Prières

Tefilat Haderekh : la prière du voyageur en hébreu et en phonétique

Par Nathan LEVY · Publié le 12 octobre 2026 · 5 min de lecture

Route de campagne au lever du soleil, vue depuis le volant d'une voiture

La Tefilat Haderekh (« prière du chemin ») est la prière que l'on récite en partant en voyage, en voiture, en train ou en avion, pour demander à arriver en paix. Elle se dit une fois sorti de la ville, au début du trajet. Voici le texte du rite séfarade en hébreu, en phonétique et en français.

Quand dire la Tefilat Haderekh ?

  • Pour un trajet d'au moins une parsa (environ 72 minutes de marche, soit 4 à 5 km) hors de la ville.
  • Après être sorti de la ville, au-delà des dernières maisons ; on peut la dire dans la voiture, le train ou l'avion.
  • Une fois par jour de voyage : si le voyage dure plusieurs jours, on la répète chaque matin.
  • De préférence après une autre bénédiction (par exemple après avoir bu ou mangé et dit la bénédiction finale), pour qu'elle soit « collée » à une bénédiction.

Texte de la Tefilat Haderekh en hébreu, phonétique et français

La prière

Les mots entre parenthèses « וְתַחֲזִירֵנוּ לְשָׁלוֹם » ne se disent que si l'on rentre chez soi le jour même. Selon certains avis, on conclut sans le Nom divin : « Baroukh choméa téfila ».

יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, שֶׁתּוֹלִיכֵנוּ לְשָׁלוֹם, וְתַצְעִידֵנוּ לְשָׁלוֹם, וְתִסְמְכֵנוּ לְשָׁלוֹם, (וְתַחֲזִירֵנוּ לְשָׁלוֹם), וְתַצִּילֵנוּ מִכַּף כָּל אוֹיֵב וְאוֹרֵב בַּדֶּרֶךְ, וְתִשְׁלַח בְּרָכָה בְּמַעֲשֵׂה יָדֵינוּ, וְתִתְּנֵנוּ לְחֵן וּלְחֶסֶד וּלְרַחֲמִים בְּעֵינֶיךָ וּבְעֵינֵי כָל רוֹאֵינוּ. בָּרוּךְ (אַתָּה יְהֹוָה) שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה:

Yéhi ratson miléfanékha Adonaï Élohénou vélohé avoténou, chétolikhénou léchalom, vétatsidénou léchalom, vétismékhénou léchalom, (véta'hazirénou léchalom), vétatsilénou mikaf kol oyév véorév badérèkh, vétichla'h bérakha bémaassé yadénou, vétiténénou lé'hén oulé'héssèd ouléra'hamim béénékha ouvééné khol roénou. Baroukh (ata Adonaï) choméa téfila.

Qu'il soit de Ta volonté, Éternel notre Dieu et Dieu de nos pères, de nous conduire en paix, de guider nos pas en paix, de nous soutenir en paix (si l'on rentre le jour même : et de nous ramener en paix), de nous sauver de tout ennemi et de toute embuscade sur la route, d'envoyer la bénédiction dans l'œuvre de nos mains, et de nous accorder grâce, bienveillance et miséricorde à Tes yeux et aux yeux de tous ceux qui nous voient. Béni sois-Tu, Éternel, qui écoutes la prière.

Les versets de protection

Beaucoup ajoutent ensuite ces versets, chacun trois fois.

וְיַעֲקֹב הָלַךְ לְדַרְכּוֹ וַיִּפְגְּעוּ בוֹ מַלְאֲכֵי אֱלֹהִים וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב כַּאֲשֶׁר רָאָם מַחֲנֵה אֱלֹהִים זֶה וַיִּקְרָא שֵׁם הַמָּקוֹם הַהוּא מַחֲנָיִם

Véyaakov halakh lédarko vayifguéou vo malakhé Élohim vayomèr Yaakov kaachèr raam ma'hané Élohim zé vayikra chém hamakom hahou ma'hanayim

Jacob poursuivit sa route, et des anges de Dieu vinrent à sa rencontre. En les voyant, Jacob dit : « C'est le camp de Dieu », et il appela ce lieu Ma'hanayim. (Genèse 32, 2-3)

וַיִּסָּעוּ וַיְהִי חִתַּת אֱלֹהִים עַל הֶעָרִים אֲשֶׁר סְבִיבוֹתֵיהֶם וְלֹא רָדְפוּ אַחֲרֵי בְּנֵי יַעֲקֹב לִישׁוּעָתְךָ קִוִּיתִי יְהֹוָה

Vayissaou vayhi 'hitat Élohim al héarim achèr sévivotéhèm vélo radéfou a'haré béné Yaakov lichouatékha kiviti Adonaï

Ils partirent, et la terreur de Dieu fut sur les villes d'alentour, si bien qu'on ne poursuivit pas les fils de Jacob. (Genèse 35, 5) J'espère en Ton salut, Éternel. (Genèse 49, 18 ; trois fois)

יְבָרֶכְךָ יְהֹוָה וְיִשְׁמְרֶךָ יָאֵר יְהֹוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּ יִשָּׂא יְהֹוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם

Yévarékhékha Adonaï véyichmérékha yaér Adonaï panav élékha vi'hounéka yissa Adonaï panav élékha véyassém lékha chalom

Que l'Éternel te bénisse et te garde. Que l'Éternel fasse rayonner Sa face vers toi et t'accorde Sa grâce. Que l'Éternel tourne Sa face vers toi et te donne la paix. (Nombres 6, 24-26 ; trois fois)

הִנֵּה אָנֹכִי שֹׁלֵחַ מַלְאָךְ לְפָנֶיךָ לִשְׁמָרְךָ בַּדָּרֶךְ וְלַהֲבִיאֲךָ אֶל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר הֲכִנֹתִי

Hiné anokhi choléa'h malakh léfanékha lichmorkha badarèkh vélahaviakha èl hamakom achèr hakhinoti

Voici, J'envoie un ange devant toi pour te garder en chemin et te conduire au lieu que J'ai préparé. (Exode 23, 20 ; trois fois)

הַמַּלְאָךְ הַגֹּאֵל אֹתִי מִכׇּל רָע יְבָרֵךְ אֶת הַנְּעָרִים וְיִקָּרֵא בָהֶם שְׁמִי וְשֵׁם אֲבֹתַי אַבְרָהָם וְיִצְחָק וְיִדְגּוּ לָרֹב בְּקֶרֶב הָאָרֶץ

Hamalakh hagoél oti mikol ra yévarékh èt hanéarim véyikaré vahèm chémi véchém avotaï Avraham véyits'hak véyidgou larov békérèv haarèts

L'ange qui m'a délivré de tout mal bénira les enfants ; que mon nom et celui de mes pères, Abraham et Isaac, soient invoqués sur eux, et qu'ils se multiplient comme les poissons au milieu de la terre. (Genèse 48, 16 ; trois fois)

Le sens de la prière du voyageur

La prière est formulée au pluriel (« conduis-nous ») même quand on voyage seul : elle associe le voyageur à toute la communauté. On y demande trois choses : arriver en paix, être protégé des dangers de la route, et trouver grâce aux yeux de ceux que l'on rencontrera. Le Talmud (Berakhot 29b) la cite déjà, avec la règle de la dire au début du chemin.

À lire aussi : le Patah Eliyahou, la bénédiction des enfants, la prière du soir. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.

Sources

  • Talmud de Babylone, Berakhot 29b-30a.
  • Choulhan Aroukh, Ora'h 'Haïm 110, 4-7.
  • Genèse 32, 2-3 ; 35, 5 ; 48, 16 ; 49, 18 ; Exode 23, 20 ; Nombres 6, 24-26.
  • Texte hébreu : Siddur Edot HaMizrach, rite séfarade, édition Shaliehsaboo, Sefaria (domaine public, CC0). Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.

Questions fréquentes

Peut-on dire la Tefilat Haderekh en voiture ?

Oui. On la dit une fois sorti de la ville, pendant le trajet. Le conducteur peut la réciter s'il la connaît par cœur ou l'écouter en répondant amen ; un passager peut la lire pour tous.

Faut-il la dire en avion ?

Oui, elle se dit pour tout trajet d'une certaine longueur, quel que soit le moyen de transport. En avion, on la récite après le décollage.

Combien de fois dit-on la Tefilat Haderekh ?

Une fois par jour de voyage. Si l'on s'arrête pour la nuit et que l'on repart le lendemain, on la redit le matin.

Doit-on dire le Nom divin à la fin ?

Le texte du siddour séfarade met « ata Adonaï » entre parenthèses : selon certains avis, on conclut simplement « Baroukh choméa téfila ». Suivez la coutume de votre communauté.

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