La paracha Behaalotekha (בְּהַעֲלֹתְךָ, « Quand tu feras monter [les lumières] ») est la 36e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la troisième du livre des Nombres (Bamidbar). Elle couvre Nombres 8:1 à 12:16, soit 136 versets : l'allumage de la Menora, le Pessa'h Chéni, le départ du Sinaï et les premières crises dans le désert.
On rencontre de nombreuses orthographes : Béhaalotekha, Beha'alotcha, Behaalotecha, ou encore Behaaloskha selon la prononciation ashkénaze. Toutes désignent la même paracha, dont le premier mot évoque la flamme qui « monte » quand Aaron allume les lampes. Elle est lue au mois de Sivan, quelques semaines après Chavouot. C'est une paracha très vivante, pleine de récits : le peuple se met enfin en route vers la terre promise… et les difficultés commencent.
Paracha Behaalotekha : le résumé
La paracha Behaalotekha fait la transition entre l'organisation du camp au Sinaï et la marche dans le désert. Les premiers chapitres terminent les préparatifs (Menora, Lévites, Pessa'h, nuée, trompettes) ; la suite raconte le départ, puis une série de plaintes et de conflits, jusqu'à la médisance de Myriam à l'égard de Moïse.
| Repère | Paracha Behaalotekha |
|---|---|
| Livre | Nombres (Bamidbar) |
| Passage | Nombres 8:1 – 12:16 |
| Nombre de versets | 136 |
| Rang dans le cycle | 36e paracha sur 54 |
| Maftir | Nombres 12:14-16 (3 versets) |
| Haftara | Zacharie 2:14 – 4:7 (identique chez les ashkénazes et les séfarades) |
1re montée (Nombres 8:1-14) : la Menora et la purification des Lévites
Dieu demande à Aaron de disposer les sept lampes de la Menora de façon qu'elles éclairent vers le centre du chandelier, et Aaron s'exécute exactement. La Torah rappelle que la Menora était faite d'un seul bloc d'or martelé, selon le modèle montré à Moïse. Puis vient la consécration des Lévites : on les asperge d'eau de purification, ils se rasent tout le corps et lavent leurs vêtements. Devant toute la communauté, les enfants d'Israël posent leurs mains sur eux, Aaron les « présente » devant Dieu, et deux taureaux sont offerts. Les Lévites sont ainsi mis à part pour le service.
2e montée (Nombres 8:15-26) : les Lévites au service
Une fois purifiés, les Lévites entrent en fonction dans la Tente d'assignation. Dieu rappelle qu'il les a pris à la place des premiers-nés d'Israël, qui lui appartiennent depuis la plaie des premiers-nés en Égypte. Les Lévites servent à partir de 25 ans ; à 50 ans, ils quittent le service actif mais continuent à aider leurs frères à la garde du Sanctuaire.
3e montée (Nombres 9:1-14) : Pessa'h dans le désert et le Pessa'h Chéni
Au premier mois de la deuxième année, le peuple célèbre Pessa'h dans le désert du Sinaï. Mais des hommes impurs, pour avoir été en contact avec un mort, ne peuvent pas offrir le sacrifice. Ils viennent voir Moïse : « Pourquoi serions-nous privés d'offrir le sacrifice du Seigneur en son temps ? » Moïse leur répond d'attendre la réponse divine. Dieu institue alors le Pessa'h Chéni, le « deuxième Pessa'h » : celui qui était impur ou en voyage lointain offrira le sacrifice le 14 du deuxième mois, avec des matsot et des herbes amères, sans en laisser pour le lendemain et sans en briser d'os.
4e montée (Nombres 9:15 – 10:10) : la nuée et les trompettes d'argent
Le jour où le Tabernacle est dressé, une nuée le couvre le jour, et une apparence de feu la nuit. Quand la nuée s'élève, le peuple part ; quand elle s'arrête, il campe, que ce soit pour deux jours, un mois ou une année : « À la voix de l'Éternel ils faisaient halte, à sa voix ils décampaient. » Dieu ordonne ensuite de fabriquer deux trompettes d'argent martelé, pour rassembler la communauté ou les chefs, donner le signal du départ des camps, appeler à l'aide en cas de guerre, et sonner lors des fêtes et des débuts de mois, au moment des sacrifices.
5e montée (Nombres 10:11-34) : le départ du Sinaï
Le 20 du deuxième mois de la deuxième année, la nuée se lève : pour la première fois, le peuple quitte le Sinaï, en direction du désert de Paran. L'ordre de marche suit les bannières : le camp de Juda en tête, puis les Lévites de Guerchon et de Merari portant le Tabernacle, le camp de Ruben, les fils de Kehat avec les objets sacrés, le camp d'Éphraïm, et le camp de Dan qui ferme la marche. Moïse propose à 'Hovav, fils de Reouël le Midianite, de sa belle-famille, de les accompagner ; celui-ci veut d'abord rentrer dans son pays, mais Moïse insiste, car il connaît les lieux de campement du désert. L'arche marche devant le peuple pendant trois jours pour lui trouver un lieu de repos.
6e montée (Nombres 10:35 – 11:29) : « Vayehi binsoa haaron », les plaintes et les soixante-dix anciens
Deux versets célèbres, encadrés dans le Séfer Torah par deux lettres noun inversées, rapportent les paroles de Moïse au départ de l'arche (« Lève-toi, Éternel ! Afin que tes ennemis soient dissipés… ») et à son arrêt (« Reviens siéger, Éternel, parmi les myriades des familles d'Israël ! »). On les chante aujourd'hui à la synagogue quand on sort et quand on rentre le Séfer Torah. Puis le peuple se plaint, et un feu éclate au bord du camp, à Tavéra, jusqu'à ce que Moïse prie. Le « ramassis » mêlé au peuple réclame de la viande ; tous pleurent en se souvenant des poissons, concombres, melons, poireaux, oignons et aulx d'Égypte, et se lassent de la manne. Moïse, découragé, dit à Dieu : « Je ne puis, moi seul, porter tout ce peuple. » Dieu lui demande de réunir soixante-dix anciens, sur lesquels il fait reposer une partie de l'esprit de Moïse. Deux d'entre eux, Eldad et Médad, prophétisent dans le camp ; Josué veut les faire taire, mais Moïse répond : « Plût au Ciel que tout le peuple de Dieu se composât de prophètes ! »
7e montée (Nombres 11:30 – 12:16) : les cailles et la médisance de Myriam
Un vent amène des cailles en masse autour du camp ; le peuple en ramasse pendant deux jours et une nuit, mais une plaie frappe ceux qui ont été pris de convoitise, et l'endroit est appelé Kivrot Hataava, « les tombeaux de la convoitise ». À 'Hatserot, Myriam et Aaron parlent contre Moïse au sujet de la femme couchite qu'il a épousée. La Torah précise : « Cet homme, Moïse, était fort humble, plus qu'aucun homme qui fût sur la terre. » Dieu les convoque et explique que Moïse, contrairement aux autres prophètes, lui parle « face à face ». Myriam est frappée de tsaraat. Aaron implore Moïse, qui prie en quelques mots : « Seigneur, oh ! Guéris-la, de grâce ! »
Le Maftir (Nombres 12:14-16)
Dieu répond que Myriam restera sept jours à l'écart, hors du camp. Le peuple ne repart pas avant qu'elle soit revenue, puis il quitte 'Hatserot et campe dans le désert de Paran.
Les grands thèmes et les mitsvot de Behaalotekha
Le Séfer Ha'Hinoukh recense 5 mitsvot dans la paracha Behaalotekha (numéros 380 à 384) : quatre concernent le Pessa'h Chéni (l'offrir, le manger avec matsa et maror, n'en rien laisser, n'en briser aucun os), et la dernière ordonne de sonner des trompettes au Temple et en temps de guerre.
Une flamme qui monte d'elle-même
Pourquoi dire « quand tu feras monter » plutôt que « quand tu allumeras » ? Rachi, d'après le Talmud (Chabbat 21a), explique qu'il faut tenir la flamme jusqu'à ce qu'elle monte d'elle-même. C'est une image magnifique de l'éducation : le maître ou le parent allume, puis accompagne jusqu'à ce que l'élève brille par lui-même.
La part d'Aaron
Rachi rapporte, d'après le Midrach Tan'houma, qu'Aaron fut attristé de ne pas avoir participé aux offrandes des princes, racontées juste avant dans la paracha Nasso. Dieu le consola : « Ta part est plus grande que la leur, car tu allumes et prépares les lampes. » Le Ramban ajoute que cette consolation fait allusion à l'allumage des descendants d'Aaron, les Hasmonéens, à l'origine de 'Hanouka, une lumière qui ne s'éteint pas avec le Temple. Rachi souligne enfin qu'Aaron fit exactement ce qui lui était demandé (8:3), sans rien changer.
Une deuxième chance
Les hommes impurs auraient pu accepter d'être dispensés. Ils ont au contraire demandé : « Pourquoi serions-nous privés ? » Leur désir sincère de participer a abouti à une nouvelle mitsva, le Pessa'h Chéni, un mois après Pessa'h. Le message est clair : dans la Torah, il existe une seconde chance pour celui qui la cherche vraiment.
L'humilité de Moïse et la médisance
Moïse, « fort humble », ne cherche pas à garder pour lui l'esprit prophétique et se réjouit qu'Eldad et Médad prophétisent. Quand sa sœur Myriam médit de lui, il prie pour elle. Rachi explique que sa prière fut très courte pour que le peuple ne dise pas : sa sœur souffre, et lui fait de longues prières. Et le peuple attend Myriam sept jours : Rachi, d'après le Talmud (Sota 9b), y voit la récompense de l'heure où elle avait attendu, au bord du Nil, de voir ce qui arriverait à son petit frère.
La haftara de Behaalotekha
La haftara de la paracha Behaalotekha est tirée du livre de Zacharie (2:14 – 4:7), la même chez les ashkénazes et les séfarades. Ce même passage est aussi lu le (premier) Chabbat de 'Hanouka, justement à cause de la Menora.
| Rite | Haftara | Versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | Zacharie 2:14 – 4:7 | 21 |
| Séfarade | Zacharie 2:14 – 4:7 (identique) | 21 |
Le lien avec la paracha est la Menora. La haftara s'ouvre sur un appel à la joie : « Exulte et réjouis-toi, fille de Sion ! Car voici, j'arrive pour résider au milieu de toi. » Le prophète Zacharie, à l'époque du retour de Babylone, voit ensuite le grand prêtre Josué vêtu d'habits souillés, accusé par le Satan ; un ange lui fait ôter ces vêtements et poser sur sa tête une tiare pure, signe du pardon. Puis Zacharie voit un chandelier tout en or, avec ses sept lampes, entre deux oliviers. L'ange lui en donne le sens, adressé à Zorobabel, chef du peuple qui reconstruit le Temple : « Ni par la puissance ni par la force, mais bien par mon esprit ! » Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours auprès de votre synagogue. Pour en savoir plus, lisez la haftara, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Behaalotekha
En diaspora, la paracha Behaalotekha est lue le samedi 26 juin 2027, le samedi 10 juin 2028 et le samedi 2 juin 2029. Elle tombe au mois de Sivan, quelques semaines après Chavouot. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha. Attention : certaines années, Israël la lit une semaine avant la diaspora (quand le deuxième jour de Chavouot tombe un Chabbat en diaspora). Pour vérifier la paracha de votre fils, utilisez notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah et le calendrier des parachiot.
Ce que lit le Bar Mitzvah
En France, le plus courant est de lire le Maftir (Nombres 12:14-16) et la haftara de Zacharie. Si votre fils lit davantage, la 6e montée lui fera lire « Vayehi binsoa haaron », des versets qu'il connaît déjà par la prière : un bon point de départ. Voici le découpage :
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée (Cohen) | Nombres 8:1-14 | 14 |
| 2e montée (Lévi) | Nombres 8:15-26 | 12 |
| 3e montée | Nombres 9:1-14 | 14 |
| 4e montée | Nombres 9:15 – 10:10 | 19 |
| 5e montée | Nombres 10:11-34 | 24 |
| 6e montée | Nombres 10:35 – 11:29 | 31 |
| 7e montée | Nombres 11:30 – 12:16 | 22 |
| Maftir | Nombres 12:14-16 | 3 |
Difficulté et durée de préparation
Le Maftir est court (3 versets) et la haftara de Zacharie compte 21 versets, avec des passages visionnaires parfois délicats à lire : prévoyez 5 à 6 mois de travail régulier. Pour la paracha complète, 136 versets, comptez 10 à 12 mois ; les récits du désert sont vivants et se retiennent bien. Ces durées restent indicatives et se fixent avec le rav ; nos conseils pour apprendre sa paracha vous aideront à démarrer.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
Behaalotekha parle de lumière, de seconde chance et de générosité : trois thèmes parfaits pour un garçon de 13 ans. Pour construire le discours, appuyez-vous sur notre guide comment écrire un discours mémorable.
1. Ma propre flamme
Aaron tient la flamme jusqu'à ce qu'elle monte d'elle-même. Le Bar Mitzvah peut remercier ceux qui ont « allumé » sa flamme, ses parents, son rav, ses grands-parents, et expliquer qu'aujourd'hui il commence à briller par lui-même : il devient responsable de ses mitsvot. Une belle conclusion consiste à dire comment il compte, à son tour, allumer d'autres flammes.
2. « Pourquoi serions-nous privés ? »
Les hommes du Pessa'h Chéni n'ont pas accepté de rester à l'écart, et leur demande a créé une mitsva. Le garçon peut en tirer deux messages : il ne faut pas avoir peur de demander à participer, et il n'est jamais trop tard pour se rattraper, à l'école, en sport ou dans son judaïsme.
3. Se réjouir du succès des autres
Quand Josué veut faire taire Eldad et Médad, Moïse répond qu'il aimerait que tout le peuple soit prophète. Le Bar Mitzvah peut parler de la jalousie, si présente à l'adolescence, et de la grandeur de celui qui se réjouit sincèrement de la réussite d'un ami ou d'un frère. Le récit de Myriam, juste après, montre à l'inverse les dégâts de la médisance.
Préparer la paracha Behaalotekha avec Ma Paracha
Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, calcule gratuitement le Chabbat, la paracha, le Maftir et la haftara selon la date de naissance, le rite et le lieu, en tenant compte du décalage possible entre Israël et la diaspora. Elle crée un programme jusqu'au jour J et affiche chaque verset avec nikoud, te'amim et phonétique ; une voix hébraïque lit chaque verset, au ralenti si besoin. Cette voix lit le texte de façon parlée et ne chante pas : la mélodie vient du rav, qui peut l'enregistrer dans l'application et suivre les enregistrements de votre fils à distance. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; découvrez l'application paracha Bar Mitzvah.
La paracha précédente est Nasso ; la suivante est Chela'h Lekha.
Sources
- Nombres 8:1 – 12:16 sur Sefaria (texte hébreu et traductions)
- Paracha Béhaalotekha sur fr.chabad.org
- Behaalotekha sur Wikipédia
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Behaalotekha ?
En diaspora, la paracha Behaalotekha est lue le samedi 26 juin 2027, le samedi 10 juin 2028 et le samedi 2 juin 2029. Elle tombe au mois de Sivan, quelques semaines après Chavouot. Certaines années, Israël la lit une semaine plus tôt.
Quelle est la haftara de Behaalotekha ?
La haftara de Behaalotekha est Zacharie 2:14 – 4:7, identique chez les ashkénazes et les séfarades. Elle contient la vision de la Menora d'or et le verset « Ni par la puissance ni par la force, mais bien par mon esprit ». Vérifiez l'usage de votre synagogue.
De quoi parle la paracha Beha'alotcha ?
La paracha Beha'alotcha (Behaalotekha) parle de l'allumage de la Menora, de la consécration des Lévites, du Pessa'h Chéni, de la nuée et des trompettes, du départ du Sinaï, des plaintes du peuple, des soixante-dix anciens, des cailles et de la médisance de Myriam contre Moïse.
Combien de versets compte la paracha Behaalotekha ?
Elle compte 136 versets, de Nombres 8:1 à 12:16, répartis en 7 montées. Le Maftir reprend les 3 derniers versets (12:14-16).
Que lit le Bar Mitzvah sur la paracha Behaalotecha ?
Sur la paracha Behaalotecha, le Bar Mitzvah lit le plus souvent le Maftir (3 versets) et la haftara de Zacharie (21 versets), soit environ 5 à 6 mois de préparation. Certains lisent aussi une montée ou la paracha complète, avec l'accord du rav.