Adon Olam (« Maître du monde ») est l'un des chants les plus connus de la liturgie juive. Il ouvre la prière du matin et, dans beaucoup de synagogues, il clôt l'office du Chabbat, souvent chanté par les enfants. Voici la version séfarade complète, en hébreu, en phonétique et en français.
Origine d'Adon Olam
L'auteur d'Adon Olam est inconnu : on l'a attribué à Rabbi Chlomo ibn Gabirol (Espagne, XIe siècle), sans certitude. Le poème résume la foi juive en quelques vers : Dieu existait avant le monde et existera après lui, Il est Un, sans corps ni image, et pourtant proche de chacun, « le rocher de mon sort au jour de détresse ». Le rite séfarade compte plus de strophes que le rite ashkénaze : Béli érèkh, Béli 'hibour, Véhou rofé, Bémikdacho et Véaz nachir.
Paroles d'Adon Olam
אֲדוֹן עוֹלָם אֲשֶׁר מָלַךְ, בְּטֶרֶם כׇּל יְצִיר נִבְרָא. לְעֵת נַעֲשָׂה בְחֶפְצוֹ כֹּל, אֲזַי מֶלֶךְ שְׁמוֹ נִקְרָא. וְאַחֲרֵי כִּכְלוֹת הַכֹּל, לְבַדּוֹ יִמְלוֹךְ נוֹרָא.
Adon olam achèr malakh, bétérèm kol yétsir nivra. Léét naassa vé'hèftso kol, azaï mélèkh chémo nikra. Véa'haré kikhlot hakol, lévado yimlokh nora.
Maître du monde, qui régnait avant que toute créature fût créée. Quand tout fut fait selon Sa volonté, alors Son nom fut proclamé Roi. Et quand tout aura pris fin, Lui seul, le Redoutable, régnera.
וְהוּא הָיָה וְהוּא הוֹוֶה, וְהוּא יִהְיֶה בְּתִפְאָרָה. וְהוּא אֶחָד וְאֵין שֵׁנִי, לְהַמְשִׁילוֹ וּלְהַחְבִּירָה. בְּלִי רֵאשִׁית בְּלִי תַכְלִית, וְלוֹ הָעֹז וְהַמִּשְׂרָה.
Véhou haya véhou hové, véhou yihyé bétifara. Véhou é'had véén chéni, léhamchilo ouléha'hbira. Béli réchit béli takhlit, vélo haoz véhamisra.
Il était, Il est et Il sera dans Sa splendeur. Il est Un, et il n'y a pas de second pour Lui être comparé ou associé. Sans commencement et sans fin, à Lui la force et la souveraineté.
בְּלִי עֵרֶךְ בְּלִי דִמְיוֹן, בְּלִי שִׁנּוּי וּתְמוּרָה. בְּלִי חִבּוּר בְּלִי פֵרוּד, גְּדוֹל כֹּחַ וּגְבוּרָה.
Béli érèkh béli dimyon, béli chinouy outémoura. Béli 'hibour béli féroud, guédol koa'h ouguévoura.
Sans rien qui L'égale ni Lui ressemble, sans changement ni substitution. Sans assemblage ni séparation, grand en force et en puissance.
וְהוּא אֵלִי וְחַי גּוֹאֲלִי, וְצוּר חֶבְלִי בְּיוֹם צָרָה. וְהוּא נִסִּי וּמְנוּסִי, מְנָת כּוֹסִי בְּיוֹם אֶקְרָא. וְהוּא רוֹפֵא וְהוּא מַרְפֵּא, וְהוּא צוֹפֶה וְהוּא עֶזְרָה.
Véhou éli vé'haï goali, vétsour 'hèvli béyom tsara. Véhou nissi ouménoussi, ménat kossi béyom èkra. Véhou rofé véhou marpé, véhou tsofé véhou èzra.
Il est mon Dieu, mon rédempteur vivant, le rocher de mon sort au jour de détresse. Il est ma bannière et mon refuge, la part de ma coupe le jour où j'appelle. Il est Celui qui guérit et le remède, Celui qui veille et qui secourt.
בְּיָדוֹ אַפְקִיד רוּחִי, בְּעֵת אִישַׁן וְאָעִירָה. וְעִם רוּחִי גְּוִיָּתִי, יְיָ לִי וְלֹא אִירָא.
Béyado afkid rou'hi, béét ichan véaïra. Véim rou'hi guéviyati, Adonaï li vélo ira.
Entre Ses mains je confie mon esprit, quand je m'endors et quand je m'éveille. Et avec mon esprit, mon corps : l'Éternel est avec moi, je ne crains rien.
בְּמִקְדָּשׁוֹ תָּגֵל נַפְשִׁי, מְשִׁיחֵנוּ יִשְׁלַח מְהֵרָה. וְאָז נָשִׁיר בְּבֵית קׇדְשִׁי, אָמֵן אָמֵן שֵׁם הַנּוֹרָא.
Bémikdacho taguél nafchi, méchi'hénou yichla'h méhéra. Véaz nachir bévét kodchi, amen amen chém hanora.
En Son sanctuaire mon âme exultera ; qu'Il envoie bientôt notre Messie. Alors nous chanterons dans la maison de Sa sainteté : amen, amen, au Nom redoutable.
Quand chante-t-on Adon Olam ?
Dans le rite séfarade, on le dit au tout début de la prière du matin, avant les bénédictions du matin. On le chante aussi à la fin de l'office du Chabbat matin et des fêtes, sur des airs très variés : c'est souvent l'un des premiers chants que les enfants apprennent à la synagogue, et il revient volontiers le jour d'une Bar Mitzvah. Ses deux dernières strophes, « Béyado afkid rou'hi », se disent aussi avant de dormir, dans la prière du soir.
À lire aussi : le Patah Eliyahou, Ani Maamin et les 13 principes de foi, Lekha Dodi. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.
Sources
- Psaumes 31, 6 et 118, 6 (« Béyado afkid rou'hi », « Adonaï li vélo ira »).
- Texte hébreu : poème liturgique médiéval du domaine public, version séfarade. Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.
Questions fréquentes
Que veut dire Adon Olam ?
« Maître du monde » (ou « Seigneur de l'univers »). Ce sont les premiers mots du chant.
Qui a écrit Adon Olam ?
On ne le sait pas. Il a été attribué à Rabbi Chlomo ibn Gabirol, poète d'Espagne au XIe siècle, mais cette attribution n'est pas certaine.
Quelle est la différence entre Adon Olam séfarade et ashkénaze ?
La version séfarade comporte des strophes supplémentaires : « Béli érèkh », « Béli 'hibour », « Véhou rofé », « Bémikdacho » et « Véaz nachir ».
Pourquoi dit-on Adon Olam le soir ?
Ses derniers vers, « entre Ses mains je confie mon esprit, quand je m'endors et quand je m'éveille », en font aussi une prière du coucher.

