Le Vidouï est la confession que l'on récite chaque jour de semaine, matin et après-midi, après la Amida, en se frappant la poitrine à chaque mot de la liste « Achamnou, bagadnou ». Elle se dit aussi chaque soir avant de dormir, et plus longuement à Yom Kippour. Voici le texte du rite séfarade en hébreu, en phonétique et en français.
Comment dit-on le Vidouï ?
On le dit debout, la tête légèrement inclinée, en se frappant doucement la poitrine du poing droit à chaque faute énumérée, comme pour dire : c'est le cœur qui a fauté. Les fautes sont rangées dans l'ordre de l'alphabet, d'alef à tav, et dites au pluriel : chacun se confesse au nom de toute la communauté. On ne le dit pas le Chabbat, les jours de fête, à Roch 'Hodech, ni les autres jours où l'on ne dit pas les supplications (Ta'hanoun).
Texte du Vidouï
Introduction
אָנָּא יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ. תָּבֹא לְפָנֶיךָ תְּפִלָּתֵנוּ. וְאַל תִּתְעַלַּם מַלְכֵּנוּ מִתְּחִנָּתֵנוּ. שֶׁאֵין אֲנַחְנוּ עַזֵּי פָנִים וּקְשֵׁי עֹרֶף לוֹמַר לְפָנֶיךָ יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ צַדִּיקִים אֲנַחְנוּ וְלֹא חָטָאנוּ. אֲבָל חָטָאנוּ. עָוִינוּ. פָּשַׁעְנוּ. אֲנַחְנוּ וַאֲבוֹתֵינוּ וְאַנְשֵׁי בֵיתֵנוּ:
Ana Adonaï Élohénou vélohé avoténou. Tavo léfanékha téfilaténou. Véal titalam malkénou mité'hinaténou. Chéén ana'hnou azé fanim oukéché orèf lomar léfanékha Adonaï Élohénou vélohé avoténou tsadikim ana'hnou vélo 'hatanou. Aval 'hatanou. Avinou. Pachanou. Ana'hnou vaavoténou véanché véténou.
De grâce, Éternel notre Dieu et Dieu de nos pères, que notre prière parvienne devant Toi, et ne Te dérobe pas, notre Roi, à notre supplication. Car nous ne sommes pas assez effrontés et entêtés pour dire devant Toi, Éternel notre Dieu et Dieu de nos pères : « Nous sommes justes et nous n'avons pas fauté. » En vérité, nous avons fauté, nous avons commis des fautes, nous nous sommes rebellés, nous, nos pères et les gens de notre maison.
Achamnou
On se frappe la poitrine à chaque mot.
אָשַׁמְנוּ. בָּגַדְנוּ. גָּזַלְנוּ. דִּבַּרְנוּ דֹפִי וְלָשׁוֹן הָרָע. הֶעֱוִינוּ. וְהִרְשַׁעְנוּ. זַדְנוּ. חָמַסְנוּ. טָפַלְנוּ שֶׁקֶר וּמִרְמָה. יָעַצְנוּ עֵצוֹת רָעוֹת. כִּזַּבְנוּ. כָּעַסְנוּ. לַצְנוּ. מָרַדְנוּ. מָרִינוּ דְבָרֶיךָ. נִאַצְנוּ. נִאַפְנוּ. סָרַרְנוּ. עָוִינוּ. פָּשַׁעְנוּ. פָּגַמְנוּ. צָרַרְנוּ. צִעַרְנוּ אָב וָאֵם. קִשִּׁינוּ עֹרֶף. רָשַׁעְנוּ. שִׁחַתְנוּ. תִּעַבְנוּ. תָּעִינוּ וְתִעֲתַעְנוּ.
Achamnou. Bagadnou. Gazalnou. Dibarnou dofi vélachon hara. Héévinou. Véhirchanou. Zadnou. 'Hamasnou. Tafalnou chékèr oumirma. Yaatsnou étsot raot. Kizavnou. Kaasnou. Latsnou. Maradnou. Marinou dévarékha. Niatsnou. Niafnou. Sararnou. Avinou. Pachanou. Pagamnou. Tsararnou. Tsiarnou av vaém. Kichinou orèf. Rachanou. Chi'hatnou. Tiavnou. Taïnou vétiatanou.
Nous nous sommes rendus coupables, nous avons trahi, nous avons volé, nous avons dit de la médisance et des calomnies. Nous avons perverti, nous avons fait le mal, nous avons agi avec arrogance, nous avons fait violence, nous avons inventé mensonges et tromperies. Nous avons donné de mauvais conseils, nous avons menti, nous nous sommes mis en colère, nous nous sommes moqués, nous nous sommes révoltés, nous avons désobéi à Tes paroles. Nous avons blasphémé, nous avons commis l'adultère, nous nous sommes détournés, nous avons commis des fautes, nous nous sommes rebellés, nous avons porté atteinte à la sainteté, nous avons opprimé, nous avons fait souffrir père et mère. Nous avons raidi la nuque, nous avons fait le mal, nous avons corrompu, nous avons commis des abominations, nous nous sommes égarés et nous avons égaré les autres.
וְסַרְנוּ מִמִּצְוֹתֶיךָ וּמִמִּשְׁפָּטֶיךָ הַטּוֹבִים וְלֹא שָׁוָה לָנוּ. וְאַתָּה צַדִּיק עַל כָּל הַבָּא עָלֵינוּ. כִּי אֱמֶת עָשִׂיתָ. וַאֲנַחְנוּ הִרְשָׁעְנוּ:
Véssarnou mimitsvotékha oumimichpatékha hatovim vélo chava lanou. Véata tsadik al kol haba alénou. Ki émèt assita. Vaana'hnou hirchanou.
Nous nous sommes écartés de Tes commandements et de Tes lois bienfaisantes, et cela ne nous a servi à rien. Tu es juste dans tout ce qui nous arrive, car Tu as agi avec vérité, et nous, nous avons fait le mal.
Les 13 attributs de miséricorde
אֵל אֶרֶךְ אַפַּיִם אַתָּה וּבַעַל הָרַחֲמִים. גְּדֻלַּת רַחֲמֶיךָ וַחֲסָדֶיךָ הוֹדַעְתָּ לֶעָנָו מִקֶּדֶם. וְכֵן כָּתוּב בְּתוֹרָתָךְ. וַיֵּרֶד יְהֹוָה בֶּעָנָן וַיִּתְיַצֵּב עִמּוֹ שָׁם וַיִּקְרָא בְשֵׁם יְהֹוָה: וְשָׁם נֶאֱמַר:
Él érèkh apayim ata ouvaal hara'hamim. Guédoulat ra'hamékha va'hassadékha hodata léanav mikédèm. Vékhén katouv bétoratakh. Vayérèd Adonaï béanan vayityatsév imo cham vayikra véchém Adonaï. Vécham néémar.
Tu es un Dieu lent à la colère, Maître de la miséricorde ; Tu as fait connaître dès l'origine à l'humble (Moïse) la grandeur de Ta miséricorde et de Ta bonté. Ainsi est-il écrit dans Ta Torah : « L'Éternel descendit dans la nuée, Se tint là avec lui et proclama le nom de l'Éternel. » Et là, il est dit :
Ce passage ne se dit qu'avec un minyan ; seul, on peut le lire avec la cantillation, comme un verset de la Torah.
וַיַּעֲבֹר יְהֹוָה עַל פָּנָיו וַיִּקְרָא יְהֹוָה יְהֹוָה אֵל רַחוּם וְחַנּוּן אֶרֶךְ אַפַּיִם וְרַב חֶסֶד וֶאֱמֶת נֹצֵר חֶסֶד לָאֲלָפִים נֹשֵׂא עָוֺן וָפֶשַׁע וְחַטָּאָה וְנַקֵּה:
Vayaavor Adonaï al panav vayikra Adonaï Adonaï él ra'houm vé'hanoun érèkh apayim vérav 'héssèd véémèt notsér 'héssèd laalafim nossé avon vafécha vé'hataa vénaké.
L'Éternel passa devant lui et proclama : Éternel, Éternel, Dieu miséricordieux et clément, lent à la colère, plein de bonté et de vérité ; Il garde Sa bonté pour des milliers de générations, pardonne la faute, la rébellion et le péché, et Il absout. (Exode 34, 6-7)
רַחוּם וְחַנּוּן חָטָאנוּ לְפָנֶיךָ רַחֵם עָלֵינוּ וְהוֹשִׁיעֵנוּ:
Ra'houm vé'hanoun 'hatanou léfanékha ra'hém alénou véhochiénou.
Miséricordieux et Clément, nous avons fauté devant Toi ; aie pitié de nous et sauve-nous.
Le sens du Vidouï
Dans le judaïsme, la confession ne se fait pas devant un homme, mais directement devant Dieu. Maïmonide explique qu'elle est le cœur de la techouva (le retour) : reconnaître sa faute, la regretter et décider de ne pas recommencer. Le Vidouï du quotidien est une version courte de celui de Yom Kippour, où il est répété à chaque office. Il suit la Amida du matin et de l'après-midi.
À lire aussi : la Amida, Achrei, la prière du soir. Toutes nos prières en hébreu et en phonétique sont réunies sur la page prières juives en phonétique.
Sources
- Nombres 5, 7 ; Exode 34, 6-7.
- Maïmonide, Lois du repentir, chapitre 1.
- Talmud de Babylone, Roch Hachana 17b.
- Texte hébreu : Siddur Edot HaMizrach, rite séfarade, édition Shaliehsaboo, Sefaria (domaine public, CC0). Phonétique et traduction : Bar-Mitzvah.fr.
Questions fréquentes
Quand dit-on le Vidouï ?
Chaque jour de semaine après la Amida de Cha'harit et de Min'ha, chaque soir dans le Chema du coucher (sauf le vendredi soir), et à Yom Kippour pendant chaque office.
Pourquoi se frappe-t-on la poitrine ?
Pour montrer que c'est le cœur, siège des désirs, qui a conduit à la faute. Le geste se fait doucement, du poing droit, à chaque mot de la liste.
Pourquoi dit-on « nous » et pas « je » ?
Parce que tout Israël est solidaire : chacun se confesse aussi pour les autres. Personne n'a commis toutes ces fautes, mais la communauté, ensemble, les a commises.
Que sont les 13 attributs de miséricorde ?
Les treize qualités de Dieu révélées à Moïse après la faute du veau d'or (Exode 34, 6-7) : « Adonaï, Adonaï, Él ra'houm vé'hanoun… ». Le Talmud enseigne que leur récitation éveille la miséricorde divine.

