Parachiot

Paracha Nitsavim : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 5 octobre 2026 · 11 min de lecture

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Chofar posé sur un talith blanc

La paracha Nitsavim est la 51e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la huitième du Deutéronome (Devarim 29:9-30:20). Courte (40 versets), elle est lue le Chabbat qui précède Roch Hachana : tout le peuple, réuni devant Dieu, entre dans l'alliance, apprend que la techouva est toujours possible et reçoit l'appel « choisis la vie ».

Paracha Nitsavim : le résumé

Son nom hébreu, נִצָּבִים, signifie « debout » ou « présents » : « Vous vous tenez aujourd'hui, vous tous, devant l'Éternel votre Dieu ». On l'écrit aussi Nitzavim ou Netzavim. Elle suit la paracha Ki Tavo et précède la paracha Vayélekh, avec laquelle elle est très souvent lue le même Chabbat. Nous sommes au dernier jour de la vie de Moïse, dans les plaines de Moab, juste avant l'entrée en terre d'Israël. Voici le contenu de chaque montée.

1re montée (Deutéronome 29:9-11) : tous debout

Moïse énumère tous ceux qui se tiennent devant Dieu : les chefs de tribus, les anciens, les officiers, tous les hommes d'Israël, les enfants, les femmes, l'étranger qui vit dans le camp, « depuis celui qui coupe ton bois jusqu'à celui qui puise ton eau ». Tous sont réunis pour entrer dans l'alliance que Dieu conclut avec eux ce jour-là.

2e montée (29:12-14) : une alliance pour les générations futures

L'alliance a un but : faire d'Israël le peuple de Dieu, comme il l'a promis à Abraham, Isaac et Jacob. Et elle ne concerne pas seulement ceux qui sont présents : elle est conclue « avec celui qui se tient ici avec nous aujourd'hui, et avec celui qui n'est pas ici avec nous aujourd'hui ».

3e montée (29:15-28) : l'avertissement contre l'idolâtrie

Moïse rappelle que le peuple a vu les idoles de bois, de pierre, d'argent et d'or des nations traversées. Il met en garde contre l'homme, la famille ou la tribu dont le cœur se détournerait en se croyant à l'abri (« je serai en paix, même si je suis l'entêtement de mon cœur »). Les générations futures et les étrangers verront alors une terre dévastée, comme Sodome et Gomorrhe, et demanderont pourquoi ; on leur répondra que le peuple a abandonné l'alliance. La montée se termine par un verset célèbre : « Les choses cachées sont à l'Éternel notre Dieu, mais les choses révélées sont à nous et à nos enfants pour toujours, afin d'accomplir toutes les paroles de cette Torah. »

4e montée (30:1-6) : le retour

Quand toutes ces choses seront arrivées, la bénédiction comme la malédiction, et que le peuple, dispersé parmi les nations, les prendra à cœur et reviendra vers Dieu, alors Dieu le ramènera avec amour. Même si les exilés sont « à l'extrémité des cieux », il les rassemblera et les ramènera sur la terre de leurs pères. Il « circoncira leur cœur », pour qu'ils l'aiment de tout leur cœur et de toute leur âme.

5e montée (30:7-10) : la joie retrouvée

Les malédictions retomberont sur les ennemis qui ont persécuté Israël. Le peuple écoutera de nouveau la voix de Dieu, et Dieu se réjouira de nouveau de son bien, « comme il s'est réjoui de tes pères », lorsque le peuple reviendra à lui de tout son cœur.

6e montée (30:11-14) : « ce n'est pas dans le ciel »

Ce commandement n'est ni trop difficile ni trop éloigné. Il n'est pas dans le ciel, pour qu'on dise « qui montera pour nous le chercher ? », ni au-delà de la mer. « La chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour l'accomplir. »

7e montée (30:15-20) : choisis la vie

Moïse conclut : « Vois, j'ai placé devant toi aujourd'hui la vie et le bien, la mort et le mal. » Aimer Dieu, marcher dans ses voies et garder ses commandements mène à la vie ; s'en détourner mène à la perte. Il prend le ciel et la terre à témoin : « J'ai placé devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction ; choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance. »

Le Maftir (30:15-20)

Quand Nitsavim est lue seule, le Maftir reprend les six versets de la septième montée, ceux du choix de la vie. Quand elle est jumelée avec Vayélekh, le Maftir est pris à la fin de Vayélekh (31:28-30) : voir plus bas.

Les grands thèmes et les mitsvot de Nitsavim

Le Séfer Ha'Hinoukh ne recense aucune mitsva dans Nitsavim : ses commandements sont répartis entre Ki Tavo et Vayélekh. Mais la paracha contient quelques-unes des idées les plus fondamentales de la foi juive.

L'unité d'Israël

Du chef de tribu au porteur d'eau, chacun est cité, et chacun est indispensable. Rachi (sur 29:14) précise que « celui qui n'est pas ici » désigne les générations à venir : chaque Juif, à chaque époque, se tient lui aussi dans les plaines de Moab. Le verset 29:28 (« les choses révélées sont à nous et à nos enfants ») fonde l'idée d'une responsabilité collective du peuple.

La consolation après les malédictions

Pourquoi Nitsavim suit-elle immédiatement les malédictions de Ki Tavo ? Rachi (sur 29:12), d'après le Midrach, explique qu'en entendant ces quatre-vingt-dix-huit malédictions, en plus des quarante-neuf du Lévitique, les enfants d'Israël ont pâli et se sont demandé qui pourrait y résister. Moïse les a alors apaisés : « Vous vous tenez aujourd'hui » ; vous avez souvent irrité Dieu, et pourtant vous êtes toujours là, debout devant lui.

La techouva, toujours possible

Le chapitre 30 est le grand texte du retour. Le Ramban (Nahmanide, sur 30:11) explique que « ce commandement » qui « n'est pas dans le ciel » désigne précisément la techouva décrite juste avant : où que l'on soit, même à l'extrémité du monde, on peut revenir vers Dieu, et cela dépend de notre bouche et de notre cœur. C'est pourquoi Nitsavim prépare si bien à la techouva de Roch Hachana.

La Torah confiée aux hommes et le libre arbitre

Le Talmud (Baba Metsia 59b) cite « ce n'est pas dans le ciel » dans un récit célèbre : lors d'un débat, une voix céleste prend parti, mais les Sages répondent que la Torah, une fois donnée, est confiée aux hommes qui l'étudient. Et le verset « choisis la vie » est l'un des fondements de l'idée de libre arbitre : Rachi (sur 30:19) souligne que le ciel et la terre, pris à témoin, n'ont jamais dévié de leur rôle ; l'homme, lui, reçoit la responsabilité de choisir.

La haftara de Nitsavim

La haftara de Nitsavim est Isaïe 61:10-63:9 (« Sos assis », « Je me réjouirai »), identique chez les Ashkénazes et les Séfarades. C'est la septième et dernière haftara de consolation ; elle est lue aussi quand Nitsavim et Vayélekh sont jumelées.

RiteHaftaraVersets
AshkénazeIsaïe 61:10-63:923
SéfaradeIsaïe 61:10-63:9 (identique)23
Nitsavim-Vayélekh (jumelées)Isaïe 61:10-63:923

Le prophète parle comme un fiancé paré de sa couronne, comme une fiancée couverte de ses bijoux : « Je me réjouirai en l'Éternel ». Puis il promet de ne pas se taire pour Sion « jusqu'à ce que sa justice paraisse comme une lumière ». Jérusalem ne sera plus appelée « l'abandonnée » mais recevra un nom nouveau ; Dieu se réjouira d'elle comme un fiancé se réjouit de sa fiancée. Des veilleurs sont placés sur ses remparts, qui ne se taisent ni le jour ni la nuit. Le passage évoque ensuite Dieu revenant d'Édom en vêtements rougis, image du jugement des ennemis, et se termine par le rappel des bontés de Dieu : « dans toutes leurs détresses, il a été en détresse ». Le lien avec la paracha : après l'annonce du retour d'exil et du choix de la vie, la haftara chante la joie de ce retour, juste avant la nouvelle année.

Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez la lecture exacte auprès de votre synagogue. Pour en savoir plus : la Haftarah, c'est quoi ?

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Nitsavim

En diaspora, la paracha Nitsavim est lue le samedi 25 septembre 2027 (lue avec Vayélekh), le samedi 16 septembre 2028 (lue avec Vayélekh) et le samedi 8 septembre 2029. C'est toujours le dernier Chabbat de l'année juive, juste avant Roch Hachana : un moment très fort pour une Bar Mitzvah, et une synagogue souvent bien remplie.

Le Bar Mitzvah lit le plus souvent le Maftir puis la haftara d'Isaïe (23 versets). Voici le découpage de Nitsavim lorsqu'elle est lue seule.

MontéeRéférenceVersets
1re montéeDeutéronome 29:9-113
2e montéeDeutéronome 29:12-143
3e montéeDeutéronome 29:15-2814
4e montéeDeutéronome 30:1-66
5e montéeDeutéronome 30:7-104
6e montéeDeutéronome 30:11-144
7e montéeDeutéronome 30:15-206
MaftirDeutéronome 30:15-206
HaftaraIsaïe 61:10-63:923

Nitsavim-Vayélekh : la paracha double

Nitsavim est très souvent jumelée avec Vayélekh : c'est le cas la plupart des années, lorsque Roch Hachana tombe un jeudi ou un Chabbat. On lit alors les deux parachiot (70 versets) en sept montées, le Maftir devient Deutéronome 31:28-30 (3 versets, à la fin de Vayélekh) et la haftara reste celle de Nitsavim, Isaïe 61:10-63:9. Lorsque Roch Hachana tombe un lundi ou un mardi, Nitsavim est lue seule et Vayélekh est lue le Chabbat suivant, Chabbat Chouva. Vérifiez donc précisément l'année de la Bar Mitzvah avant de commencer : le Maftir n'est pas le même.

Difficulté et durée de préparation

Le Maftir (6 versets si Nitsavim est seule, 3 si elle est jumelée) est accessible, mais la haftara compte 23 versets, avec un vocabulaire poétique. Pour Maftir + haftara, comptez en général huit mois à un an de préparation régulière. Les garçons qui veulent lire toute la paracha ont ici une belle occasion : seule, Nitsavim ne compte que 40 versets. Pensez aussi aux bénédictions de la montée à la Torah et aux te'amim.

Pour savoir si la date de votre fils tombe sur Nitsavim, seule ou jumelée, consultez quelle paracha pour ma Bar Mitzvah et le calendrier des parachiot. Le calculateur de Ma Paracha gère automatiquement les parachiot doubles.

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

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Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

Nitsavim est une paracha idéale pour un discours : ses idées sont simples, fortes et parlent à un adolescent. Trois pistes à développer avec notre guide pour écrire un discours de Bar Mitzvah mémorable.

1. « Vous tous » : chacun compte

Moïse cite les chefs et les porteurs d'eau dans la même phrase. Le Bar Mitzvah peut dire qu'aujourd'hui il entre à son tour dans cette liste : il compte désormais pour le minyan, et sa place dans la communauté est aussi importante que celle de n'importe qui.

2. « Ce n'est pas dans le ciel »

Beaucoup de garçons ont eu peur, au début, de ne jamais réussir à lire. Le verset répond : ce n'est pas au-delà de la mer, c'est dans ta bouche et dans ton cœur. Le garçon peut raconter son propre parcours : ce qui semblait impossible est devenu possible, verset après verset.

3. Choisis la vie

À 13 ans, on devient responsable de ses choix. Rachi fait remarquer que le ciel et la terre, pris à témoin, ne changent jamais leur rôle ; l'homme, lui, a le choix. Le Bar Mitzvah peut conclure sur un choix concret qu'il prend pour l'année qui commence à Roch Hachana.

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Paracha seule ou double, Maftir de 6 ou de 3 versets : Ma Paracha calcule automatiquement la bonne lecture selon la date, le rite séfarade ou ashkénaze et le lieu (diaspora ou Israël). L'application construit ensuite un programme jusqu'au jour J, sans séance le Chabbat ni les jours de fête, avec le texte, la phonétique et une voix hébraïque pour chaque verset. Cette voix lit le texte de façon parlée : la mélodie des te'amim se travaille avec le rav, qui peut l'enregistrer dans l'appli. Démarrage gratuit, sans carte bancaire, puis 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. En savoir plus : application paracha Bar Mitzvah.

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Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Nitsavim ?

En diaspora, la paracha Nitsavim est lue le samedi 25 septembre 2027 (lue avec Vayélekh), le samedi 16 septembre 2028 (lue avec Vayélekh) et le samedi 8 septembre 2029. C'est toujours le Chabbat qui précède Roch Hachana. La plupart des années, elle est lue avec Vayélekh (Nitsavim-Vayélekh).

Quelle est la haftara de Nitsavim ?

La haftara de Nitsavim est Isaïe 61:10-63:9, « Sos assis », dans les rites ashkénaze et séfarade, y compris quand elle est jumelée avec Vayélekh. C'est la septième haftara de consolation. Confirmez auprès de votre synagogue, car les usages peuvent varier.

De quoi parle la paracha Nitzavim ?

La paracha Nitzavim (ou Netzavim) décrit tout le peuple réuni pour entrer dans l'alliance, avertit contre l'idolâtrie, annonce le retour d'exil et la techouva, affirme que la Torah « n'est pas dans le ciel » et se termine par l'appel « choisis la vie ».

Combien de versets compte la paracha Nitsavim ?

La paracha Nitsavim compte 40 versets (Deutéronome 29:9 à 30:20). Jumelée avec Vayélekh, la lecture atteint 70 versets.

Quel Maftir lit-on pour une Bar Mitzvah sur Nitsavim-Vayélekh ?

Quand les deux parachiot sont jumelées, le Maftir est Deutéronome 31:28-30, à la fin de Vayélekh, et la haftara est celle de Nitsavim (Isaïe 61:10-63:9). Quand Nitsavim est lue seule, le Maftir est Deutéronome 30:15-20.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

L’application de Bar-Mitzvah.fr pour préparer la lecture de la Bar Mitzvah.

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