La paracha Massé (מַסְעֵי, « les étapes ») est la 43e paracha du cycle annuel et la dernière du livre des Nombres (Bamidbar 33:1-36:13). Elle récapitule les 42 étapes des Hébreux dans le désert, fixe les frontières de la Terre promise et institue les villes de refuge.
Vous la trouverez aussi écrite Massei, Masei ou Mass'ei. Elle est presque toujours lue le même Chabbat que la paracha précédente, la paracha Matot, sous le nom de Matot-Massé, et elle est suivie par la paracha Devarim, qui ouvre le Deutéronome. Ce guide vous donne un résumé fidèle montée par montée, ses grands thèmes, sa haftara et tout ce qu'il faut savoir pour préparer une Bar Mitzvah sur la paracha Massé.
אֵלֶּה מַסְעֵי בְנֵי־יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר יָצְאוּ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם לְצִבְאֹתָם בְּיַד־מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן׃
« Voici les étapes des enfants d'Israël, qui sortirent du pays d'Égypte selon leurs légions, sous la conduite de Moïse et d'Aaron. » (Nombres 33:1)
Paracha Massé : le résumé
La paracha Massé compte 132 versets répartis en sept montées (aliyot) et un Maftir. Le peuple campe dans les plaines de Moav, au bord du Jourdain, face à Jéricho : quarante ans après la sortie d'Égypte, il s'apprête à entrer en Canaan. Voici le contenu de chaque montée.
1re montée (Nombres 33:1-10) : le départ d'Égypte
Moïse consigne par écrit, sur l'ordre de Dieu, les points de départ de chaque étape. Les Hébreux quittent Ramsès le 15 du premier mois, au lendemain du sacrifice pascal, « à main levée », sous les yeux des Égyptiens qui enterrent leurs premiers-nés. Ils campent à Souccot, à Etam, devant Pi-Ha'hirot, traversent la mer, puis arrivent à Mara, à Elim (où se trouvent douze sources et soixante-dix palmiers) et au bord de la mer des Joncs.
2e montée (Nombres 33:11-49) : quarante ans de campements
La liste se poursuit : le désert de Sin, Dofka, Alouch, Refidim (où le peuple manqua d'eau), le désert du Sinaï, Kivrot-Hataava, 'Hatserot, puis une longue série de haltes jusqu'à Etsion-Guever et Kadech. Au mont Hor, aux confins d'Edom, Aaron meurt le 1er du cinquième mois (Av) de la quarantième année, à l'âge de 123 ans. Le roi cananéen d'Arad apprend l'arrivée d'Israël. Les dernières étapes mènent à travers le territoire de Moav jusqu'aux plaines de Moav, le long du Jourdain, de Beth-Hayechimot à Abel-Chittim.
3e montée (Nombres 33:50-34:15) : conquérir et partager la terre
Dieu ordonne de déposséder les habitants de Canaan, de détruire leurs idoles et leurs hauts lieux, puis de partager le pays par tirage au sort, en proportion de la taille des familles. Ceux qu'on laisserait sur place deviendraient « des épines dans vos yeux et des aiguillons dans vos flancs ». Le texte trace ensuite les frontières du pays : au sud depuis le désert de Tsin et la mer Morte, à l'ouest la Grande Mer (la Méditerranée), au nord jusqu'au mont Hor et à Lebo-'Hamat, à l'est jusqu'au Jourdain. Ce territoire revient aux neuf tribus et demie ; Reouven, Gad et la demi-tribu de Ménaché ont déjà reçu leur part à l'est du Jourdain.
4e montée (Nombres 34:16-29) : les chefs chargés du partage
Le prêtre Eléazar et Josué, fils de Noun, présideront à la répartition, assistés d'un chef par tribu. La Torah les nomme un à un, à commencer par Calev, fils de Yefouné, pour la tribu de Juda.
5e montée (Nombres 35:1-8) : les villes des Lévites
La tribu de Lévi ne reçoit pas de territoire. Les autres tribus doivent lui céder 48 villes, avec des pâturages tout autour (mille coudées depuis la muraille, deux mille coudées mesurées de chaque côté). Six de ces villes serviront de villes de refuge. Les tribus nombreuses donnent davantage de villes, les petites en donnent moins.
6e montée (Nombres 35:9-34) : les villes de refuge
Trois villes de refuge à l'est du Jourdain et trois en Canaan accueilleront celui qui a tué quelqu'un sans le vouloir, afin qu'il échappe au « vengeur du sang » en attendant d'être jugé. La Torah distingue le meurtrier (qui frappe avec un objet de fer, de pierre ou de bois capable de tuer, ou par haine) de l'homicide involontaire. Ce dernier doit demeurer dans la ville de refuge jusqu'à la mort du grand prêtre ; ensuite seulement il peut rentrer chez lui. Une condamnation exige plusieurs témoins, et l'on ne peut accepter de rançon ni pour le meurtrier ni pour abréger l'exil. Le sang versé souille la terre « au milieu de laquelle Je réside ».
7e montée (Nombres 36:1-13) : l'héritage des filles de Tselof'had
Les chefs du clan de Guil'ad, de la tribu de Ménaché, s'inquiètent : si les filles de Tselof'had, qui ont hérité de leur père (paracha Pin'has), épousent des hommes d'une autre tribu, leur terre passera à cette tribu. Moïse, sur l'ordre de Dieu, leur donne raison : elles épouseront qui elles veulent, à condition que ce soit dans la tribu de leur père, pour que l'héritage ne passe pas d'une tribu à l'autre. Ma'hla, Tirtsa, 'Hogla, Milka et Noa épousent leurs cousins. Le dernier verset conclut le livre des Nombres : « Tels sont les commandements et les lois que Dieu prescrivit […] dans les plaines de Moav, près du Jourdain, face à Jéricho. »
Les grands thèmes et les mitsvot de Massé
La paracha Massé contient 6 des 613 commandements selon le Séfer Ha'Hinoukh (mitsvot 408 à 413) : donner des villes aux Lévites, ne pas exécuter un meurtrier avant son jugement, exiler l'homicide involontaire dans une ville de refuge, interdire au témoin de siéger comme juge dans la même affaire, et refuser toute rançon, que ce soit pour le meurtrier ou pour l'exilé.
Se souvenir du chemin parcouru
Pourquoi la Torah dresse-t-elle une liste aussi longue de noms de lieux ? Rachi (sur Nombres 33:1) répond que c'est pour montrer la bonté divine : sur 42 étapes, 14 ont lieu la première année et 8 la dernière, si bien qu'en 38 ans le peuple n'a déménagé qu'une vingtaine de fois. Il cite aussi une parabole de Rabbi Tan'houma : un roi emmène son fils malade se faire soigner au loin ; au retour, il lui rappelle chaque étape : « Ici nous avons dormi, ici tu as eu froid, ici tu as eu mal à la tête. » Chaque étape, même difficile, fait partie de l'histoire.
La vie humaine et la responsabilité
Les villes de refuge montrent qu'en droit juif, même un homicide involontaire n'est pas anodin : celui qui a causé une mort doit s'éloigner, réfléchir et vivre auprès des Lévites, maîtres de la Torah. Mais la Torah le protège aussi de la vengeance. Justice et miséricorde vont ensemble.
La terre et la présence divine
La paracha se termine sur l'idée que la terre d'Israël est sainte parce que Dieu y « réside au milieu des enfants d'Israël » (Nombres 35:34). La manière dont on y vit, et le respect de la vie, conditionnent cette présence.
Une loi qui écoute les questions
L'épisode des filles de Tselof'had, qui encadre la fin du livre, montre une loi qui répond aux questions concrètes des familles. Leur demande initiale avait obtenu gain de cause ; ici, la réponse aux chefs de Guil'ad concilie leur droit et l'équilibre entre les tribus.
La haftara de Massé
La haftara de Massé est tirée du livre de Jérémie (chapitre 2) et commence par « Chim'ou » (« Écoutez la parole de l'Éternel, maison de Jacob »). C'est la deuxième des trois haftarot de réprimande lues pendant les Trois Semaines, entre le 17 Tamouz et le 9 Av. Quand Matot et Massé sont jumelées, c'est cette haftara qui est lue.
| Rite | Référence de la haftara |
|---|---|
| Ashkénaze | Jérémie 2:4-28, puis 3:4 |
| Séfarade | Jérémie 2:4-28, puis 4:1-2 |
Le prophète reproche au peuple d'avoir oublié le Dieu « qui nous a fait monter du pays d'Égypte, qui nous a conduits dans le désert » : le lien avec les étapes du désert énumérées dans la paracha est direct. Jérémie emploie une image forte : le peuple a abandonné « la source d'eau vive » pour se creuser des citernes fissurées qui ne retiennent pas l'eau. Pour ne pas terminer sur une note sombre, les Ashkénazes ajoutent le verset 3:4 (« Mon père, Tu es le guide de ma jeunesse ») et les Séfarades les versets 4:1-2 (« Si tu reviens, Israël… »). Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) et selon le calendrier, par exemple quand ce Chabbat coïncide avec Roch 'Hodech Av : confirmez toujours auprès de votre synagogue. Pour comprendre le rôle de cette lecture, voyez notre article la haftara, c'est quoi ?
Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Massé
En diaspora, la paracha Massé est lue le samedi 31 juillet 2027 (lue avec Matot), le samedi 22 juillet 2028 (lue avec Matot) et le samedi 14 juillet 2029 (lue avec Matot). La plupart des années, elle est lue le même Chabbat que Matot (Matot-Massé) ; elles ne sont séparées que lors de rares années embolismiques. Ce Chabbat tombe toujours pendant les Trois Semaines de deuil qui précèdent Ticha BeAv, parfois même au début du mois d'Av : selon le rite de la famille, la musique et les festivités sont alors limitées. Lisez notre guide célébrer une Bar Mitzvah pendant la période de Ticha BeAv et parlez-en tôt avec votre rabbin.
Le plus souvent, le Bar Mitzvah lit le Maftir (les trois derniers versets du livre des Nombres) puis la haftara de Jérémie. Quand Matot et Massé sont jumelées, le Maftir reste le même. Moment fort : à la fin du Maftir, toute l'assemblée proclame « 'Hazak, 'hazak, venit'hazek ! » (« Sois fort, sois fort, et nous serons renforcés »), car un livre de la Torah s'achève. Certains garçons lisent aussi une ou plusieurs montées, voire la paracha entière.
| Partie | Référence | Versets |
|---|---|---|
| 1re montée | Nombres 33:1-10 | 10 |
| 2e montée | Nombres 33:11-49 | 39 |
| 3e montée | Nombres 33:50-34:15 | 22 |
| 4e montée | Nombres 34:16-29 | 14 |
| 5e montée | Nombres 35:1-8 | 8 |
| 6e montée | Nombres 35:9-34 | 26 |
| 7e montée | Nombres 36:1-13 | 13 |
| Maftir | Nombres 36:11-13 | 3 |
Difficulté et durée de préparation. Le Maftir est court (3 versets), mais la haftara de Jérémie compte environ 26 versets d'un hébreu poétique, avec beaucoup d'images : c'est elle qui demande le plus de travail. Pour Maftir et haftara, prévoyez en général 6 à 9 mois de préparation régulière ; pour la paracha complète (132 versets, avec la longue liste de noms de lieux de la 2e montée), comptez plutôt un an. Si Matot et Massé sont jumelées et que votre fils veut lire toute la lecture, il faut ajouter les 112 versets de Matot. Vous hésitez encore sur la date ? Consultez quelle paracha pour ma Bar Mitzvah et notre calendrier des parachiot.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah
La paracha Massé offre de belles pistes pour un discours personnel. Voici trois idées à adapter, avec notre méthode pour écrire un discours mémorable.
- Les étapes de ma vie. Comme le roi de la parabole de Rachi qui rappelle à son fils chaque halte du voyage, le jeune homme peut raconter ses propres « étapes » : son école, un déménagement, une épreuve, une réussite. Message : chaque étape, même difficile, nous a fait avancer, et la Bar Mitzvah est une étape de plus, pas une arrivée.
- « 'Hazak, 'hazak, venit'hazek ». Lire le Maftir qui clôt le livre des Nombres, c'est entendre toute la synagogue crier « Sois fort ! ». Le garçon peut expliquer que la force vient aussi du groupe : « nous serons renforcés » est au pluriel. Il peut remercier ceux qui l'ont rendu fort (parents, grands-parents, professeur).
- Le droit de poser des questions. Les chefs de Guil'ad, comme avant eux les filles de Tselof'had, osent soulever un problème concret, et la Torah leur répond. À 13 ans, on devient responsable de ses mitsvot : c'est aussi le moment de poser ses vraies questions et de chercher des réponses.
Préparer la paracha Massé avec l'application Ma Paracha
Ma Paracha calcule gratuitement la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils selon votre rite (séfarade ou ashkénaze) et votre lieu (diaspora ou Israël), en gérant les parachiot doubles comme Matot-Massé. L'application construit ensuite un programme jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset est affiché avec ses voyelles, ses te'amim et une phonétique en français, et lu par une voix hébraïque. Précision importante : cette voix lit le texte de façon parlée, elle ne chante pas la mélodie des te'amim, que l'enfant apprend avec son rav (qui peut l'enregistrer dans l'application). Le démarrage est gratuit, sans carte bancaire. Découvrez toutes les fonctionnalités de l'application.
Sources
- Nombres 33:1-36:13, texte de la paracha Massé (Sefaria)
- Jérémie 2:4-28, haftara de Massé (Sefaria)
- Rachi sur Nombres 33:1 (Sefaria)
- Massei (Wikipédia)
Questions fréquentes
Quand est lue la paracha Massé ?
En diaspora, la paracha Massé est lue le samedi 31 juillet 2027 (lue avec Matot), le samedi 22 juillet 2028 (lue avec Matot) et le samedi 14 juillet 2029 (lue avec Matot). Elle est presque toujours jumelée avec Matot, pendant les Trois Semaines qui précèdent Ticha BeAv. Votre synagogue reste la référence pour la date exacte.
Quelle est la haftara de Massé ?
C'est Jérémie 2:4-28, suivi de 3:4 chez les Ashkénazes et de 4:1-2 chez les Séfarades. Elle commence par « Chim'ou » et c'est la deuxième des trois haftarot de réprimande. Certaines communautés ont des usages particuliers : vérifiez auprès de votre rabbin.
De quoi parle la paracha Massé ?
La paracha Massei (ou Masei) récapitule les 42 étapes du voyage dans le désert, raconte la mort d'Aaron au mont Hor, fixe les frontières de Canaan et les chefs chargés du partage, attribue 48 villes aux Lévites, institue les six villes de refuge et règle l'héritage des filles de Tselof'had. Elle clôt le livre des Nombres.
Combien de versets compte la paracha Massé ?
Elle compte 132 versets, de Nombres 33:1 à 36:13, répartis en sept montées. Le Maftir reprend les trois derniers versets (Nombres 36:11-13).
Que lit un Bar Mitzvah sur la paracha Massé ?
Le plus souvent, il lit le Maftir (Nombres 36:11-13) puis la haftara de Jérémie. Comme ce Maftir clôt le livre des Nombres, l'assemblée proclame « 'Hazak, 'hazak, venit'hazek » juste après sa lecture. Certains lisent aussi une partie ou la totalité de la paracha Matot-Massé.