conclut : « Je suis l'Éternel qui te guérit. »
5e montée (Exode 15:27-16:10) : Élim et la faim
Le peuple campe à Élim, où se trouvent douze sources et soixante-dix palmiers. Un mois après la sortie d'Égypte, dans le désert de Sin, toute la communauté murmure contre Moïse et Aaron : en Égypte, on mangeait de la viande et du pain à satiété. Dieu annonce qu'il fera pleuvoir du pain du ciel, pour éprouver le peuple et voir s'il suit sa loi. Moïse et Aaron répondent : « Que sommes-nous ? Ce n'est pas contre nous que vous murmurez, mais contre l'Éternel. » La gloire de Dieu apparaît dans la nuée.
6e montée (Exode 16:11-36) : la manne et le Chabbat
Le soir, des cailles recouvrent le camp ; le matin, une fine couche apparaît sur le sol après la rosée. Les Hébreux se demandent « Man hou ? » (« Qu'est-ce ? »), d'où le nom de manne. Chacun en ramasse un omer par personne : celui qui en ramasse beaucoup n'en a pas trop, celui qui en ramasse peu ne manque de rien. Il ne faut pas en garder jusqu'au matin ; ceux qui le font la retrouvent pleine de vers. Le sixième jour, chacun ramasse une double portion, car le septième jour est « Chabbat, saint à l'Éternel ». Certains sortent quand même le Chabbat et ne trouvent rien. Dieu dit : « Que chacun reste à sa place le septième jour. » Un omer de manne est conservé pour les générations futures. Les enfants d'Israël mangeront la manne pendant quarante ans.
7e montée (Exode 17:1-16) : l'eau du rocher et Amalek
À Refidim, il n'y a pas d'eau ; le peuple se querelle avec Moïse, qui crie vers Dieu : « Encore un peu et ils me lapideront. » Dieu lui ordonne de frapper le rocher au 'Horev avec son bâton, devant les anciens, et l'eau jaillit. Le lieu est appelé Massa et Meriva, car le peuple a douté : « L'Éternel est-il au milieu de nous ou non ? » Amalek attaque alors Israël à Refidim. Josué conduit le combat, tandis que Moïse, Aaron et 'Hour montent au sommet de la colline. Quand Moïse lève les mains, Israël l'emporte ; quand il les baisse, Amalek domine. Ses mains devenant lourdes, Aaron et 'Hour les soutiennent jusqu'au coucher du soleil, et Josué affaiblit Amalek. Dieu ordonne d'écrire ce souvenir : il effacera la mémoire d'Amalek. Moïse bâtit un autel nommé « L'Éternel est ma bannière ».

Les grands thèmes et les mitsvot de Bechala'h
La paracha Bechala'h contient une seule mitsva selon le Séfer Ha'Hinoukh : l'interdiction de sortir au-delà de la limite permise le Chabbat (le té'houm), tirée du verset « que chacun reste à sa place ». Ses thèmes, eux, sont nombreux.
Avancer avant que la mer s'ouvre
« Pourquoi cries-tu vers moi ? Qu'ils avancent ! » Rachi explique que ce n'est pas le moment de prolonger la prière quand Israël est en danger. Le Talmud (traité Sota 37a) rapporte l'opinion selon laquelle Na'hchon, fils d'Aminadav, chef de la tribu de Juda, s'avança le premier dans les flots. La foi n'est pas seulement attendre : c'est aussi oser faire le premier pas.
« Voici mon Dieu »
Dans la Chira, le peuple chante « Voici mon Dieu, je le glorifierai ». Rachi, d'après la Mekhilta, commente que la révélation fut si claire qu'ils pouvaient le désigner du doigt : une simple servante vit à la mer ce que les prophètes ne virent pas. Le Talmud (Méguila 16b) précise que les cantiques sont écrits dans le Séfer Torah en forme de « briques » alternées ; la Chira occupe ainsi une colonne au dessin unique, que le Bar Mitzvah reconnaîtra sur le parchemin.
La manne et le pain du Chabbat
La manne apprend la confiance : chacun reçoit chaque jour ce dont il a besoin, ni plus ni moins. La double portion du vendredi est à l'origine des deux 'hallot posées sur la table du Chabbat (le'hem michné), comme l'enseigne le Talmud (traité Chabbat 117b). Pour préparer ce moment en famille, voir notre guide de préparation du Chabbat.
Les mains levées de Moïse
La Michna (Roch Hachana 3:8) demande : les mains de Moïse faisaient-elles gagner ou perdre la guerre ? Elle répond : tant que les enfants d'Israël levaient les yeux vers le ciel et soumettaient leur cœur à leur Père céleste, ils l'emportaient. Et même Moïse avait besoin d'Aaron et de 'Hour pour tenir ses bras. Le souvenir d'Amalek sera rappelé chaque année le Chabbat qui précède Pourim, Haman étant présenté comme un descendant d'Amalek.
La haftara de Bechala'h
La haftara de Bechala'h est tirée du livre des Juges : c'est l'histoire de la prophétesse Débora et de son cantique. Les ashkénazes et les séfarades n'en lisent pas la même longueur.
| Rite | Haftara | Nombre de versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Juges 4:4-5:31 | 52 |
| Séfarade | Juges 5:1-31 | 31 |
Le chapitre 4, lu par les ashkénazes, raconte comment Débora, prophétesse et juge d'Israël, appelle Barak à combattre Sisera, chef de l'armée de Yavin, roi de Canaan, et de ses neuf cents chars de fer. Sisera est vaincu au pied du mont Thabor, près du torrent de Kichon, puis s'enfuit à pied jusqu'à la tente de Yaël, qui le tue. Le chapitre 5, lu par tous, est le Cantique de Débora, chant de victoire qui célèbre l'intervention divine : « le torrent de Kichon les a emportés ».
Les liens avec la paracha sont nombreux : un cantique répond à un cantique, des chars ennemis sont vaincus près de l'eau, et deux femmes, Myriam et Débora, mènent le chant de victoire. Les usages peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez auprès de votre synagogue. Pour mieux comprendre cette lecture des Prophètes : la haftara, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Bechala'h
En diaspora, la paracha Bechala'h est lue le samedi 23 janvier 2027, le samedi 12 février 2028 et le samedi 27 janvier 2029. Elle tombe au mois de Chevat, souvent tout près de Tou Bichvat, qui tombe certaines années le jour même du Chabbat Chira. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha.
Dans la plupart des synagogues, le Bar Mitzvah lit le Maftir et la haftara. Voici le découpage :
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée | Exode 13:17-14:8 | 14 |
| 2e montée | Exode 14:9-14 | 6 |
| 3e montée | Exode 14:15-25 | 11 |
| 4e montée | Exode 14:26-15:26 | 32 |
| 5e montée | Exode 15:27-16:10 | 11 |
| 6e montée | Exode 16:11-36 | 26 |
| 7e montée | Exode 17:1-16 | 16 |
| Maftir | Exode 17:14-16 | 3 |
Ce qui rend Bechala'h particulière
Le Maftir (Exode 17:14-16) est court : l'ordre d'écrire le souvenir d'Amalek et l'autel « L'Éternel est ma bannière ». La vraie difficulté est ailleurs. La haftara ashkénaze est l'une des plus longues de l'année (52 versets), et le Cantique de Débora est un texte poétique ancien au vocabulaire difficile ; la version séfarade (31 versets) reste exigeante. Si le garçon lit la paracha complète, la Chira de la 4e montée est souvent lue avec une mélodie propre et, dans de nombreuses communautés, l'assemblée se lève pendant sa lecture. Révisez les te'amim de la cantillation avec soin.
Durée de préparation conseillée
Pour le Maftir et la haftara, prévoyez huit à dix mois en rite ashkénaze en raison de la longueur, six à neuf mois en rite séfarade. Pour la paracha entière (116 versets), un an au minimum. Si vous cherchez encore la paracha de votre fils, consultez quelle paracha pour ma Bar Mitzvah.
Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
La paracha Bechala'h est pleine d'action, ce qui la rend facile à raconter. Voici trois angles adaptés à un garçon de 13 ans.
1. Faire le premier pas
Selon le Talmud, Na'hchon entra dans l'eau avant que la mer ne s'ouvre. Le Bar Mitzvah peut parler d'un moment où il a dû oser : changer d'école, prendre la parole, essayer un sport, et justement monter aujourd'hui à la Torah devant tout le monde. Le courage ne consiste pas à ne pas avoir peur, mais à avancer malgré elle.
2. Des amis pour tenir les bras
Moïse lui-même n'arrive pas à garder les mains levées seul : Aaron et 'Hour les soutiennent. Le jeune peut remercier ceux qui l'ont « soutenu » pendant sa préparation (parents, rav, frères et sœurs, amis) et dire quel ami il veut être pour les autres. Un message qui touche toute la salle.
3. Juste ce qu'il faut
Avec la manne, celui qui ramasse beaucoup n'a pas plus que celui qui ramasse peu. Le jeune peut réfléchir à la comparaison permanente (téléphones, vêtements, abonnés) et à l'idée d'être content de ce que l'on a. Il peut aussi parler des deux 'hallot du vendredi soir et de ce que le Chabbat représente pour sa famille.
Pour écrire un discours vivant et bien construit, lisez comment écrire un discours mémorable pour sa Bar Mitzvah.
Préparer la paracha Bechala'h avec Ma Paracha
Une haftara longue demande de la régularité : c'est exactement ce qu'organise Ma Paracha. Le calculateur gratuit donne le Chabbat, le Maftir et la haftara selon le rite séfarade ou ashkénaze, puis l'application répartit les versets en séances jusqu'au jour J, avec des révisions espacées. Chaque verset s'affiche avec nikoud, te'amim et phonétique, et une voix hébraïque le lit à voix haute, au ralenti si besoin. Cette voix parle le texte et ne chante pas les te'amim : la mélodie, notamment celle de la Chira, s'apprend avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire. Voir la présentation de l'application Ma Paracha.
Sources
- Exode 13:17-17:16 (texte de la paracha) – Sefaria
- Bechala'h en bref – fr.chabad.org
- Beshala'h – Wikipédia
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Bechala'h ?
En diaspora, la paracha Bechala'h est lue le samedi 23 janvier 2027, le samedi 12 février 2028 et le samedi 27 janvier 2029. Ce Chabbat s'appelle Chabbat Chira, « le Chabbat du Cantique », et tombe au mois de Chevat, près de Tou Bichvat. Elle est toujours lue seule.
Quelle est la haftara de Bechala'h ?
Les ashkénazes lisent Juges 4:4-5:31 (l'histoire de Débora, Barak et Yaël, puis le Cantique de Débora) ; les séfarades lisent seulement le Cantique, Juges 5:1-31. Confirmez l'usage de votre synagogue.
De quoi parle la paracha Bechala'h ?
La paracha Bechala'h (ou Beshalach) raconte la poursuite des Égyptiens, le passage de la mer Rouge, le Cantique de la mer, l'eau amère de Mara, la manne et les cailles, l'eau jaillie du rocher et la victoire sur Amalek.
Combien de versets compte la paracha Bechala'h ?
Elle compte 116 versets, d'Exode 13:17 à 17:16, répartis en 7 montées. La 4e montée, qui contient le Cantique de la mer, est la plus longue (32 versets). Le Maftir est Exode 17:14-16.
La haftara de Bechala'h est-elle difficile pour un Bar Mitzvah ?
Elle est exigeante : 52 versets en rite ashkénaze et 31 en rite séfarade, dans une langue poétique ancienne. Commencez tôt, idéalement huit à dix mois avant, et travaillez quelques versets par séance.