Parachiot

Paracha Chela'h Lekha : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 29 septembre 2026 · 13 min de lecture

Commencer sa préparation gratuitement

Gratuit pour commencerSans carte bancaireSans engagement

Énorme grappe de raisin portée sur une perche dans une vallée verdoyante

La paracha Chela'h Lekha est la 37e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la 4e du livre des Nombres (Bamidbar), de Nombres 13:1 à 15:41. Elle raconte la mission des douze explorateurs envoyés en Canaan, leur rapport décourageant et ses conséquences, puis se termine par la mitsva des tsitsit.

שְׁלַח־לְךָ

Son nom, Chela'h Lekha (« Envoie pour toi »), reprend les premiers mots de l'ordre donné à Moïse. Selon les communautés, on l'écrit aussi Chelah Lekha, Shla'h Lekha ou Shelach Lecha : c'est toujours le même texte de 119 versets. Elle suit la paracha Behaalotekha et précède la paracha Kora'h. Vous trouverez ci-dessous un résumé montée par montée, ses grands thèmes, sa haftara, et tout ce qu'il faut savoir pour préparer une Bar Mitzvah sur cette paracha.

Paracha Chela'h Lekha : le résumé

En une phrase : le peuple d'Israël, aux portes de la Terre promise, envoie douze éclaireurs ; dix reviennent effrayés et entraînent le peuple dans le découragement, ce qui condamne toute une génération à errer quarante ans dans le désert. Seuls Josué et Caleb gardent confiance. La paracha se poursuit avec des lois liées à l'entrée dans le pays : offrandes, prélèvement de la 'hala, fautes involontaires, et enfin les franges (tsitsit).

1re montée (Nombres 13:1-20) : l'envoi des douze explorateurs

Dieu dit à Moïse d'envoyer un homme par tribu, chacun étant un chef, pour explorer le pays de Canaan depuis le désert de Paran. La Torah donne la liste des douze noms, parmi lesquels Caleb fils de Yefouné (tribu de Juda) et Hochéa fils de Noun (tribu d'Éphraïm), que Moïse renomme Yehochoua, Josué. Moïse leur confie une mission précise : observer si le pays est bon ou mauvais, si ses habitants sont forts ou faibles, nombreux ou peu nombreux, si les villes sont ouvertes ou fortifiées, si la terre est grasse ou maigre, et rapporter de ses fruits. C'était la saison des premiers raisins.

2e montée (Nombres 13:21-14:7) : le rapport et la panique

Les explorateurs parcourent le pays du désert de Tsin jusqu'à Re'hov. Ils passent par Hébron, où vivent les descendants d'Anak, et coupent dans la vallée d'Echkol une grappe si lourde qu'il faut deux hommes pour la porter sur une perche, avec des grenades et des figues. Après quarante jours, ils reviennent à Kadech. Leur rapport commence bien (« c'est un pays où coulent le lait et le miel ») puis bascule : le peuple est puissant, les villes immenses. Caleb fait taire la foule et affirme que l'on peut conquérir le pays, mais les autres répandent une rumeur : « c'est un pays qui dévore ses habitants », « nous étions à nos yeux comme des sauterelles ». Toute l'assemblée pleure cette nuit-là, se plaint contre Moïse et Aaron et parle de retourner en Égypte. Josué et Caleb déchirent leurs vêtements et proclament que le pays est « très, très bon ».

3e montée (Nombres 14:8-25) : la prière de Moïse

Josué et Caleb supplient le peuple de ne pas se révolter et de ne pas craindre. L'assemblée veut les lapider ; la gloire de Dieu apparaît. Dieu annonce qu'il va frapper ce peuple, mais Moïse intercède : que diront les Égyptiens et les nations ? Il rappelle les attributs de miséricorde (« lent à la colère et grand en bonté… ») et demande le pardon. Dieu répond : « J'ai pardonné selon ta parole ». Mais les hommes qui ont vu ses prodiges et l'ont mis à l'épreuve ne verront pas le pays, à l'exception de Caleb, animé d'un « autre esprit ».

4e montée (Nombres 14:26-15:7) : quarante ans d'errance

Le verdict tombe : tous les hommes recensés à partir de vingt ans mourront dans le désert, sauf Caleb et Josué ; leurs enfants, dont ils craignaient qu'ils deviennent une proie, entreront dans le pays. L'errance durera quarante ans, « un an pour chaque jour » d'exploration. Les dix explorateurs qui ont calomnié le pays meurent d'une épidémie. Le lendemain, un groupe décide de monter malgré tout vers la montagne ; Moïse les en dissuade, l'Arche ne quitte pas le camp, et ils sont battus par les Amalécites et les Cananéens jusqu'à 'Horma. La montée se termine avec les premières lois sur les offrandes de farine (min'ha) et les libations de vin qui accompagnent les sacrifices d'agneau et de bélier.

5e montée (Nombres 15:8-16) : les offrandes du gros bétail

Les quantités de farine, d'huile et de vin sont précisées pour un taureau. La Torah insiste : une seule loi s'applique à l'Israélite et à l'étranger qui réside parmi le peuple et veut apporter une offrande.

6e montée (Nombres 15:17-26) : la 'hala et la faute collective

Quand le peuple mangera le pain du pays, il prélèvera une part de sa pâte pour Dieu : c'est l'origine de la mitsva de la 'hala, encore pratiquée aujourd'hui à chaque fournée. Viennent ensuite les sacrifices à apporter lorsque toute la communauté a transgressé un commandement par erreur.

7e montée (Nombres 15:27-41) : la faute individuelle, le Chabbat et les tsitsit

Un individu qui a fauté involontairement apporte une chèvre d'un an ; celui qui agit avec arrogance « outrage Dieu ». Dans le désert, un homme est surpris en train de ramasser du bois le jour du Chabbat ; Moïse attend l'instruction divine sur sa peine. La paracha se conclut par l'ordre de fixer des franges aux coins des vêtements, avec un fil bleu (tekhelet), pour se souvenir de tous les commandements et ne pas suivre les élans de son cœur et de ses yeux.

Le Maftir (Nombres 15:37-41)

Le Maftir de Chela'h Lekha est un passage que tout le monde connaît : c'est le troisième paragraphe du Chema Israël, récité matin et soir. Un Bar Mitzvah qui le prépare lira donc devant la communauté des mots qu'il dira ensuite toute sa vie.

Les grands thèmes et les mitsvot de Chela'h Lekha

Chela'h Lekha parle de la peur, de la parole et de la confiance : comment un même voyage peut produire deux récits opposés selon le regard de ceux qui le racontent. Selon le Séfer Ha'Hinoukh (et Maïmonide), elle contient 3 mitsvot : 2 positives (prélever la 'hala, porter les tsitsit) et 1 négative (ne pas suivre les égarements du cœur et des yeux).

« Envoie pour toi » : une mission voulue par le peuple

Rachi (sur Nombres 13:2) lit « Chela'h lekha » comme « envoie selon ton propre jugement » : Dieu n'impose pas cette mission, il la permet, car le peuple l'a réclamée. Le Ramban, lui, souligne qu'explorer un pays avant de le conquérir est une démarche normale ; la faute n'est pas d'avoir regardé, mais d'avoir conclu que la promesse divine était impossible à réaliser.

Le poids des mots

Les explorateurs n'ont pas menti sur les faits : les villes étaient fortifiées, les habitants grands. Leur faute est dans l'interprétation et dans la rumeur (dibat haarets, la calomnie sur le pays). Rachi rapproche ce récit de la fin de la paracha précédente, où Myriam est punie pour avoir mal parlé de Moïse : les explorateurs ont vu la leçon et ne l'ont pas retenue. Le texte montre aussi comment la peur se transmet : « nous étions à nos yeux comme des sauterelles, et ainsi étions-nous à leurs yeux ».

Une nuit de larmes devenue Ticha Beav

Le Talmud (Taanit 29a) enseigne que la nuit où le peuple a pleuré sans raison était celle du 9 Av. Dieu aurait dit : « Vous avez pleuré pour rien ; j'établirai pour vous des pleurs pour les générations. » C'est pourquoi la tradition relie ce récit aux destructions commémorées à Ticha Beav.

Josué et Caleb : oser une autre voix

Rachi (sur 13:16) explique que Moïse ajoute la lettre yod au nom de Hochéa en priant : « que Dieu te sauve du complot des explorateurs ». Caleb, lui, se rend seul à Hébron prier sur la tombe des Patriarches (Rachi sur 13:22, d'après le Talmud, Sota 34b). Deux jeunes chefs sur douze ont tenu bon face à la majorité.

Les tsitsit, un aide-mémoire porté sur soi

Rachi (sur 15:39) relève que la valeur numérique du mot tsitsit (600), additionnée aux 8 fils et aux 5 nœuds de chaque frange, donne 613, le nombre des commandements. Le fil bleu, ajoute le Talmud (Mena'hot 43b), rappelle la mer, la mer rappelle le ciel, et le ciel le Trône divin. Pour un garçon qui recevra bientôt son talith, le lien est immédiat.

וְהָיָה לָכֶם לְצִיצִת וּרְאִיתֶם אֹתוֹ וּזְכַרְתֶּם אֶת־כָּל־מִצְוֺת יְהוָה וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם וְלֹא־תָתֻרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם וְאַחֲרֵי עֵינֵיכֶם אֲשֶׁר־אַתֶּם זֹנִים אַחֲרֵיהֶם׃

« Ce sera pour vous une frange : vous la verrez, vous vous souviendrez de tous les commandements de l'Éternel et vous les accomplirez ; vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux » (Nombres 15:39).

La haftara de Chela'h Lekha

La haftara de Chela'h Lekha est Josué 2:1-24, soit 24 versets, identique dans les rites ashkénaze et séfarade. Les usages peuvent toutefois varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours la lecture auprès de votre synagogue.

RiteHaftaraVersets
AshkénazeJosué 2:1-2424
SéfaradeJosué 2:1-24 (identique)24

Le lien avec la paracha : quarante ans plus tard, Josué, l'un des deux explorateurs fidèles, envoie à son tour des éclaireurs. Mais cette fois ils ne sont que deux, partent discrètement, et reviennent avec un rapport plein de confiance. Le Midrach Tan'houma identifie ces deux hommes à Caleb et Pin'has.

Le résumé : depuis Chittim, Josué envoie deux hommes reconnaître Jéricho. Ils logent chez Ra'hav, dont la maison est bâtie dans la muraille. Le roi de Jéricho, averti, réclame les étrangers ; Ra'hav les cache sur son toit sous des tiges de lin et lance les poursuivants sur une fausse piste. Elle explique que tout le pays tremble depuis qu'on a appris le passage de la mer et les victoires sur Si'hon et Og, et elle reconnaît le Dieu d'Israël. En échange de son aide, elle obtient le serment que sa famille sera épargnée : elle devra attacher un cordon écarlate à la fenêtre par laquelle elle les fait descendre. Les deux hommes se cachent trois jours dans la montagne, puis reviennent dire à Josué : « Dieu a livré tout le pays entre nos mains ». Le contraste avec le rapport de la paracha est total. Pour aller plus loin, lisez notre page sur la haftara et son rôle.

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Chela'h Lekha

En diaspora, la paracha Chela'h Lekha est lue le samedi 3 juillet 2027, le samedi 17 juin 2028 et le samedi 9 juin 2029. Elle tombe généralement au mois de Sivan, quelques semaines après Chavouot ; en Israël, le calendrier peut avoir une semaine d'écart à cette période de l'année. Pour savoir si c'est bien la paracha de votre fils, il faut partir de sa date de naissance hébraïque : notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ? explique le calcul, et le calendrier des parachiot donne l'ordre complet de l'année.

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

Trouver la paracha de mon fils

Que lit le Bar Mitzvah ?

Dans la plupart des synagogues de France, le Bar Mitzvah lit le Maftir (ici Nombres 15:37-41, 5 versets) puis la haftara de Josué (24 versets), avec les bénédictions. Certaines familles choisissent de lui faire lire une ou plusieurs montées, voire la paracha entière. Voici le découpage complet de Chela'h Lekha :

MontéeRéférenceVersets
1re montée (Cohen)Nombres 13:1-2020
2e montée (Lévi)Nombres 13:21-14:720
3e montéeNombres 14:8-2518
4e montéeNombres 14:26-15:727
5e montéeNombres 15:8-169
6e montéeNombres 15:17-2610
7e montéeNombres 15:27-4115
MaftirNombres 15:37-415
HaftaraJosué 2:1-2424

Difficulté et durée de préparation

Chela'h Lekha est une paracha plutôt accueillante pour un Bar Mitzvah. Le Maftir est court et déjà familier grâce au Chema ; la haftara est un récit vivant, au vocabulaire narratif, sans longues listes. Pour le Maftir et la haftara, comptez en général six à neuf mois de préparation régulière, à raison de deux ou trois courtes séances par semaine. Pour la paracha complète (119 versets), prévoyez plutôt un an, voire davantage, avec un rav ou un professeur. Le plus délicat est d'apprendre les te'amim (la cantillation) : c'est eux qui donnent la mélodie de la lecture.

Une paracha jamais jumelée

Chela'h Lekha est toujours lue seule : elle n'est jamais associée à une autre paracha dans une « paracha double ». La date peut en revanche varier d'une semaine entre Israël et la diaspora certaines années, et c'est la communauté qui fixe définitivement le Chabbat de la cérémonie. Pour le déroulé de la matinée à la synagogue, consultez notre article sur la lecture de la paracha lors d'une Bar Mitzvah.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

Le dvar Torah est le petit discours que le Bar Mitzvah prononce sur sa paracha. Voici trois pistes tirées de Chela'h Lekha, faciles à personnaliser ; pour la structure et le ton, lisez notre guide pour écrire un discours de Bar Mitzvah mémorable.

  1. Sauterelle ou géant ? Les explorateurs disent : « nous étions à nos yeux comme des sauterelles ». Le problème commence par l'image qu'ils ont d'eux-mêmes. Le Bar Mitzvah peut parler de ce qui l'a fait douter (une matière, un sport, la lecture de la Torah elle-même) et de la façon dont il a appris à se voir autrement.
  2. Deux contre dix. Josué et Caleb ont osé dire autre chose que la majorité. À 13 ans, on subit souvent la pression du groupe, dans la classe ou sur les réseaux. Le message : avoir le courage de sa propre voix, poliment mais fermement.
  3. Les tsitsit, un fil pour se souvenir. Le Maftir est le troisième paragraphe du Chema. Le garçon peut expliquer ce que signifie pour lui le fait de porter désormais un talith, et quel « fil » il veut garder de sa Bar Mitzvah (une valeur, une habitude, un souvenir de ses grands-parents).

Préparer la paracha Chela'h Lekha avec Ma Paracha

Ma Paracha trouve en quelques secondes la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils à partir de sa date de naissance, puis construit un programme de séances jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset du Maftir et de Josué 2 s'affiche avec voyelles, te'amim et phonétique séfarade ou ashkénaze, et une voix hébraïque le lit à voix haute, au ralenti si besoin. Il s'agit d'une lecture parlée : la mélodie des te'amim se travaille avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; ensuite 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. Découvrez toutes les fonctionnalités sur la page de l'application Ma Paracha.

Préparer la paracha Chela'h Lekha avec Ma Paracha

Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Chela'h Lekha ?

En diaspora, la paracha Chela'h Lekha est lue le samedi 3 juillet 2027, le samedi 17 juin 2028 et le samedi 9 juin 2029. Elle tombe en général au mois de Sivan, après Chavouot. En Israël, la lecture peut avoir une semaine d'avance certaines années ; vérifiez auprès de votre synagogue.

Quelle est la haftara de Chela'h Lekha ?

La haftara de Chela'h Lekha est Josué 2:1-24 (24 versets), la même chez les Ashkénazes et les Séfarades. Elle raconte l'envoi de deux explorateurs à Jéricho et l'aide que leur apporte Ra'hav. Certaines communautés ont des usages propres : confirmez avec votre rav.

De quoi parle la paracha Chela'h Lekha (Shelach Lecha) ?

Elle raconte l'exploration de Canaan par douze chefs de tribu, le rapport alarmant de dix d'entre eux, la panique du peuple et la condamnation à quarante ans d'errance, dont seuls Josué et Caleb sont exemptés. Elle contient aussi les lois des offrandes, de la 'hala et des tsitsit.

Combien de versets compte la paracha Chela'h Lekha ?

La paracha Chela'h Lekha compte 119 versets (Nombres 13:1 à 15:41), répartis en 7 montées. Le Maftir comprend les 5 derniers versets (Nombres 15:37-41), et la haftara de Josué en compte 24.

Que lit un Bar Mitzvah sur la paracha Chela'h Lekha ?

Le plus souvent, il lit le Maftir (Nombres 15:37-41, le troisième paragraphe du Chema) et la haftara de Josué 2, avec les bénédictions. Certains lisent aussi une montée ou toute la paracha ; comptez six à neuf mois de préparation pour le Maftir et la haftara.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

L’application de Bar-Mitzvah.fr pour préparer la lecture de la Bar Mitzvah.

Gratuit pour commencer · Sans carte bancaire · Sans engagement