Parachiot

Paracha Tsav : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 7 octobre 2026 · 11 min de lecture

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Feu perpétuel sur un autel de pierre dans la nuit

La paracha Tsav est la 25e des 54 sections hebdomadaires de la Torah et la deuxième du livre du Lévitique (Vayikra 6:1 à 8:36, 97 versets). Elle détaille les lois des sacrifices du point de vue des Cohanim, puis raconte la consécration d'Aaron et de ses fils pendant sept jours.

צַו

Son nom signifie « Ordonne », d'après le premier mot significatif du texte : « Ordonne à Aaron et à ses fils ». On rencontre aussi l'orthographe Tzav, plus proche de l'anglais : c'est la même paracha. Elle suit la paracha Vayikra et précède la paracha Chemini. Elle est lue au début du printemps, souvent juste avant Pessa'h. Vous trouverez ici le résumé montée par montée, les grands thèmes, la haftara selon votre rite et tous les repères pour préparer une Bar Mitzvah sur cette paracha.

Paracha Tsav : le résumé

La paracha Tsav reprend les sacrifices décrits dans Vayikra, mais cette fois sous forme d'instructions adressées aux prêtres : comment entretenir le feu, qui mange quoi, où et jusqu'à quand. La seconde moitié est un récit : l'inauguration du sacerdoce d'Aaron et de ses fils par Moïse.

1re montée (Lévitique 6:1-11) : le feu perpétuel et l'offrande de farine

Dieu demande à Moïse d'ordonner à Aaron et à ses fils la loi de l'holocauste ('ola) : il reste sur l'autel toute la nuit jusqu'au matin. Chaque matin, le prêtre revêt sa tunique de lin, prélève la cendre et la dépose à côté de l'autel ; il change ensuite de vêtements pour la porter hors du camp, dans un lieu pur. Le feu de l'autel ne doit jamais s'éteindre : « un feu perpétuel brûlera sur l'autel » (6:6). Vient ensuite la loi de l'offrande de farine (min'ha) : une poignée est brûlée sur l'autel, le reste est mangé par les prêtres sous forme de pains azymes, dans l'enceinte sacrée.

2e montée (Lévitique 6:12-7:10) : l'offrande du grand prêtre, le 'hatat et l'acham

Le jour de son onction, puis chaque jour, le grand prêtre apporte un dixième d'épha de fleur de farine, moitié le matin, moitié le soir, préparée sur une plaque avec de l'huile ; elle est entièrement brûlée, car l'offrande de farine d'un prêtre ne se mange pas. La Torah expose ensuite la loi du sacrifice expiatoire ('hatat) : il est égorgé au même endroit que l'holocauste et mangé par les prêtres dans le lieu saint ; le vase de terre où il a cuit doit être brisé, le vase de cuivre récuré. Suit la loi du sacrifice de culpabilité (acham), puis la part des prêtres : la peau de l'holocauste et certaines offrandes de farine.

3e montée (Lévitique 7:11-38) : le sacrifice de paix et l'offrande de reconnaissance

C'est la plus longue montée (28 versets). Elle décrit le sacrifice de paix (chelamim), que tout Israélite peut apporter. Offert en remerciement, il s'appelle toda et s'accompagne de pains azymes, de galettes et de pains levés ; il doit être mangé le jour même. Offert par vœu ou spontanément, il se mange sur deux jours ; ce qui reste le troisième jour est brûlé. La montée interdit aussi de consommer la graisse ('helev) du bœuf, du mouton et de la chèvre, ainsi que le sang de tout animal et de tout oiseau. Elle fixe enfin la part des prêtres sur le sacrifice de paix : la poitrine et la cuisse droite. Un verset de conclusion rappelle que ces lois ont été données au mont Sinaï.

4e montée (Lévitique 8:1-13) : Aaron revêt les habits du grand prêtre

Le récit commence : Moïse rassemble la communauté à l'entrée de la Tente d'assignation. Il lave Aaron et ses fils, puis habille Aaron : tunique, ceinture, robe, éphod, pectoral contenant les Ourim et Toumim, turban et plaque d'or. Il oint le Tabernacle et son contenu, asperge sept fois l'autel, verse l'huile d'onction sur la tête d'Aaron, puis revêt ses fils de leurs tuniques.

5e montée (Lévitique 8:14-21) : le taureau et le bélier

Moïse offre le taureau expiatoire : Aaron et ses fils posent les mains sur sa tête, Moïse met le sang sur les cornes de l'autel et brûle les graisses ; le reste est brûlé hors du camp. Puis le bélier de l'holocauste est entièrement consumé sur l'autel.

6e montée (Lévitique 8:22-29) : le bélier d'investiture

Le second bélier est le « bélier des milouim », de l'investiture. Moïse met de son sang sur le lobe de l'oreille droite, le pouce de la main droite et le gros orteil du pied droit d'Aaron, puis de ses fils. Il place dans leurs mains les graisses, la cuisse droite et les pains, les fait balancer devant Dieu et les brûle. La poitrine revient à Moïse, qui officie pendant ces jours comme prêtre.

7e montée (Lévitique 8:30-36) : sept jours à l'entrée de la Tente

Moïse asperge Aaron, ses fils et leurs vêtements d'huile d'onction et de sang. Les prêtres font cuire la viande et la mangent avec le pain à l'entrée de la Tente. Pendant sept jours, ils ne doivent pas quitter cet endroit, jour et nuit, « afin de ne pas mourir ». La paracha se termine sur une phrase simple : Aaron et ses fils firent tout ce que Dieu avait ordonné par Moïse. Le Maftir reprend les quatre derniers versets (8:33-36).

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

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Les grands thèmes et les mitsvot de Tsav

Selon le Séfer Ha'Hinoukh, la paracha Tsav contient 18 mitsvot, presque toutes liées au service du Sanctuaire. Derrière ces règles techniques, les commentateurs voient plusieurs idées fortes.

« Tsav » : l'urgence et la durée

Rachi relève que le mot « ordonne » (tsav) n'est pas neutre : il exprime une incitation pressante, valable tout de suite et pour toutes les générations. Rabbi Chimon ajoute, cité par Rachi, que l'encouragement est surtout nécessaire là où il y a une perte d'argent : l'holocauste est entièrement brûlé, le prêtre n'en retire rien. Autrement dit, on a besoin d'être motivé quand une mitsva ne rapporte rien en retour.

Le feu qui ne s'éteint jamais

« Un feu perpétuel brûlera sur l'autel, il ne s'éteindra pas » (6:6). Chaque matin, le prêtre commence sa journée par le geste le plus humble : retirer la cendre. Ce verset est souvent lu comme une image de la constance : l'enthousiasme d'un jour ne suffit pas, il faut l'entretenir chaque matin avec du bois neuf.

Dire merci : le sacrifice de toda

Le Talmud (Berakhot 54b) enseigne que quatre personnes doivent remercier Dieu : celui qui a traversé la mer, celui qui a traversé le désert, le malade guéri et le prisonnier libéré. C'est l'origine de la bénédiction de Hagomel, que l'on dit encore aujourd'hui à la Torah. Le Midrach (Vayikra Rabba 9:7) va plus loin : dans les temps futurs, tous les sacrifices seront abolis, sauf l'offrande de reconnaissance.

Le sang et la graisse : les racines de la cacheroute

L'interdiction de consommer le sang et certaines graisses (7:22-27) s'applique encore aujourd'hui : c'est pour cela que la viande cachère est salée pour en retirer le sang, et que le boucher enlève le 'helev.

La haftara de Tsav

La haftara de la paracha Tsav est tirée du prophète Jérémie (7:21-8:3, puis 9:22-23), identique chez les Ashkénazes et les Séfarades selon notre tableau de référence.

RiteHaftaraVersets
AshkénazeJérémie 7:21-8:3 et 9:22-2319
SéfaradeJérémie 7:21-8:3 et 9:22-23 (identique)19

Le lien avec la paracha est presque provocant : alors que Tsav décrit les sacrifices en détail, Jérémie fait dire à Dieu : « Ajoutez vos holocaustes à vos sacrifices et mangez-en la chair ». Au jour de la sortie d'Égypte, explique le prophète, l'essentiel n'était pas l'holocauste mais « Écoutez ma voix ». Jérémie dénonce ensuite les cultes idolâtres de la vallée de Ben-Hinnom et annonce que les ossements des rois et des notables de Juda seront exposés au soleil. Pour ne pas finir sur une menace, on saute au chapitre 9 : « Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, ni le fort de sa force, ni le riche de sa richesse », mais de connaître Dieu, qui pratique la bonté, le droit et la justice.

Attention : la paracha Tsav tombe souvent sur un Chabbat particulier. Les années simples, c'est fréquemment Chabbat Hagadol, le Chabbat qui précède Pessa'h, avec la haftara de Malachie (3:4-24). Les années embolismiques, elle peut coïncider avec Chabbat Zakhor ou Chabbat Para, qui ont leur propre Maftir et leur propre haftara. Les haftarot peuvent aussi varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez toujours auprès de votre synagogue. Pour comprendre le rôle de ce texte, lisez notre page la Haftarah, c'est quoi ?

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Tsav

En diaspora, la paracha Tsav est lue le samedi 27 mars 2027, le samedi 8 avril 2028 et le samedi 24 mars 2029. Elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha, mais elle est très souvent lue un Chabbat spécial : avant de fixer le programme de votre fils, vérifiez donc quel Maftir et quelle haftara seront réellement lus ce jour-là. Pour savoir si sa date tombe sur Tsav, utilisez notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ou le calendrier des parachiot.

En France, le Bar Mitzvah lit le plus souvent le Maftir et la haftara ; certains garçons lisent toute la paracha. Voici le découpage :

PartieRéférenceVersets
1re montéeLévitique 6:1-1111
2e montéeLévitique 6:12-7:1022
3e montéeLévitique 7:11-3828
4e montéeLévitique 8:1-1313
5e montéeLévitique 8:14-218
6e montéeLévitique 8:22-298
7e montéeLévitique 8:30-367
MaftirLévitique 8:33-364

Difficulté. Avec 97 versets, Tsav est une paracha de longueur moyenne. Les trois premières montées contiennent un vocabulaire technique (noms de sacrifices, de pains, de parties de l'animal) qui demande de la rigueur ; le récit de la consécration est plus facile à suivre. Le Maftir, quatre versets, est court et accessible. La haftara de Jérémie (19 versets) est plus exigeante, avec un style prophétique dense.

Durée de préparation conseillée. Comptez 6 à 9 mois pour le Maftir et la haftara à raison de deux ou trois séances par semaine, et 9 à 12 mois pour la paracha complète. Si la date tombe un Chabbat Hagadol ou Para, prévoyez dès le départ la haftara de ce Chabbat, qui n'est pas celle de Jérémie. Pour l'organisation pas à pas, consultez comment apprendre sa paracha et les bénédictions de la montée à la Torah.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

La paracha Tsav semble aride au premier abord, mais elle offre de très beaux messages pour un garçon de 13 ans. Voici trois pistes concrètes.

  1. Entretenir son feu chaque matin. Le feu de l'autel ne devait jamais s'éteindre, mais il fallait y remettre du bois tous les jours. Votre fils peut dire que sa Bar Mitzvah est une belle flamme, et qu'il s'engage à l'entretenir : mettre ses téfilines chaque matin, continuer à apprendre après la fête, ne pas laisser l'élan retomber.
  2. Commencer par sortir la cendre. Le premier geste du prêtre, chaque jour, était de retirer les cendres, en tenue de lin. Même le grand prêtre faisait ce travail modeste. Message : aucune tâche n'est indigne, et la grandeur commence par l'humilité (débarrasser la table, aider à la maison, rendre service sans qu'on le demande).
  3. Le sacrifice qui ne disparaîtra jamais. Selon le Midrach, seule l'offrande de reconnaissance subsistera toujours. Le discours peut devenir un grand « merci » : aux parents, aux grands-parents, au rav qui l'a préparé, en expliquant que dire merci est la forme la plus durable du service de Dieu.

Pour structurer le texte, appuyez-vous sur notre guide comment écrire un discours mémorable pour sa Bar Mitzvah.

Préparer la paracha Tsav avec Ma Paracha

Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, calcule gratuitement la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils, y compris les Chabbatot spéciaux (Hagadol, Zakhor, Para) si fréquents pour Tsav. Elle construit ensuite un programme jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset s'affiche avec te'amim et phonétique, et une voix hébraïque le lit, même au ralenti. Précision honnête : cette voix lit le texte, elle ne chante pas la mélodie ; le rav peut enregistrer la lecture chantée dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; Premium à 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. Découvrez toutes les fonctions sur la page de l'application Ma Paracha.

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Paracha précédente : Vayikra. Paracha suivante : Chemini.

Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Tsav ?

En diaspora, la paracha Tsav est lue le samedi 27 mars 2027, le samedi 8 avril 2028 et le samedi 24 mars 2029. Elle tombe au début du printemps, souvent le Chabbat qui précède Pessa'h (Chabbat Hagadol), ou certaines années Chabbat Zakhor ou Para.

Quelle est la haftara de Tsav ?

La haftara de Tsav est Jérémie 7:21-8:3 suivi de 9:22-23, chez les Ashkénazes comme chez les Séfarades. Mais quand Tsav coïncide avec un Chabbat spécial, on lit la haftara de ce Chabbat, par exemple Malachie 3:4-24 pour Chabbat Hagadol. Confirmez auprès de votre synagogue.

De quoi parle la paracha Tsav ?

La paracha Tsav (ou Tzav) donne aux prêtres les règles des sacrifices : le feu perpétuel de l'autel, les offrandes de farine, le 'hatat, l'acham et le sacrifice de paix. Elle raconte ensuite les sept jours de consécration d'Aaron et de ses fils par Moïse.

Combien de versets compte la paracha Tsav ?

La paracha Tsav compte 97 versets, de Lévitique 6:1 à 8:36. La plus longue montée est la troisième (28 versets) et le Maftir compte 4 versets (8:33-36).

Que lit un Bar Mitzvah sur la paracha Tsav ?

Le plus souvent, il lit le Maftir (Lévitique 8:33-36) et la haftara de Jérémie, sauf si le Chabbat est un Chabbat spécial avec un autre Maftir ou une autre haftara. Certains garçons lisent toute la paracha, soit 97 versets : c'est un choix à faire avec le rav, en fonction du temps de préparation disponible.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

L’application de Bar-Mitzvah.fr pour préparer la lecture de la Bar Mitzvah.

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