Parachiot

Paracha Matot : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 4 octobre 2026 · 13 min de lecture

Commencer sa préparation gratuitement

Gratuit pour commencerSans carte bancaireSans engagement

Rives du Jourdain et troupeaux de moutons à l'heure dorée

La paracha Matot est la 42e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la 9e du livre des Nombres (Bamidbar), de Nombres 30:2 à 32:42. Elle traite des vœux et de la valeur de la parole donnée, de la guerre contre Midian et de l'installation des tribus de Ruben et de Gad à l'est du Jourdain.

מַטּוֹת

Son nom, Matot (« les tribus », littéralement « les bâtons »), vient du premier verset, où Moïse s'adresse aux « chefs des tribus ». On l'écrit aussi Mattot ou Matoth. La plupart des années, elle est lue le même Chabbat que la paracha suivante, Massé, sous le nom de Matot-Massé ; elle suit la paracha Pin'has. Elle tombe toujours pendant les Trois Semaines qui précèdent Ticha Beav. Voici son résumé montée par montée, ses thèmes, ses haftarot et les informations utiles pour une Bar Mitzvah sur la paracha Matot.

Paracha Matot : le résumé

En une phrase : Moïse enseigne les lois des vœux et des serments, conduit sa dernière guerre, contre Midian, fait partager le butin, puis accepte, sous conditions, que les tribus de Ruben et de Gad, rejointes par une partie de Manassé, s'installent en Transjordanie.

1re montée (Nombres 30:2-17) : les vœux et les serments

Moïse s'adresse aux chefs des tribus : lorsqu'un homme fait un vœu à Dieu ou s'engage par serment, « il ne profanera pas sa parole ; tout ce qui est sorti de sa bouche, il le fera ». La Torah précise ensuite les cas où un vœu peut être annulé. Une jeune fille encore dans la maison de son père : le père peut annuler son vœu le jour où il l'apprend ; s'il se tait, le vœu est maintenu. Une femme mariée : son mari dispose du même pouvoir le jour où il en a connaissance. En revanche, le vœu d'une veuve ou d'une femme divorcée la lie entièrement.

לֹא יַחֵל דְּבָרוֹ כְּכָל־הַיֹּצֵא מִפִּיו יַעֲשֶׂה׃

« Il ne profanera pas sa parole ; tout ce qui est sorti de sa bouche, il le fera » (Nombres 30:3).

2e montée (Nombres 31:1-12) : la guerre contre Midian

Dieu dit à Moïse : « Venge les enfants d'Israël des Midianites ; ensuite tu seras réuni à ton peuple. » Moïse lève mille hommes par tribu, soit douze mille, et les envoie avec Pin'has, fils d'Éléazar le Cohen, qui porte les ustensiles sacrés et les trompettes. Les cinq rois de Midian sont tués, ainsi que Bilaam fils de Béor, le devin de la paracha Balak. Les soldats ramènent les captifs, le bétail et le butin au camp, dans les plaines de Moav.

3e montée (Nombres 31:13-24) : la purification et la cachérisation

Moïse, Éléazar et les chefs sortent à la rencontre de l'armée. Moïse s'irrite contre les officiers : les femmes midianites, sur le conseil de Bilaam, sont celles qui ont entraîné Israël dans la faute de Peor. Les combattants et les captifs doivent rester sept jours hors du camp et se purifier le troisième et le septième jour. Éléazar enseigne ensuite une loi importante : les objets en or, argent, cuivre, fer, étain et plomb doivent passer par le feu ; ce qui ne supporte pas le feu passe par l'eau. C'est la source biblique de la cachérisation des ustensiles, pratiquée notamment avant Pessa'h.

4e montée (Nombres 31:25-41) : le partage du butin

Dieu ordonne de recenser le butin et de le partager en deux moitiés : l'une pour les combattants, l'autre pour le reste de l'assemblée. Sur la part des soldats, on prélève un sur cinq cents pour Éléazar le Cohen ; sur la part du peuple, un sur cinquante pour les Lévites. La Torah détaille les chiffres : 675 000 têtes de petit bétail, des bœufs, des ânes et des personnes, et le prélèvement correspondant.

5e montée (Nombres 31:42-54) : l'offrande des officiers

La Torah détaille la moitié revenant au peuple et le prélèvement remis aux Lévites. Puis les officiers viennent trouver Moïse : ils ont compté leurs hommes, et pas un seul ne manque. En reconnaissance, ils apportent les bijoux d'or trouvés pendant la campagne : bracelets, anneaux, boucles d'oreilles. L'or offert pèse 16 750 sicles ; Moïse et Éléazar le déposent dans la Tente d'assignation, en souvenir pour les enfants d'Israël.

6e montée (Nombres 32:1-19) : la demande de Ruben et de Gad

Les tribus de Ruben et de Gad possèdent de très nombreux troupeaux. Voyant que les terres de Yazer et de Guilad conviennent au bétail, elles demandent à s'y installer : « Ne nous fais pas passer le Jourdain. » Moïse s'indigne : « Vos frères iraient à la guerre et vous resteriez ici ? » Il leur rappelle l'épisode des explorateurs, quand leurs pères ont découragé le peuple et provoqué quarante ans d'errance. Les deux tribus proposent alors un engagement : construire des enclos pour leurs troupeaux et des villes pour leurs enfants, puis marcher en armes à la tête d'Israël jusqu'à la conquête du pays, sans réclamer de part à l'ouest du Jourdain.

7e montée (Nombres 32:20-42) : l'accord et l'installation

Moïse accepte, à condition qu'ils tiennent parole : s'ils combattent avec leurs frères, ils seront « innocents devant Dieu et devant Israël » ; sinon, « sachez que votre faute vous retrouvera ». Il leur demande de bâtir des villes pour leurs enfants et des enclos pour leurs troupeaux, dans cet ordre. Il transmet l'accord à Éléazar, à Josué et aux chefs de famille. Moïse attribue aux fils de Gad, aux fils de Ruben et à la moitié de la tribu de Manassé les royaumes de Si'hon et d'Og. Les tribus reconstruisent des villes comme Divon, Atarot, Aroër et 'Hechbon.

Le Maftir (Nombres 32:39-42)

Le Maftir de Matot, lu les années où elle n'est pas jumelée, raconte comment les descendants de Makhir, fils de Manassé, conquièrent le Guilad, comment Yaïr prend des villages qu'il nomme 'Havot-Yaïr, et comment Nova conquiert Kenat, à laquelle il donne son nom.

Les grands thèmes et les mitsvot de Matot

Matot est la paracha de la parole donnée : elle commence par les vœux et se termine par un engagement de deux tribus envers tout le peuple. Selon le Séfer Ha'Hinoukh, elle contient 2 mitsvot : 1 positive (les lois de l'annulation des vœux) et 1 négative (ne pas manquer à sa parole).

La parole engage

La Torah donne à la parole humaine une force juridique : ce qui sort de la bouche oblige. Le Talmud consacre un traité entier, Nedarim, aux vœux. Cette gravité explique la prière de Kol Nidré, récitée au début de Yom Kippour, qui porte sur l'annulation des vœux. Pour un Bar Mitzvah, qui devient responsable de ses actes, c'est un message direct : ses promesses comptent désormais.

La colère fait oublier

Ce n'est pas Moïse mais Éléazar qui enseigne les lois de la cachérisation. Rachi (sur 31:21), d'après le Sifré, explique que Moïse s'étant mis en colère contre les officiers, la loi lui a échappé : « Parce que Moïse en est venu à la colère, il en est venu à l'erreur. » Le même enseignement apparaît à propos d'autres épisodes de colère de Moïse.

Les enfants d'abord

Les tribus de Ruben et de Gad disent : « Nous construirons des enclos pour nos troupeaux et des villes pour nos enfants. » Moïse leur répond en inversant l'ordre : « Bâtissez des villes pour vos enfants et des enclos pour vos troupeaux. » Rachi (sur 32:16) souligne qu'elles se souciaient davantage de leurs biens que de leurs enfants, et que Moïse leur a appris à faire de l'essentiel l'essentiel, et du secondaire le secondaire.

Être irréprochable devant Dieu et devant les hommes

« Vous serez innocents devant Dieu et devant Israël » (32:22). La Michna (Chekalim 3:2) en tire un principe : il faut être irréprochable aux yeux des hommes comme aux yeux de Dieu. Il ne suffit pas d'être honnête ; il faut aussi éviter tout ce qui pourrait sembler malhonnête.

La haftara de Matot

La haftara de Matot lue seule est Jérémie 1:1-2:3 (22 versets), identique dans les rites ashkénaze et séfarade : c'est la première des trois haftarot de réprimande lues pendant les Trois Semaines. Mais la plupart des années, Matot est jumelée avec Massé, et l'on lit alors la haftara de Massé, Jérémie 2:4-28, suivie de 3:4 chez les Ashkénazes ou de 4:1-2 chez les Séfarades. Les usages peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours le texte avec votre synagogue.

CasRiteHaftaraVersets
Matot seuleAshkénazeJérémie 1:1-2:322
Matot seuleSéfaradeJérémie 1:1-2:3 (identique)22
Matot-Massé (la plupart des années)AshkénazeJérémie 2:4-28 et 3:426
Matot-Massé (la plupart des années)SéfaradeJérémie 2:4-28 et 4:1-227

Le lien avec la paracha : le choix de ces textes ne dépend pas tant du contenu de la paracha que du calendrier. Pendant les Trois Semaines, entre le 17 Tamouz et le 9 Av, on lit des prophéties de Jérémie qui annoncent la destruction de Jérusalem. On peut toutefois noter un écho : Matot insiste sur la parole qui engage, et Jérémie reçoit précisément la mission de porter la parole de Dieu.

Le résumé de Jérémie 1:1-2:3 : Jérémie, fils de 'Hilkiyahou, l'un des Cohanim d'Anatot, reçoit la parole de Dieu la treizième année du règne de Josias. Dieu lui dit qu'il l'a choisi avant même sa naissance. Jérémie objecte qu'il ne sait pas parler, car il n'est « qu'un jeune garçon » ; Dieu répond : « Ne dis pas : je suis un jeune garçon », touche sa bouche et y met ses paroles. Deux visions suivent : une branche d'amandier (chaked), car Dieu « veille » (choked) à accomplir sa parole, puis une marmite bouillante venant du nord, image de l'ennemi qui viendra. Dieu promet à Jérémie de le rendre fort comme « une ville fortifiée ». La haftara s'achève par un souvenir plein de tendresse : « Je me souviens de l'affection de ta jeunesse… quand tu me suivais dans le désert, dans une terre non ensemencée. »

La haftara de Matot-Massé : Jérémie reproche au peuple d'avoir abandonné « la source d'eaux vives » pour se creuser des citernes fissurées, qui ne retiennent pas l'eau, et d'avoir oublié tout ce que Dieu a fait pour lui depuis le désert. Pour en savoir plus sur ce rituel, lisez notre page la haftara, c'est quoi ?

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Matot

En diaspora, la paracha Matot est lue le samedi 31 juillet 2027 (lue avec Massé), le samedi 22 juillet 2028 (lue avec Massé) et le samedi 14 juillet 2029 (lue avec Massé). Elle tombe à la fin du mois de Tamouz ou au tout début d'Av, pendant les Trois Semaines, et le plus souvent sous la forme de la paracha double Matot-Massé. En Israël, le calendrier peut différer certaines années. Pour savoir si c'est la paracha de votre fils, partez de sa date de naissance hébraïque avec notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ?, et consultez le calendrier des parachiot.

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

Trouver la paracha de mon fils

Que lit le Bar Mitzvah ?

Tout dépend de l'année. Si Matot est lue seule, le Bar Mitzvah lit en général le Maftir de Matot (Nombres 32:39-42, 4 versets) et la haftara de Jérémie 1:1-2:3. Si Matot est jumelée avec Massé, ce qui est le cas le plus fréquent, il lit le Maftir de Massé (Nombres 36:11-13, 3 versets) et la haftara de Massé (Jérémie 2:4-28 avec 3:4 ou 4:1-2). Voici le découpage de Matot lorsqu'elle est lue seule :

MontéeRéférenceVersets
1re montée (Cohen)Nombres 30:2-1716
2e montée (Lévi)Nombres 31:1-1212
3e montéeNombres 31:13-2412
4e montéeNombres 31:25-4117
5e montéeNombres 31:42-5413
6e montéeNombres 32:1-1919
7e montéeNombres 32:20-4223
Maftir (Matot seule)Nombres 32:39-424
Haftara (Matot seule)Jérémie 1:1-2:322

Difficulté et durée de préparation

Le Maftir de Matot est court mais contient plusieurs noms propres (Makhir, Yaïr, Nova, Kenat) qu'il faut bien articuler. Les haftarot de Jérémie sont de longueur moyenne (22 à 27 versets) et assez poétiques. Pour le Maftir et la haftara, comptez sept à neuf mois de préparation régulière. La paracha entière (112 versets), avec ses chiffres et ses listes de butin, demande plutôt un an. Surtout, vérifiez avec le rav, avant de commencer, si l'année de la Bar Mitzvah est une année de paracha double : le Maftir et la haftara ne sont pas les mêmes.

Le cas de la paracha double Matot-Massé

Matot-Massé est la paracha double la plus fréquente de cette période : en diaspora, Matot n'est lue seule que rarement, certaines années embolismiques. Lors de la lecture combinée (Nombres 30:2-36:13), on termine le livre des Nombres, et la communauté se lève pour proclamer « 'Hazak, 'hazak, venit'hazek ! » (« Sois fort, sois fort, et nous serons fortifiés »). Un moment émouvant pour un Bar Mitzvah qui lit le Maftir juste après. Retrouvez le texte de ce Maftir sur la page de la paracha Massé, et le déroulement de la matinée dans notre article sur la lecture de la paracha lors d'une Bar Mitzvah.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

Matot parle d'engagement et de responsabilité : exactement ce que vit un garçon de 13 ans le jour de sa Bar Mitzvah. Trois idées à développer avec notre guide pour écrire un discours de Bar Mitzvah :

  1. « Tout ce qui sort de sa bouche, il le fera. » À partir de sa Bar Mitzvah, le garçon est responsable de ses engagements. Il peut citer une promesse qu'il veut tenir (envers ses parents, ses amis, sa communauté) et expliquer pourquoi tenir parole est une forme de respect.
  2. Les enfants avant les troupeaux. Moïse corrige l'ordre des priorités des tribus de Ruben et de Gad. Le Bar Mitzvah peut remercier ses parents d'avoir mis leurs enfants au premier plan et dire quelles sont, pour lui, les vraies priorités.
  3. Pas un seul ne manque. Après la bataille, les officiers comptent leurs hommes : pas un ne manque, et ils remercient en offrant leur or. Une belle image pour conclure un discours en remerciant chaque personne présente, en n'oubliant personne.

Préparer la paracha Matot avec Ma Paracha

Ma Paracha calcule à partir de la date de naissance la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils, en gérant les parachiot doubles comme Matot-Massé et le choix séfarade ou ashkénaze de la haftara, puis construit un programme jusqu'au jour J. Chaque verset s'affiche avec voyelles, te'amim et phonétique, et une voix hébraïque le lit à voix haute, au ralenti si besoin. C'est une lecture parlée : la mélodie se travaille avec le rav, qui peut enregistrer sa lecture chantée dans l'application. Démarrage gratuit sans carte bancaire, puis 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. Plus d'informations sur la page de l'application Ma Paracha.

Préparer la paracha Matot avec Ma Paracha

Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Matot ?

En diaspora, la paracha Matot est lue le samedi 31 juillet 2027 (lue avec Massé), le samedi 22 juillet 2028 (lue avec Massé) et le samedi 14 juillet 2029 (lue avec Massé). Elle tombe à la fin de Tamouz ou au début d'Av, pendant les Trois Semaines, et le plus souvent avec Massé (Matot-Massé). Vérifiez la date exacte auprès de votre synagogue.

Quelle est la haftara de Matot ?

Quand Matot est lue seule, sa haftara est Jérémie 1:1-2:3, dans les deux rites. Quand elle est jumelée avec Massé, ce qui arrive la plupart des années, on lit Jérémie 2:4-28 suivi de 3:4 (Ashkénazes) ou de 4:1-2 (Séfarades). Confirmez avec votre rav.

De quoi parle la paracha Matot (Mattot) ?

Elle expose les lois des vœux et des serments, raconte la guerre contre Midian, le partage du butin et l'offrande d'or des officiers, puis la demande des tribus de Ruben et de Gad de s'installer à l'est du Jourdain, acceptée par Moïse à condition qu'elles combattent avec leurs frères.

Combien de versets compte la paracha Matot ?

La paracha Matot compte 112 versets, de Nombres 30:2 à 32:42, répartis en 7 montées. Lue seule, son Maftir compte 4 versets (Nombres 32:39-42) et sa haftara 22 versets.

Que lit le Bar Mitzvah lors de Matot-Massé ?

Lors de la paracha double Matot-Massé, le Bar Mitzvah lit en général le Maftir de Massé (Nombres 36:11-13) et la haftara de Massé (Jérémie 2:4-28, avec 3:4 ou 4:1-2 selon le rite). C'est pourquoi il faut connaître l'année exacte avant de commencer à apprendre.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

L’application de Bar-Mitzvah.fr pour préparer la lecture de la Bar Mitzvah.

Gratuit pour commencer · Sans carte bancaire · Sans engagement