Parachiot

Paracha A'haré Mot : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 28 septembre 2026 · 11 min de lecture

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Vêtements de lin blanc et encensoir d'or d'où s'élève une fumée

La paracha A'haré Mot est la 29e des 54 sections hebdomadaires de la Torah et la sixième du livre du Lévitique (Vayikra 16:1 à 18:30, 80 versets). Elle décrit le service du grand prêtre le jour de Yom Kippour, interdit le sang et les sacrifices hors du Sanctuaire, puis énumère les unions interdites.

אַחֲרֵי מוֹת

Son nom signifie « Après la mort », d'après le premier verset : « L'Éternel parla à Moïse après la mort des deux fils d'Aaron ». Selon les transcriptions, on écrit aussi Aharé Mot, A'harei Mot ou Acharei Mot : c'est la même paracha. Elle suit la paracha Metsora et précède la paracha Kedochim, avec laquelle elle est souvent lue le même Chabbat. Son premier chapitre est aussi lu à la synagogue le matin de Yom Kippour. Voici le résumé montée par montée, les grands thèmes, la haftara selon votre rite et les repères pour une Bar Mitzvah.

Paracha A'haré Mot : le résumé

La paracha A'haré Mot relie deux mondes : le Saint des saints, où le grand prêtre n'entre qu'une fois par an, et la vie quotidienne de chaque Israélite, ce qu'il mange et la manière dont il construit sa famille. Le fil conducteur est la sainteté.

1re montée (Lévitique 16:1-17) : le grand prêtre dans le Saint des saints

Après la mort de Nadav et Avihou, Dieu avertit Aaron : il ne doit pas entrer à tout moment au-delà du rideau, devant le propitiatoire, « afin qu'il ne meure pas ». Il y entrera vêtu de simples habits de lin, après s'être baigné, avec un taureau pour lui et sa maison. La communauté fournit deux boucs : un tirage au sort désigne l'un « pour l'Éternel », l'autre « pour Azazel ». Aaron offre le taureau, entre avec un encensoir rempli de braises et deux poignées d'encens, et le nuage d'encens recouvre l'Arche. Il asperge le sang du taureau puis celui du bouc devant le propitiatoire, pour purifier le Sanctuaire des impuretés d'Israël. Personne ne doit se trouver dans la Tente pendant ce temps.

2e montée (Lévitique 16:18-24) : le bouc envoyé dans le désert

Aaron purifie l'autel avec le sang. Puis il pose les deux mains sur la tête du bouc vivant et confesse sur lui toutes les fautes des enfants d'Israël. Un homme désigné à l'avance l'emmène dans le désert, vers une terre isolée. Aaron entre à nouveau dans la Tente, retire ses habits de lin, se baigne, revêt ses habits habituels et offre les holocaustes pour lui et pour le peuple.

3e montée (Lévitique 16:25-34) : une loi pour toujours

Les graisses du sacrifice expiatoire sont brûlées ; celui qui a conduit le bouc et celui qui brûle les restes hors du camp lavent leurs vêtements. Puis la Torah fixe la date : le dixième jour du septième mois, vous vous mortifierez et ne ferez aucun travail, « car en ce jour on fera expiation pour vous, pour vous purifier : de toutes vos fautes devant l'Éternel, vous serez purifiés » (16:30). C'est un « Chabbat des Chabbats », une loi éternelle, une fois par an.

4e montée (Lévitique 17:1-7) : pas de sacrifice hors du Sanctuaire

Celui qui abat un bœuf, un mouton ou une chèvre pour l'offrir sans l'apporter à l'entrée de la Tente d'assignation est coupable de sang. Les sacrifices doivent être offerts à Dieu au Sanctuaire, et non aux idoles des champs.

5e montée (Lévitique 17:8-18:5) : le sang et les mœurs des nations

L'interdiction d'offrir un sacrifice ailleurs est répétée, puis vient celle de consommer le sang, « car la vie de la chair est dans le sang » (17:11). Le chasseur qui prend un animal ou un oiseau permis doit en verser le sang et le couvrir de terre. Manger un animal mort naturellement ou déchiqueté rend impur. Le chapitre 18 s'ouvre par un appel : ne suivez pas les pratiques de l'Égypte que vous avez quittée, ni celles de Canaan où je vous conduis ; observez mes lois, « que l'homme accomplira et par lesquelles il vivra » (18:5).

6e montée (Lévitique 18:6-21) : les unions interdites

La Torah énumère les unions interdites avec les proches parents (les arayot) : les parents, la femme du père, les sœurs, les petites-filles, les tantes, la belle-fille, la belle-sœur, une femme et sa fille, deux sœurs du vivant de l'une d'elles. Elle interdit aussi l'adultère et le culte de Molekh, auquel on sacrifiait des enfants (18:21).

7e montée (Lévitique 18:22-30) : la terre qui rejette

D'autres unions sont interdites. Ce sont ces pratiques, dit la Torah, qui ont souillé les peuples de Canaan, et la terre les a « vomis ». Israël, citoyen comme étranger, doit garder ces lois « afin que la terre ne vous vomisse pas » à votre tour (18:28). Le Maftir reprend les trois derniers versets (18:28-30), qui se terminent par « Je suis l'Éternel votre Dieu ».

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

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Les grands thèmes et les mitsvot de A'haré Mot

Selon le Séfer Ha'Hinoukh, la paracha A'haré Mot contient 28 mitsvot, dont celles du service de Yom Kippour, du sang et des unions interdites. Voici les thèmes que les commentateurs développent le plus.

Apprendre de l'expérience des autres

Pourquoi la Torah précise-t-elle « après la mort des deux fils d'Aaron » ? Rachi rapporte la parabole de Rabbi Elazar ben Azarya : un premier médecin dit au malade « ne mange pas froid, ne dors pas dans l'humidité » ; un second ajoute « pour ne pas mourir comme un tel ». Le second est bien mieux écouté. Rappeler le drame de Nadav et Avihou donne tout son poids à l'avertissement adressé à Aaron.

Yom Kippour et le pardon entre les hommes

Le verset 16:30 est la source de Yom Kippour. La Michna (Yoma 8:9) en tire, au nom du même Rabbi Elazar ben Azarya, un principe essentiel : Yom Kippour efface les fautes entre l'homme et Dieu, mais pas celles entre l'homme et son prochain, tant qu'on ne s'est pas réconcilié avec lui. C'est pourquoi on demande pardon à ses proches avant Kippour, dans la suite de la techouva de Roch Hachana.

« Il vivra par elles »

Le verset 18:5 dit que l'homme accomplira les lois de Dieu « et vivra par elles ». Le Talmud (Yoma 85b) cite l'enseignement de Chmouel : vivre par elles, et non mourir par elles. C'est la source du principe de pikoua'h néfech : pour sauver une vie, on doit transgresser le Chabbat. La Torah est une loi de vie.

La sainteté de la famille

Le chapitre 18 fonde les règles du mariage juif : il fixe les liens de parenté qui interdisent une union. Il est lu dans de nombreuses communautés à l'office de Min'ha de Yom Kippour, comme un rappel que la sainteté ne s'arrête pas au Temple mais commence à la maison.

La haftara de A'haré Mot

La haftara de A'haré Mot n'est pas la même chez les Ashkénazes et les Séfarades : Amos pour les uns, Ézéchiel pour les autres.

RiteHaftaraVersets
AshkénazeAmos 9:7-159
SéfaradeÉzéchiel 22:1-1616

Amos 9:7-15. Le prophète interpelle Israël : « N'êtes-vous pas pour moi comme les enfants des Kouchites ? » Être le peuple élu ne protège pas de la faute ; le royaume pécheur sera secoué parmi les nations comme on secoue un crible. Mais la fin est une promesse : Dieu relèvera « la cabane de David qui est tombée », le laboureur rejoindra le moissonneur, Israël rebâtira ses villes et plantera ses vignes, et « je les planterai sur leur sol et ils n'en seront plus arrachés ». Le contraste avec la paracha est frappant : la terre qui vomit ses habitants devient la terre où Israël sera planté pour toujours.

Ézéchiel 22:1-16. Le prophète dresse l'acte d'accusation de Jérusalem, « la ville sanguinaire » : violence, idolâtrie, mépris des parents, oppression de l'étranger, de l'orphelin et de la veuve, profanation du Chabbat, et les unions interdites décrites dans la paracha. Il annonce la dispersion parmi les nations. Le lien avec le chapitre 18 est direct.

Bon à savoir : les deux parachiot étant voisines, certains 'houmachim inversent les haftarot d'Amos et d'Ézéchiel entre A'haré Mot et Kedochim. Les années où A'haré Mot et Kedochim sont lues ensemble, on lit en général Amos 9:7-15 chez les Ashkénazes et Ézéchiel 20:2-20 chez les Séfarades. Les usages varient aussi selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…), et un Chabbat spécial peut remplacer la haftara : confirmez toujours auprès de votre synagogue. Pour comprendre le rôle de ce texte, voyez la Haftarah, c'est quoi ?

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha A'haré Mot

En diaspora, la paracha A'haré Mot est lue le samedi 1er mai 2027, le samedi 6 mai 2028 (lue avec Kedochim) et le samedi 28 avril 2029 (lue avec Kedochim). Elle est lue seule les années embolismiques, après Pessa'h ; les années simples, elle est jumelée avec Kedochim et le Bar Mitzvah lit alors le Maftir de Kedochim (Lévitique 20:25-27). Certaines années, Israël lit cette paracha une semaine avant la diaspora, le temps que les calendriers se rejoignent. Vérifiez la date de votre fils avec notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah et le calendrier des parachiot.

Le plus souvent, le Bar Mitzvah lit le Maftir et la haftara ; certains lisent toute la paracha. Voici le découpage :

PartieRéférenceVersets
1re montéeLévitique 16:1-1717
2e montéeLévitique 16:18-247
3e montéeLévitique 16:25-3410
4e montéeLévitique 17:1-77
5e montéeLévitique 17:8-18:514
6e montéeLévitique 18:6-2116
7e montéeLévitique 18:22-309
MaftirLévitique 18:28-303

Difficulté. Avec 80 versets, A'haré Mot est une paracha plutôt courte. Le chapitre 16 est un beau récit, que le garçon entendra ensuite chaque année à Kippour ; le chapitre 18 est une liste répétitive, au contenu délicat, que beaucoup de familles préfèrent laisser au lecteur de la communauté. Le Maftir (3 versets) est court et facile. La haftara ashkénaze (Amos, 9 versets) est l'une des plus courtes de l'année ; la haftara séfarade (Ézéchiel, 16 versets) demande un peu plus de travail.

Durée de préparation conseillée. Comptez 6 mois environ pour le Maftir et la haftara d'Amos, 6 à 9 mois avec Ézéchiel, et 9 à 12 mois pour la paracha complète. Pour la paracha double A'haré Mot-Kedochim lue en entier (144 versets), prévoyez au moins un an. Voir aussi comment apprendre sa paracha.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

La paracha A'haré Mot parle de responsabilité et de pardon, deux thèmes idéaux pour un garçon qui devient Bar Mitzvah.

  1. Demander pardon à ses amis. Selon la Michna, Yom Kippour ne suffit pas pour les fautes envers les autres : il faut aller s'excuser soi-même. Votre fils peut expliquer qu'être adulte, c'est savoir dire « pardon » à un frère, une sœur ou un copain, sans attendre que l'autre fasse le premier pas.
  2. Le grand prêtre en habits simples. Pour entrer dans le lieu le plus saint, Aaron quitte ses vêtements d'or et revêt du lin blanc. Message : devant ce qui compte vraiment, ce n'est pas l'apparence qui importe. Le jour de sa Bar Mitzvah, au milieu du costume, de la fête et des cadeaux, le garçon peut rappeler ce qui est essentiel pour lui.
  3. Une Torah qui fait vivre. « Il vivra par elles » : le Talmud en déduit qu'on doit transgresser le Chabbat pour sauver une vie. Le garçon peut dire que les mitsvot ne sont pas un poids, mais une manière de vivre mieux, et citer une mitsva qui lui apporte de la joie (le repas de Chabbat en famille, l'étude avec son père ou son rav).

Pour structurer le discours, lisez comment écrire un discours mémorable pour sa Bar Mitzvah.

Préparer la paracha A'haré Mot avec Ma Paracha

A'haré Mot seule ou A'haré Mot-Kedochim, Amos ou Ézéchiel ? Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, calcule gratuitement la paracha, le Maftir et la haftara de votre fils selon sa date de naissance, son rite (séfarade ou ashkénaze) et son lieu (diaspora ou Israël), en gérant les parachiot doubles. Elle construit un programme jusqu'au jour J, puis chaque verset s'affiche avec te'amim, phonétique et une voix hébraïque qui le lit, même au ralenti. Cette voix lit le texte sans chanter les te'amim : la mélodie vient du rav, qui peut l'enregistrer dans l'appli. Démarrage gratuit, sans carte bancaire. Tout est expliqué sur la page de l'application Ma Paracha.

Préparer la paracha A'haré Mot avec Ma Paracha

Paracha précédente : Metsora. Paracha suivante : Kedochim.

Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha A'haré Mot ?

En diaspora, la paracha A'haré Mot est lue le samedi 1er mai 2027, le samedi 6 mai 2028 (lue avec Kedochim) et le samedi 28 avril 2029 (lue avec Kedochim). Elle tombe au printemps, après Pessa'h : seule les années embolismiques, avec Kedochim les années simples. Son chapitre 16 est aussi lu le matin de Yom Kippour.

Quelle est la haftara de A'haré Mot ?

La haftara de A'haré Mot est Amos 9:7-15 chez les Ashkénazes et Ézéchiel 22:1-16 chez les Séfarades. Certains 'houmachim inversent les haftarot d'A'haré Mot et de Kedochim, et un Chabbat spécial peut tout changer : confirmez auprès de votre synagogue.

De quoi parle la paracha A'haré Mot ?

La paracha A'haré Mot (ou Acharei Mot, Aharé Mot) décrit le service du grand prêtre à Yom Kippour et le bouc envoyé à Azazel, interdit les sacrifices hors du Sanctuaire et la consommation du sang, puis énumère les unions interdites.

Combien de versets compte la paracha A'haré Mot ?

La paracha A'haré Mot compte 80 versets, de Lévitique 16:1 à 18:30. La première montée est la plus longue (17 versets) et le Maftir compte 3 versets (18:28-30).

Que lit un Bar Mitzvah sur la paracha A'haré Mot ?

Pour une paracha A'haré Mot bar mitzvah, le garçon lit souvent le Maftir (Lévitique 18:28-30) et la haftara de son rite. Si A'haré Mot est jumelée avec Kedochim, il lit le Maftir de Kedochim (20:25-27) et la haftara prévue pour la paracha double.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

L’application de Bar-Mitzvah.fr pour préparer la lecture de la Bar Mitzvah.

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