Parachiot

Paracha Terouma : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 6 octobre 2026 · 14 min de lecture

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Étoffes bleu azur, pourpre et écarlate, feuilles d'or et bois d'acacia

La paracha Terouma est la 19e paracha du cycle annuel de la Torah et la septième du livre de l'Exode (Exode 25:1 à 27:19, 96 versets). Dieu demande aux enfants d'Israël une offrande volontaire pour construire le Michkan, le sanctuaire portatif du désert : l'arche, la table, la Ménorah, les tentures, l'autel et le parvis.

תְּרוּמָה

Le nom de la paracha, תְּרוּמָה (Terouma, que l'on trouve aussi écrit Teroumah, Trouma ou Terumah), signifie « prélèvement » ou « offrande » : c'est le mot du deuxième verset, « qu'ils prélèvent pour Moi une offrande ». Après la révélation du Sinaï (Yitro) et les lois civiles de Michpatim, la Torah passe à un tout autre registre : celui d'un chantier. Pendant plusieurs parachiot, elle décrit avec une précision d'architecte la maison où la Présence divine va résider au milieu du peuple. Vous trouverez ici le résumé de la paracha Terouma montée par montée, ses grands thèmes, sa haftara et tout ce qu'il faut savoir pour préparer une Bar Mitzvah sur ce texte.

Paracha Terouma : le résumé

La paracha Terouma est presque entièrement un cahier des charges : Dieu montre à Moïse, sur le mont Sinaï, le modèle du Michkan et de ses objets, et lui en donne les mesures. Le texte se lit en sept montées (aliyot), suivies du Maftir.

1re montée (Exode 25:1-16) : l'appel aux dons et l'arche d'alliance

Dieu demande à Moïse de recueillir une offrande « de la part de quiconque y sera porté par son cœur ». La liste des matériaux suit : or, argent et cuivre ; laine d'azur (tekhélet), de pourpre et d'écarlate ; fin lin et poil de chèvre ; peaux de bélier teintes en rouge et peaux de ta'hach ; bois d'acacia (chittim) ; huile pour le luminaire ; aromates pour l'huile d'onction et l'encens ; pierres de choham et pierres à sertir pour l'éphod et le pectoral du grand prêtre. Puis vient le verset central de toute la paracha : « Ils me feront un sanctuaire et je résiderai au milieu d'eux » (Exode 25:8). Le premier objet décrit est l'arche : un coffre en bois d'acacia de deux coudées et demie de long, une coudée et demie de large et de haut, recouvert d'or à l'intérieur et à l'extérieur, avec quatre anneaux d'or et deux barres pour le porter. Ces barres ne doivent jamais en être retirées. Dans l'arche, Moïse déposera « le Témoignage », les Tables de la Loi.

2e montée (Exode 25:17-40) : le propitiatoire, la table et la Ménorah

Sur l'arche repose le propitiatoire (kaporet), une plaque d'or pur aux dimensions de l'arche, d'où ressortent deux chérubins (keroubim) façonnés dans la même pièce d'or. Leurs ailes sont déployées vers le haut et leurs visages tournés l'un vers l'autre : « C'est là que je te donnerai rendez-vous », dit Dieu à Moïse, « d'entre les deux chérubins ». Vient ensuite la table, en acacia plaqué d'or (deux coudées sur une, une coudée et demie de haut), sur laquelle seront posés en permanence les pains de proposition (le'hem hapanim). Enfin la Ménorah, le candélabre, ciselée d'un seul bloc d'or pur : une tige centrale, six branches, des calices en forme d'amande, des boutons et des fleurs, sept lampes, le tout pesant un kikar d'or. La montée se termine par une consigne qui revient plusieurs fois : « Regarde et exécute, selon le modèle qui t'est montré sur la montagne. »

3e montée (Exode 26:1-14) : les tentures et les couvertures

Le Michkan lui-même est d'abord un ensemble de tissus. Dix tentures de lin retors tissées de laine d'azur, de pourpre et d'écarlate, ornées de chérubins, mesurent chacune vingt-huit coudées sur quatre ; elles sont cousues en deux groupes de cinq, reliés par cinquante lacets d'azur et cinquante agrafes d'or. Au-dessus, onze tentures de poil de chèvre de trente coudées forment une tente, reliée par cinquante agrafes de cuivre ; la onzième est repliée sur l'avant. Par-dessus encore, une couverture de peaux de bélier teintes en rouge et une couverture de peaux de ta'hach.

4e montée (Exode 26:15-30) : les planches et les socles d'argent

Les murs sont faits de planches (kerachim) d'acacia de dix coudées de haut et d'une coudée et demie de large, plaquées d'or. Chacune possède deux tenons qui s'emboîtent dans deux socles d'argent. Il y a vingt planches au sud, vingt au nord, six à l'ouest et deux pour les angles, soit quarante-huit planches posées sur quatre-vingt-seize socles. Cinq traverses de chaque côté les maintiennent, dont une traverse centrale qui court d'un bout à l'autre à l'intérieur des planches. Le texte rappelle encore que Moïse doit dresser le Michkan selon ce qui lui a été montré sur la montagne.

5e montée (Exode 26:31-37) : le voile et le rideau d'entrée

Un voile (parokhet) de laine d'azur, de pourpre, d'écarlate et de lin, brodé de chérubins, est suspendu à quatre piliers plaqués d'or. Derrière lui, on place l'arche avec son propitiatoire : c'est le Saint des saints. Devant le voile, la table se tient au nord et la Ménorah au sud, face à face. L'entrée de la tente est fermée par un rideau brodé (massakh), suspendu à cinq piliers posés sur des socles de cuivre.

6e montée (Exode 27:1-8) : l'autel de cuivre

Dans la cour se dresse l'autel des sacrifices : un carré de cinq coudées de côté et trois de haut, en bois d'acacia recouvert de cuivre, avec quatre cornes aux angles. Ses ustensiles (pelles, bassins, fourches, brasiers) sont en cuivre ; une grille de cuivre l'entoure à mi-hauteur. L'autel est creux, fait de planches, et se transporte grâce à deux barres plaquées de cuivre.

7e montée et Maftir (Exode 27:9-19) : le parvis

Le Michkan est entouré d'un parvis de cent coudées sur cinquante, délimité par des toiles de lin retors de cinq coudées de haut, tendues sur des piliers aux socles de cuivre, aux crochets et aux tringles d'argent. À l'est, l'entrée est un rideau brodé de vingt coudées. Le Maftir (Exode 27:17-19) récapitule : tous les piliers du parvis sont reliés par des tringles d'argent, la cour mesure cent coudées sur cinquante, et tous les ustensiles et piquets du Michkan et du parvis sont en cuivre.

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

Préparer la paracha Terouma avec Ma Paracha

Les grands thèmes et les mitsvot de Terouma

La paracha Terouma parle de dons, de beauté et de présence : comment un peuple d'anciens esclaves construit une demeure pour Dieu avec ce que chacun apporte de lui-même.

Une offrande qui vient du cœur

La Torah ne fixe aucun montant : chacun donne ce que « son cœur » le pousse à donner. Rachi explique que le mot « pour Moi » (li) signifie « pour Mon Nom » : le don doit être fait pour Dieu, pas pour être vu. Il rapporte aussi, d'après le Midrach Tan'houma, que treize matériaux différents sont énumérés dans le texte, et que le mot terouma apparaît trois fois parce qu'il fait allusion à trois prélèvements : le demi-sicle qui servit à fondre les socles d'argent, le demi-sicle destiné aux sacrifices communautaires, et l'offrande libre de chacun pour le Michkan. Le sanctuaire est donc bâti à la fois avec une contribution égale pour tous et avec la générosité personnelle de chacun.

« Je résiderai au milieu d'eux »

Pourquoi le texte commence-t-il par l'arche, et non par les murs ? Le Ramban (Nahmanide) répond dans son commentaire d'Exode 25:1 : après le don de la Torah et l'alliance, Israël est devenu un « peuple saint », digne qu'il y ait parmi lui un sanctuaire où réside la Gloire divine. Le but principal du Michkan est ce lieu de la Présence, l'arche et le propitiatoire, d'où Dieu parle à Moïse. C'est pourquoi l'arche est ordonnée en premier, puis la table et la Ménorah, qui sont elles aussi des objets « habités » par le sens du sanctuaire. On remarque souvent que le verset dit « au milieu d'eux » et non « au milieu de lui » (du sanctuaire) : une lecture très répandue y voit l'idée que la Présence divine cherche d'abord à résider dans les personnes.

Les chérubins qui se regardent

Le Talmud (Bava Batra 99a) relève une contradiction : la Torah dit que les chérubins se faisaient face, mais le livre des Chroniques dit qu'ils regardaient vers le Temple. Une réponse : leur position changeait selon la conduite du peuple. Quand Israël faisait la volonté de Dieu, ils se tournaient l'un vers l'autre ; sinon, ils se détournaient. Belle image pour une famille ou une classe : la Présence se trouve là où l'on se regarde en face.

Les barres de l'arche et les mitsvot de la paracha

Le Séfer Ha'Hinoukh, qui classe les 613 commandements dans l'ordre des parachiot, en compte trois dans Terouma : construire un sanctuaire pour Dieu (mitsva 95), ne pas retirer les barres de l'arche (96) et disposer en permanence les pains de proposition sur la table (97). L'interdiction de retirer les barres intrigue : un objet fait pour être porté doit rester prêt à partir, même lorsqu'il est posé. La Torah n'est jamais attachée à un seul lieu ; elle accompagne le peuple partout où il va.

La haftara de Terouma

La haftara de Terouma est tirée du premier livre des Rois (I Rois 5:26 à 6:13). Elle est identique chez les Ashkénazes et les Séfarades, et compte 20 versets.

RiteHaftara de TeroumaVersets
AshkénazeI Rois 5:26 – 6:1320
SéfaradeI Rois 5:26 – 6:13 (identique)20

Le lien avec la paracha est direct : au Michkan portatif du désert répond le Temple de pierre de Jérusalem. Le texte raconte comment le roi Salomon, à qui Dieu a donné la sagesse, conclut une alliance avec Hiram, roi de Tyr, et lève des équipes d'ouvriers : trente mille hommes envoyés au Liban par roulement pour couper le bois, des porteurs, des tailleurs de pierre et leurs contremaîtres. La construction commence 480 ans après la sortie d'Égypte. Le Temple mesure soixante coudées de long, vingt de large et trente de haut ; les pierres arrivent taillées de la carrière, si bien qu'on n'entend sur le chantier ni marteau, ni hache, ni aucun outil de fer. La haftara se termine par une promesse qui fait écho au verset 25:8 de la paracha : si Salomon suit les lois de Dieu, « Je résiderai au milieu des enfants d'Israël et je n'abandonnerai point Israël, mon peuple ».

Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) et selon le calendrier : confirmez toujours la lecture auprès de votre synagogue. Pour comprendre le rôle de ce texte prophétique, voyez notre page la haftara, c'est quoi ?.

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Terouma

En diaspora, la paracha Terouma est lue le samedi 13 février 2027, le samedi 4 mars 2028 et le samedi 17 février 2029. Elle tombe en général au mois d'Adar (en Adar I les années embolismiques), le même Chabbat en Israël et en diaspora. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha : un garçon dont la Bar Mitzvah tombe sur Terouma a une paracha « à lui ». Pour savoir si c'est bien le cas de votre fils, consultez notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ? et le calendrier des parachiot.

Ce que lit le Bar Mitzvah

En France, le Bar Mitzvah lit le plus souvent le Maftir (3 versets, Exode 27:17-19) et la haftara (20 versets), précédés et suivis de leurs bénédictions. Certains garçons lisent aussi une ou plusieurs montées, voire toute la paracha (96 versets). Voici le découpage complet :

MontéeRéférenceVersets
1re montéeExode 25:1-1616
2e montéeExode 25:17-4024
3e montéeExode 26:1-1414
4e montéeExode 26:15-3016
5e montéeExode 26:31-377
6e montéeExode 27:1-88
7e montéeExode 27:9-1911
MaftirExode 27:17-193

Les Chabbatot spéciaux à surveiller

Terouma tombe certaines années sur un Chabbat particulier qui change le Maftir et la haftara. Lorsque le Chabbat de Terouma coïncide avec Roch 'Hodech Adar, c'est Chabbat Chekalim : on sort un second Séfer Torah pour lire le passage du demi-sicle (Exode 30:11-16) et la haftara devient celle de Chekalim (II Rois 12:1-17 chez les Ashkénazes, II Rois 11:17 à 12:17 chez les Séfarades). Les années embolismiques, Terouma peut aussi tomber le jour de Roch 'Hodech Adar I ; on lit alors le Maftir de Roch 'Hodech (Nombres 28:9-15) et une haftara d'Isaïe (chapitre 66). Ce n'est pas un problème, mais il faut le savoir avant de commencer l'apprentissage.

Difficulté et durée de préparation

La paracha Terouma est très descriptive : beaucoup de mesures, de matériaux et de termes techniques (coudées, socles, agrafes, tenons) qui se ressemblent d'un verset à l'autre. C'est un piège classique pour la mémoire. Le Maftir est court ; la haftara, narrative, se lit facilement. Pour Maftir et haftara, comptez six à neuf mois de préparation régulière, à raison de deux ou trois séances courtes par semaine ; pour la paracha entière, un an ou plus. Un garçon né en Adar d'une année simple et dont l'année des 13 ans est embolismique fête en général sa Bar Mitzvah en Adar II : vérifiez la date avec votre rav. Pour les étapes de la lecture, voyez aussi notre page sur la lecture de la paracha lors d'une Bar Mitzvah.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

Le dvar Torah est le petit discours que le Bar Mitzvah prononce sur sa paracha. Voici trois pistes tirées de la paracha Terouma, faciles à développer à 13 ans.

1. « Selon ce que ton cœur te pousse à donner »

Dieu aurait pu imposer un impôt ; il demande un don libre. Le garçon peut raconter ce qu'il a, lui, envie de donner à sa communauté et à sa famille : du temps, un talent (la musique, le sport, l'aide aux devoirs), de l'attention. Avec ses 13 ans commence la mitsva de la tsedaka en adulte : il peut annoncer un don personnel à une association de son choix.

2. Les chérubins qui se font face

D'après le Talmud, les chérubins se regardaient quand le peuple faisait le bien. Message possible : la sainteté ne se trouve pas seulement à la synagogue, mais dans la façon de regarder son frère, sa sœur ou un camarade de classe. Le garçon peut remercier ceux qui l'ont « regardé en face » pendant sa préparation : parents, grands-parents, rav.

3. Des barres qui ne quittent jamais l'arche

L'arche est toujours prête à voyager. Après la Bar Mitzvah, la Torah ne reste pas à la synagogue : elle part au collège, en vacances, sur le terrain de foot. Le garçon peut s'engager à emporter avec lui une habitude concrète (mettre les téfilines, étudier un peu chaque semaine). Pour structurer ce discours, lisez notre guide comment écrire un discours de Bar Mitzvah mémorable.

Préparer la paracha Terouma avec Ma Paracha

Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, trouve en quelques secondes la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils selon sa date de naissance, son rite (séfarade ou ashkénaze) et le lieu (diaspora ou Israël), en tenant compte des Chabbatot spéciaux comme Chekalim. Elle bâtit ensuite un programme jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset de la paracha Terouma et de sa haftara s'affiche avec le texte, la phonétique et une voix hébraïque. Cette voix lit le texte en lecture parlée : la mélodie des te'amim s'apprend avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire. Découvrez toutes les fonctions sur notre page application pour préparer sa paracha.

Trouver la paracha de mon fils

Paracha précédente : la paracha Michpatim. Paracha suivante : la paracha Tetsavé.

Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Terouma ?

En diaspora, la paracha Terouma est lue le samedi 13 février 2027, le samedi 4 mars 2028 et le samedi 17 février 2029. Elle tombe au mois d'Adar (Adar I les années embolismiques), le même Chabbat en Israël et en diaspora. Certaines années, elle coïncide avec Chabbat Chekalim ou avec Roch 'Hodech.

Quelle est la haftara de Terouma ?

La haftara de Terouma est I Rois 5:26 à 6:13, aussi bien chez les Ashkénazes que chez les Séfarades. Elle raconte la construction du Temple de Salomon. Si le Chabbat coïncide avec Chekalim ou Roch 'Hodech, on lit la haftara de ce Chabbat spécial : vérifiez auprès de votre synagogue.

De quoi parle la paracha Terouma ?

La paracha Terouma (ou Teroumah) décrit la collecte des dons pour le Michkan et ses plans : l'arche d'alliance et ses chérubins, la table des pains, la Ménorah, les tentures, les planches, le voile, l'autel de cuivre et le parvis. Son verset central est « Ils me feront un sanctuaire et je résiderai au milieu d'eux ».

Combien de versets compte la paracha Terouma ?

La paracha Terouma compte 96 versets (Exode 25:1 à 27:19), répartis en sept montées de 7 à 24 versets. Le Maftir compte 3 versets (Exode 27:17-19).

Que lit un garçon qui fait sa Bar Mitzvah sur Terouma ?

Le plus souvent, il lit le Maftir (3 versets) et la haftara (20 versets) avec leurs bénédictions. Certains lisent une montée ou toute la paracha Terouma. Comptez six à neuf mois de préparation pour Maftir et haftara, et vérifiez qu'aucun Chabbat spécial ne change la lecture cette année-là.

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