Parachiot

Paracha Metsora : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 4 octobre 2026 · 11 min de lecture

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Bois de cèdre, fil de laine écarlate et brins d'hysope sur une pierre

La paracha Metsora est la 28e des 54 sections hebdomadaires de la Torah et la cinquième du livre du Lévitique (Vayikra 14:1 à 15:33, 90 versets). Elle décrit la purification de la personne guérie de la tsaraat, la tsaraat des maisons, puis les impuretés liées au corps et la manière d'en sortir.

מְצֹרָע

Le mot metsora désigne la personne atteinte de tsaraat. On l'écrit aussi Metzora ou Metsorah selon les transcriptions. Cette paracha suit la paracha Tazria, avec laquelle elle est le plus souvent jumelée, et précède la paracha A'haré Mot. Lue seule, elle tombe souvent le Chabbat qui précède Pessa'h. Voici le résumé montée par montée, les grands thèmes, la haftara selon votre rite et les repères pour préparer une Bar Mitzvah.

Paracha Metsora : le résumé

Après le diagnostic de la tsaraat dans Tazria, la paracha Metsora décrit le chemin du retour : comment la personne guérie réintègre le camp, puis le Sanctuaire. Elle étend ensuite les lois de pureté aux maisons et à certaines situations du corps humain.

1re montée (Lévitique 14:1-12) : les deux oiseaux

Le Cohen sort hors du camp pour examiner le metsora. S'il est guéri, on prend deux oiseaux vivants et purs, du bois de cèdre, de la laine écarlate et de l'hysope. Un oiseau est égorgé au-dessus d'un vase de terre contenant de l'eau vive ; l'autre est trempé dans son sang avec le cèdre, l'écarlate et l'hysope, puis relâché dans les champs, après sept aspersions sur la personne. Celle-ci lave ses vêtements, se rase entièrement et se baigne ; elle rentre dans le camp mais reste sept jours hors de sa tente. Le septième jour, elle se rase à nouveau la tête, la barbe et les sourcils. Le huitième jour, elle apporte deux agneaux, une brebis, de la fleur de farine et un log d'huile ; le Cohen balance devant Dieu l'agneau du sacrifice de culpabilité et l'huile.

2e montée (Lévitique 14:13-20) : le sang et l'huile

L'agneau est égorgé. Le Cohen met de son sang sur le lobe de l'oreille droite, le pouce de la main droite et le gros orteil du pied droit de la personne purifiée, puis fait de même avec l'huile, après en avoir aspergé sept fois devant l'Éternel ; le reste de l'huile est versé sur sa tête. On offre ensuite le sacrifice expiatoire, l'holocauste et l'offrande de farine.

3e montée (Lévitique 14:21-32) : si la personne est pauvre

Celui qui n'en a pas les moyens apporte un seul agneau pour le sacrifice de culpabilité, un dixième de farine, un log d'huile et deux tourterelles ou deux pigeons, l'un en sacrifice expiatoire, l'autre en holocauste. Le rituel du sang et de l'huile reste le même : la Torah adapte l'offrande, pas la dignité de la purification.

4e montée (Lévitique 14:33-53) : la tsaraat des maisons

« Quand vous entrerez dans le pays de Canaan », une plaie peut apparaître dans une maison. Le propriétaire vient dire au Cohen : « Quelque chose comme une plaie m'est apparu dans la maison. » Le Cohen fait vider la maison avant d'entrer, pour que les objets ne deviennent pas impurs. Si les murs présentent des creux verdâtres ou rougeâtres, la maison est fermée sept jours. Si la plaie s'est étendue, on retire les pierres atteintes, on gratte l'enduit et on le remplace ; si elle revient, la maison est démolie. Si elle ne revient pas, la maison est purifiée avec deux oiseaux, du cèdre, de l'écarlate et de l'hysope, comme pour une personne.

5e montée (Lévitique 14:54-15:15) : récapitulation et écoulement masculin

Quatre versets résument les lois de la tsaraat de la peau, des vêtements et des maisons, « pour enseigner quand c'est impur et quand c'est pur ». Le chapitre 15 aborde l'homme atteint d'un écoulement anormal (zav) : il transmet l'impureté au lit où il se couche, au siège où il s'assied, à la selle de sa monture. Une fois guéri, il compte sept jours, se baigne dans l'eau vive et apporte deux tourterelles ou deux pigeons le huitième jour.

6e montée (Lévitique 15:16-28) : les impuretés du corps

La Torah traite ensuite, avec sobriété, des impuretés liées à la vie conjugale et au cycle féminin : la femme est en état de nidda pendant sept jours, et un écoulement prolongé (zava) suit des règles proches de celles du zav, avec sept jours comptés après la guérison. Ces versets sont à l'origine des lois de pureté familiale.

7e montée (Lévitique 15:29-33) : la conclusion

Le huitième jour, la femme apporte deux tourterelles ou deux pigeons. La paracha donne alors la raison de toutes ces lois : « Vous éloignerez les enfants d'Israël de leur impureté, afin qu'ils ne meurent pas dans leur impureté en souillant mon Tabernacle qui est au milieu d'eux » (15:31). Le dernier verset résume le chapitre. Le Maftir reprend les versets 15:31-33.

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

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Les grands thèmes et les mitsvot de Metsora

Selon le Séfer Ha'Hinoukh, la paracha Metsora contient 11 mitsvot, toutes liées à la pureté. Les commentateurs y lisent surtout une leçon sur la parole et l'humilité.

Metsora : « celui qui répand le mal »

Le Talmud (Arakhin 15b) rapporte l'enseignement de Reich Lakich : « Telle sera la loi du metsora » signifie « telle sera la loi du motsi chem ra », celui qui calomnie. Le nom même de la paracha est lu comme un avertissement contre la médisance.

Le cèdre et l'hysope

Rachi explique chaque élément de la purification. Les oiseaux, qui gazouillent sans cesse, rappellent le bavardage qui a causé la plaie. Le cèdre, arbre élevé, évoque l'orgueil, autre cause de la tsaraat. Le remède ? Se faire humble comme le ver (l'écarlate se dit chni tola'at, littéralement « écarlate de ver ») et comme l'hysope, plante basse.

Le trésor caché dans les murs

Sur la tsaraat des maisons (14:34), Rachi rapporte un Midrach étonnant : pendant les quarante ans passés par Israël dans le désert, les Amorites avaient caché de l'or dans les murs de leurs maisons. En démolissant un mur atteint, les Israélites découvraient ces trésors. Une épreuve pouvait donc révéler une richesse.

« Quelque chose comme une plaie »

Même un savant qui sait avec certitude qu'il s'agit d'une plaie ne doit pas dire « une plaie m'est apparue », mais « quelque chose comme une plaie », enseigne Rachi d'après la Michna (Nega'im 12:5). Seul le Cohen tranche : une leçon de prudence avant de juger, y compris sa propre situation.

La haftara de Metsora

La haftara de la paracha Metsora raconte l'histoire de quatre hommes atteints de tsaraat pendant le siège de Samarie ; elle est identique chez les Ashkénazes et les Séfarades.

RiteHaftaraVersets
AshkénazeII Rois 7:3-2018
SéfaradeII Rois 7:3-20 (identique)18

Samarie est assiégée par les Araméens et la famine est terrible. Quatre hommes atteints de tsaraat, qui vivent à l'extérieur des portes de la ville, se disent : si nous restons ici, nous mourrons ; allons au camp araméen. Ils le trouvent désert : Dieu a fait entendre aux Araméens un bruit de chars et de chevaux, et ils ont fui en abandonnant tout. Les quatre hommes mangent, boivent, cachent du butin, puis se reprennent : « Nous n'agissons pas bien ; ce jour est un jour de bonne nouvelle, et nous nous taisons » (7:9). Ils avertissent la ville. Le roi soupçonne un piège, envoie des éclaireurs, puis le peuple pille le camp : la farine se vend au prix annoncé la veille par le prophète Élisée. L'officier qui s'était moqué de cette prophétie est piétiné à la porte de la ville. Selon le Talmud (Sanhédrin 107b), cité par Rachi, ces quatre hommes étaient Gué'hazi, le serviteur d'Élisée, et ses trois fils.

Le lien avec la paracha est clair : ce sont des metsoraïm, vivant hors de la ville comme le prescrit la Torah, qui deviennent porteurs de la délivrance. Attention aux années particulières : lue seule, Metsora coïncide souvent avec Chabbat Hagadol, où l'on lit Malachie 3:4-24 ; jumelée avec Tazria, elle garde en principe cette haftara de II Rois 7, sauf Chabbat spécial (Roch 'Hodech, par exemple). Les usages varient selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez auprès de votre synagogue. Pour en savoir plus, lisez la Haftarah, c'est quoi ?

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Metsora

En diaspora, la paracha Metsora est lue le samedi 17 avril 2027, le samedi 29 avril 2028 (lue avec Tazria) et le samedi 21 avril 2029 (lue avec Tazria). Les années simples, elle est lue avec Tazria (paracha double Tazria-Metsora) ; les années embolismiques, elle est lue seule. Dans les deux cas, le Maftir est celui de Metsora (Lévitique 15:31-33). Pour vérifier la paracha de votre fils, consultez notre guide quelle paracha pour ma Bar Mitzvah et le calendrier des parachiot.

En France, le Bar Mitzvah lit le plus souvent le Maftir et la haftara ; certains lisent toute la paracha. Voici le découpage de Metsora :

PartieRéférenceVersets
1re montéeLévitique 14:1-1212
2e montéeLévitique 14:13-208
3e montéeLévitique 14:21-3212
4e montéeLévitique 14:33-5321
5e montéeLévitique 14:54-15:1519
6e montéeLévitique 15:16-2813
7e montéeLévitique 15:29-335
MaftirLévitique 15:31-333

Difficulté. Avec 90 versets, Metsora est une paracha de longueur moyenne, au vocabulaire rituel répétitif. La quatrième montée, sur les maisons, est la plus narrative et la plus agréable à lire. Le chapitre 15 traite de sujets intimes : beaucoup de familles préfèrent que le garçon s'en tienne au Maftir, qui est court (3 versets) et porte un message général sur la sainteté du Tabernacle. La haftara (18 versets) est un récit vivant, avec dialogues et rebondissements.

Durée de préparation conseillée. Comptez 6 à 9 mois pour le Maftir et la haftara, 9 à 12 mois pour la paracha complète, et au moins un an pour la paracha double Tazria-Metsora lue en entier (157 versets). Si la date tombe un Chabbat Hagadol, préparez la haftara de Malachie dès le départ. Voir aussi nos conseils pour apprendre sa paracha et les bénédictions de la montée à la Torah.

Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

Les thèmes de la paracha Metsora se prêtent très bien à un discours de garçon de 13 ans. Trois pistes :

  1. « Ce jour est un jour de bonne nouvelle. » Les quatre hommes de la haftara comprennent qu'ils n'ont pas le droit de garder la bonne nouvelle pour eux. Votre fils peut dire que, devenu Bar Mitzvah, il veut lui aussi partager ce qu'il a reçu : aider un plus jeune à apprendre, partager ses connaissances, transmettre la joie de cette journée.
  2. Être un cèdre ou une hysope ? Le cèdre est grand et fier, l'hysope petite et humble ; la purification utilise les deux. Message : on peut avoir de l'ambition et de la confiance en soi, à condition de garder l'humilité. Le garçon peut raconter une situation où il a dû apprendre à « baisser d'un ton ».
  3. Le trésor dans le mur. Selon Rachi, un mur abîmé pouvait cacher de l'or. Une difficulté (une matière ratée, une blessure, une préparation de paracha laborieuse) peut révéler un trésor caché : persévérance, amitié, fierté d'y être arrivé.

Pour mettre ces idées en forme, suivez notre guide comment écrire un discours mémorable pour sa Bar Mitzvah.

Préparer la paracha Metsora avec Ma Paracha

Metsora seule, Tazria-Metsora, Chabbat Hagadol ? Ma Paracha, l'application de Bar-Mitzvah.fr, calcule gratuitement la paracha, le Maftir et la haftara exacts à partir de la date de naissance de votre fils, en gérant les parachiot doubles, les années embolismiques et les Chabbatot spéciaux. Elle construit un programme jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête. Chaque verset est affiché avec te'amim, phonétique séfarade ou ashkénaze et une voix hébraïque qui le lit, même au ralenti. Honnêtement : cette voix ne chante pas les te'amim ; la mélodie se travaille avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'application. Démarrage gratuit, sans carte bancaire. Découvrez la page de l'application Ma Paracha.

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Paracha précédente : Tazria. Paracha suivante : A'haré Mot.

Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Metsora ?

En diaspora, la paracha Metsora est lue le samedi 17 avril 2027, le samedi 29 avril 2028 (lue avec Tazria) et le samedi 21 avril 2029 (lue avec Tazria). Les années simples, elle est lue avec Tazria ; les années embolismiques, elle est lue seule, souvent le Chabbat qui précède Pessa'h.

Quelle est la haftara de Metsora ?

La haftara de Metsora est II Rois 7:3-20, l'histoire des quatre hommes atteints de tsaraat aux portes de Samarie, chez les Ashkénazes comme chez les Séfarades. Si le Chabbat est Chabbat Hagadol, on lit Malachie 3:4-24. Confirmez auprès de votre synagogue.

De quoi parle la paracha Metsora ?

La paracha Metsora (ou Metzora) décrit la purification de la personne guérie de la tsaraat avec deux oiseaux, du cèdre, de l'écarlate et de l'hysope, puis la tsaraat des maisons et les impuretés liées au corps.

Combien de versets compte la paracha Metsora ?

La paracha Metsora compte 90 versets, de Lévitique 14:1 à 15:33. La quatrième montée, sur les maisons, est la plus longue (21 versets) ; le Maftir compte 3 versets (15:31-33).

Que lit un Bar Mitzvah sur la paracha Metsora ?

Pour une paracha Metsora bar mitzvah, le garçon lit généralement le Maftir (Lévitique 15:31-33) et la haftara de II Rois 7, ou celle de Chabbat Hagadol selon l'année. Le Maftir est le même que la paracha soit lue seule ou avec Tazria.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

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