Parachiot

Paracha Ki Tavo : résumé, haftara et Bar Mitzvah

Par Nathan LEVY · Publié le 2 octobre 2026 · 11 min de lecture

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Panier de prémices : figues, raisins, grenades et dattes

La paracha Ki Tavo est la 50e section du cycle annuel de lecture de la Torah et la septième du Deutéronome (Devarim 26:1-29:8). En 122 versets, elle décrit l'offrande des prémices et sa déclaration de reconnaissance, l'alliance renouvelée au mont Garizim et au mont Ebal, puis les bénédictions et les sévères avertissements adressés à Israël.

Paracha Ki Tavo : le résumé

Son nom hébreu, כִּי־תָבוֹא, signifie « lorsque tu entreras » : la paracha se projette dans le moment où le peuple vivra enfin dans la terre promise. On rencontre aussi les graphies Ki Thavo ou Ki Savo (prononciation ashkénaze). Elle suit la paracha Ki Tétsé et précède la paracha Nitsavim. Voici son contenu, montée par montée.

1re montée (Deutéronome 26:1-11) : les prémices (bikkourim)

Lorsque les enfants d'Israël seront installés dans le pays, chacun prendra une partie des premiers fruits de sa terre, les déposera dans un panier et les apportera au lieu choisi par Dieu. Devant le prêtre, il prononcera une déclaration célèbre qui résume l'histoire du peuple : « Mon père était un Araméen errant », il descendit en Égypte avec peu de monde et y devint une grande nation ; les Égyptiens nous maltraitèrent, nous avons crié vers l'Éternel, qui nous a fait sortir « d'une main forte et d'un bras étendu » et nous a donné « un pays ruisselant de lait et de miel ». Ce texte est au cœur de la Haggada lue au Seder de Pessah. Le passage se termine par une invitation à se réjouir de tout ce bien avec le Lévite et l'étranger.

2e montée (26:12-15) : la déclaration des dîmes

La troisième année du cycle, après avoir donné la dîme au Lévite, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, le cultivateur déclare devant Dieu qu'il a tout distribué comme il le fallait, sans rien oublier ni rien utiliser de façon interdite. Il conclut par une prière : « Regarde de ta demeure sainte, du ciel, et bénis ton peuple Israël. »

3e montée (26:16-19) : « aujourd'hui »

Quatre versets très denses scellent l'engagement réciproque : Israël déclare aujourd'hui que l'Éternel est son Dieu, et Dieu déclare aujourd'hui qu'Israël est son peuple précieux, « un peuple saint », élevé au-dessus des nations en gloire et en renom.

4e montée (27:1-10) : les pierres écrites et l'autel du mont Ebal

Moïse et les anciens ordonnent qu'après la traversée du Jourdain, on dresse de grandes pierres enduites de chaux et qu'on y écrive « toutes les paroles de cette Torah », de façon très claire. Sur le mont Ebal, on bâtira un autel de pierres que le fer n'aura pas touchées, pour y offrir des sacrifices dans la joie. Moïse et les prêtres lévites concluent : « Fais silence et écoute, Israël : aujourd'hui, tu es devenu un peuple pour l'Éternel ton Dieu. »

5e montée (27:11-28:6) : Garizim, Ebal et les premières bénédictions

Six tribus se tiendront sur le mont Garizim pour la bénédiction (Siméon, Lévi, Juda, Issakhar, Joseph et Benjamin) et six sur le mont Ebal pour la malédiction (Ruben, Gad, Acher, Zabulon, Dan et Nephtali). Les Lévites proclameront douze malédictions contre ceux qui commettent en secret des fautes graves (idolâtrie cachée, mépris des parents, déplacement de la borne du voisin, égarement d'un aveugle, injustice envers l'étranger, l'orphelin et la veuve, corruption…), et tout le peuple répondra « Amen ». Commencent ensuite les bénédictions promises à ceux qui écoutent la voix de Dieu : « Béni seras-tu dans la ville et béni seras-tu dans les champs… béni seras-tu à ton arrivée et béni seras-tu à ton départ. »

6e montée (28:7-69) : bénédictions et tokha'ha

La montée la plus longue de la paracha (63 versets) poursuit les bénédictions : victoire sur les ennemis, pluie en son temps, prospérité, Israël sera « la tête et non la queue ». Puis vient la tokha'ha, la longue réprimande : si le peuple abandonne l'alliance, les bénédictions se renverseront en malédictions (maladies, sécheresse, défaites, siège, exil parmi les nations). Un verset en donne la raison profonde : « parce que tu n'as pas servi l'Éternel ton Dieu avec joie et de bon cœur, au milieu de l'abondance » (28:47). Le dernier verset rappelle que ce sont là les paroles de l'alliance conclue au pays de Moab, en plus de celle du Horeb.

7e montée (29:1-8) : « vous avez vu »

Moïse convoque tout Israël et rappelle ce que le peuple a vu de ses yeux : les prodiges en Égypte, quarante ans dans le désert où les vêtements ne se sont pas usés, la victoire sur Si'hon et Og dont le territoire a été donné à Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé. Il ajoute une phrase étonnante : « l'Éternel ne vous a pas donné, jusqu'à ce jour, un cœur pour comprendre ». Conclusion : « Observez les paroles de cette alliance, afin de réussir dans tout ce que vous ferez. »

Le Maftir (29:6-8)

Le Maftir reprend les trois derniers versets : le souvenir des victoires sur Si'hon et Og et l'appel à garder l'alliance pour réussir. C'est un passage narratif, sans mot rare, agréable à lire pour un Bar Mitzvah.

Les grands thèmes et les mitsvot de Ki Tavo

Le Séfer Ha'Hinoukh compte 6 mitsvot dans Ki Tavo (trois positives et trois négatives, les mitsvot 606 à 611), dont la déclaration des prémices, la déclaration des dîmes et le commandement de « marcher dans les voies de Dieu ». Voici les thèmes qui se dégagent de la paracha.

La reconnaissance

L'agriculteur qui apporte ses premiers fruits ne dit pas « j'ai travaillé dur » : il raconte l'histoire de son peuple et remercie. La reconnaissance (hakarat hatov) commence par se souvenir d'où l'on vient. Ce n'est pas un hasard si le texte des prémices a été choisi pour la Haggada : on y passe de l'esclavage à la liberté, puis à la gratitude.

Chaque jour comme un premier jour

La paracha répète le mot « aujourd'hui ». Rachi (sur 26:16), citant le Midrach Tan'houma, explique que les commandements doivent être chaque jour à nos yeux « comme nouveaux, comme si tu les recevais aujourd'hui ». Sur 29:3, il rapporte un récit : le jour où Moïse confia la Torah aux Lévites, tout Israël vint protester, car tous voulaient en être les gardiens ; Moïse s'en réjouit, et c'est là, dit Rachi, qu'il comprit que le peuple était vraiment attaché à Dieu.

Une Torah pour tous

Les pierres du mont Ebal devaient porter la Torah écrite « très clairement » ; Rachi (sur 27:8), d'après le Talmud, précise : en soixante-dix langues. Le message est fort : la Torah n'est pas réservée à une élite, elle doit être lisible par chacun.

Servir avec joie

Le Talmud (Méguila 31b) rapporte qu'Ezra a institué de lire les malédictions du Deutéronome avant Roch Hachana, « pour que l'année se termine avec ses malédictions ». C'est pourquoi Ki Tavo est lue en Elloul, peu avant la nouvelle année (voir notre article qu'est-ce que Roch Hachana ?). Le même Talmud précise que, contrairement à celles du Lévitique, les malédictions du Deutéronome peuvent être partagées entre deux lecteurs. Au-delà de la crainte, le verset 28:47 donne une clé : ce qui est reproché, ce n'est pas seulement la faute, c'est l'absence de joie dans l'abondance.

La haftara de Ki Tavo

La haftara de Ki Tavo est Isaïe 60:1-22 (« Koumi ori », « Lève-toi, brille »), identique chez les Ashkénazes et les Séfarades. C'est la sixième des sept haftarot de consolation.

RiteHaftaraVersets
AshkénazeIsaïe 60:1-2222
SéfaradeIsaïe 60:1-22 (identique)22

Isaïe s'adresse à Jérusalem : « Lève-toi, brille, car ta lumière est venue ». Alors que l'obscurité couvre la terre, la lumière de Dieu brille sur Sion et les nations marchent à sa lumière. Les enfants dispersés reviennent de loin, les richesses des peuples affluent, les portes de la ville restent ouvertes jour et nuit. On n'entendra plus parler de violence ni de destruction ; Dieu sera pour Jérusalem une lumière éternelle, et « les jours de ton deuil seront terminés ». Le dernier verset promet que le plus petit deviendra un millier. Le lien avec la paracha est clair : après les malédictions de la tokha'ha, la haftara apporte la réponse de la consolation, et le peuple, qui apportait ses prémices au Temple, voit désormais les nations apporter leurs richesses à Jérusalem.

Les haftarot peuvent varier selon les communautés (rite marocain, yéménite, Chabad…) : confirmez la lecture auprès de votre synagogue. Pour en savoir plus, lisez la Haftarah, c'est quoi ?

Faire sa Bar Mitzvah sur la paracha Ki Tavo

En diaspora, la paracha Ki Tavo est lue le samedi 18 septembre 2027, le samedi 9 septembre 2028 et le samedi 1er septembre 2029. Elle tombe en Elloul, l'avant-dernier Chabbat avant Roch Hachana (juste avant Nitsavim), et elle n'est jamais jumelée avec une autre paracha.

Le Bar Mitzvah lit le plus souvent le Maftir (3 versets) et la haftara (22 versets). La haftara de Ki Tavo est plus longue que la moyenne : c'est le vrai défi de cette date. Le tableau ci-dessous donne le découpage complet.

MontéeRéférenceVersets
1re montéeDeutéronome 26:1-1111
2e montéeDeutéronome 26:12-154
3e montéeDeutéronome 26:16-194
4e montéeDeutéronome 27:1-1010
5e montéeDeutéronome 27:11-28:622
6e montéeDeutéronome 28:7-6963
7e montéeDeutéronome 29:1-88
MaftirDeutéronome 29:6-83
HaftaraIsaïe 60:1-2222

Difficulté et durée de préparation

Le Maftir est court et facile ; la haftara de 22 versets demande en revanche une vraie régularité. Pour Maftir + haftara, prévoyez en général huit mois à un an si votre fils lit déjà l'hébreu couramment. S'il souhaite lire la paracha complète, sachez que la sixième montée (la tokha'ha, 63 versets) est souvent lue d'une voix plus basse et confiée, dans beaucoup de communautés, au lecteur habituel : parlez-en avec votre rav avant de vous lancer. Travaillez aussi les te'amim et les bénédictions de la Torah et de la haftara, et suivez notre méthode pour apprendre sa paracha.

Pour vérifier que la Bar Mitzvah tombe bien sur Ki Tavo, consultez quelle paracha pour ma Bar Mitzvah ou le calendrier des parachiot. Le calculateur gratuit de Ma Paracha donne en quelques secondes le Chabbat, le Maftir et la haftara selon votre rite.

Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset
Ma Paracha sur téléphone : texte hébreu, phonétique et écoute de chaque verset.

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Idées de dvar Torah pour un discours de Bar Mitzvah

Voici trois pistes tirées de Ki Tavo, adaptées à un garçon de 13 ans. Pour la structure et le ton, aidez-vous de notre guide pour écrire un discours de Bar Mitzvah.

1. Mes « premiers fruits »

Le cultivateur offre ce qu'il a de meilleur et de plus nouveau. Le Bar Mitzvah peut expliquer que sa lecture d'aujourd'hui est ses premiers fruits : des mois de travail qu'il offre à sa communauté. C'est l'occasion idéale de remercier, comme dans la déclaration des prémices, ceux qui l'ont aidé : parents, grands-parents, rav.

2. Aujourd'hui, tu es devenu un peuple

Moïse dit « aujourd'hui » à un peuple qui existe déjà depuis longtemps. Rachi explique : la Torah doit être chaque jour comme neuve. Le garçon peut faire le lien avec sa Bar Mitzvah : ce n'est pas une fin d'études, mais un premier jour qui doit se renouveler chaque matin, en mettant ses téfilines ou en ouvrant un livre.

3. Servir avec joie

Le verset 28:47 reproche de ne pas avoir servi Dieu avec joie au milieu de l'abondance. Message pour un adolescent qui a « tout » : téléphone, loisirs, une belle fête. La vraie richesse est de savoir s'en réjouir et de partager, comme le cultivateur qui se réjouit avec le Lévite et l'étranger.

Préparer la paracha Ki Tavo avec Ma Paracha

Avec 22 versets de haftara, mieux vaut un programme régulier. Ma Paracha calcule la lecture de votre fils, répartit les séances jusqu'au jour J (jamais le Chabbat ni les jours de fête) et propose chaque verset avec texte, phonétique séfarade ou ashkénaze et une voix hébraïque, au ralenti si besoin. Cette voix lit le texte de façon parlée : la mélodie des te'amim vient du rav, qui peut l'enregistrer dans l'appli et écouter à distance les enregistrements de son élève. Démarrage gratuit, sans carte bancaire ; ensuite 14,90 € par mois sans engagement ou 119 € par an. Toutes les fonctionnalités sont sur notre page application paracha Bar Mitzvah.

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Sources

Questions fréquentes

Quand est lue la paracha Ki Tavo ?

En diaspora, la paracha Ki Tavo est lue le samedi 18 septembre 2027, le samedi 9 septembre 2028 et le samedi 1er septembre 2029. Elle est toujours lue en Elloul, peu avant Roch Hachana, conformément à l'usage rapporté par le Talmud de lire les malédictions du Deutéronome avant la nouvelle année.

Quelle est la haftara de Ki Tavo ?

La haftara de Ki Tavo est Isaïe 60:1-22, « Koumi ori » (« Lève-toi, brille »), dans les rites ashkénaze et séfarade. C'est la sixième haftara de consolation. Confirmez toujours auprès de votre synagogue, les usages pouvant varier.

De quoi parle la paracha Ki Tavo ?

La paracha Ki Tavo (Ki Savo en prononciation ashkénaze) décrit l'offrande des prémices et la déclaration « Mon père était un Araméen errant », la déclaration des dîmes, les pierres où la Torah devait être écrite, la cérémonie des monts Garizim et Ebal, puis les bénédictions et la tokha'ha.

Combien de versets compte la paracha Ki Tavo ?

La paracha Ki Tavo compte 122 versets (Deutéronome 26:1 à 29:8). Sa sixième montée, la tokha'ha, en compte à elle seule 63, et le Maftir 3.

Une Bar Mitzvah sur Ki Tavo est-elle difficile à préparer ?

Le Maftir (3 versets) est simple, mais la haftara d'Isaïe 60 compte 22 versets. Avec une préparation régulière de huit mois à un an, la plupart des garçons qui lisent déjà l'hébreu y arrivent très bien.

Sa paracha, pas à pas, jusqu’au grand jour

L’application de Bar-Mitzvah.fr pour préparer la lecture de la Bar Mitzvah.

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