Parachiot

Paracha Michpatim : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 4 octobre 2026 · 12 min de lecture

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Balance ancienne en laiton sur une table de pierre

La paracha Michpatim est la 18e section hebdomadaire de la Torah et la sixième du livre de l'Exode (Exode 21:1 à 24:18, 118 versets). Juste après le Sinaï, elle détaille les lois de la vie en société : justice, dommages, protection des plus faibles, fêtes de pèlerinage, puis la conclusion de l'alliance.

Son nom hébreu, מִשְׁפָּטִים, signifie « Lois » ou « Jugements » : « Voici les lois que tu exposeras devant eux », dit le premier verset. On trouve aussi l'orthographe Mishpatim. Elle suit la paracha Yitro, celle des Dix Commandements, et précède la paracha Terouma, consacrée à la construction du Sanctuaire. Pour voir où elle se place dans l'année, consultez le calendrier des parachiot.

Paracha Michpatim : le résumé

Après la grande Révélation du Sinaï, la paracha Michpatim montre que la Torah s'occupe aussi de la vie de tous les jours : un bœuf qui encorne, un prêt, un objet confié, un étranger. Voici son contenu, montée par montée.

1re montée (Exode 21:1-19) : l'esclave hébreu et les violences

La paracha commence par les lois de l'esclave hébreu : il sert six ans et repart libre la septième année. S'il déclare qu'il aime son maître et refuse sa liberté, son oreille est percée au poinçon contre la porte. Suivent les règles protégeant la servante hébreue, puis les lois sur l'homicide : celui qui frappe un homme mortellement sera puni de mort, mais pour l'homicide involontaire, Dieu désignera un lieu où le meurtrier pourra se réfugier. Frapper ou maudire son père ou sa mère, et enlever un homme pour le vendre, sont des fautes capitales. Enfin, celui qui blesse quelqu'un dans une bagarre devra payer son arrêt de travail et les frais de sa guérison.

2e montée (Exode 21:20-22:3) : blessures, bœuf qui encorne et vol

Le maître qui frappe mortellement son esclave sera puni ; s'il lui crève un œil ou lui casse une dent, l'esclave est libéré. Le texte traite des coups portés à une femme enceinte et pose le principe « œil pour œil, dent pour dent », que la tradition orale (Talmud, Baba Kama 83b-84a) interprète comme une indemnisation financière. Viennent ensuite les dommages causés par un bœuf qui encorne, selon qu'il était connu pour être dangereux ou non, puis par une fosse laissée ouverte. Pour le vol, le voleur d'un bœuf ou d'un mouton rend cinq bœufs ou quatre moutons s'il l'a abattu ou vendu ; celui qui est trouvé avec l'animal encore vivant rend le double.

3e montée (Exode 22:4-26) : dommages, gardiens et faibles

Celui dont le bétail broute le champ d'autrui, ou qui allume un feu qui se propage, paie le dommage. La Torah distingue ensuite les gardiens : celui qui garde gratuitement un objet, celui qui est payé pour le garder, et celui qui l'emprunte, chacun avec un degré de responsabilité différent. Suivent plusieurs interdits graves (sorcellerie, idolâtrie), puis des lois de protection : ne pas maltraiter l'étranger, « car vous avez été étrangers en Égypte » ; ne pas opprimer la veuve et l'orphelin ; prêter à son frère pauvre sans intérêt et sans le harceler ; rendre avant le coucher du soleil le manteau pris en gage, car c'est sa seule couverture pour la nuit, « et s'il crie vers moi, j'entendrai, car je suis compatissant ».

4e montée (Exode 22:27-23:5) : respect, prémices et honnêteté

Ne pas maudire les juges ni le chef du peuple ; ne pas tarder à offrir les prémices ; consacrer les premiers-nés ; être « des hommes saints » et ne pas manger la viande d'un animal déchiré dans les champs. La paracha demande aussi de ne pas propager de rumeur mensongère, de ne pas s'associer à un méchant par un faux témoignage, de ne pas suivre la majorité pour faire le mal, et de ne pas favoriser le pauvre dans un procès. Si l'on trouve le bœuf ou l'âne égaré de son ennemi, on doit le lui ramener ; si l'on voit son âne écrasé sous sa charge, on doit l'aider à le décharger.

5e montée (Exode 23:6-19) : justice, année sabbatique et fêtes

Ne pas fausser le jugement du pauvre ; « éloigne-toi de la parole mensongère » ; ne pas accepter de pot-de-vin, car il aveugle les clairvoyants ; ne pas opprimer l'étranger, « car vous connaissez l'âme de l'étranger ». Six ans on cultive la terre, la septième année on la laisse reposer pour que les pauvres en profitent ; six jours on travaille, le septième on se repose, pour que même le bœuf et l'âne se reposent. Trois fois par an, on célébrera une fête : la fête des Matsot au printemps, la fête de la Moisson et la fête de la Récolte. Le passage se termine par l'interdit : « Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère », source des règles séparant viande et lait.

6e montée (Exode 23:20-25) : l'ange qui guide

Dieu annonce qu'il enverra un ange devant le peuple pour le garder en chemin et le conduire au lieu préparé. Il faut l'écouter et ne pas se rebeller. Le peuple devra détruire les idoles des peuples de Canaan et servir l'Éternel, qui bénira son pain et son eau et éloignera de lui la maladie.

7e montée (Exode 23:26-24:18) : l'alliance scellée

Dieu promet une terre sans fausse couche ni stérilité, et chassera les peuples de Canaan peu à peu, pour que le pays ne devienne pas désert. Puis Moïse rapporte au peuple toutes les paroles et les lois ; le peuple répond d'une seule voix : « Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons. » Moïse écrit, bâtit un autel au pied de la montagne avec douze stèles pour les douze tribus, fait offrir des sacrifices, lit le Livre de l'alliance, et le peuple déclare : « Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons et nous l'entendrons » (na'assé vénichma). Moïse, Aaron, Nadav, Avihou et soixante-dix anciens voient une vision de la gloire divine, comme un ouvrage de saphir. Dieu appelle ensuite Moïse pour lui donner les tables de pierre. Moïse monte avec Josué ; la nuée couvre la montagne six jours, et le septième, Dieu appelle Moïse, qui entre dans la nuée et reste sur la montagne quarante jours et quarante nuits.

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

Préparer la paracha Michpatim avec Ma Paracha

Les grands thèmes et les mitsvot de Michpatim

La paracha Michpatim contient 53 mitsvot selon le Séfer Ha'Hinoukh (23 commandements positifs et 30 interdits) : c'est l'une des parachiot les plus riches en commandements de toute la Torah. Quatre idées ressortent.

Le civil est aussi sacré

Rachi (sur Exode 21:1) relève que la paracha commence par « Et voici » : le « et » relie ces lois aux précédentes. De même que les Dix Commandements ont été donnés au Sinaï, les lois sur les dommages et les prêts viennent aussi du Sinaï. Pour la Torah, payer ce qu'on doit ou rendre un objet trouvé n'est pas moins religieux que respecter le Chabbat.

Agir avant de comprendre : na'assé vénichma

Le peuple dit « nous ferons » avant « nous entendrons ». Le Talmud (traité Chabbat 88a) raconte qu'au moment où Israël plaça « nous ferons » avant « nous entendrons », des anges vinrent couronner chacun. On peut le comprendre ainsi : on découvre la valeur d'une mitsva en la pratiquant, pas seulement en l'étudiant.

La permission de soigner

Le verset qui oblige à payer les frais de guérison de la personne blessée (Exode 21:19) est la source, selon le Talmud (Baba Kama 85a), de la permission donnée au médecin de soigner. Loin de s'opposer à la foi, la médecine est une mission légitime.

Aider même celui qu'on n'aime pas

Ramener le bœuf égaré de son ennemi, l'aider à décharger son âne : la Torah demande d'agir avec droiture même envers ceux qui ne nous sont pas sympathiques. Cette paracha insiste aussi sur la protection de l'étranger, de la veuve, de l'orphelin et du pauvre, à qui l'on prête sans intérêt : un fondement de la tsedaka.

La haftara de Michpatim

La haftara habituelle de Michpatim est la même chez les ashkénazes et les séfarades : un passage de Jérémie sur la libération des esclaves.

RiteHaftaraNombre de versets
AshkénazeJérémie 34:8-22 et 33:25-2617
SéfaradeJérémie 34:8-22 et 33:25-26 (identique)17

À Jérusalem, assiégée par Babylone, le roi Tsidkiyahou fait conclure au peuple une alliance pour libérer les esclaves hébreux. Tous obéissent, puis se ravisent et reprennent leurs esclaves. Jérémie rappelle la loi donnée au sortir d'Égypte, celle qui ouvre justement la paracha : libérer son frère hébreu au bout de six ans de service. Puisqu'ils ont trahi cette parole, Dieu « proclame pour eux une liberté » : celle de l'épée, de la peste et de la famine. Pour ne pas terminer sur une menace, on ajoute deux versets du chapitre 33 : aussi sûrement que Dieu a établi le jour et la nuit, il ne rejettera jamais la descendance de Jacob et de David et aura pitié d'elle.

Attention : certaines années, Michpatim coïncide avec un Chabbat particulier qui remplace la haftara (voir ci-dessous). Les usages varient aussi selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez auprès de votre synagogue. Pour en savoir plus : la haftara, c'est quoi ?

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Michpatim

En diaspora, la paracha Michpatim est lue le samedi 6 février 2027, le samedi 26 février 2028 et le samedi 10 février 2029. Elle tombe à la fin du mois de Chevat, juste avant Adar (Adar I les années embolismiques). Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha, mais c'est l'une des parachiot qui coïncident le plus souvent avec un Chabbat spécial.

Le Bar Mitzvah lit généralement le Maftir et la haftara. Voici le découpage habituel :

MontéeRéférenceVersets
1re montéeExode 21:1-1919
2e montéeExode 21:20-22:321
3e montéeExode 22:4-2623
4e montéeExode 22:27-23:59
5e montéeExode 23:6-1914
6e montéeExode 23:20-256
7e montéeExode 23:26-24:1826
MaftirExode 24:15-184

Chabbat Chekalim, Ma'har 'Hodech : vérifiez l'année

Selon le calendrier, la lecture du Bar Mitzvah change :

  • Chabbat Chekalim (la majorité des années simples) : le Maftir devient Exode 30:11-16 (le demi-sicle, 6 versets) et la haftara est II Rois 12:1-17 chez les ashkénazes, II Rois 11:17-12:17 chez les séfarades.
  • Chabbat Ma'har 'Hodech (certaines années embolismiques, quand Roch 'Hodech tombe le lendemain) : le Maftir reste Exode 24:15-18, mais de nombreuses communautés lisent la haftara I Samuel 20:18-42 (l'amitié de David et Jonathan).
  • Plus rarement, Michpatim tombe le Chabbat de Roch 'Hodech Adar, avec un Maftir et une haftara propres.

Avant de commencer la préparation, faites donc confirmer par le rav le texte exact que lira votre fils.

Difficulté et durée de préparation

Le Maftir habituel (4 versets, Moïse entrant dans la nuée) est simple et très beau. La haftara de Jérémie (17 versets) est d'un niveau moyen. Pour le Maftir et la haftara, comptez six à neuf mois. Lire la paracha entière est un défi plus sérieux : 118 versets de lois techniques, sans fil narratif, donc plus difficiles à mémoriser ; prévoyez au moins un an. Pour vérifier la paracha de votre fils, lisez quelle paracha pour ma Bar Mitzvah.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

La paracha Michpatim parle de justice et de vie en société : c'est le sujet idéal pour un garçon qui devient responsable de ses actes.

1. Responsable de ses actes

Toute la paracha répète la même idée : si tu as causé un dommage, tu le répares, même sans l'avoir voulu (le feu qui se propage, la fosse laissée ouverte). C'est exactement ce que signifie devenir Bar Mitzvah : à 13 ans, on devient responsable. Le jeune peut donner un exemple concret, une erreur qu'il a su réparer.

2. Nous ferons et nous comprendrons

Le peuple dit « nous ferons » avant « nous comprendrons ». Le Bar Mitzvah peut raconter qu'au début de sa préparation, il lisait sans tout comprendre, et que le sens est venu en pratiquant : mettre les téfilines, réciter les bénédictions, lire son Maftir. Il peut terminer sur ce qu'il veut encore apprendre.

3. Ne pas suivre la foule

« Ne suis pas la majorité pour faire le mal » : une phrase qui parle à tous les collégiens. Le jeune peut évoquer les groupes de messagerie, les moqueries en classe ou les rumeurs (la paracha interdit aussi de propager une fausse rumeur), et dire qu'il veut avoir le courage de ne pas suivre quand ce n'est pas juste. S'il lit la haftara de Ma'har 'Hodech, l'amitié fidèle de David et Jonathan complète parfaitement ce message.

Pour structurer le discours, lisez comment écrire un discours mémorable pour sa Bar Mitzvah. Et pour comprendre les trois fêtes de pèlerinage citées dans la paracha, consultez notre calendrier des fêtes juives.

Préparer la paracha Michpatim avec Ma Paracha

Avec une paracha si souvent concernée par Chekalim ou Ma'har 'Hodech, le calcul compte. Le calculateur gratuit de Ma Paracha gère ces Chabbatot spéciaux et indique le Maftir et la haftara selon le rite séfarade ou ashkénaze ; la date reste indicative, c'est la communauté qui la fixe. L'application construit ensuite un programme jusqu'au jour J, avec chaque verset affiché en nikoud, te'amim et phonétique, et lu par une voix hébraïque, au ralenti si besoin. Cette voix lit le texte sans le chanter : la mélodie se travaille avec le rav, qui peut enregistrer sa lecture modèle dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire. Découvrez l'application Ma Paracha.

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Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Michpatim ?

En diaspora, la paracha Michpatim est lue le samedi 6 février 2027, le samedi 26 février 2028 et le samedi 10 février 2029. Elle tombe à la fin de Chevat et coïncide souvent avec Chabbat Chekalim. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha.

Quelle est la haftara de Michpatim ?

La haftara habituelle est Jérémie 34:8-22 et 33:25-26, identique chez les ashkénazes et les séfarades. Lors de Chabbat Chekalim, on lit II Rois 12:1-17 (ashkénazes) ou 11:17-12:17 (séfarades). Vérifiez avec votre synagogue.

De quoi parle la paracha Michpatim ?

La paracha Michpatim (ou Mishpatim) énonce les lois civiles : esclave hébreu, dommages, gardiens, vol, prêts sans intérêt, protection de l'étranger, justice, année sabbatique et trois fêtes de pèlerinage. Elle se conclut par l'alliance et « nous ferons et nous entendrons ».

Combien de versets compte la paracha Michpatim ?

Elle compte 118 versets, d'Exode 21:1 à 24:18, répartis en 7 montées, et contient 53 mitsvot selon le Séfer Ha'Hinoukh. Le Maftir habituel est Exode 24:15-18.

Que lit un Bar Mitzvah le Chabbat Chekalim ?

Si sa Bar Mitzvah tombe le Chabbat Chekalim, il lit en Maftir Exode 30:11-16, le passage du demi-sicle, et la haftara de II Rois au lieu de Jérémie. Le rav vous confirmera le texte exact.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

L’application de Bar-Mitzvah.fr pour préparer la lecture de la Bar Mitzvah.

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