La paracha Kora'h est la 38e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la 5e du livre des Nombres (Bamidbar), de Nombres 16:1 à 18:32. Elle raconte la révolte de Kora'h, un Lévite, contre Moïse et Aaron, puis confirme le rôle des Cohanim et des Lévites et fixe les dons qui leur reviennent.
קֹרַח
La paracha porte le nom du meneur de la contestation, que l'on écrit aussi Korah ou Korach (Coré dans les traductions chrétiennes). Avec ses 95 versets, c'est l'une des parachiot les plus courtes du livre des Nombres. Elle suit la paracha Chela'h Lekha et précède la paracha 'Houkat. Voici son résumé montée par montée, ses thèmes principaux, sa haftara et les informations pratiques pour une Bar Mitzvah sur la paracha Kora'h.
Paracha Kora'h : le résumé
En une phrase : Kora'h, cousin de Moïse, rassemble 250 notables pour contester la direction de Moïse et la prêtrise d'Aaron ; Dieu tranche par une série de signes (la terre qui s'ouvre, le feu, le bâton d'Aaron qui fleurit), puis la Torah précise les devoirs et les droits des Cohanim et des Lévites.
1re montée (Nombres 16:1-13) : la révolte éclate
Kora'h fils de Yitshar, de la tribu de Lévi, s'associe à Datan et Aviram, fils d'Eliav, et à On fils de Pelet, de la tribu de Ruben. Avec 250 chefs de l'assemblée, des hommes renommés, ils se dressent contre Moïse et Aaron : « Toute l'assemblée est sainte, et Dieu est au milieu d'eux ; pourquoi vous élevez-vous au-dessus de la communauté ? » Moïse tombe sur sa face, puis propose une épreuve : le lendemain, chacun apportera un encensoir avec de l'encens devant Dieu, et Dieu montrera qui il a choisi. Il reproche aux Lévites de ne pas se contenter de leur rôle et de convoiter aussi la prêtrise. Moïse fait appeler Datan et Aviram, qui refusent de venir et l'accusent d'avoir sorti le peuple d'un pays « où coulent le lait et le miel » pour le faire mourir dans le désert.
2e montée (Nombres 16:14-19) : l'épreuve des encensoirs
Datan et Aviram poursuivent leurs accusations. Moïse, très affecté, dit à Dieu : « Je n'ai pas pris l'âne d'un seul d'entre eux, et je n'ai fait de mal à aucun d'entre eux. » Le lendemain, Kora'h et les 250 hommes se présentent à l'entrée de la Tente d'assignation avec leurs encensoirs ; Kora'h y rassemble toute l'assemblée contre Moïse et Aaron, et la gloire de Dieu apparaît.
3e montée (Nombres 16:20-17:8) : la terre s'ouvre
Dieu veut anéantir l'assemblée ; Moïse et Aaron intercèdent : « Un seul homme pèche, et tu t'irriterais contre toute la communauté ? » Le peuple est invité à s'éloigner des tentes de Kora'h, Datan et Aviram. Moïse annonce un signe : si ces hommes meurent d'une mort ordinaire, ce n'est pas Dieu qui l'a envoyé ; si la terre ouvre sa bouche et les engloutit, c'est qu'ils ont outragé Dieu. À peine a-t-il fini de parler que le sol se fend et les engloutit avec leurs familles et leurs biens. Un feu sort et consume les 250 hommes qui offraient l'encens. Éléazar le Cohen fait marteler leurs encensoirs de cuivre en plaques pour recouvrir l'autel, en souvenir : nul étranger à la descendance d'Aaron ne doit offrir l'encens. Le lendemain, le peuple accuse Moïse et Aaron d'avoir « fait mourir le peuple de Dieu ».
4e montée (Nombres 17:9-15) : Aaron arrête l'épidémie
Une épidémie frappe le peuple. Moïse demande à Aaron de prendre son encensoir, d'y mettre du feu de l'autel et de l'encens, et de courir au milieu de l'assemblée. Aaron se tient « entre les morts et les vivants » et l'épidémie s'arrête ; 14 700 personnes sont mortes, en plus des victimes de Kora'h.
5e montée (Nombres 17:16-24) : le bâton qui fleurit
Pour mettre fin aux murmures, chaque chef de tribu remet un bâton portant son nom ; celui de la tribu de Lévi porte le nom d'Aaron. Les douze bâtons sont déposés devant l'Arche du Témoignage. Le lendemain, le bâton d'Aaron a bourgeonné, fleuri et produit des amandes.
וַיְהִי מִמָּחֳרָת וַיָּבֹא מֹשֶׁה אֶל־אֹהֶל הָעֵדוּת וְהִנֵּה פָּרַח מַטֵּה־אַהֲרֹן לְבֵית לֵוִי וַיֹּצֵא פֶרַח וַיָּצֵץ צִיץ וַיִּגְמֹל שְׁקֵדִים׃
« Le lendemain, Moïse entra dans la Tente du Témoignage, et voici que le bâton d'Aaron, pour la maison de Lévi, avait fleuri : il avait produit des bourgeons, fait éclore des fleurs et mûri des amandes » (Nombres 17:23).
6e montée (Nombres 17:25-18:20) : les devoirs et les dons des Cohanim
Le bâton d'Aaron est conservé devant l'Arche comme signe pour les rebelles. Le peuple, effrayé, craint de mourir en s'approchant du Sanctuaire. Dieu répond en fixant les rôles : les Cohanim, descendants d'Aaron, ont la charge du Sanctuaire et de l'autel ; les Lévites les assistent et gardent la Tente, sans toucher aux ustensiles sacrés. En échange de ce service, les Cohanim reçoivent des dons : parts des sacrifices, prémices, prélèvements, premiers-nés des animaux purs. Le premier-né de l'homme est racheté pour cinq sicles d'argent à l'âge d'un mois : c'est le fondement du Pidyon Haben. La Torah appelle cela une « alliance de sel », perpétuelle. Aaron n'aura pas de part dans le pays : « Je suis ta part et ton héritage ».
7e montée (Nombres 18:21-32) : la dîme des Lévites
Les Lévites reçoivent la dîme (maasser) prélevée par les enfants d'Israël, en rémunération de leur service, puisqu'ils n'ont pas de territoire. À leur tour, ils doivent en prélever le dixième, la « dîme de la dîme » (terouma de maasser), pour le Cohen. Une fois ce prélèvement fait, le reste leur appartient comme le produit de l'aire et du pressoir.
Le Maftir (Nombres 18:30-32)
Le Maftir reprend les trois derniers versets : après avoir prélevé « le meilleur », les Lévites peuvent consommer leur part partout, avec leur famille, car c'est leur salaire pour le service de la Tente d'assignation. Un passage court, d'un vocabulaire simple.
Les grands thèmes et les mitsvot de Kora'h
La paracha Kora'h pose une question très actuelle : qu'est-ce qui distingue une contestation légitime d'une querelle d'ego ? Selon le Séfer Ha'Hinoukh, elle contient 9 mitsvot : 5 positives (dont la garde du Sanctuaire, le rachat du premier-né, la dîme des Lévites et la dîme de la dîme) et 4 négatives.
Une dispute « qui n'est pas pour le Ciel »
Les Pirké Avot (chapitre 5) opposent deux types de controverses : celle qui est « pour le nom du Ciel », comme les débats entre Hillel et Chammaï, qui finit par durer, et celle qui ne l'est pas, comme celle de Kora'h et de son assemblée. Les écoles de Hillel et de Chammaï discutaient pour trouver la vérité ; Kora'h et ses alliés, eux, n'étaient même pas d'accord entre eux, unis seulement par l'opposition à Moïse.
« Kora'h prit » : se mettre à part
Le texte commence par « Vayika'h Kora'h », « Kora'h prit », sans dire ce qu'il prit. Rachi explique qu'il « s'est pris lui-même » pour se placer à part de la communauté. Il rapporte aussi le Midrach selon lequel Kora'h aurait tourné en dérision les mitsvot : un talith entièrement teint en bleu a-t-il encore besoin d'un fil bleu ? Une maison pleine de livres de Torah a-t-elle besoin d'une mezouza ? Une façon d'utiliser la logique pour discréditer la loi, juste après la mitsva des tsitsit de la paracha précédente.
Pourquoi un homme intelligent s'est-il égaré ?
Rachi (sur 16:7) pose la question : Kora'h était un homme avisé, qu'est-ce qui l'a poussé à cette folie ? Son œil l'a trompé : il voyait qu'une grande lignée descendrait de lui, notamment le prophète Samuel. Et de fait, la Torah précise plus loin (Nombres 26:11) que les fils de Kora'h ne sont pas morts : leurs descendants ont composé plusieurs Psaumes. Le Talmud (Sanhédrin 109b) raconte aussi qu'On fils de Pelet, cité au début, disparaît ensuite du récit parce que sa femme l'a convaincu de se retirer de la révolte.
Servir plutôt que dominer
La seconde moitié de la paracha répond à Kora'h sur le fond : la prêtrise n'est pas un privilège mais une charge, avec des responsabilités et des risques. Les Cohanim et les Lévites n'ont pas de terre ; ils vivent des dons du peuple. Cette idée de redistribution, que l'on retrouve dans la tsedaka, rappelle que chaque rôle dans la communauté sert les autres.
La haftara de Kora'h
La haftara de Kora'h est I Samuel 11:14-12:22, soit 24 versets, identique dans les rites ashkénaze et séfarade. Les usages peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours avec votre synagogue. Attention, lorsque le Chabbat Kora'h coïncide avec Roch 'Hodech Tamouz, ce qui arrive certaines années, on lit à la place la haftara spéciale de Roch 'Hodech, et le Maftir change aussi.
| Rite | Haftara | Versets |
|---|---|---|
| Ashkénaze | I Samuel 11:14-12:22 | 24 |
| Séfarade | I Samuel 11:14-12:22 (identique) | 24 |
| Chabbat Roch 'Hodech (certaines années) | Haftara de Roch 'Hodech | — |
Le lien avec la paracha : comme Moïse face à Kora'h, le prophète Samuel prend le peuple à témoin de son intégrité : « De qui ai-je pris le bœuf, de qui ai-je pris l'âne ? » La ressemblance avec la phrase de Moïse (16:15) est frappante. Et Samuel est justement un descendant de Kora'h, celui dont parle Rachi.
Le résumé : à Guilgal, Samuel rassemble le peuple pour confirmer la royauté de Saül. Âgé, il demande à tous de témoigner qu'il n'a jamais rien pris ni opprimé personne ; le peuple le confirme. Il rappelle ensuite l'histoire d'Israël, de l'Égypte aux Juges, et reproche au peuple d'avoir réclamé un roi alors que Dieu était leur roi. Pour le prouver, il prie, et Dieu envoie le tonnerre et la pluie en pleine moisson des blés, une saison où il ne pleut pas en Israël. Effrayé, le peuple demande à Samuel de prier pour lui. Samuel le rassure : « Ne craignez pas », servez Dieu de tout votre cœur, car il n'abandonnera pas son peuple. Pour comprendre le rôle de ce texte dans l'office, lisez notre page sur la haftara.
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Kora'h
En diaspora, la paracha Kora'h est lue le samedi 10 juillet 2027, le samedi 24 juin 2028 et le samedi 16 juin 2029. Elle tombe en général à la fin du mois de Sivan ou au début de Tamouz. En Israël, le calendrier peut avoir une semaine d'écart avec la diaspora à cette période. Pour savoir si Kora'h est la paracha de votre fils, partez de sa date de naissance hébraïque : notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ? détaille le calcul, et le calendrier des parachiot présente toute l'année.

Que lit le Bar Mitzvah ?
Le plus souvent en France, le Bar Mitzvah lit le Maftir (Nombres 18:30-32, 3 versets) puis la haftara de I Samuel (24 versets), avec les bénédictions de la montée à la Torah. Certains garçons lisent aussi une ou plusieurs montées, voire la paracha entière, qui reste raisonnable avec 95 versets.
| Montée | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée (Cohen) | Nombres 16:1-13 | 13 |
| 2e montée (Lévi) | Nombres 16:14-19 | 6 |
| 3e montée | Nombres 16:20-17:8 | 24 |
| 4e montée | Nombres 17:9-15 | 7 |
| 5e montée | Nombres 17:16-24 | 9 |
| 6e montée | Nombres 17:25-18:20 | 24 |
| 7e montée | Nombres 18:21-32 | 12 |
| Maftir | Nombres 18:30-32 | 3 |
| Haftara | I Samuel 11:14-12:22 | 24 |
Difficulté et durée de préparation
Le Maftir de Kora'h est court (3 versets) et la haftara, un discours de Samuel, se lit bien une fois le vocabulaire compris. C'est une paracha d'un niveau moyen, accessible à un garçon qui déchiffre déjà l'hébreu. Pour le Maftir et la haftara, comptez six à neuf mois de travail régulier ; pour la paracha complète, environ un an. Vérifiez assez tôt avec le rav si votre Chabbat tombe un Roch 'Hodech, car le Maftir et la haftara seraient alors différents : mieux vaut le savoir avant d'apprendre le mauvais texte.
Une paracha jamais jumelée
Kora'h est toujours lue seule et n'est jamais combinée avec une autre paracha. La seule variation possible vient du Chabbat Roch 'Hodech. Dans tous les cas, c'est la communauté qui fixe la date de la cérémonie ; pour le déroulement à la synagogue, consultez notre article sur la lecture de la paracha lors d'une Bar Mitzvah.
Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
Kora'h offre des sujets très parlants pour un garçon de 13 ans. Voici trois pistes ; pour construire votre texte, aidez-vous de notre guide pour écrire un discours de Bar Mitzvah.
- Bien se disputer. Les Pirké Avot opposent la dispute de Hillel et Chammaï à celle de Kora'h. Le Bar Mitzvah peut raconter un désaccord (avec un frère, un ami, un professeur) et expliquer la différence entre chercher la vérité et chercher à avoir raison.
- Le bâton qui fleurit. Un bâton de bois sec qui donne des amandes en une nuit : ce n'est pas la force qui prouve la légitimité d'Aaron, c'est la vie qu'il fait naître. Le message pour un ado : on mérite sa place par ce qu'on construit, pas par ce qu'on réclame.
- Se tenir entre les morts et les vivants. Aaron, accusé quelques heures plus tôt, court au milieu de ceux qui l'ont critiqué pour les sauver. Une belle idée sur le pardon et le courage, à relier à ce que le garçon veut apporter aux autres en devenant Bar Mitzvah.
Préparer la paracha Kora'h avec Ma Paracha
Ma Paracha calcule en quelques secondes la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils, en tenant compte des Chabbatot spéciaux comme Roch 'Hodech, puis répartit les séances jusqu'au jour J. Chaque verset s'affiche avec voyelles, te'amim et phonétique séfarade ou ashkénaze, et une voix hébraïque le lit à voix haute, au ralenti si besoin. C'est une lecture parlée : la mélodie se travaille avec le rav, qui peut enregistrer sa lecture chantée dans l'application. Démarrage gratuit et sans carte bancaire, puis 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. Toutes les fonctionnalités sont sur la page de l'application Ma Paracha.
Sources
- Sefaria : Nombres 16:1-18:32 (texte hébreu et traductions)
- Chabad.org : paracha Kora'h, texte avec Rachi et commentaires
- Wikipédia : Kora'h (parasha)
- Sefaria : I Samuel 11:14-12:22, la haftara
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Kora'h ?
En diaspora, la paracha Kora'h est lue le samedi 10 juillet 2027, le samedi 24 juin 2028 et le samedi 16 juin 2029. Elle tombe en général à la fin de Sivan ou au début de Tamouz. Les années où ce Chabbat coïncide avec Roch 'Hodech Tamouz, le Maftir et la haftara changent : vérifiez avec votre synagogue.
Quelle est la haftara de Kora'h ?
La haftara de Kora'h est I Samuel 11:14-12:22 (24 versets), la même chez les Ashkénazes et les Séfarades. Samuel y prend le peuple à témoin de son honnêteté, comme Moïse face à Kora'h. Un Chabbat Roch 'Hodech, on lit la haftara de Roch 'Hodech à la place.
De quoi parle la paracha Kora'h (Korach) ?
Elle raconte la révolte de Kora'h, de Datan, d'Aviram et de 250 notables contre Moïse et Aaron, la terre qui engloutit les rebelles, le bâton d'Aaron qui fleurit, puis les devoirs des Cohanim et des Lévites et les dons qui leur reviennent, dont la dîme et le rachat du premier-né.
Combien de versets compte la paracha Kora'h ?
La paracha Kora'h (ou Korah) compte 95 versets, de Nombres 16:1 à 18:32, répartis en 7 montées. Le Maftir comprend 3 versets (Nombres 18:30-32) et la haftara 24 versets.
Est-ce une bonne paracha pour une Bar Mitzvah ?
Oui : le Maftir ne compte que 3 versets et la paracha entière reste courte, ce qui permet d'en lire davantage si le garçon le souhaite. Son récit, une révolte et des signes spectaculaires, se prête aussi très bien à un dvar Torah vivant sur la façon de bien se disputer.